‹ L'Année géographique (volume 3)Chapitre 67 sur 249 · OCÉANIE. N · texte numérisé non relu

OCÉANIE. N

$ IL Projet du IK Neumaytf pour l'expl«ratioa de l' Australie intérieare traversée de l*Est à l'Ouest.

Lie grand intérêt de l'année, en ce qui regarde l'Atlfitralie, s'attache au plan d'exploration intérieure développé par le D*" Neumayer au sein de la société de Géographie de Londres. Le plan du D' Neumayer repose sur une ligne d'exploration qui partirait du Port Denison (Queensland), sur la cdte orientale^ par 20^ de latitude S., pour venir aboutir à la rivière des Cygnes (Swan River, Western Aûatralia), à l'autre extrémité du continent (l'extrémité S. 0.), par 31* 1/2 de latitude. L'expédition pourrait demander quatre ans; elle se divise naturellement en deux phases. La première partie du voyage s'étend de Port Denison k la ligne de route de Mac Douall Stuart, qu'elle viendrait couper vers le 24^ degré 1/2 de latitude; cette première partie de l'exploFation traverse une contrée déjà partiellement reconnue en diverses directions, mais cpi serait étudiée d^une manière plus scientifique qu'elle ne l'a été jusqu^à présent. La seconde section de la route, de la ligne de Mac Douall Stuart à Swan River, aurait à traverser une portion du continent absolument inexplorée ; mais le D' Neumayer montre par de fortes raisons que cette partie de TOuest ne doit pas être plus impraticable que la partie orientale. La carte qui accompagne, dans les Mittheilungeriy l'exposé du plan du D' Neumayer {l? 299) en fait ressortir TensemUe et les diverses parties d'une manière saisissante.

L'auteur de ce projet est un homme de science, qui réunit toutes les conditions propres à conduire k bien une telle entreprise. Le D' Neumayer a occupé pendant six ans le poste de directeur de Tobservatoire physique de Melbourne, et il « piroDom dans tonte leur étendue les colonies de Victoria et de South Aostralia pour des observations rela-

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tives aux diverseB branches de la physique terrestre. Son plan est rationnel, bien combiné, mûrement étudié ; l'exécution n'attend que les subsides demandés en partie aux colonies de l'Australie (car toutes y ont intérêt), en partie à la métropole. C'est une des trois ou quatre grandes entreprises qui restent à accomplir pour achever la reconnaissance du globe, et à ce litre elle mérite toutes nos sympathies.

S 8. Nouvelle Calédonie. If. Jules Garnltr.

Nous extrayons quelques passages des intéressantes cemmunioations de M. Jules Gnmier sur notre établissement de la Nouvelle-Calédonie.

c La Nouvelle-Calédonie est située entre les 20** 10' et 22® 26' de latitude sud, et entre les 161^33' et 164^35' de longitude est du méridien de Pans; sa longueur est de soixante-quinze lieues marines environ, et sa largeur moyenne de treize. Elle est oricfitée da N. 0. au S. E; les contours de Tlle présentent de nombreuses et profondes découpures, qui sont autant d'abris pour ies navires. A part une ou deux plaines de peu d'importance, 111e est une succession de montagnes aux formes, aux directions, aiBx altitudes irrégulières ; le plus haut sommet mesuré eii le pic Humboldt ; il a' 1 650 'mètres.

c Malgré un assez grand nombre de marais, le climat de cette colonie est des plus sains et des plus tempérés; il n>e suffira ■de dire qu'à Nouméa, la capitale, le thermonrvètre ne d scend pas au-dessous de 15® centigrades, et ne monte pas au-dessus de 80^

« L'histoire naturelle de la Nouvelle-Calédonie a déjà été l'objet d'études considérables auxquelles se rattachent les noms de MM. Vieillard et Desplanch^^s, chirurgiens de la marine; Montrouzier^ missionnaire apostolique, et Jouan, capitaine de frégate; encouragé par les nombreuses et intéressantes plantes nouvelles qu'il a reçues de ces pays, le Muséum d'histoire naturelle de Paris a pris la résolution d'y envoyer un de ses na-

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turalistes les plus intrépides, qui est en même temps notre collègue, M. Balansa .

c La zoologie est aussi fort variée, quoique les seuls mammifères que nous eussions trouvés dans Plie fussent des chauvessouris, dont une est immense et mesure près d'un mètre d'envergure; cette absence de mammifères vient à l'appui de l'opinion qui veut que ces lies aient été submergées depuis la création de cette classe d'êtres.

