‹ L'Année géographique (volume 4)Chapitre 280 sur 337 · Voir notre précédent volume, p · texte numérisé non relu

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compte ridée du hasardeux voyage dont Gustave Lambert fut le promoteur. Il a repris l'idée, mais il a modifié le plaOy tout en dioisissant, comme Gustave Lambert^ le détroit de Bering et la Terre de Vrangell pour point de départ. Au lieu du pesant bâtiment où Gustave Lambert avait englouti le plus clair de ses ressources, et qui gît encore inactif, à Theure qu'il est, dans un des bassins du Havre, M. Pavy s'est arrêté à un système de radeaux en caoutchouc, susceptible, selon les circonstances , d'avancer sur la glace ou de prendre la mer. Il a donné à son appareil le nom < de Radeau-Monitor modifié. » Ce radeau^ construit à Pétropaulovsk, gagnera de là le cap Yakân, vis-à-vis de la Terre de Vrangell, soit par terre à travers la pointe sibérienne, soit par mer en contournant le Gap Oriental ; c'est de là que commencera rexpédition. M. Pavy, comme Gustave Lambert et le docteur Petermann, croit qae le centre polaire est occupé par une mer libre entourée d'une ceinture de glaces : le problème est de franchir cette zone de glaces qui enveloppe le bassin central. La Terre de Vrangell, d'après les données fournies par l'habile explorateur dont elle a reçu le nom, a paru un point d'attaque favorable, soit qu'elle ait au nord, comme les reconnaissances de M. de Vrangell semblent l'indiquer, une grande mer ouverte, soit qu*elle se prolonge au loin dans la direction du pôle.

A la fin de juin dernier (1872), M. Pavy exposait son programme et ses théories au sein de l'Académie de San Francisco — c'est cette ville qui a dû être son point de départ — et il devait prendre la mer bientôt après sur le paquebot de Yokohama, pour, de là, gagner Pétropaulovsk» où se feront les derniers préparatifs. Depuis lors, nous manquons absolument de nouvelles; il faut encore nous en tenir au plan de l'explorateur. A partir du cap Yakan, son équipage doit se composer de huit hommes aguerris aux mers du Nord. Gent rennes et un attelage de

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cinqaante chiens lui serviront d'animaux de trait et en même temps de provisions de réserve. M. Pavy croît à un courant chaud continu (le courant japonais '), qui part de rOcéan, franchit le détroit de Bering, coupe le bassin polaire^ et revient à l'Atlantique par le détroit de Smith. C'est par cette dernière route que l'explorateur compte opérer son retour. L'expédition^ telle qu'elle est conçue, n'en tirerait-on que des résultats partiels, ne peut être, si elle aboutit, que très-précieuse pour la solution de cette grande <|uestion préliminaire : la Mer Libre.

S fk. Expédition américaine. Le capitaine Hall.

La route par laquelle Octave Pavy se propose de revenir de sa pointe sur le pôle — le détroit de Smith et la mer de Baftin — est précisément celle que l'expédition américaine, conduite par le capitaine Hall, a choisie pour pénétrer dans le bassin polaire. Nous avons donné, l'année dernière, d'amples détails sur le capitaine Hall et ses antécédents, aussi bien que sur les préparatifs de son voyage actuel^. Le bâtiment qui porte l'expédition a été nommé le Polaris; il est amplement muni des approvisionnements et des appropriations nécessaires pour une course qui est à la fois un voyage de découvertes et un voyage d'observations scientifiques. L'objectif du capitaine Hall est le pôle; et comme moyens d'exploration, là où le Polaris serait arrêté par une barrière de glaces, il est muni de traîneaux et de barques propres à sillonner, selon le besoin, la mer gelée ou les eaux libres. Rien n'a été négligé de ce qui appartient à la prévoyance humaine. M. Hall a passé plusieurs années de sa vie parmi les indigènes de la baie d'Hudson et des parties avoisinantes, sur lesquelles il a publié en 1864 un

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