PROLOGUE DE LA PIÈCE
Au milieu de (ouïes ces misères, de toutes ces luîtes, la caricature suisse n’oublie pas son rôle international : le Nebelspalter ; qui conduit toujours le bon combat, insinue à l’Europe qu’elle devrait bien prendre la Suisse pour médiatrice de ses querelles.
Et si, maintenant, abandonnant les grandes questions du jour et les grands problèmes de l’avenir, nous descendons dans le domaine plus calme des petites actualités locales, nous verrons déûler tout ce qui a pu nous passionner en 1893 : le passage à tabac, la querelle des docteurs Péan et Verneuil, la feuille de vigne à Bérenger, les exploits du vélocipède, la réforme de l’orthographe, les luttes électorales académiques, sans oublier le candidat académicide de joyeuse mémoire, la tournée de la Comédie-Française, la rentrée de la grande Sarah, l’épidémie napoléonienne sous toutes ses formes, les excentricités et les singuliers rapprochements de la mode.
Ici, les illustrés français; là, les illustrés étrangers; d’un côté comme de l’autre, au moyen du trait graphique, des pensées profondes et des idées comiques : la Satire mordante et le Rire aux joyeux accents.
Et maintenant, directeur, metteur en scène, montreur et bonimenleur de cette nouvelle lanterne magique, de ce petit théâtre en action, je lève la toile — la toile dessinée par notre décorateur Girrane — et je crie : Au rideau.
Mesdames et messieurs, le spectacle commence, ajustez vos lorgnettes.