« La constitution du sol de cette colonie présente des éléments très-remarquables; j'y ai trouvé du cuivre, du fer, du chrome, du nickel, de l'or môme; mais tous ces métaux, si j'en excepte le fer et le chrome, n'offrent pas de mines immédiatement exploitables ; cependant, tout ferait présumer qu'un jour on découvrira de riches gisements de quelques-uns des métaux que j'ai cités.

c 11 n'en est malheureusement pas de même pour la houille. J'ai suivi et exploré les terrains où se montrent les couches du précieux minéral, et j'ai reconnu avec regret qu'elles n'occupent dans rile qu'une très-faible surface ; de plus, le combustible est peu abondant et de qualité très-inférieure.

c Pour me résumer sur la Nouvelle-Calédonie, je dirai que le gouvernement de l'Empereur a eu une heureuse inspiration en en faisant une de ses colonies ; nos émigrants trouvent là un sol vaste et des plus fertiles, un climat agréable et très-salubre. Aussi, les générations futures, riches et nombreuses sur ces terres favorisées d'un étemel printemps, s'étonneront qu'il ait été une époque oh le vieux monde, au ciel souvent brumeux, aux rudes hivers, ait fait de leur charmant séjour le lieu d'exil de ses plus grands criminels. Mais il y a encore beaucoup à faire d'ici là. Néanmoins, les farouches insulaires commencent à se laisser emporter par le courant civilisateur. Beaucoup d'entre eux ont non-seulement renoncé à la latte, mais sont devenus de précieux auxiliaires dans les travaux des champs» de la pèche et de la navigation; aussi je ne doute pas que sous une administration sage, équitable et bienveillante, cette jeune colonie du Pacifique ne soit bientôt une des plus productives et des plus florissantes pour la France.

c Depuis l'année 1854, date de la prise de possession de la Nouvelle-Calédonie par la France, les ingénieurs hydrographes et les ofBden de la station navale ont travaillé avec ardeur à la carte marine de ces parages dangereux ; parmi ceux qui ont le plus fait avancer cette tâche périlleuse, il faut citer

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MM. Bonqaet de U jGh7e , ingénieur-hydrographe, Chambey- Ton, Bioiiman et Baaaré, lieutenants de vaisseau. Ce dernier, qui fut loDgtemi» mon compagnon de travail, m'annonçait dernièrement une nonvelle que la Société de géographie accueillera certainement avec plaisir : c'est que ce grand travail de l'hydrographie sera hientôt publié.

POLYNÉSIE

320. W. H. 0*H. Bbbwer. Viti. The iitHratoWan, 8 fé?r. 1868, p. 187.

321. Fiji islands. Moala islands, and views. Gapt. Denham, 1856 1 feuiUe. Lond,, hydr. Office, 1867 (n« 1252).

322. G. SB RocQUBMAUREL. ExcursloD vers le pôle austral. Toulouse, 1868, in-8, 47 pages.

Ln à l'Académie des jeux floraux ; le récit en a prfs sa couleur. M. de Rocquemaorel parait avoir fait partie de l'expédition australe de Dn» mont diJrviUe en 1S40.

323. Hippol. RouHAUD. Les régioDS nouvelles; histoire du commerce et de la civilisation au nord de Tocéan Pacifique. Paru, 1868, in-8, vi-408 pages. 6 fr.

324. Will. Martin. Notice sur les tles Hawal. Eiposition univers selle de 1867. Parité 1868, in-8, 21 pages.

On doit déjà à M. W. Martin, chargé d'afibires de Hawal en France, one très-intéressante^publication sur l'archipel auquel Coolt, en 1778, donna le nom d'Ues Sandwich, mais qui a repris avec raison son nom national de Hawal. Y. notre précédent vol., p. 389, n* 353 bit.

Les lies Yiti ou Fidji.

Ce groupe océanien, situé par 17 ^ de latit. S., à 700 milles nautiques vers l'Est de la Nouvelle-Calédonie, et à 1800 milles au N. E. de Sidney, a pris dans ces derniers

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temps un inttSrèt presque politique. Le gouvernement de Washington, sous un prétexte a^sez nuageux, demandait au rai de l'archipel le payement d'une somme de 80 000 dollars qualifiée de dette, déclarant que si dans un délai déterminé la somme n'était pas intégralement soldée, le pavillon américain flotterait sur l'archipel. Il parait qu'une association de colons australiens, qui depuis longtenips avaient, eux aussi, les yeux tournés de ce côté, a fourni au roi des îles Yiti, sous forme d'achat de terrains, les moyens de satisfaire à la réclamation américaine, et que par suite une compagnie anglaise a pris possession des îles qui lui ont été cédées. L'un d'eux, M. Brewer, a adressé au journal de Melbourne, VAustralasian, une Notice descrip-» tive dont voici quelques extraits :

Le groupe des lies Fidji est situé entre les Tropiques; filais la chaleur excessive de ces latitudes est tempérée par des brises réguliè/es, aussi bien que par des pluies abondantes qui tombent à toutes les époques de Tannée. Ces pluies, en ouU*e, donnent au sol une fécondité merveilleuse, et le rendent propre nonHBeulement à la croissance de tous les produits du Tropique, mais aussi aux cultures des climats moins chauds.

