GUYANE FRANÇAISE
licM blbllograpblqna ds U Hniit m. Db l* BouoiiSE, ingéaipur des mines. Les placera de la Guyane truçsiM. Journal o/)tct«l, 20,31, 33juiiilST4.
L*éteDdue de l'important et très-intéressant travail de M. de la Bouglise ne noua permet pas de le reproduire en entier; nous nous bornons, à notre grand regret, à en extraire les passages suivants :
Depuis longtemps déjà la foi des tribus indiennes aux gisemeola d'or de la Guyane se perpétuait de gétiëration en génération. Cette croyance avait revêtu la forme mythique d'un paya lointain, VEldorado, dana lequel se rencontrait k profusion l'or tant désiré des Portugais; c'était en mâma temps une terre promise, oCi toutes les souffrances devaient finir, où les fruits naissaient sans culture, et qui offrait aux chasseurs fortunés des forêts sans bornes, remplies de gibier. Ces fabks avaient inspiré, à diverses reprises, l'idée da rechercher ces merveilleuses richesses.
Parmi les tentatives infructueuses faites dans ce but, il confient de citer celles du chevalier anglais Walter Raleigh, vers Ulin du seizième slëcie; de Laurent Keymis, en 159B, et plus tard, en IT'iO, le voyage de Nicolas Horsman, qui essaya de découvrir l'Eldorado en remontant la rivière d'Ëssequebo. Après ces insuccès, l'existence du lac d'or semblait do:ic uno .chimère trompeuse et aurait été oubliée, si les peuplades indigènes qui habitaient le haut des riiières n'avaient entretenu la croyance de l'Eldorado, en faiïiiiit de loin en loin quelques échanges de pépites avec les étabiisjements de la côte.
Tout à coup, La tradition prit uik; forme précise, et il y eut un homme qui put conduire sùroim^nt à un gisement du précîeuit mftal. C'était un Indien portugais, nommé Paoline, qui avait vécu longtemps au Brésil et qui y avait appris la manière de récolter la poudre d'or- La conviction et la chaleur de ses paroles n l passer une partie de la foi qui l'animaildans ikmm -B- ïi:;. 19
ÎW amèwOîJî: du sud. (n~ 391-393.)
Testpril du commandant du quartier d'ApiUYMiague^FéfizCIouy. Ce dernier ééploy*, pour l^accomplissement de «es idées, cette remarquable inteltigenœ, cette ténacHé virile donlles anciens colons se souviennent encore ; et quelques mois ^lus tard le premier placer de la eolenie était focdé
Paoline mourotà IMiÔpital, ^eif^é mm. frais île hiii^lle de Cayenne, et Félix Couy fut lâchement assassiiié dans lesi^nnés bois par quelques misérables auxquels tson or fusait envie.
Ainsi périrent les deux inventeurs de la fortune future de la colonie, le premier laissant une aiémoire m^deabe* imtis non oubliée, et le second illustrant, pour sa part, une 'ÀmiUe d%ni le nom est si justement aimé et honoré à la Guyane française.
A partir de celte époque, les entreprises de mines se-moHiplièrent dans différentes directions, et constatèrent sur différents points du territoire la présence de Tor, mais, hélas I sans amener la fortune à ceux qui la cherchaient avec 4ant de hardiesse i
Les premières tentsttives sérieuses orit été faites parla compagnie des mines de TApprouague, fondée en I85B, et qiii, après avoir introduit un nombre considérable d'émigrànis africains et indiens, et avoir pénétré au cœur des forêts de la Guyane, laissa son œuvre inaclievée. La superflde des mines accordées à cette compagnie était considérable; elle n^atnanqué ni d^hommes, ni de capitaux, et il semble qu^élIe aurait dû réussir à (bnder une exploitation prospère. îdais flfaut te nir compte de ses efforts : elle a été la première à ouvrir la voie, et elle a eu, la première, à surmonter les difGcultés sans nombre qui se dressent entre le mineur et la mine. Depuis, les habitudes et les pertectionnements qui se sont implantés dur les placers ont facilité la tâche aux nouveaux venus.
La chute de cette entreprise eut d'autant plus de retentissement que les espérances avaient été plus grandes, et fut aulne d'un découragement dont le souvenir pèse encore sur les qpér"*ions minières de la Guyane.
Après avoir appartenu à un financier de la capitale, les plaéers de la compagnie d'Approuague ont été achetés par la société du Mataroni, et ^aujourd'hui, de ces mêmes terriins abandonnés on extrait 70000 francs d'or par nmis, somme qui sera triplée prochainement, grâce à Tintroductlon récente de quatre cent cintpiante travailleurs hindous, qui placent, de
OltXAHE tWANÇAKS. 4H
iut,«e8<iini>es rà la tèle de Loules les enlrepriaes aeiadeila Guyane.
