TRAITE DE KHIVA
partagent j'Açie. Dans les temps antiques, ^us^i }oin que remonte Thistoire traditionnelle, les cpntrées au ^. de rOxus jusqu'à TAral étaient le domaine de la race iranienne; plus 'tard, dans la longue fluctuation des hordes |;ouraniennes, les Turks nomades inondèrent la Sogdiane et lîj Gl}orasmie, c'est-à-dire les parties cultiv^les des bassins de TOxus et in laxartes, ^t ilç s'y ^tab^rept. Aujourd'hui, forte par les armes et la civilisation, l'Europe ressaisit la prédominance : c'est justice.
Voici les termes du traité imposé par la Russie ; ils ne demaiident pas de cpmipeataire :
Art. Ifi^. Sei4 Mohammed Ra^kip Bahadar khan se proclame Tobéissant serviteur de Tempereur de toutes les Russies. Il renonce au droit d^entretenir c)es relation^ difecte^ avec les souverains et khans voisins. 11 ne conclura jamais de traités de cpmmerpe ni autres traités avec pes souverains et khans, et il ne s'engagera pas dans des opérations hostiles contre eux sans la connaissance et la sanction des autorités suprêmes de Russie dans TAsie ceptrale.
Art. 2. A partir de Kubertli jusqu^au point où le hras le plus occidental de TAmou-Darya quitte le principal cours d'eau, cette rivière formera la frontière entre les territoires de Russie et de Khiva. En descendant, la frontière court le long du bras le plus occidental de la rivière jusqu'au lac Aral; elle continue le long du bord jusqu'au promqntoire d'Oufgpu, et de ce dernier point elle suit la pente du plateau de Oust-Ouft, le long de l'ancien lit de l'Amou.
Art. 3. Tout le territoire sur la rive droite de l'Amou, ainsi que les territoires y appartenant et jusqu'ici réputés appartenir au Khiva, avec tous les habitants sédentaires et nomacjes, sont cédés par le khan à la {lussie. Dans cette cession sont compris tous les districts qui pourront avo^p été conférés par le khan à des particuliers ou dignitaires. Les anciens propriétaires de ces distrjpts n'auront droit à aucqne indemnité de la part du gouvernement russe; mais le khan est libre de les indemniser au moyeu de terres sur la rive gauche de l'Amou.
Art. k. Dans le cas où l'empereur de Russie livrerait une partie du territoire sis sur la rive droite de l'Aniou au khan de Bokhara, \» khap de Khiya reconnaîtra ce dernier souverain
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comme légitime propriétaire des districts ainsi acquis, et il s'abstiendra de toute tentative pour rétablir son autorité dans ces districts.
Art. 5. Les steamers russes et autres navires* appartenant au gouvernement ou à des tiers jouiront des droits de la navigation libre sur TAmou. Ledit droit appartiendra exclusivement auxdits navires. Les navires de Khiva ou de Bohhara n^auront la faculté de naviguer sur TAmou qu'avec la sanction spéciale des autorités suprêmes russes dans FAsie centrale.
Art. 6. Les Russes auront le droit de construire des ports et des quais sur tous les points de la rive gauche de TAmou quUls jugeront nécessaires ou convenables. Le gouvernement du khan de Khiva sera responsable de la sécurité de ces ports et jetées. Dans le cas où des points semblables auront été choisis par les Russes, le choix devra être confirmé par les autorités russes suprêmes de TAsie centrale.
Art. 7. Outre ces ports et jetées, les Russes auront le droit d'avoir des comptoirs et des entrepôts sur la rive gauche de PAmou. Tous les terrains près de ces comptoirs qui auront été choisis par les autorités suprêmes russes de l'Asie centrale ievront être livrés par le gouvernement de Khiva. Ces terrains devront être débarrassés de toute population et être assez spacieux pour permettre la construction de ports et de jetées, de magasins et de bureaux, ainsi que d^habitations pour les employés des comptoirs ou les personnes qui y feront des affaires. 11 sera également permis aux Russes d'établir des fermes et de se livrer à des travaux agricoles sur ces terrains. Les comptoirs, avec tous leurs habitants, bestiaux et mar> chandises, sont placés sous la protection immédiate du gouvernement de Khiva, qui répond de leur sûreté.
Art. 8. Toutes les villes et tous les villages du khanat de Khiva seront à l'avenir ouverts au commerce russe. Les caravanes et les marchandises de Russie seront libres de voyager dans toutes les parties du khanat; elles jouiront de la protection directe et spéciale des autorités locales. Le gouvernement de Khiva sera responsable de la sécurité des caravanes et des marchandises.
Art. 9. Considérant que les marchands de Khiva n'ont jamais payé de zaket (impôt) sur la route de Kasalink ou d'Orenbourg et dans les ports caspiens, les marchands russes faisant le conmierce dans le khanat seront également exempts
TRAITÉ Eœ KHIVA. 9
du payement du zaket ou de tout autre impôt sur le commerce, levô dans le Khiva.
Art. 10. Le droit d^envoyer leurs marchandises à travers le khanat, franches de tout droit de transit, est expressément accordé aux marchands russes.
Art. 11. Pour la meilleure surveillance de leur commerce et Tentretien des relations directes avec les autorités locales, les marchands russes seront autorisés à établir des agents dans la ville de Khiva et dans les autres villes du khanat.
