Moniteur du 13 mai, p
320 AMÉRIQUE DU NORD. {jX^ 253-272)
aa Ministre de rinstniction publique indique les grandes mesures à prendre dans son département*; am décret du 5 septembre, dont les dispositions ont été complétées par des mesures ultérieures, ouvre le Mexique à la libre immigration de toutes les nations, en assurant aux immigrants de larges concessions '.
Sur ce dernier point, un publiciste éminent, M. Jules Duval, auteur d'un livre justement remarqué sur le r6Ie des colonies dans les sociétés modernes', avait écrit, longtemps avant le décret du 5 septembre, nue fort bonne page que nous vouions reproduire, parce qu*elle pose nettement la situation des choses ^ :
Peuplé comme la France, — et la nature ne s'y oppose aucunement, — le Mexique nourrirait près de 120 millions d'habitants. Cette insuffisante population est un mal économique qu'il faut guérir à tout prix : fécondité des familles, appel aux capitaux et aux bras étrangers, encouragement à l'immigration et à la colonisation, facilité de naturalisation, sécurité des existences, des épargnes de la propriété. Huit millions d'habitants (dont une partie notable habite les villes) répartis sur 185 millions d^hectares, c^est 1 habitant par 23 hectares : autant vaut dire le désert, et par conséquent Tinculture, la pau- 'vreté et Timpuissance, au milieu d'inépuisables ressources. Il arrive alors ce que nous voyons en Russie et ailleurs : Pimmensité de l'espace comparé à la rareté de la population devient une cause de faiblesse ; les routes, les autres travaux publics, les frais d'administration se proportionnent aux distances à parcourir, tandis que les revenus se mesurent au nombre des habitants ; d où un écart énorme entre les dépenses nécessaires et les recettes possibles.
Le déficit chronique dans les finances a précipité la chute de la république mexicaine : faute d'argent, bien plus que par esprit d'injustice, on n'a pu acquitter exactement les dettes du