RÉUNIONS DE LA SORBONNE
G. L. Grandmaison. Notice sur les anciennes chftssesde saint ATtin de Tours; p. 115-147.
H. DuseveL Recherches archéologiques sur le château de Doart; p. 149-160.
Aurés. Note sur les dimensions d'une' inscription antique du usée de Nîmes ; p. 161-169.
E. Caillemer. Note sur les railways ou chemins à rainures ins Tantiquité ; p. 171-181.
Il y a dans ces nombreuses communications bien des Dints curieux, sans aucun cloute, et d'un sérieux intérêt 3ur les études locales ; il faut convenir, néanmoins, que de horizon limité où la plupart se renferment, aucune n'est d nature à projeter une bien vive lumière sur notre his- )ire territoriale ou politique, et qu'elles répondent médiorement à la solennité d'une convocation annuelle des ^présentants de toutes les sociétés scientifiques de la 'rance sous les voûtes de la Sorbonne. 1868 a été une onée faible, à n'en juger du moins que par les mémoires nprimés qui la représentent. Est-ce là ce qui a décidé la ^solution qui paraît avoir été prise au Ministère de dis* ^ntinuer cette publication? On aura pensé, à ce qu'il amble, que le résultat ne justifiait pas la dépense. Si cette ésolution est définitive, nous ne la regrettons pas moins; ar au total, dans la collection déjà nombreuse des lilé- Qoires lus à la Sorbonne depuis 1861, on trouve de fort >ons travaux qui resteront, et il y avait là une incitation itile qui ne demandait qu'à se développer sous une bonne lirection.
Lectures de 1869.
Nous allons donner, d'après les comptes rendus du Jourloi Officiel^ une analyse sommaire de celles des lectures de i869 qui appartiennent le plus spécialement aux sciences géographiques et à l'histoire générale ; on jugera si elles promettaient une plus riche moisson.
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M. itevtUout, professeur à la ftoulté des lettres de Ifontpellier, a fait connaître, à l'aide de papiers de famille, de minâtes de notaires et de registres communaux, la irie d'an Toyageur français inconnu, nommé Antoine de Brunel.
Brunel était le compagnon du voyageur hollandais Aerssen de Somelsdyk, et il parcourut avec lui plusieurs contrées de l'Europe. Il reste de ces longs voyages deux relations, l'une imprimée sous le titre de Voyage d^Espagne fait en 1665 : elle est attribuée généralement à Somelsdyk, bien qu'elle ait pour auteur Bruneh L'autre relation est manuscrite, et raconte Une partie d'un voyage en Italie : celle-là appartenait bien à Somelsdyk et mériterait d'être publiée, du moins en partie.
M. Castan^ président de la Société d'émulation du Doubs, donne lecture d^un mémoire intitulé le Champ de Mars à Feton* Ho.
L'auteur, après avoir expliqué ce qu'était le Champ de Mars à Rome, et montré que les villes des provinces devaient tenir à avoir aussi dans leur enceinte un emplacement consacré à des usages analogues, nous apprend qu'à Besançon, l'antique Vesontio , le Champ de Mars était ce que l'on a nommé depuis Ch^mars^ et que les anciennes chartes nomment Camput Martii, Des fouilles exécutées de 1840 à 1845, à Poccasion de la construction de Tarsenal, et sur lesquelles M. Castan a recueilli de précieux rensei^ements, ont fait découvrir un grand nombre de monuments divers qui prouvent qu'avant d'ôtrô le Champ de Mars Chamats était le cimetière de l'oppidum gaulois ; et auni des médailles et autres objets datant de l'époque impériale. Ce fut 'sans doute, selon M. Castan, vers le temps de Marc-Aurèle qu'on reporta le cimetière plus loin et qu'on établit le Champ de Mars sur remplacement devenu libre.
M.i4uré8, de l'Académie du Gard, a donné lecture d'une Étude sur les dimensions d^un petit autel votif du musée de Nîmes* Cette étude, comme d'autres analogues que V Année géographique a mentionnées, se rattache à un ensemble de recherches poursuivies par M. Aurès sur la métrologie ancienne.
M. MillescampSj membre du Comité archéologique de Senlis, donne lecture d'une note composée par lui en collaboration avec M. Hahn, son confrère, sur la voie romaine de Senlis à Beauvais et remplacement de Litanobriga. On place Litanobriga sur les bords de l'Oise, à Pont-Saint- Maxence, à Creil, etc. ; ces messieurs préfèrent la placer sur la rive gauche de l'Oise, au lieu dit le Petit-Pont^ où, disentrijs, on a longtemps vu des restes
tl pilenii indi(}tlillit rdïlutdttùd Akn^ PAtiti^te d'tm pàhi {brid) e6t «tidfoit. G6ite 6oti]e6tttf6 nouvelle est basée siir des de^ ftites sur le teitaîn.