Art. 12. Le droit de posséder des biens immeubles dans le khanat est accordé aux sujets russes. La propriété immobilière de cette nature pourra, avec la sanction des autorités russes suprêmes de PAsie centrale, être passible de la taxe foncière.
Art. 13. Les obligations commerciales mutuelles contractées par les Russes et les habitants de Khiva devront être consciencieusement remplies par les deux parties.
Art. Ik. Toutes plaintes ou réclamations articulées contre des sujets de Khiva par des sujets russes seront examinées par le gouvernement de Khiva, et, si elles sont fondées, il y sera fait droit sur-le-champ. Dans le cas où des réclamations mutuelles auraient été faites par des sujets russes ou des sujets de Khiva, on s'occupera tout d'abord de la réclamation russe, et il sera statué à cet égard avant même que Ton procède à Fexamen de la réclamation du sujet de Khiva.
Art. 15. Toute plainte et réclamation contre des sujets russes habitant le khanat, qui sera articulée par des sujets de Khiva, devra être examinée tout d'abord, et il sera statué à son égard par les autorités russes les plus proches.
Art. 16. Toute personne arrivant de Russie, à quelque nationalité qu'elle appartienne, ne sera pas admise par le gouvernement du khan sur la frontière de Khiva, à moins d'être munie d'une permission russe. Si un criminel russe venait à tenter de se soustraire aux poursuites en se cachant sur le territoire de Khiva, le gouvernement du khan sera tenu d'adopter des mesures pour s'en emparer et de le livrer aux autorités russes les plus proches.
Art. 17. Le manifeste publié le 25 juillet par Seid Mohammed Ratkin Bahadar khan, mettant en liberté tous les esclaves du khanat et abolissant pour toujours l'esclavage et le trafic sur les êtres humains, demeure en force et vigueur, le gouvernement du khan s'engageant expressément de toutes ses
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forces à faire exécuter strictement et consciencieusement les dispositions ci-dessus détaillées.
Un dernier article impose au khan Ténorme contribution de 2 200 000 roubles (10 millions de francs), payables par annuités déterminées.
Le trsiité porte la date du 25 août.
La partie la plus difficile de rexpédition a été d'atteindre et de réduire les tribus nomades, qui, sous le nom générique de Turkomans, occupent le pays au sud de la ]^vie proprement dite, jusqu'à la frontière persane. Vigoureusement poursuivies par une partie de rarnqée d'invasion, ces tribus ont été frappées dans leur force et leurs ressources matérielles ; des otages et de lourdes contributions les ont mises pour longtemps hors d'état de reprendre une attitude offensive. Le rapport du chef de cette expédition du S. donne à ce sujet, sur l'organisation des tribus et leurs relations avec le khan de Khiva, leur suzerain nominal , des détails qu'il est bon de con- . se^ve^ ici.
a Après roccupatiop de Khiva, Taide de camp généraj de Kaufmann ayant pris une connaissance plus approfondie de la situation des affaires dans le khanat, avait acquis la conviction que pour donner au gouvernement local la possibilité -de satisfaire, dans l'avenir, à nos réquisitions, il était indispensable de changer complètement les relations qui s'étaient établies et existaient actuellement entre lui et les Turkmènes. Pendant le séjour de nos troupes à Khiva, on avait reconnu que le pouvoir du khan sur les Turkmènes vivant dans l'oasis du Khiva était purement nominal, et que ces derniers profitaient de l'autorité du khan uniquement dans leurs intérêts. Ce n'était pas le khan qui régnait et gouvernait chez les Turkmènes à demi nomades, mais ceux-ci qui le tenaient soui^ leur dépendance. Forte par son chiffre, la population turkmène, qui ne compte pas moins de trente mille
SOUMISSION DESf TURKOMANS. Il
juJbitkas, forp)e un élépaept menaçât pq^r le gouveniement khiviei^; cette tyibu, t^'ès-guerrièfe, et au derniey degré insolente et portée au brigand^g^, p^ut mettre sur pied jusqu'à 30 000 )iomn|es armés (ui^ p^r )ubitka), ^xtrêmeipept entreprenants, hai'dis, piU^r4s, inqntés sur de beau^ e( rapides ppur^iers qui ^i|ppû|*te^t bien la fatigue. Grouyernés entre eux ^uç Ip pr|qcip^ cqn^munal, 1^8 Turkipèpes ne sont point habitués à l'obéissance, ne se sQuii^Qttent à aucune autoqté souver^ne pi à {^ucune exigence du kban et de son gouvernement. N'acquittant auçuu ii^fipOt, les Tur^n^èpes sont tenus enyers \g gpu- YerrieQ^ent du khanaf;, n^ais nomipalement seulement, ^ fournir un certain nombre de guerriers pour la défense 4u territoire. Ils remplissaient leurs obligations sous pe rapport non pas même comme le leur prescrivait \e khan, zx^^s comipe cela leur convenait le mieux; ils ne fourniss^ept pas le nombre 4'bopimes exigé par le khan, mais il^ n'ei^ envoyaient que ce qu'ils avaient de disponible et comme ils l'entendaient. Entrés dans l'armée kbivienne, Ï\b étaient entretenus par le kl^ftn ; mais, en traversait le {;erritoirq jie ses sujets, leurs prqpres coiQpatriotes, ils se considéraient comme obligés et ayant droit de les rançonner et d'exiger d'eux tout ce dont ils avaient besoin, soi-disant pour remplir le rôle 4q défenseurs du pays.
