‹ L'Année géographique (volume 3)Chapitre 136 sur 249 · POPULATION · texte numérisé non relu

POPULATION

Libre.

65 000 235 000 3 iO 000 165 000 456 000 2«»5 000 230 OOU 930 000 205 000 200 (lOO 950 000

Esclave.

loooa

Totale.

1 200 000 55 000 850 000 400 000 800 UOO 100 000 120 000 420 000

Chefs-lieux des proTinces.

ManaoB.

Belem.

San Laiz.

Theresina

Portaleza..

Natal.

Parahyba.

Recife.

Meceio.

Aracapi.

San Salvador.

Victoria.

Nictheroy.

San Sébastian.

San Paulo.

Cuitiba.

Des terre.

Porta Aiegre.

Ouro preto.

Goyaz.

Cuiaba.

S 5. Géographie astronomique. Hydrographie.

Le capitaine Em. Mouchez a publié un travail fort important sur l'hydrographie des côtes brésiliennes (n** 108).

Ce travail est précédé d'un exposé historique que nous allons reproduire, car c'est par là que les marins et les géographes sont mis à même d'apprécier la valeur rigoureuse de la suite de cartes aujourd'hui adoptées par l'hydrographie française, et des observations astronomiques qui leur ser^ vent de base.

M. Mouchez rappelle que sa reconnaissance hydrographique du Brésil, commencée il y a huit ou neuf ans, n'a été le résultat ni d'un projet arrêté d'avance ni d'une mission spéciale préméditée ayant pour unique objet Texploration de cette vaste étendue de côtes, mais bien le fruit de travaux isolés faits pendant trois stations successives dans las mêmes parages. Au retour de chacune de ces campagnes il ne savait pas que les circonstances le feraient retourner si prochainement au Brésil, et il se hâta de publier les quelques cartes qu'il lui était permis de construire avec les documents recueillis souvent très-rapidement pendant les loisirs de la station.

Pendant la première campagne dans le Rio de la Plata et au Paraguay {Bisson^ 1855-1860), n'ayant aucune mission relative à l'hydrographie, il ne put s'occuper que de la Plata et de ses affluents.

Dans la deuxième campagne (D'ErUrecasteauXj 1862), l'unique but de la mission hydrographique du capitaine Mouchez était la reconnaissance des récifs Abrolhos. Il put cependant profiter des circonstances favorables pour étendre le travail au N. et au S. et compléter le levé de la côte entre Bahia et Rio. Ces cartes furent publiées en rentrant en France.

118 AMÉRIQUE DU SUD. (n**' 102-113)

Ne prévoyant pas alors qu'il dût retourner une troisième fois au Brésil, il publia à la même époque quatre cartes routières comprenant toute la côte entre TAmazone et la Plata, afin d'utiliser les divers travaux faits par d'autres navigateurs depuis la publication des cartes de Tamiral Roussin.

Ce ne fut qu'après avoir terminé ce dernier travail que M. Mouchez reçut Tordre de retourner une troisième fois dans les mêmes parages , pour compléter l'hydrographie du Brésil. {Lamotte-Piquety 1865-1866.)

Cette nouvelle campagne, continue le capitaine Mouchez , ayant un caractère plus spécial, je pus procéder avec plus de méthode et m'occuper dès le principe de déterminer le premier méridien de Rio sur la position duquel existait encore un doute assez grand. Ce doute et le manque dé suite dans nos travaux avaient introduit quelques erreurs sur les longitudes des cartes précédemment publiées, erreurs qui n'a vicient pâs eu jusque-là de grands inconvénients parce qu^elles portaient sur des localités isolées, souvent éloignées, mais qui devenaient très-regrettables dès qu'il fallait combler toutes les lacunes pour obtenir un travail sans solution de continuité. Ces erreurs pouvaient s'élever à 2' kb" ou 3^ 00".

J'ai donc commencé par faire à Rio de Janeiro, en 1865, une série d'observations astronomiques qui m'ont permis de fixer d'une manière certaine la position de ce premier méridien, auquel je devais rapporter tout'^ la côte depuis la Guyane jusqu^à

la Plata. La longitude de Villegagnon a été ainsi trouvée de 3h jm 57. ~ 450 29/ 15*'.

Mais comme cette longitude qui sert de base au présent travail a été fort contestée et que la Connaissance des Temps en adopta alors une très-différente, je crois devoir dire ici quelques mots sur la solution que vient de recevoir cette question.

