‹ L'Année géographique (volume 2)Chapitre 213 sur 368 · CANAL DE SUEZ · texte numérisé non relu

CANAL DE SUEZ

grandes jouissances, dit^il^ d'avoir contemplé ce monde étrange , peu attrayant si Ton vent, mais saisissant au plus haut degré, et d'avoir eu pour guide, en ce voyage chez les plus vieux d'entre les morts, celui qui a ouvert l'accès de leurs tombeaux. »

S s. Quelques mots sar Tisthme et le canal.

La note suivante est extraite du Times :

M. Alfred Christian, président de la chambre de commerce de Malte, a été désigné par la chambre pour représenter le commerce de cette île au congrès des délégués que M. F. Lesseps avait invité à inspecter les travaux de l'isthme du canal de Suez. Le voyage à travers Tisthme a duré environ dix jours (au mois d'avril dernier, 1865), et pendant tout ce temps les délégués ont pu tout à loisir inspecter les travaux en cours d'exécution et conférer avec les ingénieurs et autres agents de la compagnie. La conclusion à laquelle arrive M. Christian, c'est que rachèvement du canal de navigation est une question de temps et d'argent, et qu'en très-peu d'années la communication de la mer à la mer pour les navires d'un fort tonnage sera établie, unissant ainsi rOccident avec TGrientpar une voie navigable, et abrégeant au moins de moitié pour les steamers le voyage par mer de TEurope à l'Inde. Reste naturellement à décider jusqu'à quel point le canal sera utile à nos navires de rinde, à cause des vents qui régnent dans la mer Rouge. Quatrevingts délégués environ, représentants des divers Ëtatset corporations commerciales de l'Europe, de l'Asie et de l'Amérique, ont accompli le voyage à travers l'isthme, accompagnés de M. de Lesseps et des principaux agents de la compagnie, lesquels, ainsi que nous en sommes informés, ont été pleins d'égards et d'attentions pour eux, et se sont empressés de répondre à toutes leurs questions.

Aussi les délégués se plaisent-ils à en exprimer leur reconnaissance. Il est à regretter que l'Angleterre n'ait point été représentée à cette réunion si intéressante, car M. Christian, comme représentant de Malte, était le seul délégué anglais qui fût présent. Les délégués ont fait le voyage du Nil à Ismaïl par le canal d'eau douce, et dlsmaïl à Port-Saïd par le canal maritime. Les bateaux étaient remorqués par des chameaux et

des chevaux, et sur le canal maritime par des steamers. Après avoir inspecté les travaux qui s'exécutent à Port-Said, les délégués sont de nouveau retournés au sud, à IsmaîQ, avec une forte brise du nord. Le canal maritime n'est pas navigable présentement pour les bateaux au delà d'Ismall ; le reste du voyage à la mer Rouge dut alors s'accomplir par le canal d'eau douce, qui prend sa source au Nil tout près de la ville de Zagazig, et coule presque directement à Test à travers le Goshen, terre jadis fertile, jusqu'à ce qu'il atteigne Ismaïl. A deux milles environ de cette dernière ville, il se partage en deux vers le sud, laissant le lac Timsah et les lacs Amers à l'est, et va joindre la mer Rouge à Suez. Ismaïl est une florissante et pittoresque petite ville de 3000 habitants, située au centre de Tisthme, à 75 kilomètres de Port-Saïd, à mi-chemin entre les deux mers, à Textrémité nord du lac Timsah : c'est aux travaux du canal qu'elle doit son existence. La largeur du canal maritime varie à présent, selon les localités, de 16 à 58 mètres, excepté dans le voisinage immédiat de PortrSaîd, où elle atteint Sk mètres. Sa profondeur, en moyenne, n'eat pas actuellement de plus de deux à trois pieds. La profondeur du canal d'eau douce est présentement à peu près comme celle du canal maritime ; cependant elle est naturellement plus considérable pendant la hausse du Nil. La largeur varie de 16 à 25 mètres à peu près. Nous sommes informés que la compagnie a traité avec diverses maisons françaises pour l'achèvement de tous les travaux, depuis la Méditerranée jusqu'à la mer Rouge, à l'époque du 1" juillet 1868. Elle espère qu'alors le canal sera ouvert à la navigation, et qu'il n'en coûtera point aux actionnaires au delà du capital souscrit de 8 millions de livres sterling. Là-dessus, néanmoins, M. Christian n'a pas de données suffisantes pour qu'il puisse se former une opinion exacte.

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