« En général, en fournissant des hommes armés et donnant à cette obligation le nom de redevance envers le gouvernement du khan, les Turkmènes avaient acquis la conviction cp'ils étaient seuls capables de défendre ce gouvernement et de garantir le territoire du khanat contre toute invasion ennemie. Il paraîf; que cette opinion était partagée par le khan lui-même, et en général par toute la population 4u p^ys. On peut juger à quel point le khan était entrq les mains des Turkmènes, par le fait que tout en prélevant snr le reste 4^ 1^ population des impôts et dei| redevances en argent et en nature, jamais il
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n'osait en imposer d'aucune sorte aux Turkmènes. Ils pillaient les habitants paisibles, et, jouissant des meilleures terres du pays, ne payaient pas d'impôts et n'étaient soumis par le khan à aucune punition.
Le général résolut de profiter du séjour de nos troupes dans le khanat pour changer autant que possible cet état de choses, après avoir affaibli matériellement et moralement les Turkmènes et dompté leurs débordements. Dans cette vue, l'aide de camp général de Kaufmann ordonna de leur imposer une contribution de guerre et d'en commencer la perception par la tribu la plus nombreuse, la plus puissante et la plus turbulente des Turkmènes- Yomouds, celle des Baïram-Ghalys. La contribution fut fixée à 300 000 roubles, en raison du nombre de leurs kibitkas (30 000....) »
Après le détail des opérations du corps d'expédition du S., auquel les Turkmènes opposèrent une résistance désespérée, le rapport ajoute : « La dévastation portée par nos troupes parmi les Yomouds a été terrible. Outre la perte d'un grand nombre de morts et de blessés, on a enlevé aux Turkmènes environ 9000 têtes de bétail; les habitations, les grains et divers approvisionnements ont été livrés aux flammes, sur le passage du général major Golovatcheff, de Khazavat à Zmoukchir, et se^ troupes ont détruit et brûlé dans plusieurs occasions 3000 chariots chargés d'effets des Yomouds. Matériellement affaiblis et frappés moralement, ces nomades se sont dispersés dans différentes directions, mais l'on ignore juscpi'à présent où ils se trouvent. »
En résumé, les Yomouds ont fait leur soumission et ont payé la contribution écrasante qui leur était imposée. Cette tribu puissante est d'ailleurs bien loin de constituer la totalité des forces irrégulières que représentent les nomades répandus dans les steppes sablonneuses qui s'étendent autour de Ehiva, d'im côté jusqu'à la frontière
persane, de l'autre jusqu'à la mer Caspienne. Voici un relevé de l'ensemble des hordes turkmènes recueilli par M. Vambéry ; les tribus y sont rangées d'après leur importance numérique :
Ersari au voisinage de l'Oxus, reconnaissant Pautorité du khan de Bo-
khara. 250 000 individus.
Yamouds, ou Yomouds. 225000
Goklans. 60000 Tchandars, sur le plateau d'Oust-
Oufl. 60 000 SarikSy sur rOzus, au-dessus de
Merv. 50000
Salors, au-dessus de Merv. 40 000
Âlyélis, à Andkhrn. 15 000
Karas, entre Andkhln et Merv. 8000
H n'est pas hors de propos de donner ici quelques notions d'ensemble sur le pays, assez peu connu, qui constitue le domaine du khan de ELhiva^
S 2. Aperça géographique dn khanat de Khiva.
. Le Ehanat turk de Khiva est situé entre la Boukharie et la mer Caspienne, sur l'Amou-daria inférieur, auquel il s'appuie à TE., touchant du côté N. au lac d'Aral, et dans toutes les autres directions, au N. E., au N. 0., à TO. et au S., SCS limites indéfinies allant se perdre dans les steppes ou dans les plaines sablonneuses qui le séparent de la Boukharie, du Turkestan russe, de la Caspienne et de la Perse. C'est une oasis au milieu des sables. Le khan se regarde comme le souverain de ces vastes espaces et
1. Noos extrayons ce paragraphe de rarticle Khiva (encore inédit), que nous avons écrit pour notre Dictiotmaire universel de GéchfraphU mx^deme, très-prochainement en cours de pubUcation.