!. Léon Puheax^ pfofèsseiif ati lycée dé dàen, meitibfâ de lâdéttiie et de la Société des antiquaires de Normandie, à la étude suf Bernard le Danois, Normand du x^ siècle. l)ans Tatâil, l'auteur, en groupant autour de son personnage le^ icipaux événements des règnes de Guillaume Longue-Ëpée le Kiéhard I«^, duc de Normandie, s'est attaché à démontrer la fosloti des conquérants et des vaincus, des Normands et ihunçais, n'avait pas été aussi soudaine qu^on Pa eru géné^ iment. Au milieu des conflits auxquels donna lieu cette fu*^ I, se détaôhe la figure curieuse et originale de Bernard le lOis, vièut compagnon de Hollon, mélange de force et de sottise, de eoutagé et de ruse, un Normand de vieille souohe. dcipal ministre du duché, il veut agréger Son pays à là ialitéft'ançalse, mais sans le laisser absorber par la franco; ntetld être chrétien, civilisé et aussi Français que possible, s sans cesser d'être Normand.
.'ftutéttt a raconté avec quelle habileté Bernard, mancàuvrant ce lé parti danois et le part! français, entre les convoitises des de la France carlovingienne et de la France capétienne, mvé en définitive l'autonomie de la Normandie^ tout en ciitant l'union des deux races. Il a fait ressortir, en terminant, conséquences fécondes et glorieuses pour la France et la mandie, qui sont sorties de cette union. f. àê Cessœ, président de la Société des sciences naturelles trchëologiques de la Greuse, lit un mémoire sur tes divêts les de sépulture dans le département de ta Creiise, L'an derp, le conservateur du musée de Guéret, M. Fillioux, traitait i Sorbonne le sujet sur lèqUél revient aujourd'hui M. de Ges- . On ne s'en plaindra pas, car si forcément le second venu rché parfois sur les traces de Son devancier, il y a dans le /ail considérable de M. de Gessac des faits nouveaux bien ervés et d^intéressantes comparaisons entre les sépultures la Greuse et celles de diverses autres contrées de la Gaulef . le commandant Jouan, de la Société des sciences naturelde Gherbourg, fait une exposition de l'état de la faune à la ivelle-Zélande. Il constate sur cette terre l'absence presque ière de mammifères et de reptiles indigènes, et signale ente la rareté des oiseani. M. Jouan nous montre les formes plus remarquables de cette classe d'animaux comme ten-
540 GÉOGRAPHIE GÉNÉRALE. (n"* 754-767)
dant à disparaître on ayant déjà disparu; comme, par exemple, les perroquets si curieux des Nestor et Sirigons. Il s'occupe ensuite de ces immenses oiseaux, les JiioM des indigènes, ou les Dinomis des zoologistes, dont les squelettes ont été reconstitués par le professeur Richard Owen, et discute les probabilités qu'il y aurait à rencontrer ces animaux encore vivants; des indigènes assurent en avoir vu, mais leur assertion doit toujours être accueillie avec défiance.
M. Cousin^ président de la Société dunkerquoise, lit un travail intitulé: Derniers éclaircissements sur remplacement de Quentovic, M. Cousin place Quentovicus sur le site actuel d'Étar pies.
M. Le HéricheTy membre de la Société des antiquaires de Normandie, donne lecture d'une note intitulée : . Mandune^ une ab* baye mérovingienne retrouvée. Mandune est un monastère cité par Fortunat, que M. Le Héricher croit pouvoir nommer Biandun, et dont il reconnaît l'emplacement aux Chapelles^ ruines au nom significatif qui se voient sur les falaises rocheuses de Carolles, arrondissement d'Avranches.
M. CénaC'Moncaut , membre de TAcadémie impériale de Toulouse, donne lecture d'un mémoire intitulé : Becherchn sur les camps gaulois et les camps romains en Béam,
En langage du pays, on donne le nom de turons à des enceintes fortifiées dont il existe encore dans le Béarn de nombreux vestiges, que M. Génac-Moncaut a explorés avec la patience que donne seul l'amour désintéressé de la science. Ce travail considérable, éclairé par de nombreuses citations de textes, apportera de nouveaux éléments dlnformation sur la castramétar tion romaine et gauloise.
765. Congrès scientifique de France, 34* session, tenue à Aipiens le 3 juin 1867. Amiens^ 1869, in-8, viii-711 pages (Paris, Derache).
ACADÉMIE DES INSCRIPTIOIfS ET BELLES-LBTTRES.
766. Comptes rendus des séances. Nouvelle série, t. V, année 1869, in-8 (Aug. Durand).
Nous n'avons pas à dépouiller iei ce recueil toujours riche, sinon en travaux géographiques proprement dits, du moins en beUes at ft-
ACkDimK DES INSCRIPTIONS. 541
con<l«8 ëtodei sur d'autres branches de Téniditioa historique. Nous ayons mentionné en leur lieu les morceaux de nature à trouver place dans notre cadre.
Mémoires présentés par divers savants à rAcadémie des inscriptions et belles-lettres de l'Institut de France, l** série : Sujets divers d'érudition. T. VII, !'• partie. Paris j I. Impôr., 1869, in-4% et t. VU, !'• parUe.
Le t. Vil contient : Jules Menant^ Éléments d*ëpigraphie assyrienne. Le syllabaire assyrien. Exposé des éléments du système phonétique de récriture anarienne.
