ILES D'AFRIQUE
461. F. Du Cane Qooduan. Natural history of the Azores, or Westera
islands. Lond.j 1871, in-S"*. 9 sh. (Van Yoorst) .
462. Air. Grandidibr. Notes sur les recherches géographiques faites
dans 111e de Madagascar de 1865 à 1870. Comptes rendus de VAead, des sciences. 28 août 1871, p. 535-540.
— Du même : Madagascar. Bulletin de la Soc, de géogr.j août 1871 , p. 81-108, ayec une carte.
463. J. SiBREE. Madagascar and its pcople. Notes of a four years' 1*6-
sidence, with a Sketch of the history, position and prospects of the Mission work amoog the Magalasy. London, Relig. Tract soc. , 1870, in-8% 576 pages.
464. Rev. J. Holding. Notes on the province of Tanibé, Madagascar.
Proceed, of the R. Geogr. soc, vol. XIV, 1870, p. 359-372.
Bonnes notes géographiques.
465 J. P. OuvER. On the Hovas and other characteristic tribes of Madagascar. Memoirs read before the Anthropolog, soc. of London, lir, 1870, p. 1.
466. Rev. Jul. Kessler. An introduction to thelanguage and lilcrature of Madagascar; with hints to travellers, and a new Map. £ond., 1870, .in-8". 3 sh. 6 d. (Hunt).
L'auteur regarde la langue malgache ou malagasi comme un mélange de malais, de javanais, de bali, de nias et de toba.
467. D'À. BoRins. Étude sur lo climat et la constitution médicale de
Sainte-Marie de Madagascar. Archives de médecine navale, t. XIY, 1870, p. 81-111.
468. Aug. DU Petrat. Situation de Tagriculture à l'île de la Réunion
en 1868. Revue marit, et coloniale, août 1870, p. 7G3-791.
469. ii. JouAN. Notes sur les archi})els des Comorcs et des Séchcllei«
ifémoires de la Société des sciences naturelles de Cherbourg, t. XV, 1870, p. 45-123.
470 A. Gevrey. Essai sur les Comores. Pondichéry, 1870, in-8*, 307 p.
M. Gevrey a visité les Comores en 1867; il nous en donne on tableaa complet. m
Une exploration à Madagascar. M. Alf. Grandidier.
Dans sa double communication à l'Académie des sciences et à la Société de géographie de Paris (n<> 462) ^ M. Alfred Grandidier a tracé de Tîle de Madagascar un aperçu physiquç qui est une addition précieuse à cette partie de la géographie africaine. On peut se former maintenant de cette grande île , qui fut longtemps regardée comme une terre française, une idée infiniment plus juste que ne le permettaient lès publications antérieures. Ces communications de M. Grandidier promettent une relation fort importante. Nous reproduisons la Ndtalue à l'Académie, à cause de sa plus grande brièveté; mais, dans la communication à la Société, le voyageur présente un aperçu plus détaillé de ses courses durant les cinq ou six années qu'ont embrassées ses trois voyages.
On a beaucoup écrit sur Madagascar, et les cartes qu'on a publiées de cette lie sont nombreuses. Sur quelle base a4-on établi ces cartes? Quels documents a-t-on consultés? d'est ce qu'il mMmporte de faire connaître, avant d'exposer le résultat de mes recherches.
Les travaux hydrographiques que nous possédons aujourd'hui sur Madagascar sont : 1^ les plans de quelques-unes des rades de la côte est, qu'ont dressés en 1768 le chevalier Grenier et en 1787 le vicomte de Kersaint; 2* la carte générale des côtes, levée de 1823 à 1825 par le capitaine Owen; 3* les tracés de plusieurs baies, faits à diverses époques par des officiers de notre marine. Ces travau:», plus ou moins rectifiés par d'autres navigateurs, ont permis de tracer la configuration exacte des côtes de l'Ile. Mais les levés ayant été faits le plus souvettt
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sonsTCHle ou sons vapeur, les embouchures des rivières, les villes, les ports sont mal placés et mal dénommés, ou souvent môme ils ne sont pas indiqués. Si Ton excepte, d'une part, les baies des côtes nord-est et nord-ouest, que leur disposition tonte particulière et leur vaste étendue rendent si facilement reconnaissables ; d'autre part, les cinq ou six ports de la côte ouest, et les huit ou dix rades de la côte est, que fréquentent de temps en temps des navires de guerre, il n'y a peut-être pas, sur une étendue de côtes de plus de 3000 kilomètres, un point qui n'ait besoin d'ôtre rectifié.