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des tribiiB hotnades qm campent çà et là dans les partiëfc les moitiB arides, te qui lui représeilte tin royaume dé 200 lieties dans un sens et de 150 dans Tautre, (Quelque chose qiii en superficie peut se comparer à Tétendue de là France ; mais son domaine réel, le sol cultivable et régulièrement habité qui constitue la KJbivie proprement dite, n'a pas plus de 50 lieues du N. au S., avec une largeur de 25 lieues au plus, ce qui représeilte Une siiHate de 20 à 25 000 kilom. carrés, l'équivalent de quatre de nos départements. Cet espace est compris en latitude entre 41 et 43 degrés, et en longitude de 56 1/2 à 59 degrés à TE. du méridien de Paris. Voilà l'État qui, plus d'une fois depuis cent cinquante ans , n'a pas craint de soutenir la lutte contre le tzar de Russie. Sa force, il est vrai, n'est ni dans son étendue ni dans son armée : elle est dans sa ceinture de déserts. Sa situation a fait sa durée. Aussi loin que l'histoire nous permet de relnonter, nous trouvoii» à l'O. du Çoughda (la Sogdiane des Grecs, la vallée actuelle de Samarkand et de Boukhara) un pays de Qaïrizem que la géographie historique des temps postérieurs nous montre de siècle en siècle sous les formes diversement modifiées de Chorasmia chez les anciens Grecs, de Khouarezm et de Kharizm chez les géographes arabes et les Orientaux modernes. Ce pays est celui qui, depuis la domination des Ouzbeks, ses maîtres actuels, a pris le nom do KhivOy sa nouvelle capitale, — ou plus correctement Khivaky qui est la vraie forme nationale, telle qu'on la lit sur les monnaies et dans les documents officiels.
li'Amoti-daria (l'ancien Oxus)^ qui arrive au pays de Khiva après avoir traversé les steppes de la Boukharie, se porte en général au N. 0. dans la dernière partie de son cours. A 1 degré 1/3 environ (150 kilom.) avant d'atteindre l'Aral, il se partage en plusieurs bras formant un large delta par lequel il se déverse dans le lac ; ces bras ont éprouvé et ils éprouvent encore de grands change-
riSeûts. Il eh èét (Jtd se sotît défeséchés totalemeût ou en partie ; d'autres se sont formés ou agrandis. La brancKë la plus ocfeidentale, appelée Talàyk, seilible s'être maintcniie mieux que les aiitreis d'une manière Jjerinànehtë. Ce n'est pas, du reste, ce delta fréqùemiiient noyé et pleiil de terràihs marécageux qui constitué lés bonnes terrés et les parties |)eiiplées du kliahat : celles-ci se trouvent immédiâtéineiit en deçà. Elles ne sont pas non plus ténfet*mées dans la vallée itiêmé ; lin très-grand tiombi*e de canaux et de tranchées {prennent l'eau de la gauche du fleUvë et la portent à VO. dans tout le pays par une itiultitiidè de dérivations jusqu'à 20 et 25 heures de distance. G^est cet intelligent système de tranchées qui a créé, oti petit dire, les parties productives du Kiarizm. t)àns (JûelqUes endroits, oh a creusé de grands étangs qui servent de réservoirs pour les temjis de sécheresse. L'eau de puits n'est pas boiine, et Ton en fait rarement usage.
Lés steppes qui entourent la Khivie sont en ^àù'de partie sablonneuses et stériles. L'on n'y aperçoit qu'tiii petit noihbre d'espaces, peu étendus, où il y ait dé Ta verdure ; ce sont des îlots au milieu de cet océan de sable. Il ne croît guère sur cette plaine sablonneuse que des buissons d'un arbrisseau peu feuille (robinia pygmea) qu'on eniploie à faire du chàrboû. Dans quelques endroits l'on voit dés débris d'anciennes forêts, des ti'ohcs verinoulus, (Jui attestent les bouleversetiaents qu'à éprouvés Ife pays. On ne tirouve pas d'eau douce dans les steppes ; celle de la majeure partie des citernes ou des puits qui ont été creusés sur la toute, est plus ou moins jaunâtre et salée. Ce n'est que dans l'ancien lit de l'Oxus qu'on rencontre des sources d'eau douce. Parcourir ces sables en été est aussi pénible que dangereux ; il s'y élève fréquemment des tourbillons de poussière, semblables à un épais brouillard, qui cachent au voyageur la vue du soleil.
Les plantés cultivées dans le khanat sont princi]3ale-
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ment le blé^ l'orge^ le tchightn (sorte de millet)^ le riz, le sésame , le cotonnier^ le djougari (Holcus saccharaius)^ les pois, le melon, la lentille, le pavot et le chanvre. Les jardinp sont remplis d'arbustes de toute sorte et d'arbres fruitiers, y compris la vigne.
On ne voit dans la ELhivie que le chameau à une bosse (le dromadaire), dont on distingue deux sortes, le nar et Yirkek. U est peu d'habitants, en dehors des villes, qui ne possèdent au moins un de ces animaux comme bète de change. L'âne est d'un usage moins général. Le bétail à cornes n'est pas nombreux, non plus que les moutons, qui sont de l'espèce à large queue. Le cheval est en grande estime et d'une noble souche, particulièrement Va/rgcmtak des Turkomans.
La Khivie a si peu d'étendue que son climat offre peu de variété. En été* les chaleurs sont insupportables pendant plusieurs mois de suite; heureusement les vents, surtout ceux de TE. et du S. E. qui soufflent avec assez de force, rafraîchissetit un peu l'atmosphère. Les pluies y sont rares, même en automne; pendant cette saison, de même qu'en hiver, il règne des vents presque continuels, qui apportent des steppes un sable très-fin et fort incommode. L'hiver est rigoureux, mais court.