Le t. VIII contient quatre mémoires : fitude sur le monument bilingue de Delphes, par C. Wescher (voir ci-dessus, p. 513); — Mémoire sur la dale historique d*un renouvellement de la période sothiaque,' par Th. H. Martin ; — Mémoire sur cette question : la précession des équinoxes a-t-elle été connue des Égyptiens ou de quelque autre peuple avant Hipparque? par le même; — Mémoire sur les rapports de l'Egypte et de l'Assyrie dans l'antiquité, d'après les textes conéi» formes, par J. Oppert,
Lcadémie a décerné cette année le premier des prix rt à M. Roget, baron de Belloguet, pour son ouvrage lé : Ethnologie gauloise^ ou Mémoire critique sur Toet la parenté des Cimmériens^ des CimbreSy des Om- Us Belges y des Ligures et des anciens Celtes; 1858-1 868, in-S».
3 a décerné le second prix à M. de Ghantelanze, pour ige qui a pour titre : Histoire des ducs de Bourbon et mtes de Forez, par Jean Marie de la Mure, publiée a première fois d'après un manuscrit de la biblio- ) de Montbrison portant la date de 1675, revue, coret augmentée de nouveaux documents et de notes •euses, etc.; 1860-1868, 3 vol. in-4°.
cadémie avait prorogé au 31 décembre 1868 le terme icours ouvert en 1865 pour le prix Bordin, sur cette m :
rminer, d'après les historiens, les monuments, les voyanodemes et les noms actuels des localités, quels furent pies qui, depuis le xi* siècle de notre ère jusqu'à la con-
J^k% aiOC^APHIB GÉNÉIULEr {iX^ 754-767)
quête ottomane, oceapaient la ThrueOi la MaQôdoîne, miyrie, l'Épire, la Thessalie et la Grèce proprement dite; *
Comparer sous le rapport du nombre et sons celui de la langne, ces peuplades avec la race hellépiquot ei exposer ^el gepre d'influeiice celle-ci a pn exercer sur elles.
Aucun mémoire n'ayant été déposé dans les àé]t^ prescrite, rAoftdéroie retire ce sujet du cQ^cour9.
L^ Académie avait également proposé pour snjM da prix h décerner en 1B69| U question suivfwto ;
Faire connaître l69 vies des saints et les collections de miraeles, publiées ou inédites, qui peuvent fournir deii dQPmn^ts pour rhistoire de la Gaule sous les Mérovingiens;
Déterminer à quelles dates elles ont été copiposées.
Aucun mémoire n'a été déposé pour ce concours, dont l'Académie proroge le terme au 31 décembre 1870.
I<' Académie rappelle :
Qu'elle a prorogé au 31 décembre 1869 le tQroie da concours ouvert sur cette question :
Faire connaître à l*aide des renseignements fonmis par les auteurs et les inscriptions grecques et latines, Porganisation des flottes romaines, en prenant pour modèle le niéppiff^ de Kellermanu sur les Vigile$;
Qu'elle a prorogé également au 31 décembre 1869 le tçrmQ du concours dout le si^et est :
Faire l'analyse critique et philologique des inseriptionB hi« myarites connues jusqu'à ce jour;
Qu'elle a proposé pour sujet du fvv^ h décerner on 1870 cette question :
Études des chiffres, des comptes et des calculs, des poids et des mesures chez les anciens Égyptiens.
Le mémoire devait comprendre :
ENSBIONBUENT SUPÉRIEUR. 548
1^ L'jfiide oomparative des chiffres, dans la» diverses éoritores hiéroglyphique, hiëratiqae et démetiqaei
ft* L'exposition des méthodes suivies pour les comptes, et particulièrement pour la comptabilité publique; et l'étude des calculs de divers genres contenus dans les mo* Juments;
8^ La détermination de la valeur des poids et me« ^%$, et l'étude des procédés d'arpentage et de calcul des iirfaces.
On appeUe spécialement l'attention sur les renseigne* lents fournis par les nombreux calculs reproduits sur les aurailles d'Edfou, sur les registres de comptabilité publi- [ue conservés dans les divers musées, et en général sur les )apyrus et les ostraca contenant des calculs.
Les mémoires pour ce concours ont dû ^tre déposés m secrétariat de l'Institut, le 81 décembre 1869, terme de iguetw*
J 7. P# rwfelgBemeiit tapérienr, e(, & ce propoi, qudqnes me|9 9n«ef4
sur l'enseigneipent géographique.
768. V. Duruy, ministre de l'ipslruction publique. Rapport présent^ à TEmpereur sur l'enseignement supérieur. Moniteur universel, 16 et 17 novembre 1868.
Le Rapport k l'Empereur sur l'enseignement supérieur restera comme un des grands actes de l'administration de M. Victor Duruy, dont le passage au Ministère de l'instruction publique laissera une trace profonde dans l'histoire de l'enseignement supérieur en France. Animé de l'esprit le plus libéral et des pensées les plus généreuses , possédé d'une activité prodigieuse que secondait une grande puissance de travail, impatient de s'attaquer aux abus et de provoquer les améliorations, M. Duruy semble avoir eu la magnifique ambition de devenir le Golbert de
544 GÉOGRAPHUS G^ÉRALE. (N"" 768)
l'instruction pnblique. On a pu s'attaquer à quelques-uns de ses actes, regretter certaines préférences, déplorer certaines omissions et certains ajournements : il est impossible de ne pas rendre une justice éclatante à Tezcellence des intentions. Élargir, élever, propager par tous les moyens l'instruction générale, lui faire la place qui lui appartient dans l'administration d'un pays tel que la France^ travailler avec une rare énergie à établir une plus juste proportion entre le budget de Tintelligence et le budget des forces matérielles : tel a été le but constant du ministëre de M. Duruy. Le rapport du 15 novembre 1868 en est un large et beau programme, et il est regrettable que le ministre qui l'a tracé n'ait pu garder le pouvoir pour en activer la réalisation.