£a topographie, tout est à faire. Les documents sérieux manquent en effet complètement pour dresser une carte de Pintérienr de Madagascar. La latitude de Tananarive a été, il est vrai, fixée par plusieurs voyageurs, et nous connaissons par leurs récits les noms des haltes où ils se sont arrêtés en montant de Tamatave à la capitale Ova : mais c'est tout. Encore faut-il remarquer que la longitude de Tananarive n'étant pas connue, la longueur des étapes a été ûxée sans données certaines, et est très-exagérée. Les renseignements géographiques que les missionnaires anglais ont recueillis, et qu'ils ont publiés sans les soumettre à une discussion sérieuse, ne méritent aucune confiance. Quant aux récits fantastiques que M. Lègue vel de Lacombe a tirés de son imagination et auxquels tous les géographes ont à tort ajouté foi, je n'en ferai mention que pour en blâmer hautement l'auteur.
11 n'y a pas lieu, du reste, de s'étonner si nos connaissances géographiques sur Madagascar sont nulles. Les naturalistes peuvent assez aisément se procurer des animaux et des plantes par l'intermédiaire des indigènes; souvent, du reste, dans les lies, les productions zoologiques et botaniques de la côte ne difl^rent que peu de celles de l'intérieur, et les côtes sont toujours plus ou moins abordables. En géodésie, il n'en est pas de même, et les renseignements qu'on recueille de la bouche des naturels n'ont de valeur qu'autant qu'on connaît déjà les principaux traits de la physionomie du pays et qu'on a un premier canevas général. Or des difficultés insurmontables avaient, jusqu'à mon dernier voyage, empoché toute exploration scientifique à Madagascar. Les Ovas s'étaient toujours opposés à ce qu'aucun étranger pénétrât dans l'intérieur de l'Ile : seule , la route d'Andouvourante à Tananarive avait été ouverte, de temps en temps, à quelques Européens. Les contrées du sud et de l'ouest sont indépendantes des Ovas; mais les habitants sont
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cruels et superstitieux, et aucun voyageur, jusqu'en 1866, n'avait osé s'aventurer au milieu d'eux.
C'est dans le but de combler une partie des lacunes que je viens de signaler, que j'ai entrepris trois voyages successifs à Madagascar : le premier en 1865, le second en 1866, et le dernier de 1868 à 1870.
Toutes les tentatives que j'ai faites sur la côte est, en 1865, pour pénétrer au cœur du pays, furent vaines. L'année suivante, je me décidai à ezplorer la région australe, espérant qvLQ malgré le caractère rapace et superstitieux de ses habitants, je n'y trouverais pas les mêmes obstacles que sur la côte orientale. J'ai pu, en effet, parcourir une partie des vastes plateaux qui forment le sud de l'tle, et rectifier des erreurs nombreuses sur la côte ouest.
A mon troisième voyage, mes efforts furent enfin récompensés. En 1869 et 1870, j'ai traversé l'tle trois fois de l'ouest à l'est, dans toute sa longueur : une première fois, de la baie de Bombétoke à Tamatave, en passant par Tananarive ; une seconde fois, de l'embouchure du Mouroundava à Mahanouroa ; et enfin, de Matsérouke (21» 3' lat. S.) à Mananzarine. Plusieurs excursions au lac- Tasy, au lac d'Alaoutre dans la province des Antsihianakes, aux sources du Mangourou, au pic d'Ankaratre, la plus haute montagne de Madagascar, m'ont permis de compléter mes études sur cette lie curieuse. J'ai en outre visité environ 2000 kilomètres de côtes. Ce sont les ' résultats généraux de mes études géographiques pendant ces divers voyages ^ que je viens soumettre au jugement de l'Académie.