Le khanat de Eiva, comme la Boukharie et les autres parties du Turkestan, est habité par deux races d'hommes, différentes d'origine, de physionomie et de langue : les TadjikSy race sédentaire, qui appartient à la famille irar nienne, porte le type européen, et parle un dialecte persan ; et des tribus pastorales qui appartiennent à la race turque. Les premiers sont ici plus particulièrement désignés sous la dénomination de Sarti (également connue dans la Boukarie et le Khokand) dénomination qm n'est à vrai dire qu'une qualification dérivée, à ce que l'on croit, de leurs habitudes de négoce, et que le temps a changée en un nom propre; on les appelle aussi Td^y mot qui n'est
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qu'une abréviation de Tadjik. Les Tadjiks sont la population aborigène du Karizm, comme du reste du Turkestan ; ils en forment en très-grande majorité la population urbaine et la classe agricole. Jusqu'à la fin du dix-huitième siècle, les Sarti eurent ^ souffrir de la part des Ouzbeks ; mais depuis lors ils ont peu à peu pris le dessus, et ils occupent aujourd'hui les places les plus importantes dans le khanat. Les Ouzbeks, ainsi refoulés malgré leur qualité de race conquérante et de classe militaire, se dédommagent en imputant volontiers aux Sarti tous les défauts et toutes les défectuosités morales. L'autre partie de la population, celle qui appartient à la famille turque, se distingue en trois nationalités différentes, les OuzhekSy les Turkomans, et les Kara-Kalpaksi. Les Ouzbeks, une des branches principales de la grande famille turque et que Ton croit être la descendance des Ouïgours, sont arrivés en conquérants dans le Kbarizm à répoque où leurs chefs se rendirent maîtres de la Boukharie, c'est-à-dire à la fin du quinzième siècle ou au commencement du seizième. Beaucoup moins nombreux que les Sarti, ils les ont longtemps dominés par la loi du sabre ; on vient de voir que depuis un certain temps la position relative des deux races s'est notablement modifiée. Sans perdre leur esprit de caste et leur disposition belliqueuse, les Ouzbeks du Kharizm eux-mêmes sont d'ailleurs devenus plus qu'à demi sédentaires. Us habitent des villages, y cultivent la terre, et ne rentrent sous la tente qu'en été pour le soin de leurs troupeaux. Sur quatre tribus qui composent le corps des Ouzbeks de Khiva, une seule, celle des Koungrad, a gardé à peu-près complètement les habitudes originaires de la race. La famille régnante appartient à cette tribu. Une autre des quatre lignées qui portent le nom d'Ouïgour a été, dit-on, presque exterminée dans ces derniers temps, par suite do son esprit d'insubordination.
L'âNNKB GÉOGR. XII. 3
IS ASIE. (n- 1-25.)
Le iu>m de Turkomcms, ou plutôt des Turkmènes, sdLofî la vraie fornxe du mot, s'applique à une immense quantité de tribus répandues dans toute TAsie Moyenne; le mot se prend, dans sa généralité, comme Tcxpression du Turk oriental qui a conservé la vie nomade et pastorale, par opposition au Turcs Osmanlis qui se sont plus ou moins convertis à la civUisation et aux habitudes européennes. Les Turkomans dont le khan do Khiv^ se prétend tout nu moins le suzeriain, ont pour douzaine les vastes plaines herbeuses ou sablonneuses comprisses entre la Sbivie propre, TAmou-daria, le mer Caspienne et la province persane du E^oraçân. Des huit ou dix tribus qui par- .courent ces solitudes, il en est trois plus fortes que les autres, et aussi plus connues parce qu'elles occupent, sur la limite du Khoraçân, des contrées dont plus de voyageurs se sont approchés : ce sont les YamoudSj les Tékeh et les Goklàns. Leur vie n'est pas seulement la vie d'un peuple nomade, se transporjtant d'une place à une autre avec ses troupeaux et ses testes pour chercher de l'eau et des pâturages : c'est aussi, et par-dessus tout, une vie de brigandage. C'est dans le N. de la Perse qu'ils poussent leurs razzias, et c'est à Khiva qu'ils vont vendre leurs captifs, partie principale de leur butin. Bien que sur certains points particuliers, soit du côté de la Perse, soit du côté de la Boukharie et de Khiva, quelques-uns se soient soumis à la souveraineté de princes étrangers, ils ne reconnaissent au fond que l'autorité de leurs aksakalas ou anciens (littéralement les barbes blanches). Ceux qui demeurent sur les confins immédiats de la Khivie proprement dite ont un peu d'agriculture, mais se livrent surtout à rélève des chevaux. Us fournissent, avec les Ouzbeks, au recrutement de l'armée du khan, qui peut mettre ainsi sur pied jusqu'à 20 000 hommes. Les femmes turk mènes vaquent à tous les travaux de rintériour de la tente, et fabriquent des tapis qui ont une grande réputation.
