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TOPOGRAPHIE EN EUROPE

France. Les levés des officiers, exécutés comme on le sait à 40 000', sont aujourd'hui entièrement terminés en ce qui concerne la terre ferme; les derniers travaux de ce genre, dans les nouveaux départements de la Savoie, de la Haute-Savoie et des Alpes-Maritimes, ont été achevés cette année. Les opérations de triangulation de la Corse ayant été exécutées dans la campagne 1862, on a envoyé en 1863 une brigade d'officiers chargés des travaux de topographie. La gravure des planches de cuivre se poursuit activement. Chaque année le dépôt de la guerre publie une livraison d'un certain nombre de feuilles de la carte au 80000*. La livraison de 1 863 contenait les feuilles de Largentières, de Tulle et d'Albi, accompagnées chacune, comme pour les précédentes livraisons, d'un cahier de coordonnées géographiques et d'altitudes.

On poursuit également la réduction et la gravure de la carte au 320 000*. Cette année a vu paraître la feuille de Clermont-Ferrand.

Un officier d'cHat-major a été occupé cette année à déterminer astronomiquement la position géographique de divers points de l'Algérie. Peut-on espérer que ses résultats serviront de base à de nouvelles cartes de nos possessions du nord de l'Afrique ?

Iles Britanniques. Sous l'active impulsion du colonel James, YOrdnance survey office a publié cette année-ci une

dizaine de feuilles de la carte topographiqne dn ponce au mille (63 360"), et deux ou trois comtés à l'échelle de 6 pouces au mille (10 560).

Autriche. L'Institut militaire et géographique de Vienne a doté cette année-ci la science d'une carte de la Dalmatie, gravée k l'échelle du 144 OOO*'; c'est un excellent travail qui comble une importante lacune dans la topographie européenne. L'état-major autrichien a publié , en outre , une carte de la Transylvanie à l'échelle du 288 000" ; le relief du terrain est dessiné au crayon lithographique. On doit regretter, peut-être, que CQtte carte soit d'un ton général un peu trop foncé, ce qui, sur divers points, rend difficile la lecture des noms. Il ne reste plus à l'Autriche, pour avoir publié la topographie de tout son territoire, qu'à donner la carte de ses frontières militaires.

Prusse. La Prusse a donné quelques feuilles de la portion septentrionale de la province de Prusse orientale. La publication de la carte de l'état-major prussien au^ 100 000* marche lentement depuis quelques années.

Royaume de Saxe. Il a paru cette année, à Dresde, une douzaine de feuilles d'une réduction au 100000* de la carte de Saxe publiée au 57 600*.

Portugal. Le Portugal a publié* cette année une nouvelle feuille de sa carte au 100 000". Il est regrettable que la direction des travaux géodésiques du royaume ait renoncé, pour l'expression du terrain, au système des hachures. Les courbes seules, sur une carte qui donne les divisions de culture, sont difficiles à suivre et ne parlent point aux yeux.

Valachie. Le gouvernement valaque a fait continuer ia reproduction, exécutée par M. Szcithmary,de8 levés exécutés en 1847 par l'état-major autrichien, à l'échelle du 36000". Il a paru cette année six nouvelles feuilles de cette reproduction. On gravé en ce moment à Vienne une carte de la Valachie au 144 000*. Les premières feuilles de cette carte ne tarderont probablement pas k paraître.

Hollande. Les topographes hollandais ont terminé cejte année-ci la publication de leur œuvre, qui est des plus estimables par la précision du fond comme par Télégance de la forme.

Italie. (Voir ci-dessus, p. 338.)

La Russie continue avec activité la publication de sa carte an 126 000» .

Suisse. La magnifique carte de la Suisse en 25 feuilles, da général Dufour, a été terminée celte année.

Actuellement , les grands duchés de Nassau et de Mecklembourg, le royaume de Hanovre et l'empire de Turquie, sont les seuls États européens dont les gouvernements n'aient pas fait entreprendre des cartes topographiques.

Les cartes sont pour la géographie un puissant moyen d'étude ; ce n'est donc pas sortir de notre terrain actuel que d'ajouter quelques mots encore sur un sujet auquel les faits nons ramènent incessamment, l'enseignement géographique. Lorsque nous avons à enregistrer chez nous de grandes entreprises ou de belles publications , une réflexion nous oppresse. La France fait au dehors d'admirables choses pour la science. Le gouvernement fournit aux explorations de généreux subsides. Il provoque ou facilite les recherches, il organise de magnifiques entreprises , il ouvre des voies nouvelles aux grandes études, il prépare de riches maté- ^aux à ceux qui vont venir après nous. Et cependant l'enseignement géographique, cet enseignement qui devrait propager au sein des classes éclairées la connaissance familière de toutes ces choses dont s'honore le pays et qui sont une partie de sa grandeur , reste chez nous d'une faiblesse déplorable. Nous sommes toujours à cet égard au-dessous de la positive Angleterre et de la studieuse Allemagne. Pourquoi ce contraste ? Quand verrons-nous s'accomplir une réforme qui serait si facile ? Quand aurons-nous pour cette branche d'études qui est dans l'ordre historique la

base de toutes les antres, nn haut eoseignemeat digne dn pays et du siècle, un enseignement qui remette la science géographique sur le même pied que les astres sciences, qui toutes possèdent leur chaire supérieure? •

L'École normale a une chaire de géographie occupée par un savant éminenmient doué pour renseignement. Un savoir étendu, servi par une parole facile , élégante et sympathique, ce sont des qualités précieuses et qui doivent porter fruit. Un autre cours se fait k la Sorbonne. C'est quelque chose, assurément ; mais nous sommes loin de penser que ce soit assez. Quand tout est à refaire ou pen s'en faut, quand Tédifice est à reprendre par la base, un seul ouvrier, ou même deux, ne suffisent pas à la tâche. Le ministre de Finstruction publique disait il y a quelques jours , dans une occasion solennelle : c Mon plus grand désir est d'emprunter à rAUemagne le «avoir et le talent de ses instituteurs ^. » Nous espérons ne blesser pei'sonne, et nous sommes sûr, en tout cas, de ne pas blesser la vérité, en affirmant que ce que M. Duruy a dit là dans un sens général, ne saurait s'appliquer nulle part avec plus de force qu'à la partie géographique de notre enseignement. Si efficaces que puissent être les deux chaires existantes, si autorisées les voix qui s'y font entendre, la parole n'y part pas d'assez haut et ne porte pas assez loin. C'est au Collège de France, dans ce sanctuaire consacré du Éaut enseignement scientifique , qu'une chaire de géographie peut avoir de grands résultats. C'est de là, et de là seulement, que la parole d'un professeur habile, à la hauteur de sa mission, peut se faire entendre avec l'éclat, le retentissement et l'autorité qui n'appartiennent au même degré à aucune autre tribune. C'est de là que sortira la régén^^ ration.

Je ne veux pas insister davantage. Mais je l'ai déjà dit et il m'est impossible de ne pas le répéter : Quand le Col-

1. Distribution des prix de Tlnstitution polytechnique, 19 fôv. 1866.

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