Madagascar comprend deux parties distinctes : la partie nord et est, qui est toute montagneuse ; la partie sud et ouest, qui est relativement plate. J'ai reconnu l'existence de cinq chaînes de montagnes, qui ont toutes, plus ou moins, la même direction du nord-nord-est au sud-sud-ouest. La première chaîne qu'on rencontre en allant de l'ouest vers l'est est comprise entre 21 et 25 degrés de latitude. La seconde chaîne, celle de Bémaraha, s'étend du 16<» au 25» degré. D'abord étroite, elle forme avec la précédente un vaste plateau, à partir du 2 1*' degré de latitude. La troisième commence vers le 21<: degré et va jusqu'au 2k^ environ. Enfin la quatrième, le Boungou-lava, commence à ^2<> 5' de longitude et s'étend de 1^» à 22^ 5' de latitude. Ces diverses chaînes sont séparées les unes des autres par des plaines sablonneuses et arides» coupées de ravins peu profonds.
. Dès qu'on a gra?i la quatrième chaîne, on entre dans une régpion tourmentée dont le niveau généra) mesure de 1000 à ISOO mètres; jusqu'à Pocéan Indien, ce n'est plus qu'une vaste mer de montagnes, où il n'existe d'autre terrain plat que les petites vallées qu'utilisent les indigènes pour la culture du riz. En étudiant cette zone si bouleversée, on y distingue au moins deux chaînes, qui ne sont pas contemporaines*
Les trois premières chaînes sont étroites et appartiennent, ainsi que les plaines adjacentes, à la formation secondaire ; j'y ai recueilli des fossiles caractéristiques des terrains crétacé et jurassique. Le Boungou-lava et toute la masse de montagnes à l'est sont dus à des soulèvements granitiques; on y remarque, çà et là, des massifs micaschisteux et de nombreuses roches métamorphiques. Le Boungou-lava semble finir dans le sud par 22o 30' de latitude ; au delà, on ne trouve que des plaines secondaires plus ou moins accidentées. Le plateau d'Ankay, la vallée d'Antsihianake, etc., séparent nettement la première chaîne granitique de celle qui va de Yohémar au Fort- Dauphin; c'est cette dernière dont en venant du large on aperçoit les cimes au loin dans les terres, entre Tamatava et Anosi.
Les cours d'eau sont répartis d'une manière très-inégale à Madagascar. La côte orientale est coupée, presque à chaque pas» de rivières et de torrents, et les provinces nord-ouest déversent dans la mer un grand nombre de fleuves importants. U n'en est pas de même des régions sud et ouest, oti l'on trouve des espaces de côte de cinquante lieues sans le moindre petit ruisseau*. Mais, comme ce sont les sommets les plus orientaux du grand massif granitique central qui déterminent la ligne de partage des eaux, il en résulte que les rivières qui arrosent le versant oriental sont petites et que leur cours ne dépasse guère 50 à 60 milles , tandis que les fleuves qui se déversent à 1^ côte ouest ont souvent une centaine de lieues de longueur, et sont quelquefois navigal^les jusqu'à une assez grande distance delà mer".
L II faut excepter le Mangourou, qui court parallèlement à la côts pendant 2 degrés environ.