Les Kara-Kalpaks (ainsi nommés de leurs Bonnets Noirs)y ressemblent à peu-près en tout aux Ouzbcks et aux Turkomans. Us nomadisent aux environs du lac d'Aral, tant du côté de la mer Caspienne que vers TAmoudaria. Khaproth rappelle qu'avant la destruction de la ville de Boulgari (dans le quatorzième siècle de notre ère) les Kara-Kalpaks étaient répandus à Torient du bas Volga, depuis la Kama jusqu'aux environs d'Astrakhan, et que c'est seulement depuis cette époque qu'ils se sont avancés vers l'Aral en contournant le nord de la Caspienne (Asia Polygl. 222). L'appellation de Kara-Kalpaks a été appliquée aussi aux Kirghiz parles autres Turkomans (Potocki, Voy, aux Steps d'Astrakhan, II, 195); mais aujourd'hui on ne l'emploie plus dans cette acception générale. Beaucoup de Kara-Kalpaks, particulièrement ceux qui touchent aux confins des terres arrosées de la Khivie, sont devenus, comme les Ouzbeks leurs frères, à demi sédentaires. Ils ont pour l'hiver des espèces de villages et des demeures fixes, font un peu de culture, et ne reprennent la tente qu'au retour du b^au temps. Ils élèvent moins de chevaux et plus de gros bétail que les Ouzbeks et les Turkomans. Mouravief pensait que le nombre des Kara-Kalpaks pouvait bien dépasser 100 000.
M. de Mouravief, l'envoyé russe de 1820, estimait que la populafion de la Khivie proprement dite, la population fixe soumise immédiatement au khan, pouvait s'élever à plus de 300 000 âmes ; « toutefois, ajoutait cet observateur, cette évaluation ne peut-être regardée comme très-exacte, puisqu'elle n'est basée que sur des informations verbales et des présomptions : le khan lui-même ne saurait l'indiquer avec précision. Le peuple, qui est très-méfiant, ne s'ouvre à ce sujet, vis-à-vis des étrangers, et surtout des Russes, qu'avec beaucoup de circonspection. La population est peut-être plus forte. »
Depuis lors les évaluations ont varié, sans reposer sur
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des bases plus sûres. Le chifire de 300 000 âmes peut être regardé comme une bonne moyenne. Ce chiffre, bien entendu, ne comprend que les Tadjiks et les Ouzbeks, avec ceux des Turkomans et des Kara-Kalpaks qui ont adopté des demeures à peu près fixes à proximité de ELhiva. Les Kara-kalpaks, et surtout les Turkomans nomades des steppes, ne sauraient être comptés, malgré les prétentions du chef de Khiva, dans la population du khanat.
Cette estime trouve une pleine confirmation dans les données que la récente expédition russe a fournies. Voici te que l'on mande de Pétersbourg, à la date du 3 décembre 1873 : « V Invalide russe dit qu'après l'occupation de la ville de Kbiva, on a trouvé dans les archives du khanat des listes de la population indigène prouvant que les impôts prélevés par le khan et les beks étaient basés sur des données statistiques. U en résulterait que la population sédentaire du khanat habite 60 000 maisons et s*élève à 300 000 âmes.
«c La population nomade habite 12 000 tentes (kibitkas) de Kirghizes et 20000 tentes Kara-kalpaks, ce qui donne une chiffre de 160 000 âmes, en comptant chaque tente à cinq personnes. Le nombre des Turkomans qui habitent le khanat n'est pas connu, mais il doit être ass^ considérable. Le chiffre de la population, tel qu'il est établi par ces documents, est notablement diminué à Theure qu'il est, par suite du départ d'une grande partie des Turkomans, du passage des Kara-kalpaks sous la domination russe, et du rapatriement des esclaves persans. D'après les calculs de VInvalide russes ce chiffre serait de 280 000 âmes, bien entendu sans compter les Turkomans. »
ft|. Outre Khiva, capitale du khanat et résidence du prince, la Khivie compte une quinzaine de localités décorées du titre de villes, et une soixantaine de bourgades qui s'élè-
vent au-dessus des simples villages. M. de Helmersen, dans sa notice sur le khanat rédigée sur les informations réunies par le gouverneur d'Orenbourg (1839), en a dressé la liste. H suffit de mentionner la Vieille Ourghendjj capitale du EJiarizm avant la conquête ouzbèke, la Novrvelle Ovrghendjj aujourd'hui beaucoup plus considérable que l'ancienne et la place la plus importante du khanat après Khiva, Hezâraspy Tékèhy Khanka^ Gowlén^ Kiptr chak, Manghity Tàch-Havoûz^Seij Astana^ Ya/moudy etc. Plusieurs de ces localités portent le nom de tribus ouzbèkes ou turkomanes,. ce qui indique assez leur origine et le fond de leur population. « Dans toutes ces villes, dit M. de Mouravief, les maisons ne sont construites qu'en terre; à l'exception de quelques mosquées il n'y a pas d'édifices remarquables. Les murs qui les entourent sont également en terre, quelquefois mêlée de cailloux. Malgré le peu de solidité d'une semblable construction, elle dure assez longtemps, parce qu'il pleut très-rarement dans qette contrée. Indépendamment de ces villes, la Khivie renferme des villages qui ne leur cèdjBut pas par l'importance du commerce. Entre autres Hezârasp^ sur la route dç Boukharie, et des bourgs considérables bâtis autour des maisons de plaisance du khan, et où sont les habitations de ses favoris. Il s'y tient à des jours marqués des foires où se rendent les marchands des villes principales, lesquels, par ce moyen, distribuent leurs marchandises dans le reste du pays. »
Il n'y a pas dans le khanat de routes entretenues ; on ne reconnaît un chemin qu'à la trace qu'y laissent leë passagers. Le pays n'a nulle industrie manufacturière ; des poteries, des briques, une sorte de faïence vernie pour la décoration architecturale, quelques tissus et d'autres objets de consommation courante, sont tout ce qui se fait dans le khanat. Comme dans toutes les principautés turkomanes, le gouvernement est un absolutisme militaire.