En nous arrêtant un moment à ce remarquable document, nous devons y signaler surtout les parties qui s'y rapportent aux sciences historiques : ce sont les seules qui nous appartiennent. Et d'abord le ministre y fait un aveu qu'il faut recueillir, si triste qu'il soit : « En étudiant le mouvement littéraire de ce temps, on est conduit, dit-il, à penser que le goftt du public français pour les études sévères s'émousse et s'affaiblit. Il semble qu'en dehors de l'Académie des inscriptions et de l'École des Chartes, Témdition nous effraye. On préfère les lettres pures, les vérités générales, la peinture des caractères et des passions, l'analyse du cœur humain, le style brillant des lectures faciles, et ces innombrables études de critique dont quelques-unes ne sont que l'expression littéraire de cet esprit frondeur, une des formes les plus anciennes et les plus vives du génie national.
« Mais il y aurait péril pour les lettres elles-mêmes à dédaigner l'érudition comme un objet de vaine et inutile curiosité. L'esprit français perdrait de sa force, puisqu'il laisserait tarir pour lui une des trois sources de vie, d'inspirations et d'études fécondes, où les lettres se retrempent
RAntiom Di Là sorbounk.
dans
point pour ï'hori de ai toire creni' reprj Frani annéi impr résoli
conliQuer cette publication? On aura pensé, à ce qu'il semlile, que le risulut ne justifiait pas la dépense. Si cette résolution est définitiTe, nous ne la regrettons pas moins; car an total, dans la collection déjà nonibreuse des Mémoires lus à la Sorbonne depuis 1861, on trouve de fort bons travaux qui resteront, et il y avait li une incitation utile qui ne demandait qu'à se développer sous une bonne direotion,
Lecloru de utt.
Nous allons donner, d'après les comptes rendns du Journal Ofjickl, une analyse sommaire de celles des lectures de 1869 qni appartiennent le plus spécialement aux sciences géographiques et à l'histoire générale ; on jugera si elles promettaient une plus riche moisson.
546 GÉOGRAPHIE GÉNÉRALE. (if^ 768)
ramenée à son caractère originel : en même' temps nos savants demandent qu'on leur traduise les livres de cas pays qui ont tant de secrets à nous livrer sur Thistoire générale des races, des langues et des sociétés humaines.
Il y a donc urgence à réorganiser, en la complétant, Péoole spéciale des langues orientales vivantes, de manière à former des interprètes et à mettre les jeunes négociants firançais à môme de s'établir en Orient ou de s'y créer des relations.
Et à ce propos, le ministre fait très^justoment ressortir Textrême utilité, disons plus, la nécessité absolue et de premier ordre de mettre à portée des travailleurs les re^ cueils périodiques consacrés aux sciences et à la littérature sérieuse, particulièrement les recueils étrangers qu'3 est toujours si difficile de se procurer, même au prix de sacrifices d'argent que tous ne sont pas, tant s'en &at, en étal de faire.
L^Auteur àe h. Vie de César sait de quelle importance il eit| pour bien étudier un grand sujet d'histoire, de connaître les travaux correspondants des publicistes étrangers, afin de ne point recommencer inutilement des recherches d^à fkites, on, plus souvent, pour faire jaillir la lumière de la coBtradietion des idées.
Le réle que j'attribue aux recueils périodiques pour tenir ks érudits au courant des publications étrangères, on, comme disait Mésérai, « pour faire savoir ce qui se passe de nouveaa dans la république des lettres, » était autrefois rempli ea France par le Journal des Savants; mais ce recueil, d^nis trente ans, a pris un caractère qu'on ne saurait changer, et qui, d'ailleurs, continue sa grande et légitime renommée.
On devra donc chercher d*un autre cété pour organiser, mk faveur des sciences historiques et morales,, comme en faveur des sciences proprement dites, des moyens permanents d^mfér^ motion. Ces recueils perpétueront Tœuvre entreprise par la publication qui s'achève en ce moment des Rapports sur l'état des lettres et les progrès des sciences en France sous le règne de Votre Majesté.