Mes-premières observations dans la Plata en 1859 et 1860 mV vaient fait supposer que la longitude de Rio de Janeiro (45° 30^adop« tée par Daussy dans la Connaissance des Temps d'après la discussion d'anciennes observations, était trop forte dé 3' à 4' et j'adoptai 45« 27' pour la construction des cartes publiées à cette époque ; bien que cette correction me parût déjà un peu forte, je me

crus cependant autorisé à l'adopter, parce qu'un astronome français, M. Liais, venait d'envoyer à T Académie un mémoire dans lequel, présentant les résultats de diverses observations astronomiques faites par lui au Brésil, il conclua^it que la longitude de Rio de Janeiro était de 45** 23', c'est à-dire de 7' plus petite que celle adoptée par la Connaissance des Temps. Une si grande erreur me 'paraissait impossible, après les recherches complètes de Daussy et sur une côte aussi fréquentée que celle du Brésil.

Je. profitai donc des circonstances favorables de ma troisième campagne pour fixer définitivement la position de ce méridien. Trois lunaison^ de culminations lunaires, et une magnifique éclipse annulaire que j'ai pu aller observer sur la ligne centrale, m'ont donné des résultats identiquement d'accord entre eux et avec les longitudes déduites soit des très-remarquables observations chronométriques de Fitz Roy, soit de Tobservation du passage de Mercure faite par Triesnecker à Montevideo à la fin du dernier siècle. On sait que cette dernière observation a été employée par les astronomes modernes pour le calcul des tables de Mercure, et qu'elle est reconnue d'une exactitude rigoureuse.

Dans un mémoire publié au retour de cette campagne, j'ai donné le détail de toutes mes observations, et, reprenant la discussion de Daussy, j'y ai introduit tous les travaux qui ont été faits sur la côte orientale de l'Amérique du Sud depuis fin du dernier siècle. J'ai trouvé ainsi que la longitude de Rio de Janeiro (fort Villegagnon) était certainement comprise entre 3^ l^ 56' et 3** 1°» 58'; j'ai adopté définitivement 3^ 1°» 57' =

Je ne doute pas que les cartes du Brésil, dont la publication va être bientôt terminée, et le tableau des positions géographiques que nous publions aujourd'hui, ne subissent avec le temps bien des corrections de détail ; mais j'ai Pespoir qu'elles ne dépasseront pas l/k ou 1/3 de mille pour les points principaux et 1 mille pour les points secondaires, c'est-à-dire que ces corrections n'auront aucune importance pour la navigation. Mon unique but a été de construire des cartes permettant de naviguer sûrement sur les côtes du Brésil et d'atteindre facilement et sans danger tous les points accessibles aux navires européens du plus petit tirant d'eau, par l'indication exacte de tous les écueils, de tous les points pouvant servir à reconnaître la terre, et les profondeurs de la mer jusqu'à la limite du plateau

des sondes. Si, comme je Pespère, les navigateurs trouvent que i'ai atteint ce but, je n'attacherai qu'une importance relativement secondaire aux quelques erreurs ou omissions de détail qu'on pourra signaler, et qui n'auront qu'un intérêt purement local pour le cabotage brésilien.

Je pense que l'on trouvera ce degré d'exactitude bien suffisant pour tous les besoins pratiques de la navigation ; nous avions une si vaste étendue de côte à explorer, si peu de temps et de si faibles moyens pour l'exécution de ce travail, que nous avons dû nous arrêter au degré de précision réellement nécessaire et utile. Il existait plusieurs points dangereux et mal connus de cette vaste côte du Brésil, tels que Maranhao, le cap Saint-Roque, etc., etc., où il se perd si fréquemment des navires européens, et il était extrêmement urgent d'en donner le plus tôt possible de bonnes . cartes permettant d'y naviguer sans danger.

On peut définir le degré d'exactitude que doit au moins avoir une carte hydrographique, en disant qu'il faut que les erreurs qu'elle présente soient plus faibles que celles que peut commettre le meilleur observateur marin avec les instruments et les moyens dont il dispose à bord pour diriger la route de son navire. Il est évident que pour la pratique de la navigation, seule question que nous devons avoir en vue en levant les côtes de pays étrangers, une plus grande exactitude est inutile; et il y a souvent intérêt à se maintenir dans ces limites, car on peut dire que le temps, le travail et les dépenses nécessaires pour lever une carte croissent au moins comme le carré du degré d'exactitude que l'on veut obtenir.

Si j'insiste sur ces réflexions, c'est pour répondre à <)uelques observations qui ont été faites sur la rapidité de nos travaux, mais plus encore parce que je suis persuadé que le désir de faire des cartes d'une exactitude trop minutieuse a été peutêtre jusqu'ici un des plus grands obstacles aux progrès de nos connaissances hydrographiques. On entend, en effet, quelquefois émettre l'opinion qu'aujourd'hui il ne faut publier que des cartes d'une exactitude absolue ou ne rien publier; c'est, je crois, une regrettable erreur qui paralyse le zèle de beaucoup d'officiers, et quelquefois aussi un prétexte facile pour ne rien faire. Bien souvent on n'a pas osé entreprendre des travaux de ce genre, parce qu'on croyait n'avoir ni le temps ni les moyens nécessaires pour les exécuter avec les soins minutieux qu'ils exigent.

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