2. On doit citer entre autres le Mangouka et le Tsidsoubon , qui prennent leur source dans la province de Detsileos, le Betsiboukaet son affluent rjkioupa, qui sortent des montagnes (l*Imerne, près de Tananarive.
l'année GÉ06R IX. 19
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L'île de Madagascar, gui a de tout temps été renommée pour sa végétation luxuriante et la fertilité de son sol, ne mérite pas sa réputation. Ses provinces ne sont pas toutes riches et productivels. Les plaines secondaires sont stériles, et Ton ne troUve d'habitants que sur les rives des rates cours d*eau qui l'arrosent. Toute la masse des montagnes granitiques, qui est située à Touest du versant oriental, est nue et aride, k T exception des petites vallées formées par d'anciens lacs ou marais, qm ont été comblés par les détritus des montagnes voisines : on n*y trouve pas un arbre, sauf, çà et là, quelques petits bouquets accrochés à des ravins, pas une plante autre qu'une herbe grossière. Le versant Est de ces montagnes est, au contraire, assez fertile, et offre une ligne non interrompue, du nord au sud, de forêts qui se relient à celles de Touest, formant autour de Pile une ceinture étroite au milieu de laquelle il n'y a qu'aridité et désolation.
Tels sont, en quelques mots, les traits principaux de l'orographie et de Phydrographie de Madagascar. J'aurai plus tard l'honneur d'offrir à l'Académie les tracés de mes itinéraires, dès que j'aurai calculé et discuté mes observations astronomiques et géodésiques, qui se composent de 188 latitudes prises la plupart au moyen de nombreuses séries de hauteurs circumméridiennes; de 28 longitudes fixées, les unes par des distances ou des at)oxéniths lunaires, les autres par des occultations d'étoiles par la lune ; et de 1500 relèvements faits au théodolite, tant pour l'hydrographie de la rivière Saint-Augustin que pour les cartes des provinces d'Imerne et d'Antsihianake. Enfin, dans les pays où les superstitions des indigènes et leur méfiance à l'égard des étrangers ne me permettaient pas de prendre ouvertement des tours d'horizon, j'ai relevé toutes mes routes à la boussole, minute par minute ; mes itinéraires ont un développement d'environ 5500 kilomètres.
J'ai de plus tenu, du 28 mai 1868 au 15 juillet 1870, aussi rôgulièrement que le permettent les hasards des voyages et les maladies, un registre où sont consignées, trois fois par jour, les observations du baromètre, du thermomètre et du psychromètre, avec indication du temps et des températures maximum et minimum.
J'ai déterminé, en dix-neuf endroits différents, les coordonnées magnétiques. Mes instruments laissaient malheureusement beaucoup à désirer sous le rapport de la perfection.
Je me suis aussi occupé d'étudier les races qui se sont accu-
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molêes et croisées à Madagascar; j'ai pris un grand nombre de mensurations sur le vivant, et j'ai recueilli avec le plus grand soin tous les détails relatifs aux mœurs, à la langue et aux traditions des diverses tribus.
En histoire naturelle, j'ai découvert plus de cinquante espèces de vertébrés, et j'ai rapporté des collections importantes d'insectes et de plantes* Je me suis principalement attaché à réunir des collections alcooliques , aussi complètes que possible, des types bizarres qui habitent cette lie, pour l'étude de leur anatomie.
QÉIHÉRAlJTÉa.
471. E. LBVA88BDR. L'Europe (moins la France) * Géographie et statistique. La géographie physique. Les réToIutiijns de TEurope. Les Iles Britanniques. Les Pays-Bas. L'Europe centrale. L'Europe méridionale. La Russie. Les États Scandinaves. La comparaison des forces productives. Paris, 1870^ gr. in- 18, xi-492 pages. 4 fr. (Delagrave). «
Noos reviendrons plus loin snr les publications de M. Levasseor et sor l'exposé qo*il a fait de sa méthode.
473. Emil von Stdow. Der kartographische Standpunkt Europa's vom Jahre 1866 bis 1869. MUthetl. de Petermann, 1870, n* 2, p. 57-72.
473. Du même : Neues a us der Géographie, Karlograpbie, und Statistik Europa's und seiner Kolonien. Berlin ^ 1870, iQ-8* (M aller).