Navigation allemande au Nord de M. Barto de Lœwening^ en
8. Le pôle nord, centre d'une géographie zoologiqu/B, paf le D' idger , directeur du Jardin zoologique de Vienne.
325. Ch. M\RTiNS. Le Spitzberg. 1838-39. Le Tour du monde, t. X(C; n^ 287 et 288 (mai 1865), p. 1-32.
— Du même : Le Spitzberg. Tableau d'un archipel à l'époque ?l t ' ciaire. Bulletin de la Sopiété géologique, t. XXII, avrill { >} p. 336-350.
— Du même : La végétation du Spitzberg comparée à celle des Alpes et des Pyrénées. Montpellier, 1865, in-4, 26 pages. (Extrait des Mémoires de TAcadémie des sciences de Montpellier, t. VI.)
326. Du même : Du Spitzberg au Sahara; étapes d'un naturaliste au Spitzberg, en Laponie, en Ecosse, en Suisse, en France, en Italie, en Orient, en Egypte et en Algérie. Paris, 1865, in-8, xvi-6 19 pages.
Collection de morceaux et de mémoires successivement pubUés dans divers recueils.
327.Capt. Sherard Osborn. Stray Leaves from an Arctic Journal; or eighteen Months in the Polar Régions in search of sir John Frauklin's expédition, in 1850-51. To which is added the career, last voyage, and fate of captain sir John Franklin. New editioB. London, 1865, in-8. Map.
La proposition d'une nouvelle expédition an pô)e nord a été la grande agitalion géographique de V^fiuéB, p^ur parler comme nos voisins. L'initiative de cette propo^itiiNi
appartient à un officier de la marine britannique/ familier depuis longtemps avec la mer Polaire, le capitaine Sherard Osborn. L'expédition, cette fois, doit avoir un caractère exclusivement scientifique. L'auteur de la proposition l'a développée, le 23 janvier 1865, dans une réunion de la Société de géographie de Londres, au milieu de l'attention sympathique d'un nombreux auditoire (voir ci-dessus, n** 313). On a dit que l'Angleterre a prodigué ses trésors et la vie de ses marins, dans la zone glaciale du monde, pour un résultat peu important ; à ceux qui ont pu articuler de tels reproches, le capitaine Osborn répond que de 1818 à 1854 l'Angleterre n'a perdu que 2 vaisseaux et 128 hommes, dans 42 expéditions successives. 400Û0 milles ont été parcourus à pied dans les seules expéditions à la recherche de Franklin, et pas un seul des partis détachés pour ces courses pédestres ne s'est perdu. Jamais une pareille somme de découvertes géographiques n'a été obtenue sur quelque point du globe que ce soit, avec aussi peu de sacrifices. Écoutons quelques-uns des développements du capitaine Osborn :
C'est avoir d'ailleurs des explorations arctiques une idée bien superficielle, que de croire que leur seul résultat a été de donner à nos cartes le tracé d'une grande étendue de côtes inutiles. Les découvertes qui ont été faites durant ces expéditions dans les diverses branches des sciences physiques ont une grande importance pratique. C'est dans la région arctique qa*on a trouvé la loi de ces courants mystérieux qui traversent comme deux fleuves immenses les solitudes de l'Océan, le Gulf Stream et rice Stream. C'est dans la terre Boothia que les deux Ross ont atteint pour la première fois le pôle magnétique, ce point central autour duquel tourne l'aiguille de la boussole sur une moitié de Thémisphôre nord; et la masse d'observations recueillies par nos explorateurs autour de ce centre a prodigieusement ajouté à ce que nous savions des lois de la déclinaison et de l'intensité magnétiques.