On manque absolument de renseignements sur Thidtoire du Kharizm antérieurement à la période arabe, si ce n'est qu'il faisait partie, avant Alexandre, de l'empire akhéménide. Le pays, compris au dixième siècle dans l'empire des Samanides, se reconstitua en souveraineté autonome à la ruine de cette dynastie (994). Jusqu'en 1221, elle forma une principauté turque, qui à son tour devint conquérante, et qui eut une destinée brillante. Les Ebarizmides, durant cette période, ajoutèrent à leurs possessions Boukhara, Samarkand, Balkh et les autres pays du haut Oxus, outre le KLhoraçân et le Mazandéran. Gomme tant d'autres souverainetés asiatiques, celle-ci fut engloutie dans l'invasion mongole de Djenghiz-Khân. Après Djenghiz, le Kharizm appartint au Tchagataï et au Kiptcbak, puis il devint, dans la seconde moitié du quatorzième siècle, une des provinces de la monarchie de Tamerlan. Au milieu de ces révolutions, le pays avait subi de terribles dévastations; Ourghendj, sa vieille capitale, avait été détruite, puis relevée par Tamerlan. Dans le quinzième siècle, le Kharizm redevint un moment une dépendance dû royaume de Perse; mais en 1512 il passa sous l'autorité d'un prince ouzbek. Il n'a pas cossé depuis d'appartenir à cette race, et le pays, rentré dans son isolement, n'a plus été mêlé aux affaires générales de l'Asie. A partir du commencement du dix-huitième siècle, c'est du côté de là Russie que se tournent principalement les rapports du khanat de Khiva avec le dehors. Ces rapports n'ont pas toujours été sur le pied le plus amical, par suite des tentatives plusieurs fois renouvelées du gouvernement de Pétefsbourg, depuis Pierre le Grand, pour étendre sa prépondérance, sinon son autorité directe, sur laKhivie, dans des vues plus générales soit de politique, soit de commerce. Ces tentatives, auxquelles nous devions du moins ce que nous possédions d'informations sur le Kharizm, n'avaient pas aboiiti jusqu'à ces derniers temps ; la conquête de 1873
l'oxus. aé
lèitt à donné xtae ismxe définitive. Depuis que hs fliissés étdent maîtres du bassin du Syr-Darla et d'une pîtrtie de la Boukharie, et après qu'ils ont eu formé (en i 869) tm établissement permanent à Krasnovodsk, sur une baie de la côte orientale dé la mer Caspienne près de l'ancien débouché de FOxud, il était devenu bien difficile au khan de Khiva de s'opposer aux desseins, quels qu'ils soient, dé son pui^Èiant antagoniste.
S 3. L'Oxas (Amon-daria). Étades et investigations. L'ancien lit.
Le progrès coiîtiritt des Russes vers le S. de l'Asie centrale tient depuis longtemps en éveil l'inquiète Sollicitude de l'Angleterre. Les maîtres de l'Inde no sauraient voir avec indifféreticîé une grande puissance européenne se rapprocher à ce point de leur frontière, mal couverte par des alliés incettains ; les préoccÏHpàtions qu'ùtl tel voisinage éveille se trahissent même dans les paroles de confiance que Commande la politique. De là les recherches et le*s missions anglaises qui depuis plusieurs années se portent dans cette direction : il suffit de rappeler celles de MM. Hayward, Pot-Syth et Shaw vers lé nouvel État indépendant de Tatkand, et les diverses reconnaissances poussées à travers les cols de l'Hindou-Kousch qui aboutissent au Badakchân et à la vallée supérieure de l'Oxus. Ces voyages, ces investigations locales dont la nouvelle carte du colôhel Walker à concentré les résultats (ci-des- Riis, n* 15), ont ^randethent profité à la science; nous ne sotdméS pins, gtâce à Dieu, au temps où l'on croyait pouvoir dissimuler au profit de la politique lès cdiinaissances fournies par les explorateurs. A des préoccupations nouvelles èle rattachent aussi les études Savantes du colonel Tille, dé sir Henry HawlinSon et d'autres encore, sur les contrées du haut Oxus (n«» 10 à 13). « Coinnie cette rivière, ainsi que g*«tprimc M. Rawlinson, a été adoptée pour
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frontière entre les États ouzbeks et les Afghans en se portant à l'est à partir du 66* méridien de Grreenwich, et qne selon toute probabilité elle servira de frontière, à un moment donné, entre Fempire rus^e et l'Inde anglaise, la description précise de son cours, et l'investigation de ses nombreux affluents, sont devenues d'une grande importance pour la géographie politique. » Ces recherches n'ont pas un moindre intérêt pour la géographie scientifique, ainsi que le montrent les mémoires mêmes que nous venons de citer (voy. nos annotations aux n" 1 1 et 12 de la bibliographie).