II n'est point nécessaire que j'entre, dès à présent, dans le détail des moyens d'exécution. Je me contente de signaler à l'Empereur ce double besoin qui ne demandera, pour être satis-
«Nnnarorr > gwtonm. fàt
lU'iiM légère «ogiDiiitetioi de oréâit jor lesioidsitol»-
lèqMi et des eeciétét nvantes.
les vllies et les départemeats fiûsaieit la marne dâp^M
levB grandes bibliotiiàqaes, la librairie ifinançaise setaît
iiagée à maitîplier les fvbtieatioiis sériel^
putation.
ms accueillons cette bonne pensée avec une satisfao^ l'autant plus vive, que nous-méme, dans notre humUe re de travailleur, nous avions cm, il y a ime domaine lées, signaler au tout-puissant directeur de la biUio* 16 impériale précisément le même besoin, en indit un jaoojen aussi simple que faeile que la Bibliotbèquo it pu trouver pour y donnàr satbfaotîon. NatMeHe* b nos respectueuses obserrations restèrent mds fésnl» et nous doutons fort qu'à moins d'y apporter une ité ferme et bien oimvi oeae, celles d'un ministre le fussent plus beureusee. L'organisation aoineUe 4e ibliothiquei fort remarquable assurément an point de ischitectural, mais où nous pouvons affirmer, sor noiropre expérience, que les études sérieuses ont, au to*> perdu plus de secours qu'elles n'ont gagné de faoililé leurs recherches, cette organisation nosvelle, £soin»* I M répond que dans une mesure minime an besena le ministre fait ressortir avec tant d'avtonté. M observations du Rapport sur les missions seieiitir iB et les subventions ne sont pas moins justes.
e savants ne voyagent pas assez. Il faudrait Êdre Toyager ioins ceux qui veulent le devenir, en donnafft à de jeunsB ils des missions à l'étranger, non point, comme c'est la (ans les missions ordinaires, pour faire des découvertes héologie, d'histoire ou de géographie, mais pour complé- 3ur propre instruction en étudiant la science moderne II In, à Oxford ou en Amérique, comme les membres de l'Éd'Athènes étudient en Orient la civilisation heliéniqne, ne les élèves de l'École de Rome vont étudier en Italie et
B48 GÉ06RAFBIB OÉNilULB. {hC" 768)
en Allemagne les cheflB-d'œuvre de la Renaiflsance ou ceux de la statuaire et de rarchitecture antiques. Dans le personnel de ces missions, on trouTerait des rédacteurs compétents et bien informés pour les recueils que je propose de créer» ou mieux encore de développer par des subventions aux recueils existants.
Il me semble que ces publications et ces missions établiraient, au profit de la science française, une source de renseignements nécessaires sur les travaux scientifiques de FEurope contemporaine.
Mais l'érudit ne trouve pas toujours un libraire qui consente à supporter les frais d'une publication onéreuse, et à courir les risques d'éditer un livre qui ne peut avoir qu'un petit nombre de lecteurs. Après avoir aidé le savant à trouver ne fût-ce qu'une parcelle de vérité, il faut, quand c'est nécessaire, Paider à la mettre au jour pour la montrer à tous. L'Imprimerie impériale n'a, pour ce service, qu'un crédit de 25 000 firancs.
Le rapport annonçait qu'un projet rédigé dans cet esprit était pendant au Conseil d'État ; mais il est bien à craindre que, sur ce point comme sur bien d'autres, l'attention détournée n'ajourne indéfiniment les améliorations projetées. <x Avec l'école des langues orientales vivantes, ainsi reconstituée, avec le Collège de France où les idiomes savants sont l'objet de travaux assidus, avec la section de philologie de l'école des hautes études qui va reprendre, au point de vue grammatical et philosophique, toutes les questions relatives à l'étude du langage, on aurait le moyen de rendre une vitahté plus forte à cette branche de la science qui languit chez nous, tandis qu'elle prospère ailleurs.
« Les résultats attendus valent la peine d'un grand effort; car ces études ne sont pas seulement un noble exercice de l'esprit. En portant, avec la certitude des procédés scientifiques, quelques rayons de lumière au milieu des ténèbres qui couvrent les premiers ftges du monde, elles nous ont déjà fait retrouver plus d'une page perdue des annales de l'humanité; elles ont expliqué la filiation des peuples, l'état social et intellectuel de races disparues, et.
ENSSIGNEVBNT SWÉRIEXm. 549
i pat édairé rhistoîre originelle des philoso-
religions.
Mophie est pour Thistoire primitive des idées'
paléontologie est pour Tancienne histoire du
rt tonche ici à un antre ordre de travanz et es particulièrement eonfiés à nos marins, et vons déjà parlé précédemment. Le passage, mérite d'être cité :
manière de fayoriser les sciences physiques et nà« toire et la philologie» serait l'organisation de loin^ tiens scientifiques.
de grand gouvernement qui n*ait tenu à honneur )prendre quelque voyage de circumnavigation et 9s, afin d'expérimenter à la mer les instruments de vérifier sous toutes les latitudes les nouvelles itriche, la Russie, ont, comme TAngleterre et les onné ce gage à la science. En France, on se sôu* les grands voyages scientifiques dont le dernier fut le Dumont d'Urville. Le Gouvernement impérial r cette tradition.