Deux routes sont à examiner dans un projet d'expédition au* pôle arctique : la route du Spitzberg et celle du Groenland*
Le cap Hakiuyt du Spitzbergest à 600 milles environ du pôle. Des navires à voiles s'en sont approchés à 500 milles dans cette direction; et le capitaine Parry, dans la nuit du 22 juillet 1827, se trouva au milieu des glaces flottantes exactement à 435 milles géographiques du pôle. 11 fut contraint d^abandonner sa tentative uniquement parce que les glaces le chassaient plus rapidement au sud que ses hommes ne pouvaient maintenir leurs bateaux au nord. C'était le fort de l'été arctique ; et l'expérience des vingt dernières années a montré qu'au lieu de partir en juin pour un voyage de cette nature, Parry aurait dû hiverner au Spitzberg et partir pour le pôle en février. La route du Spitzberg, tojitefois, donne lieu à cette objection, que l'on ne connaît sur son méridien aucune terre plus septentrionale qui puisse servir de stations fixes pour y déposer les provisions.
Smith's Sound, dans le nord du Groenland, serait un meiU leur point de départ. Il est de 120 milles plus près du pôle, et l'on 'a de bonnes raisons de croire que le continent, ou une chaîne d'îles, se prolonge de là plus haut dans le Nord. C'est ce que tend à prouver la nature des glaces flottantes qui se cornposent de montagnes de glace (icebergs); or, les montagnes de glace se forment sur les rivages et sont le produit des glaciers. Elles abondent dans le Smith's Sound, ce qui n'aurait pas lieu si la terre se terminait brusquement au glacier Humboldt. Elles nous annoncent des terres étendues, avec de hautes montagnes et de profondes vallées, où s'accumulent depuis des siècles l'humidité et les neiges, et elles sont l'indice des conditions que doivent rencontrer nos explorateurs pour qu'il leur soit possible d'arriver au pôle.
Le capitaine Osborn ne croit pas que des expéditions privées suffisent à une telle entreprise. II ajoute à ce sujet :
D'anciens navires de guerre pourrissent dans nos arsenaux. Toutes les vieilles femmes des environs de nos ports de mer font bouillir leur thé avec du cœur de chêne provenant de nos pauvres vaisseaux déchirés. Vous n'aurez pas besoin d'un trois-ponts, quoique pour l'avoir il ne fallût que le demander. Vous pourrez être plus modestes, et demander quelqus chose de moindre que nos vaisseaux de ligne. Naturellement, il ne faut pas vous attendre à ce qu'en ceci l'Amirauté prenne l'initiative. Jamais l'immortel Cook n'aurait fait ses voyages autour
l'année géogr. IV — 23
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du monde, jamais les noms de Parry, de Franklin et de Ross ne seraient venus s'inscrire dans les Castes de notre gloire scientifique, sHls -eussent attendu que l'amirauté prît Finitiative de ces grandes explorations. 11 n'est pas douteux que les hommes de science, ceux qui pensent que notre marine est appelée à de plus nobles luttes que la lutte brutale du canon, trouveront le duc de Somerset aussi disposé à entendre la voix de la raison et les sollicitations' de la saine et vraie gloire nationale, que l'ont été avant lui les Premiers Lords de l'Amirauté. Le Conseil de l'Amirauté sera, comme d'autres ConseilS; en leur qualité de loyaux serviteurs du public, amené à faire ce que réclamera de lui la partie éclairée du public ; c'est par cette action de l'opinion publique, dirigée par les homvaes de science, que je compte voir une expédition polaire organisée dans le cours de la génération actuelle sous les auspices de nos autorités navales.
Supposons la chose résolue, poursuit le capitaine Osborn, et que deux navires soient prêts au printemps de 1866. Ils feraient voile pour la baie de Baffin et atteindraient le oap Tark en août. Un des navires resterait en station vers le cap Isabella sous la garde de vingt-cinq hommes, pendant que l'autre» avec quatre-vingt-quinze hommes, continuerait de remonter U côte occidentale dans la direction du cap Parry, prenant garde de ne pas s'éloigner du premier bâtiment d'une distance de plus de 300 milles. Durant le même automne, le navire du aad échelonnerait des dépôts jusqu'au point d'arrêt du navire du nord, et celui-ci placerait des dépôts vers le pôle tout prêts pour les opérations du printemps. Dans les deux années suivantes, — 1867 et 1868, — la marche des tratneaux et des navires serait dirigée vers le pôle et sur les espaces inconnus de la calotte polaire, et l'expédition reprendrait la route de l'Angleterre en 1869, ayant passé seulement deux hivers et trois étés dans la zone arctique. 11 y a actuellement autour du pôle une surface de 1 131 000 milles carrés entièrement en blanc sur nos cartes, et il est du plus haut intérêt géographique de reoennattie si cet espace n'est qu'une solitude silencieuse et glacée, ou, comme quelques-uns le soutiennent, une surface de terre et d'eau pleine de mouvement et de vie.
