‹ L'Année géographique (volume 3)Chapitre 178 sur 249 · Voir notre précédent volume, p,- 130, n"» 97 et · texte numérisé non relu

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l'énorme accumnlalion de matériaux que Ton possède sur toutes les parties de la grande Péninsule, voyages, mémoires, études et recherches de toute sorte, sur la géographie, l'archéologie, l'histoire territoriale, l'ethnographie et l'histoire naturelle. C'est là un grand travail, je le sais, — et un travail que je n'espère guère, à vrai dire; cependant, partagé comme il le serait au moins entre quatre rédacteurs principaux (et il en est un, le seul qui soit connu par ses œuvres, qu^peut inspirer toute confiance), partagé, dis-je, entre plusieurs coopérateurs bien choisis comme ils l'ont été sans doute, le travail ne serait plus qu'une tâche ordinaire d'activité, d'intelligence et de labeur.

Il est un point, aussi, d'une importance toute particulière: c'est celui de la nomenclature, celui qui touche à l'orthographe des noms. On ne saurait y attacher trop d'importance ; c'est la base fondamentale de tout travail géographi • que. Aucun pays au monde n'a vu sa nomenclature native, celle qui s'attache au sol et qui vit dans les écrits ou dans la bouche des indigènes, torturée, dénaturée, défigurée au même degré que la nomenclature de la géographie hindoue. Cela tient en partie à la complexité des éléments primitifs, mais surtout aux dominations étrangères qui se sont succédé dans les pays brahmaniques. On a d'une part la nomenclature primordiale, qui peut se retrouver encore dans les hauts pays et dans les provinces du Sud ; puis la nomenclature sanscrite, qui reste toujours, au moins pour les pays du Gange et de la Nerbudda (la Narmadâ), le point de départ et' le meilleur terme de comparaison, bien qu'elle n'existe plus qu'à l'état de lettre morte ; puis en troisième lieu la nomenclature prâcrite , c'est-à-dire les formes usuelles que les noms sanscrits reçurent dès les anciens temps dans Tusage populaire. Voilà pour la nomenclature qui appartient proprement à l'Inde. Puis, sur cette couche indigène, sont venues s'implanter les conquêtes étrangères, — la conquête musulmane et la conquête anglaise, pour

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ne parler que des deux principales, de celles qui ont le plu!% profondément imprimé leur cachet sur la déplorable no« menclature de nos cartes actuelles* Débrouiller ce chaos n'est pas chose tràs-facile, assurément, car il 8*agit d'épurer les formes affreusement défigurées de l'orthographe anglaise, en s'appuyant d'une part sur les formes prftcrites du Nord (rapportées autant que possible aux pures formes sanscrites, où est le point de départ), et d'autre part sur les formes tamoules du Sud. Mais enfin la tâobe, si délicate qu'elle soit, n'est pas impossible, et il est bien désirable qu'elle soit remplie.

Elle a dëjà, du reste, éveillé sérieusement l'attention dans l'Inde même. Une lettre adressée par M. James Burgess à la Société géographique de Bombay, au mois de septembre 1867', la signale d'une manière expresse. M« Burgess fait ressortir avec beaucoup de force les inconvénients de l'état de choses actuel. « L'inextricable confusion dans laquelle la négligence et le défaut d'attention ont jeté Torthographe des noms géographiques de l'Inde^ rend souvent difficile à un étranger, dit M. Burgess, de trouver le lieu qu'il cherche soit sur une carte, soit dans un dictionnaire. Il semble que chacun*ait son orthographe h lui. Ramnagar est écrit de onze manières dans le Gazetteer de Thomton; et le préfixe Fateh est également écrit de onze manières, toutes fautives. Garh est écrit ghur dans une ligne, gurh dans une autre, gur dans une troisième; pur est écrit poor^ pore^ pâuvy par, pora, etc. Je rencontrais dernièrement Peenee Put dans un journal, et je dus deviner que l'on avait voulu désigner Panipat.... > Les exemples seraient infinis, et M. Burgess en indique beaucoup d'autres. Gomme conclusion, il demandait que la Société désignât dans son sein un comité chargé d'étudier Ja question et de prendre tel paiti qu'il aviserait.

1 . The Transactions of(he Bombay Geographicaï Society y vol. XVÎII,

Prococ«linj?f?, p. ci; Bombay^ 1H6«, in-«.

