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UNE NOUVELLE RACE

les traits et la constitution physique sont les mêmes que ceux des tribus intérieures de Sumatra, de Bornéo et des Philippines, c'est-à-dire oflrant une configuration analogue à celle des nations européennes. Dans les iles Lieou- Khieou et au Japon, là où il n'y a pas eu mélangé de sang chinois, la physionomie caucasique est frappante, — d'au* tant plus frappante qu elle a près d'elle, comme opposi* tion, la physionomie mongole de toutes les nations conti-* nentales de rAsie à partir de l'Imaûs. Il est impassible d*i* maginer un contraste plus saisissant, plus absolu. Dans l'île de Yéso et dans le sud de l'île de Sakhalïn, les aborigènes sont connus sous le nom d'Aïnos ; et l'on sait qu'une des particularités qui chez eux a le plus frappé les observateurs est le développement delà barbe et de tout le système pileux du corps. Cette particularité, qui forme un'tel contraste avec l'absence ou la faiblesse de la barbe chez les Mandchoux, les Chinois et les autres najions Mongoliques, a été également signalée plus d'une fois chez les Dayaks et les tribus congénères du Grand Archipel.

Y. L'expansion de la race blanche primordiale des îles asiatiques vers TEst, dans tous les archipels polynésiens, me paraît d'une démonstration non moins évidente. On sait que partout où les insulaires de la Polynésie ont été trouvés purs, — et c'est la très-grande généralité des cas, — on les a dépeints comme des hommes d'une beauté fort remarquable par la stature et la configuration, par la noblesse et la régularité des traits, par leur longue chevelure noire, lisse ou bouclée, qu'accompagne fréquemment une barbe magnifique. Sous tous ces rapports, les insulairesdes Marquises, de Taïti, de Tonga et des îles avoisinantes, ont été présentés comme des modèles que n'aurait pas désavoués la statuaire antique. Leurs femmes, lorsqu'elles sont jeunes, n'offrent pas une physionomie moins heureuse; nous n'avons certes pas oublié avec quel enthousiasme les grands navigateurs du dernier siècle parlent de la grâce volup-

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tuease des femmes de la « Nouvelle-Cythère. » Quant à la nuance de la peau, très-variable selon l'âge et la classe^ on sait que chez les jeunes filles et la plupart des chefs elle n'est pas plus foncée , malgré leur habitation au voisinage de l'équateur, que chez les Andalous ou les SiciUens. Nous avons donc encore chez les Polynésiens un peuple que sa configuration rapproche des races caucasiques. D'un autre côté, Guillaume de Humboldt a trouvé dans les idiomes polynésiens un fond qui les place à côté du malais, non pas tant par le vocabulaire, où les analogies sont faibles et peu nombreuses (du moins à première vue), que par la structure et le génie grammatical. Or, si ces indices de parenté originaire existent en effet, — et une autorité telle que celle du grand philologue de Berlin ne permet guère de la mettre en doute, — d'où peut-elle provenir? Ce ne peut être directement des Malais, avec lesquels les Polyné-*. siens n'ont aucun rapport physique ; il faut donc que ce soit des populations autochthones du Grand Archipel, dont les Malais ne sont qu'une branche mélangée. Au point de vue physique, la parenté entre cette race primordiale du Grand Archipel et les Polynésiens est matériellement évidente; d'où il suit que le berceau primordial et le point de départ des insulaires polynésiens ne peut être que le Grand Archipel asiatique.

Ici nous touchons à une question souvent débattue, celle de la diffusion des Polynésiens dans tous les archipels de rOcéanie centrale^ question si obscure à première vue, et qui a donné lieu ànombre d'hypothèses. A mes yeux, elle a perdu toute la gravité qu'on lui a autrefois donnée. La grande objection contre la possibilité d'une origine asiatique pour les Polynésiens était, disait-on, que les courants qui peuvent seuls expliquer l'étonnante dissémination de cette race sur des espaces immenses, partent tous de l'Est, c'est-à-dire des plages américaines, et portent droit à rOuest vers les côtes asiatiques. Cette objection n'existe

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