iemande du Bureau des longitades, j'ai prié M. le i marine de confier à un certain nombre d'officiers reprendre, d'après un plan d'ensemble, la détergpraphique des principides stations maritimes du *e. Cette mission a été acceptée avec le plus gravement. Le Bureau des longitudes s'est chargé de officiers habiles et dévoués les iDstructions néceslener à bonne fin cette étude. Il réunit leurs ob- I soumet au calcul et en publie chaque année les i la Connaissance des Temps. La navigation n'est Pressée à cette entreprise, qui a pour but la dééfinitive des méridiens fondamentaux du globe géographie de précision y trouvera aussi une base )S les nations maritimes profiteront des résultats avail où Votre Majesté aura plaisir à voir réunis, ation féconde, le bureau des longitudes et le corps officiers de notre armée navale, hénomène astronomique, ajoutait le Rapporti va
550 OiOGRAPHIB GÉNÂRALB. (iT" 768)
nous cfflrir l'occasion d'une entreprise plus générale. Toutes les nations, la France comprise, se proposent de faire étudier en 167^ le passage de Vénus sur le disque du soleil. Nos savants devront se rendre pour cette observation importante à la terre de Van-Diémen. L'Empereur m'a déjà permis de m'entendre à ce sujet avec M. le ministre de la Marine. Il serait digpie de li France et de Votre Majesté d'assigner à cette expédition un autre but que l'observation du phénomène astronomique, en lui donnant le caractère d'une longue et sérieuse campagne scientifique, où une large part serait faite à toutes les études qui peuvent se poursuivre à travers les Océans et dans l'antre hémisphère. Je compte saisir de ce projet l'Académie des sciences morales et TAcadémie des inscriptions pour les questions de races et de philologie.
M. le ministre de la Marine est résolu à faire entreprendra chaque année un lointain voyage aux élèves de l'École navale. Le navire qui les porte pourrait recevoir quelque physicien, naturaliste ou astronome muni des livres et des instruments nécessaires; leurs travaux, dirigés parles instructions de TAcadémie, seraient à la fois utiles à la science, qui s'enrichirait d'observations recueillies sous toutes les latitudes, et aux élèves, dont quelques-uns, tout en complétant l'instruction du marin, commenceraient celle du savant. Ce voyage annuel serait une mission scientifique permanente.
Le Ministre disait , dans un passage : « Réunies aux Rapports qui présentent l'état des lettres et les progrès des sciences^, les trois statistiques de l'enseignement primaire, secondaire et supérieur forment un ensemble complet de renseignements sur Téducatiou et les travaux intellectiieb de notre pays. »
G^est ijler bien loin que de parler d'un ensemble eompletf alors que la science géographique ne se fait remarquer que par son absence dans ce bilan de nos richesses ioientifiques. Quoique l'esprit porté tout entier vers d'antres objets n'ait certainement donné à notre science qu'une at-
1. n s'agit de la série de Rapports écrits, à la demande du Ministre, par suite de l'Exposition Universelle de 1867. Voir ie volume précédent de ÏÀnnée géo^aphiqwi p. 452.
SUR h^wmnmnqm oiaGiuPHiQni. 1^51
lirti iaroflhmtoet trètHMOondairt, il ferait injoit^
fi pit«r fmr le mâietre la reeponeabilitf .toat ea«
eeette dépbreble laciuie» Le npport sur les tiavam
i|diiqiie8 enk été demandé; aeolemeet on s'était
é à des penennes insuffisamment préparées, on pour
Uee la géogrephie n'a été qu'une étude accessoire,^
i die lorsi trouvant la tAobe excessive, Toi^t successi-
it entreprise et abandonnée* Gfeat une défaillanoa
fiHidraît taire pour notre honnenr scientifique, si
ne samne que d'antree étaient parfaitement en état
(mpUr un travail qui^ dans des mai^s compétentes^
lit pas été une des pages les moins belles 4^" ivoire
re eeientifique depuis le commencement du siècle, ni
loins honorables.
l'est que trop vraii et nous^mftme Tavone souvent 4é- , que depuis bien longtemps renseignement géograé a été abandonné ma. France à une déplorable inou- 1 n'eet que trop vrsi qu'une étude qui est la base mentale de toutes les sciences historiques et écono* »» a été traitée» dans l'organisation officiellei avec la nsteparcimoniei qu'on ne lui a donné ni Timportanoe place qui .lui appartiennent, et que renseignement leur en a été surtout tellement négligé, tellement }, que le CSellége de France, où se résume dans une ifi<pM synthèse l'ensemble de toutes les connaissances înss. n'a pas, depuis de longues années, de chaire de aphie I Un tel éû^t de choses a eu ses conséquences sUes; la géographie est mal sue ou tout à fait ignodUme dans les hautes, sphères, on en est encore à de- •r «^ et à demander de très-bonne foi, c'est là le plus <— si la géographie constitue véritablement une ie 1 C'est qu'en effet des méthodes routinières (dont rite d'une chaire supérieure aurait pu seule commani réforme) n'en ont fait qu'un fastidieux exercice de ôr^, une rebutante nomenclature. Cet affaiblissement
n'est que trop réel, quoique déjà de sensibles améliorations se soient produites. Mais s'il est yrai qu'en général, dans le cercle de notre éducation commune, la géographie est une des choses qu'on enseigne le plus mal et qu'on sait le moins, cela ne veut pas dire que la France, que la patrie de Delisle, de d'Anville et de Walckenaer, soit restée en dehors du mouvement scientifique qui, depuis le commencement du siècle a transformé l'étude du globe et des peuples ; cela ne veut pas dire que la science géographique, dans son acception élevée et sous ses différents aspects, n'y ait pas de dignes représentants. Nous pourrions citer autour de nous des noms qui ont leur place marquée parmi les pluséminents de l'Europe. Ce n'est pas la science qui manque à la France, c'est sa diffusion.