Les problèmes ethnologiques ne sont pas d'un saoûadre intérêt. 11 est extrêmement probable qu'on trouvera THsimme beaucoup plus haut dans le nord qu'on ne l'a cru jusqu'alors, et que sa manière de vivre dans ces régions ressoHibls bsêtt*
coup à celle de nos premiers ancêtres en Europe qui se servaient d'armes de pierre, alors qu'un climat arctique régnait sur la Grande-Bretagne et sur une grande partie du continent. Il y a aussi bien des problèmes météorologiques du plus haut intérêt, qui ne peuvent être résolus que par une série d'observations exactes faites à de très-hautes latitudes par des hommes habiles.
Mais entre tous ces services qu'une telle expédition peut rendre à la science, un des plus importants est la mesure d'un arc du méridien dans la zone arctique, desideratum qui a dans ces derniers temps fixé l'attention de la Société Royale, lorsqu'il fut question de l'expédition suédoise au Spitzberg en partie dans ce but. Le général Sabine, président de la Société Royale, dans son Discours annuel du 30 novembre 1863, rappela que depuis quarante ans il avait signalé plus d'une fois dans notre pays la valeur et Timportancede cette grande opération, et qu'il en avait tracé le plan dans l'intention de l'entreprendre personnellement. Des observateurs qui resteraient sur le bâtiment que l'on propose de laisser au cap Isabella pendant* que le deuxième tenterait sa route vers le pôle, pourraient très-bien efTectuer durant l'été la mesure d'un arc de 4 degrés. Sur ce point, le général Sabine approuve le plan que met en avant l'auteur de la proposition. Il pense, comme le capitaine Sherard Osborn, qu'il importe de fournir aux officiers de la marine anglaise des sujets d'entreprises en temps de paix, et il ne croit pas qu'il y en ait de plus favorables qu*une exploration polaire. Un grand nombre de nos marins, dit-il, et des plus distingués, ont été formés à cette école. Aucune époque ne pourrait être plus favorable que Tépoque actuelle à une expédition de cette nature, maintenant que l'Angleterre possède tant d'officiers qui ont l'expérience des voyages arctiques et q\ii sont prêts à participer à une nouvelle entreprise, au premier rang desquels il faut nommer sir Leopold Mac Clintock, qui est tout disposé à résigner le commandement d'une des plus belles frégates de la marine anglaise pour se mettre k la tète de l'expédition.
La discussion s'ouvrit immédiatement. Elle fut animée et pleine d'un vif intérêt ; pas une voix, parmi tant d'ofû"» ciers expérimentés, ne s'éleva contre l'idée d'une nouvelle expédition polaire. Tous la considéraient coaime le couron-
nemcût, depuis longtemps attendu^ des explorations presque ininterrompues que depuis cinquante ans l'Angleterre a entretenues 'dans les mers arctiques. La route duopole est déblayée ; il faut maintenant que le drapeau de TEurope, symbole du courage et de la science, soit arboré sous le pôle même. C'est une des gloires scientifiques que réclame notre époque.
On n'hésitait que sur des points secondaires, quant aux meilleures chances scientifiques de l'expédition.
Dès la séance suivante, celle du 27 février, un incident inattendu vint donner une nouvelle animation au débat. Une lettre du D" Augustus Petermann, adressée à sir Roderick Murchison, le président de la Société, plaçait la discussion sur un nouveau terrain.
Le savant directeur des Mittheilungen de Gotha s'est occupé depuis longtemps, d'une manière toute spéciale, des questions polaires. En 1852, il adressait «une longue série de lettres et de mémoires à YAthenœuniy au Times et à la Société de Géographie de Londres, où il soutenait que le point de départ le plus favorable à tous égards pour un voyage au pôle serait la mer du Spitzberg. Dans sa nouvelle lettre, qui a été bientôt suivie d'une seconde (cidessus, n"* 314), la même thèse est reprise et développée avec une conviction chaleureuse, appuyée sur une connaissance approfondie de tous les éléments de la question.