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Le vœu de M. James Bargess a été entendu; nn comité de sept membres a é<é désigné. En tête de la liste figure M. Bargess lui-même, et c'était justice; les autres noms sont ceux de MM. Bhâu Dâdji , ViFhvanath Narayan Maodlik, J. P. Hughlings, H. Morland (secrétaire de la Société), R. S. Sinclair et J. Scorgie. Dans un mémorandum en trois pages in-folio imprimé au nom du comité sous le titre de Plan of a proposed Index or list of the geo^ graphical names in India^ in vernacular and english spellingSy et envoyé aux sociétés correspondantes, il est dit que « lo comité de la Société Géographique de Bombay, désigné pour préparer un index ou catalogue des principaux noms géographiques de Tlnde, villes et villages, rivières et montagnes, etc., dans les langues du pays et er^ anglais, s'est tracé pour ce travail un plan dont il expose les bases et les points principaux.... L'objet de cet Index, ajoute le comité, est avant tout géographique et étymologique; mais le comité espère que des renseignements seront mis h sa disposition qui lui permettront de donner également à son travail un caractère historique et statistique. Le comité ne se propose pas de composer un Dictionnaire, mais seulement une liste de noms de nature k former un préliminaire essentiel et une base pour un dictionnaire complet de l'Inde, ouvrage dont maintenant le besoin se fait grandement Sentir.... »

Je désire bien sincèrement que les bonnes intentions et le zèle du Comité géographique de Bombay aboutisse à un résultat pratique et à une réforme éminemment nécessaire.

S 2. Les grandes opérations géodésiques dans la Péninsule.

Le Rapport de 1869 sur les opérations de la géodésie pendant la campagne de 1867-68 (û'^dâd), par le lieule-

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nant-colonel Walker, directeur général des traviuz géodéfiiques de la Péninsule , renferme des faits d'un grand intérêt pour la géographie mathématique de cette région de l'Asie. Lé réseau trigonométrique^ qui couvre maintenant tout le nord de Tlnde, se poursuit dans le haut-Âssam; mais de ce côté, les opérations marchent lentement à cause des épaisses forêts qui couvrent tout le pays jusqu'au sommet des montagnes. Les ingénieurs ont rencontré les mêmes difficultés sur la frontière orientale, où ils ont eu à s'ouvrir de larges percées à travers les forêts sur une étendue de 1 53 milles, avant de pouvoir mesurer une ligne de base. A Akyab, sur la côte d'Arakan, ils ont contrôlé leur nivellement par l'observation des marées, et ils n'ont trouvé qu'une différence d'un pied j%J- (0°*59), quoique la ligne d'opération eût été de plusieurs centaines de milles, à travers un pays sauvage. Une chaîne de triangles secondaires reliera cette ligne au cap Negrais et au fanal de l'Alguada Reef .

On sait qu'un grand arc du méridien a été mesuré dans l'Inde par feu le colonel Everest. Cet arc, qui se développe dans toute la longueur de la Péninsule, doit encore recevoir une nouvelle extension ; aux approches du détroit qui sépare l'île de Geyian de la terre ferme, le colonel Walker fait cette remarque : « Ici j'espère qu'il sera possible de relier la triangulation de l'Inde avec ceHe de Geyian, et nous aurons alors un arc méridien d'environ 25 degrés de longueur depuis l'Himalaya jusqu'à la pointe méridionale de Ceyian. »

Dans la région de l'Himalaya, les opérations géodésiques ont été étendues par le capitaine Montgomerie, avec de bons résultats, aux districts de Kémaoûn et de Grahrval; le même officier les a portées dans la région trans-himftlayenne à travers les bassins supérieurs du Sadledj et du Sindh, jusqu'à une certaine distance au delà de la ligne de faîte orientale. On a ainsi atteint la partie du Tibet

située entre le désert de Gobi et le bassin supérieur du Bramapoutra.

Le colonel Walker rappelle ici l'exploration si remarquable faite en ISô?, par les trois pandits dans la région du haut Sindh (V. ci-dessus, p. 281), et il en résume les grands résukats pour la carte de la haute Asie ; il espère que les explorations pourront être enfin portées au long des pentes de la ligne de faîte septentrionale du Bramapoutra, et que Ton pourra ainsi déterminer la position et l'étendue des grands lacs que Ton sait exister dans cette région.

Le rapport n'oublie pas la grande carte en quatre feuilles gravée dans l'Inde même , où les notions nouvelles acquises jusqu'en 1867 sur les contrées qui s'étendent au nordouest du Pendjab ont toutes été Consignées^ Cette carte a été rédigée et gravée sur zinc par le procédé photographique. Ce n'est pas par l'exécution artistique qu'elle se recommande (l'Inde anglaise, il faut le dire, est sous ce rapport fort en arrière); majs les données nouvelles qu'elle contient sont d'un grand prix. La carte comprend un grand nombre d'informations récentes sur les routes de l'Afghanistan à Yarkand par Eokhand et Kachghar, et par l'Oxus, les hautes steppes de Pamir et le district de Sari-koul ou Tâchkourgân. Les territoires sur lesquels on a le moins de renseignements sont ceux qui se trouvent entre l'Oxus et la frontière du Eokhand. On ne sait rien de la configuration des steppes de Pamir, et très-peu de chose sur les localités de cette région.

Un autre fait digne d'attention est que la détermination des positions très -incertaines des principales villes de l'Aitichahr ou Petite-Boukharie approche d'une solution. La position d'Illchi , capitale du Khotan , est définitivement fixée^, et celle de Yarkand l'est approximativement; et d'a-

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