I. Voir notre Année précédente, p
196 ASIE. (n* 106-117)
peu à peu prépare une notion d'ensemble sur la classification linguistique de l'isthme Caucasien, si bien nommé la Montagne des Langues.
Les Tchetchenz ou Tchétchènes, à l'exemple des Tcherkesses, \iennent aussi d'abandonner leurs territoires du Caucase, désormais soumis exclusivement au sceptre russe ; c'est encore une nationalité de moins dans Tethnologie caucasienne. Voici à ce sujet une note que nous ont fournie il y a quelques jours seulement les correspondances venues de l'Orient : c'est un document à enre^strer.
LHmmigration des TchetchèDes du Caucase dans TÂsie Mineure attire en ce moment l'attentioii du gouvernement turc; cette peuplade appartient k la secte sunnite, et c'est parmi ces montagnards que Chamyl a rencontré autrefois ses a<U]iérent8 religieux les plus dévoués et ses plus intrépides soldats.
A la suite de la soumission du Caucase, la Russie résolut de faire abandonner la montagne à cette belliqueuse peuplade, et lui proposa de lui concéder des terrains dans les vastes plaines de Mosdok. Mais les Tchétchènes préférèrent émigrer dans la Turquie d'Asie, parmi des peuples de leur religion. La Russie et la Porte consentirent à cette modification du plan primitif, et ritinéraire des émigrants fut réglé en 1864. Ils devaient suivre la route de Titlis, passer la frontière à Alexandropol, puis prendre la direction de Kars, d'Erzeroam, de Much, et aller s'établir dans les plaines situées au delà de Diarbekir.
Les Tchétchènes, cous la direction d'Husred Pacha» commissaire de la Porte, et de M. Zelenoï, capitaine d'étal-major russe, quittèrent leur patrie par convois de cent à deux cents familles. Cette émouvante émigration d'une nation entière suivie de ses troupeaux, commença dans les premiers jours de mai de cette année. L'établissement des Tchétchènes n'eût point présenté de grandes difficultés, si les chemins deMuch à Diarbekir eussent été praticables. Mais, d'une part, l'impossibilité de parvenir jusqu'à Diarbekir; de l'autre, les renseigniemeots défavorables que recevaient les chefs de famille sur le lieu qui leur était destiné, arrêtèrent la marche des convois qui se mas« sèrent successivement auprès de Kars et de Much, et devinrent bientôt menaçants pour la contrée. Le gouverneur des proyinces d'Erzeroum, Emin Pacha , résolut de faire évacuer le pays par