Maintenant que les mystères de l'Afrique intérieure et de l'Australie sont dévoilés, le plus grand problème géographique qui reste à résoudre est la géographie des régions centrales du pôle et la navigation du pôle lui-même ; et ma conyiction, ajoute courtoisement le docteur Petermann, est que la nation anglaise, avant toutes les autres, est destinée à ce grand triomphe, couronnement suprême de l'exploration de notre globe.
Mais le D' Petermann insiste fortement sur la préfdrf ^t
à donner à la route du Spîtzberg, en s'appuyant principalement sur les raisons suivantes :
10 Les mers à l'Ë. et à VO du Spitzberg offrent la route la plus courte de la Grande-Bretagne au pôle nord, la distance de Londres au pôle par le Spitzberg étant de 2400 à 2500 milles nautiques; tandis qu'elle est de ^000 par la baie de Bafôn et le Smith Sound.
2** Les mers du Spitzberg sont de beaucoup l'entrée la plus large, ou, pour mieux dire, la seule entrée qui s'ouvre sur les régions centrales du pôle, et déjà par cette raison seule elles offriraient la route la plus facile et la plus praticable pour les navires qui veulent pénétrer dans les régions polaires.
3"" Les mers du Spitzberg sont plus libres de glaces qu'aucune autre partie des mers Arctiques ou Antarctiques à la même latitude, le 80« parallèle étant aisément accessible tous les ans. Dans le Smith Sound, au contraire, les efforts combinés des expéditions anglaises et américaines n'ont pu dé* passer 78® 45' de latitude pour les navires, et 81® pour les traîneaux. Malgré ces efforts, on a fait très-peu de progrès dans cette direction depuis le temps de Baf6n, il y a 2k9 ans. Baffîn, en 1616, toucha presque au IS^ degré de latitude, presque aussi avant, par conséquent, que les récentes expéditions d'inglefield, de Kane et de Hayes, quoique ces deux dernières se proposassent expressément d'atteindre le pôle nord.
4® On rencontre beaucoup moins de glaces dans les mers du Spitzberg au printemps et en automne qu'au cœur mémo de l'été, et parfois la mer est entièrement libre.
Le D' Petermann développe d'autres raisons encore, déduites des conditions physiques comparées des deux routes dont il fait le parallèle. < Tous les faits qui se lient k la géographie des régions arctiques, en ce qui touche à Tétendue des explorations effectuées, ou aux observations que Ton a faites sur les courants, le climat, les glaces et les bois flottants, conduisent à cette conclusion que la région située sous le pôle et celle qui s'étend jusqu'au Spitzberg ne présentent que des mers, sans aucune terre. Mais devrait-on trouver une terre sous le pôle, une expédition
partie du Spitzberg pourrait toujours y pénétrer et y pousser ses explorations au moyen de traîneaux. »
M. Petermann trouve dans les faits connus sur l'autre pôle du globe, le pôle antarctique, de nouvelles et puissantes raisons à Tappui de sa démonstration. Nous le suivrons volontiers dans cette excursion accessoire, qui ne peut manquer d'être instructive sous un pareil guide.