On ne saurait donc trop applaudir à l'heureuse inspiration qui a dicté à M. Victor Duruy son rapport sur l'enseignement supérieur, ausâi bien qu'aux nobles pensées qui y sont exprimées dans un langage élevé. Le ministre y dit avec raison :
« Il est parmi les savants et les lettrés deux , sortes d'hommes : les uns qui sont capables de faire dans les sciences des découvertes, dans les lettres des œuvres durables; les autres qui s'efforcent de populariser les découvertes et les chefs-d'œuvre. De là, pour le Gouvernement, le devoir d'assurer aux premiers, dans la sphère de son activité, les meilleurs moyens de produire ; aux secondsi les meilleurs moyens d'enseigneV. »
Et le rapport se termine ainsi :
c Si les propositions que j'ai l'honneur de soumettre à l'Empereur sont adoptées, il me semble que la voie des hautes études s'ouvrira plus large et plus sûre devant des élèves plus nombreux et des maîtres mieux armés pour de nouveaux succès.
« Un effort énergique serait fait pour attirer les esprits d'élite vers ce qui calme et élève : la science, la vérité dont
BHsnamiBiiT miPÉRnnm. &53
râidieparod ëe , dans le passé par l'histoire,
le présent p^ Tcide du monde physique et moral, mieux à elle seule que toutes les richesses. >t effort s'étendrait aux provinces où quelques - unes )8 anciennes universités ont jeté un vif éclat, alors que lonunes illustres ne dédaignaient point d'y enseigner f vivre.
Due tout œla réussisse, et le Gouvernement impérial aeoompli dans l'ordre des idées ce qu'il fidt chaque dans l'ordre des intérêts. Le travail scientifique ne 'a plus à se concentrer en un seul lieu. D'autres foyers imeront peut-être ou se ranimeront , lorsqu'une acti- K>litaire aura été excitée sur les différMits points du oire, et le corps de la nation participera tout entier, les écoles supérieures de province, comme par les s primaires de village, au dévelof^ment de la vie intuelle.
Sn 1848, le prince Louis-Napoléon, comparant le gératique de Monge et le génie transcendant de Laplace, lit : c Faire avancer la science était sans doute un nd mérite aux yeux de Napoléon, mais la répandre s le peuple lui semblait un mérite }dus grand ene. M
in parlant ainsi, l'Empereur se souvenait que le temps plus grand nombre ne savait rien était le temps aussi plus grand nombre ne possédait rien et ne comptait rien. D'où cette conséquence, que le développement •vie intellectuelle a pour effet de tout élever, dans e matériel, comme dans l'ordre moral et politique.Le it illustre et le mettre le plus humble travaillent à la 3 œuvre, et de cette œuvre doit sortir la concorde en- » classes, l'égalité entre les citoyens, le progrès en >t pour tous. >
. dernier mot pour compléter cette pensée, et ce mot
554 GiOGHAPHIB gAmCraLS. (n^ 769-777)
sera «neore ime eitation. Elle nous est fimni» par on écrivain éminent, qni s'eet beaucoup préoccupé de rinstanie* tion supérieure.
L'enseignement supérieur est la source de renseignement primaire. Sacrifier le premier au second, c'est commettre une faute, c'est aller contre le but qu'on se propose. Un mUIion économisé sur la culture peut arrêter net le mouvement intallectael d\inpays; donné à Finstruction, ce million sera ds peud^effet. H faut, pour innover en fait d'instruction populaire, de bien ai^ très sacrifices. L'instruction primaire n'est solide dans un pays que quand la partie éclairée de la nation la veut, la comprend, en voit l'utilité et la justice. Travaillez à produire des classes supérieures qui soient animées d'un esprit libéral : sans oela, vous bâtisses sur le sable. Le caprice d'une Chambre malrallante ou peu éclairée emportera vos fondations.... La force de rinstruction populaire en Allemagne vient de la force de renseignement supérieur en ce pays. C'est l'Université qui fait FÉ* cole.... L'instruction du peuple est un effet de la haute culture de certaines classes. Les pays qui, comme les État»-Unis, oat créé un enseignement populaire considérable sans instruction supérieure sérieuse, expieront longtemps encore cette faute par leur médiocrité intellectuelle, leur grossièreté de mœurs, leur esprit superficiel, leur manque d'intelligence générale.
nmiooBArHnk
5 t. 04iiéraUtéi* RMaoUi. Les noat ao polat ds vm fliTsIqpis.
769. Zeitschrift fAr Ethnologie und ihre HûifawissenschafUw, als Lshre yom Menschen in seinen Beziehungen zur Natur und zur Geschichte ; herausgegeben von A. Bastiau und R. Hast- MAHN in Berlin. Bd Ite, in-8. 1869. (6 cahiers forstieront un voL
6 thb.)
