‹ L'Année géographique (volume 2)Chapitre 317 sur 368 · LA SCIENCE EN ITALIE · texte numérisé non relu

LA SCIENCE EN ITALIE

déterminer une crise grosse de conséquences redoutables. Qu'elle persévère dans une politique si heureusement inaugurée, et ritalie acquérera, avec une prospérité qui ne sera pas au-dessous de son ancienne importance commerciale, la dignité qui convient au grand rôle qu'elle a rempli dans l'histoire et la civilisation du monde.

A la régénération politique de rilalie doit inévitablement se rattacher sa régénération scientiûque. L'Europe savante qui doit tant à Tltalie, verra avec bonheur ce noble pays reprendre son rang dans la science. La Géographie fut un des plus brillants fleurons de sa couronne littéraire, et elle peut l'être encore ; c'est une gloire à laquelle la patrie de Marco Polo, de Fra Mauro et de Christophe Colomb ne peut rester insensible. Ce ne sont pas les honmies qui manquent k l'Italie : c'est une puissante initiative et un centre d'action. Peut-être les circonstances ne sont-elles pas encore bien favorables à une reprise sérieuse des fortes études; mais la consolidation politique, dont les progrès sont rapides, ramènera promptement les esprits vers les calmes aspirations de la culture intellectuelle, sur laquelle repose la gloire durable des nations. Nous savons qu*un des hommes les plus distingués du professorat géographique en Italie, M. Giuseppe de Luca% avait pensé à faire un appel au patriotisme de ses concitoyens, et en particulier aux professeurs des Universités et des autres établissements scientifiques, dans le dessein de former une sorte de Congrès géographique, et de provoquer la création d'une société italienne de Géographie. M. de Luca a été retenu par un sentiment de modestie ; nous le regrettons. Pour une création de ce genre, l'initiative appartient aux plus zélés. C'est au plus zélé d'exciter les indifférents, d'échauffer les tièdes,

1. Nous avons signalé l'an dernier (p. 410 de notre précédent volume) 1 important travail descriptif sur Tltalie dont M. Gius. de Luca a enrichi sa traduction italienne de la Géographie de Balbi.

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et de stimuler le bon vouloir du gouvernement; dans les choses de cette nature , le pouvoir fera bien rarement le premier pas. Nous espérons que plus confiant en lui-même et dans les dispositions de ses compatriotes , M. de Luca profitera de la première occurrence pour réaliser sa pensée.

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