De toutes les terres hypothétiques dont on a supposé l'existence, la grande Terre Australe a été une des créations les plus gigantesques de l'imagination, et des plus absurdes ; et il faut espérer que les fautes nombreuses que la recherche de ce continent imaginaire a enfantées serviront d'avertissement contre toute terre polaire que Ton croirait pouvoir admettre au nord du Smith Sound ou sur tout autre point. Il y a environ 300 ans que la grande Terre Australe était supposée comprendre toute la région circompolaire du Sud jusqu'au détroit de Magellan, d'où elle allait gagner les approches du cap de Bonne-Espérance, puis l'Australie qu'elle englobait tout entière, avec la Nouvelle-Guinée et d'autres archipels avoisinants. Abel Tasman, en 1642, enleva une large tranche de ce continent supposé par sa découverte des côtes méridionales de l'Australie; ce qui n'empêcha pas que cette hypothèse favorite des géographes à systèmes tînt bon encore pendant plus d'un siècle, et que jusqu'au temps de Cook, il y a de cela 90 ans, on ne continuât de dessiner sur les Mappemondes une grande Terre Australe, depuis la Nouvelle-Zélande jusqu'aux tles Bouvet, au S. 0. du cap de Bonne-Espérance, deux terres que Ton regardait comme deux promontoires du prétendu continent. Les recherches du capitaine Gook furent portées de ce côté ; car, ditil dans l'introduction de son voyage en 1772 (p. dl), « que la partie inexplorée de l'hémisphère du Sud ne soit qu'une immense étendue d'eau, ou bien qu'elle renferme un autre' continent, c'est une question qui a depuis longtemps fixé Tattention non* seutoment des hommes de science, mais aussi de la plupart des puissances maritimes de l'Europe. Mettre fin à la divergence des opinions sur une matière si curieuse et si importante, fut le motif principal qui porta S. M. à faire entreprendre ce voyage. » Gook dissipa l'illusion d'un grand continent austral, et montra que s'il existe en effet une terre antarctique de quelque étendue , elle est renfermée dans la partie oantrale.
par delà ]p 60® degré de latitude S. ; mais il créa une autre illusion populaire et un nourel époutantail antarctique, en as*^ surant qu'ail delà de 1\^ W de latitude, point extrême qu'il aTàit atteint, la mer polaire était complètement innavigable^ et inaccessible à loute recherche ultérieure.* J'ose affirmer, dit-iL que personne ne s'aventurera jamais plus loin que je ne Tai fait, et que les terres qui peuvent exister plus au sud, on né les verra jamais. » Cette opinion du grand navigateur éteignit pendant plus de quarante ans l'ardeur des explorations dans les mers Antarctiques^ jusqu'en 1829 que ces recherches furent reprises par l'expédition russe de Billingshausen, bientôt suivie des expéditions de Weddell, BiscdOi Balleny, d'Urville^ Wilkes^ G. 'G, Ross et Moore. Sir James Ross atteignit le 78* degré 10' de latitude, sept degrés plus loin que Gook, dans la direction du pôle, et cela sans l'aide de la vapeur.
Ce que Gook pensait des glaces de l'Océan antarctique et de l'impossibilité d'y naviguer se retrouve dans le pré* jugé populaire sur la mer Arctique an notd dn Spitzbe^g; l'analogie est singulièrement instructive. En somme, ajoute le savant géographe de Gotha , je serais heureux de voir une expédition organisée exclusivement en vue de la science ; mais il ne fiiut pas oublier non plus que les intérêts de la grande pêche dans les régions polaires soût d'Uûe extrême importance. Il suflit de rappeler que les pèches américaines de la baleine dans le détroit de Bering ont donné, en deux ans, l'énorme produit de 8 millions de dollars.
Dans les longues discussions qui ont suivi cette communication, tant au sein de la Société de Londres qu'au dehors, les avis des hommes les plus compétents se sont partagés; en somme, on en peut conclure que chacune ded deux roules a ses avantages et peut avoir ses inconvénients. Dans un mémoire où il insiste sur le côté ethnographique de la future expédition, le D' Seemann (n° 320) fait ainsi ressortir les avantages de la route de la mer de BafSn :
Deux routes ont été dédigttëes domine les meilleures qU^oô
puisse prenlre dans une telle expédition : celle du Spitzberg, Qt celle de Smith's Sound. Des arguments d'un grand poids ont été donnés pour Tune et l'autre route. Une expédition arctique doit se proposer deux objets principaux: atteindre le pôle nord. et reconnaître les solitudes inconnues de la région polaire. Or, la pl^s grande partie de cette région inconnue, comme on peut le voir en jetant les yeux sur la carte, n'est pas située près du Spitzberg, mais près du Smith's Sound, et les hommes de science qui désirent l'avancement de toutes les branches des connaisi^nces humaines doivent, à mon avis, donner la préférence à la route du Smith^s Sound, en songeant que dans le cas même où il serait possible d'aller au pôle nord et d'en revenir en un couple de mois, si Ton y devait trouver une mer ouverte, on rapporterait de cette course une moindre somme d'observations, que si des détachements portés sur des traîneaux se frayaient leur voie lentement, mais sûrement, au nord de Smith's Sound. Je dirai môme que ce serait à mes yeux un malheur pour la science que le pôle nord fût atteint avant que la plus grande partie de la calotte arctique ait été explorée. Il est à craindre, dans ce cas, que Tardeur ne se ralentît, et qu'une autre tentative d'expédition plus complètement scientifique ne rencontrât plus que TindilTérence générale. Il n'en sera pas de môme si l'on choisit la route du Smith's Sound ; chaque pas, ici, ajoutera quelque chose à toutes les branches de la science, et l'intérêt, un intérêt bien légitime, ira toujours croissant. Je dirai plus : il ne me déplairait pas, scientifiquement parlant, que le pôle fût toujours en vue, sans qu'on l'atteignit jamais.
