‹ L'Année géographique (volume 2)Chapitre 326 sur 368 · DANEMARK · texte numérisé non relu

DANEMARK

touchent aux conditions de sa richesse intérieure. C'est ainsi qu'il a passé en revue, comme introduction au tableau agricole, le territoire, sa population, le climat et la géologie. Le Danemark est loin d'être aussi connu chez nous qu'il mérite de l'être.

Le Danemark , écrit Tauteur, est une contrée sans monta* gnes ; il est mamelonné, mais sans fortes dépressions. Ce n'est pas un pays de brume et de glaces ; Tair y est pur, très-clair, même en hiver. £n été, rien n'égale ]a beauté du climat. On n^y soufTre jamais de la chaleur, qui est toujours tempérée; le soleil brille' dans son ciel avec autant d'éclat que dans les régions méridionales les mieux favorisées, et les jours y sont, dans le mois de juin, de vingt à vingt-deux heures, sans qu'on éprouve la moindre lassitude.... Les parcs, les haies formées d'arbres de haute futaie, la configuration ondulée de la contrée, ses rives déchiquetées par la mer, — ses profonds fyords ou golfes, ^ont les eaux vertes, aussi limpides que celles de la Méditerranée, pénètrent souvent très-loin dans l'intérieur du pays, — ses campagnes verdoyantes, peuplées de bestiaux, — l'architecture de ses habitations, dans laquelle on excelle à se servir de briques de différentes formes et de couleurs trèsvariées, tout donne ^u Danemark l'aspect le plus ravissant et un cachet original qu'on ne peut trouver ailleurs. La belle Séeland, la riche Fionie appelée le jardin du Danemark, toute parsemée de châteaux, de grandes fermes et de parcs, les fertiles îles de Falster, de Laaland et celle de Moën avec ses blanches falaises, se font surtout admirer des visiteurs. — Les immenses solitudes qu'on trouve au centre de la partie méridionale du Jutland ne sont même pas sans poésie.... On n'aperçoit pas un arbre, pas un être vivant, mais on rencontre çà et là, comme un véritable cimetière de géants, une quantité innombrable de tumulus auxquels s'attachent de mystérieuses légendes.

Exclusivement agricole jusqu'ici, la population n'a eu pour ressources que les produits de la terre, et s'en est si bien trouvée, qu'en Danemark la misère, le paupérisme, la mendicité, qui partout accompagnent un grand développement industriel, n'existent pas,

La population de la monarchie danoise est de 2 605 000 habitants, sur une surface d'environ 57 000 kilomètres carrés.

kOk EUROPE. (N"* 390-395)

L'auteur fait la statistique de chaque partie des provinces qui se rattachent à cette monarchie; il traite de l'importance de la population rurale, et de sa répartition en trois classes : les grands propriétaires (seigneurs qui- rappellent le moyen âge), les paysans, qui sont les anciens hommes d'armes des seigneurs , et les ouvriers ou cottagers correspondant aux serfs du moyen âge. Tous les détails sur l'aristocratie danoise, qui s'est toujours distinguée par son goût pour l'agriculture, offrent un grand intérêt. Cet intérêt s'accroît de celui qui s'attache aux autres classes, dont les tendances démocratiques paraissent satisfaites par la sagesse du gouvernement danois, autant que par la modération de la classe des petites propriétaires et par la moralité des cottagers.

L'auteur, après avoir exposé un tahleau fidèle de l'état de l'agriculture danoise à la fin du siècle dernier, fait celui des réformes qu'elle a subies, réformes qui la conduisent à une prospérité telle, que cette heureuse contrée, qui n'a jamais à craindre pour elle-même les disettes, est comme la mère nourrice de l'Angleterre, où vont s'engloutir ses produits surabondants. Les rendements ont beaucoup augmenté à la fffveur de l'introduction de la culture pastorale mixte, culture qui consiste dans des assolements où les herbages, avant de succéder à des céréales, occupent de quatre à cinq et sept ans le même sol.

La cinquième partie de l'ouvrage traite de la race chevaline, de son élevage, des espèces bovine, ovine et porcine, tant dans le Danemark que dans le Holstein et le Slesvig.

Quelles senties causes des progrès économiques accomplis au Danemark, et de la prospérité qu'il a acquise en si peu d'années? Ces causes, M. Tisserand les formule dans sa conclusion, comme il les indique dans l'ensemble de son travail : Un gouvernement habile et libéral , ayant à sa tête un souverain populaire, ami des arts et de l'agriculture; un peuple actif, entreprenant, secondé par les encouragements du souverain et de l'État, et enfin la liberté du commerce.

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