L'ancien lit de l'Oxus, entre le voisinage du lac Aral et la mer Caspienne, est depuis longtemps déjà un sujet de recherches et d'études plein d'intérêt pour les voyageurs, les géologues et les géographes ; M. Lenz, dans un travail important inséré en 1870 aux Mémoires de l'Académie impériale de Saint-Pétersbourg, a exposé les notions acquises jusqu'à ce jour à cet égard (V. Y Année géogr.j t. IX-X, 1872, p. 51, n*» 95). L'établissement des Russes à Krasnovodsk et leur récente expédition de Khiva, vont compléter, en les précisant, nos informations. Une petite expédition scientifique, organisée dès avant la campagne, et partie de Krasnovodsk dans l'automne de 1872, a eu pour objet l'étude et le levé des steppes où se déroule le lit desséché du fleuve, que les Turkomans appellent Ousboïy c'est-à-dire la Plaine-Basse; le docteur Sievers, qui faisait partie comme géologue de cette expédition, en a rendu compte dans une note communiquée aux MUtheilungen de Gotha (ci-dessus, n» 6). C'est un morceau qui complète utilement, avec la grande carte qui l'accompagne, le mémoire de M. Lenz.
Depuis l'occupation de Khiva, les études topographiques et scientifiques se sont étendues et régularisées. Plusieurs expéditions ont été organisées à cet efi'et. L'une d'entre elles, sous la direction des colonels Glukhovski et. du baron deKaulbars,aeupour mission d'explorer le delta
ANCIEN LIT DE l'oXUS. 25
de rAmou-Daria, pour résoudre la question de savoir comment ce fleuve pourrait être reporté dans son ancien lit. Une autre, commandée par le lieutenant-colonel d'étatmajor Iskobeleff, se livre à la recherche d'un point entre la mer Caspienne et ELhiva propre à devenir un poste stratégique qui tiendrait en respect les Turkomans du S. Une troisième expédition est composée de savants qm se livrent uniquement à des recherches ethnographiques, physiologiques, géographiques et statistiques, dans le but de faire connaître le khanat de ELhiva. Les membres qui en font partie sont MM. Bogdanof, Krause, Korolikof et L. Kuhn; ils sont accompagnés d'un photographe. Ce dernier, au rapport de la Gazette du Turkestan, a déjà pris une suite de vues des plus intéressantes de paysages et de monuments, ainsi qu'une série de types nationaux. M. Kuhn a parcouru presque toutes les villes du khanat, et recueilli quantité de notices statistiques et ethnologiques.
Dès à présent on croit avoir déterminé le point où l'Amou-Daria aurait été détourné artificiellement, au seizième siècle, de son cours vers la Caspienne. Ce changement du cours du fleuve, qui depuis si longtemps provoque les recherches des savants, aurait été effectué au moyen d'une digue appelée Ouroun-Daria^ que le colonel Glukhofsky a retrouvée, dit-on, et dont il a déterminé topographiquement la position.
Si, comme on l'assure, ce oours d'eau peut se ramener à l'O. pour être relié avec les côtes civilisées de la mer Caspienne, la Russie espère y gagner à l'O. une voie de communication qui épargnerait les dangers et les fatigues d'une marche à travers la steppe.
Les levés topographiques et les observations recueillies par ces différentes expéditions sont centralisés à la section de topographie militaire du Turkestan, et c'est d'après ces données que sera dressée la carte du khanat de Khiva,
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qu'on ne térdera: pàcs enduite à livrer à ritnptésdôtt. On i aussi dans le même temps reconnu le courd de l'Atfék depuis sa source.
S 4. Etudes et recherches diverses sur différents points du Tnrkestan nuM.
M. Fedchenko. M. Venîoukoff, etc.
Les officiers et les explorateurs russes n'ont pas discontinué leurs relèvements et leurs recherches dans toute rétendue de la vaste contrée annexée depuis plusieurs années à l'empire sous le nom désormais consacré de Turkestan russe. L'adjudant général de Kaufinann, dans une lettre datée d'Arestân-Bel-Koudouk, Turkestan, fournit la liste suivante des récentes déterminations astronomiques ; elle ajoute quelques points à la série des déterminations de M. Struve, que nous avons donnée dans Tavant-dernier volume de Tannée (IX-X), p. 55.
Latit. Long. E. de Gr.
Ville de Tchinas 40» 54' 2" 4" 54» 5»
Faridj, yillage à la pente N. du mont
Nourata 40 34 1 4 27 35
Témir Kabouk (Kaouk?) sources dans une
gorge de la môme montagne 40 43 1 4 25 41
Soully, sources 40 52 9 4 23 28
Aïak, sources 41 12 2 4 21 34
Ârestân Bel-Koudouk, sources 41 16 3 4 19 &7
Les points fondamentaux déterminés pendant la dernière campagne par le lieutenant Syrovatsky, du corps des ingénieurs-topographes, sont les suivants :
Tâchkent 41» 18' 38^ 4»^ 37- 6- 96
Djizak 40 7 8 4 31 21 96
L'état couvert du ciel nécessitera quelques vérifications pour plusieurs de ces longitudes ; pour deux de ces points, on peut déjà^ peut-être, admettre les suivantes :
Long. E. de PoalkoVa,
Utit. temps. arc.
Aïak 41M2'15'' 2»" 19" 43' 34» 55' 45"
Arestàn-Bcl 41 16 15 2 18 l8 34 34 30