Bien qu'au total , ainsi que nous l'avons dit, l'avis des officiers personnellement familiarisés avec les mers arctiques se soit partagé sur la convenance relative des deux routes proposées, en Angleterre l'opinion générale parait s'être ralliée de préférence à la roule du Smith's Sound, patronnée par l'auteur même de la proposition, le capitaine Osborn. Il semble même que cette question de science se soit transformée, pour certains esprits, en une question d'amour-propre national : la route anglaise et la route allemande. De là à racrimonie patriotique, il n'y avait qu'un pas, et il s'est trouvé un grand organe de publicité britannique où ce pas a été franchi. Le triste article de la
QuarUrly Beview {n"* 323) a excité chez les hommes de science^ et, j'aime à le croire, chez tous les hommes de sens, plus d'étonnement encore que de répulsion. Le D^ Petermann ne s'est pas senti insulté, et il a eu raison ; une pareille polémique ne pouvait l'atteindre. Il a mieux fait ; puisqu'on semblait revendiquer pour l'Angleterre la route de l'ouest, il a aussitôt accepté la lutte sur ce terrain, et dans le Congrès scientifique de Francfort, le 23 juillet 1865, il a provoqué la souscription d'un fonds national pour organiser une expédition polaire, se mettant lui-même en avant de sa bourse aussi bien que de sa science et de son infatigable activité. Sa voix, dont l'Allemagne savante s'honore, a été entendue. Les fonds nécessaires pour Té* quipement d'un navire à vapeur ont été promptement réunis, et, pendant qu'à Londres on délibérait encore, un bâtiment, affrété en Angleterre et rapidement équipé pour une reconnaissance préparatoire, sortait du port de Hambourg le dernier jour d'août. Mais on était à peine en mer, qu'un grave accident se déclara dans la machine (Englische Maschinerie oder Machination bat dièses schœne Unternehmen vereiteit, écrit le D' Petermann en parlant de ce prompt accident), et il fallut rentrer au port, remettant au printemps de 1866 le départ d'une expédition complète.
Un mot maintenant sur le Spitzberg. L'expédition suédoise de 1861 au Spitzberg aura donné pour la première fois une connaissance exacte et complète de ce triste désert de glace, quoique de bonnes notions se trouvent déjà dans les mémaires de M. Charles Martins. (n» 325). L'expédition suédoise, outre ses résultats pour la géologie et l'histoire naturelle, nous aura valu une grande et belle carte de l'ile et des mers environnantes, accompagnée d'une notice imprimée en suédois dans les Mémoires de l'Académie des sciences de Stockholm. La carte s'appuie sur une série de quatre-vingts déterminations astronomiques faites à
terre, au pourtour des côtes; là Notice endoàDe la liste. L'intérieur de l'île est représenté comme un plateau de glace, d'où s'élèvent çk et là des rochers de 1500 à 2000 pieds de hauteur. Là se forment de larges glaciers^ qui sur tout le pourtour du Spitzberg descendant à la mer. La côte orientale de la partie connue sous le nom de terre (lu Nord«Est n'est qu'tm seul glâ«ier.