770» The journal of the Ethnogical Society of London, edited hy f rof. HuxLBT, etc. Vol. I, n*" 1 et 2. Lond., 1S69, in^
mmohûaiBé 955
IkfBffSit séii0, piMIés p8f numéros triniflstridf» ■■* T6fr tf-dâMoi, an chapitra de llnde, p. 304. ,
71. A. Bastun. Das natOrliche System m der Ethnologie. ZeUschr. fur Ethnol, (cMessu?, n* 769), n* 1.
72. P. Broca. Les études anthropologiques depuis dix ans en Europe et en Amérique. Les Sociétés d'anthropologie Discours pronoiioé à la séance publique annuelle de la Société anthropologique de Paris. Revue det Cours sdentifiques , 1869, n" 33, njuillet, p. 522-528.
Ce morceau est plus qa*0Q discours d'apparat; c*est un document aussi intéresaot qu instructif, qui restera daos l'histoire des origines des études anthropologiques en Europe.
73. A. Sansok. De Thybridité. BuUetin^de a Soe. SÀnIhropdiogief 1868, 2' semestre. Paris, 1869, p. 7*30-741 ; et discussion, p. 741 etsuiv.
Nous ne pouvons que signaler ce mémoire du savant Idologiste, et la discussion qu'il a provoquée, comme étant d*un intérêt fondamental pour l^thnographie.
S 2. Linguistique générale, fttnde des races par les langues.
74< P. 6. BEROiCANif, doyen de la Faculté des Lettres de Strasbourg. Résumé d'études d'ontologie et de linguistique générale, ou essais sur la nature et l'origine des êtres, la pluralité des langues primitives, et la formation de la matière première des mots* Strasb., 1869, gr. in-18, xii-315 p. 3 fr. 50 (2* édiu, augm.).
75. Theod. Bbnfet. Geschichte der sprachwissenschaft und orientalischen Philologie in Deotschland seit dem Anfange des xiz Jahrh., mit eine Rûckblick auf die frûheren Zeiten. Jfûneherif 1869, gr. in-8, z*^7 pages.
Forme le t. YIII de VHittoire des Scitnces en Alkmagns^ période moderne,
76. Grammaire comparée des langues classiques, contenant la théorie élémentaire de la formation des mots en sanscrit, en grec et en latin, avec références aux langues germaniques, par F. Baudrt. Première partie, Piionétique. Paris, 1868, in-8, ziT-212 pages (A. Durand).
C'est en prenant, comme collaborateur de M. Bréal, une part inu portante à la traduction de la Orammaire comparée de Bopp, que M. Baodry a conçu l'excellente pensée de mettre un ouvrage plus élémentaire entre les mains des lettrés français non initiés aux études
UfZJ.
.:ée, de l'inté- ;io. de la Nou- , des aborigèdes Philippines
Annatom, d'Erro- .licolo, de Mare, de Jauro, de Guadalca-
Tonga, de Maori, de , des lies Marquises,
a, des Philippines, de Ilocana, Bicol^ etc.
se.
Lais.
lialectes), javanais, lan- Sonde, langues de Ma- ' Bough!. de Makassar, •attakS; aes Daîaks.
», Bambara).
juèr, etc.).
l>ro, Timné).
I, Yorouba).
tioyennc.
i-Djalon, Macioa, Borgou,
iv ', Koldagbi,
de ce genre. Oatre le sanscrit, centre obligé de comparaison, cet on- Trage ne comprend qae les langues les pins familières an public instruit, les deux langues de l'antiquité classique, et, secondairement, les idiomes germaniques. La Grammaire complète de M. Baudry aura trois parties; la première ayant pour objet la Phonétipiê, ou Ûiéorie comparative des lettres, de leur persistance et de leurs permutations dans une même famille de langues ; la seconde, les racines en général et les formations nominales; la troisième, les formations Terbales. Cest la Phonétique qui parait anjourd*hui. On sait quelle importance a prise, dans ces derniers temps, cette branche de la Grammaire com • parée, dont elle est la clef indispensable. L'étnde que l'aotear y a consacrée forme i elle seule on tout, et en quelque sorte une œuvre détachée. M. Baudry, qui a pour but principal, dans cette partie de sa Grammaire, de faire connaître les résultats acquis k la science, expose, en les résumant, les récents travaux publiés en Allemagne et ailleurs, et s'écarte assez rarement de leurs conclusions. Les théories y sont présentées avec des développements sagement limités, mais suffisants pour donner- à cet exposé de la clarté et de l'intérêt. Une table méthodique facilite beaucoup les recherches dans ce savant ouvrage. (Notices bibliographiques du Journal des SavanU.)
777. EiDleituDg in die Ethnographie, von D' Friedr. Huller. Mittheilungen der k. k. geogr, GeseUtchaft in Wien, 1869, p. 482-
Ce morceau est emprunté au volume que M. Fred. MûUer a consacré à la partie ethnographique du Voyage de la Novara (Voy. le t. VI de VAnnée géogr.^ p. 289, n« 252.) Nous en extrayons le tableau de la classification des races humaines telle que Ta disposé le savant viennois, en combinant les caractères physiques avec Pélément linguistique. On remarquera que la classification de M. Mûller part du plus bas échelon de l'humanité pour s'élever graduellement aux échelons supérieurs.