Le groupe se compose de 300 lies de toutes dimensions, toutes d'origine volcanique; pour celui qui navigue au* milieu de ces lies, elles ont l'apparence d'un vaste continent à'demi submergé par la mer, et dont les sommets seraient seuls restés visibles. Toutes les lies, à très-peu d'exceptions, sont très-élevées et ont des bords escarpés creusés de profonds ravins. Les différentes parties du groupe renferment un grand nombre de volcans éteints; et les environs de la baie de Salb-Salb, dans Tlle de Vanna-Lava, présentent un grand nombre de sources chaudes.

Le sol des lies est très-riche, et couvert d'une luxuriante végétation tropicale. On y trouve plusieurs sortes de bois d'une qualité supérieure propres aux constructions navales et autres, et une grande variété d'arbres fruitiers, parmi lesquels on peut signaler le cocotier, l'arbre à pain, le bananier, l'oranger, le citronnier, le caféier et nombre d'autres. Parmi les râcitfes ei les végétaux, la patate douce, le mais, la canne à sucre, eto.| 6t9. Les lies paraissent bien appropriées à cette denûère coltm et

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à celle du cotonnier. Tabiona, surnommée le jardin de Fidji, et Vati-Lava, la plus grande du groupe, sont les deux lies les plus rècômmandables pour rexcellence des terres.

La nourriture animale est très-rare (sur les lies; néanmoins il pourrait n'en pas être longtemps ainsi, car le gros bétail y réussit bien, ainsi que les chèvres et les diverses sortes de vola* tiles. Pour les moutons Therbe est trop forte. La faune indigène est à peu près nulle ; les reptiles mêmes sont très-peu nombreux. En revanche, le poisson foisonne sur les côte s et dans les rivières, ainsi qu'une petite espèce d'huîtres dans les lagunes d'eau salée.

Le principal établissement de commerce fondé par les Européens est actuellement Levuka^ dans Pile Ovalaou; il a une population d'une centaine de blancs, un consul anglais et un consul américain, trois débits de liqueurs (! ), quatre magasins et une église. Il y a là un beau port formé par les bancs de co^ rail qui entourent l'Ile, et l'on y voit habituellement un ou deux navires et cinq ou six barques à l'ancre.

La seconde place en importance est la rivière Retca^ le plus yafte établissement blanc des lies. Les deux bords de cette ri«vière, sur une longueur de 40 à 50 milles, ont été achetés à peu près en totalité des chefs indigènes, et transformés en plantations de coton. La population blanche peut être de 150 âmes.

Il y a une cinquantaine de blancs établis dans l'Ile de Tabiona (ou Taviouni), et il peut y en avoir environ 20Ô répandus dans le reste du groupe, quelques-uns propriétaires de petites lies qu'ils ont achetées defs indigènes.

La population native est de 2 à 300 000 âmes. Ils appartiennent à la race australe à tête laineuse, et ils sont généralement d'une nature tranquille et inoffensive. Ils sont gouvernés par un chef supérieur qu'on appelle le Tom-Viti, Il réside avec sa famille et environ 200 chefs subordonnés dans l'Ile de Baou (ou M*baou\ qui est la capitale indigène. Cette lie est située vis-à-vis de Véti-Lava (ou Naviti-Levou) ; elle peut contenir une vingtaine d'hectares, tout couverts d'habitations indigènes, qui reçoivent leurs provisions des lies avoisinantes. Le Toul-Viti a près de lui un blanc, un M. Saint-John, qui est comme son ministre d'État, et qui a beaucoup fait pour faciliter l'établissement des blancs, en même temps que pour écarter toute animosité de races. II y a aussi dans l'Ile un missionnaire wesléien.

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Le second chef en importance est Teo Thakaon, qui règne sur la partie orientale du groupe. Sa résidence est à Viréka, dans nie Tabiona. De même que le Toul-Viti, il a sous sa subordination un grand nombre de petits chefs, et de plus chaque ville ou centre notable a son chef local.

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