«p^cier toule l'ioipoitanœ des gisements aurifères lyaae, il-Butfil de jeter un coup d'ceil sur la carie de ca ir.ime longueur d« côte d'environ qunlre-vinpU lieues t se jeter ces belles rivières, le Maroni, la Maaa, U wy, le Maliury, rOyapok, l'Approuague, voies îbi-
par lesquelles s'écoulent à la mer les eaux des pluies iales. Ces rivières, dont les rives boisées et giboyejses Ml voyageur les ressources de la cliasse et de la pèche, s artères par lesquelles l'homme s'avance au c(âurd|i ta recherche des zones aurifères.
un ces bassins ont eu ratlrait de l'inconnu, et le déair 2lrer s'est empai-é de pionniers hardis qui partaient ^ irdw (tu précieux métal. Dans ces courses lointaines, n^âlait pas heureux, et tous n'arrivaient pas au but ; les
et les sauls de ces rivières, dont les Indiens seuls sent les passes, ont été souvent la barrière devant 1^lont venus échouer les plus prands efforts.
a les expéditions sont pénibles, il est juste de dire BBt pas de rivière, à la Guyane, qui n'ait ofl'erl de l'or ; k seul n'a pas encore été visité au point de vue des hea minières, et il est presque certain qu'il viendra ter, à l'Est, cote énorme région de terrains aurifères end du Maroni à rOyapok,sur une longueur de tiualreiieues. Quant h la profondeur de celte zone, il est difllla tixer dès à présent, mais elle n'est pas inférieure k les au point le plus étranglé de son parcours, et elle
beaucoup plus dans certaines localités. Plus haut, s rivières, et au cceur même du pays, il existe probahlene seconde région dans laquelle on trouvera des torontenant de l'or.
.érieur de la colonie est très-peu connu ; quelques voyaont pénétré dans la haute Guyane, mais les relations lUt laissées ne sont pas assez précises pourétablir, avec )t sécurité, la géographie de ces contrées, efois, l'ensemble des observations permet d'indiquer je ;épéral du sol. A , partir de la Qier, on prouvera d'abord le de terres basses et plaies, alluvions de sable et 4e rélargissant à l'embouchure ^ei rtviùres, et dmi.s \^se trouveraient les anciennes grandes cuUurâs çolo- ■Pou k peu le sol s'élève et la pente s'accentue; on at-^
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teint alors une zone de montagnes ou plutôt de collines, dont la hauteur varie de 100 à 300 mètres, isolées les unes des autres par des ravins et des vallées profondes au fond desquels coulent les ruisseaux : criques qui contiennent Tor.
Puis le terrain semble offrir une partie plate, marécageuse, dans laquelle viennent se perdre les têtes des aiffluents des rivières ; et dans cette partie, stérile au point de vue de Por, croissent, sur de vastes étendues, les pinots, les joncs et les plantes aquatiques. Au delà, une nouvelle chaîne de collines, déjà reconnue en deux points et qui existe probablement dans toutes les rivières à une certaine hauteur. Puis commence rinconnu, terrible et attachant problème qui appelle sans cesse de nouveaux efiforts. Qu'y a-t-il derrière ces collines ? Sont-ce, ainsi que Ta dit un voyageur ancien, des plateaux herbeux où Pair est plus vif et le ciel moins nuageux? Soni-ce de hautes montagnes détachant au loin, sur les horizons brûlants, leurs sommets altiers? Nul ne le sait.
Ce qui est certain, c'est qu'il existe une ligne de séparation d'eau entre le bassin de l'Amazone et le bassin des rivières guyanaises : mais aucun Européen n'est parvenu à la franchir et ne peut dire quelle est cette barrière, qui est à la fois la limite des rivières de la Guyane et sa limite géographique.
Il est extrêmement difficile de reconnaître la constitution géologique de la Guyane, à cause des forêts qui la couvrent entièrement et qui réduisent, pour l'observateur, Phorizon à quelques mètres. L'œil ne peut juger d'aucun mouvement d'ensemble, et le sol disparaît complètement sous les vertes profondeurs des bois.
Les érosions profondes qu'ont produites les rivières et quelques grandes criques, les sous-sols mis à nu par les travaux de mine, les alluvions diluviennes des vallées, sont presque les seuls témoins qu'il soit possible d'interroger pour remonter dans le passé et reconstruire l'histoire des bouleversements du sol.
L'or natif se rencontre dans deux gîtes distincts : 1® dans les filons quartzeux ; 2° dans les alluvions aurifères des criques. Actuellement ce sont ces derniers gisements qui forment la partie exploitée par les mineurs. Lorsque la couche d'alluvion aurifère est enlevée, on rencontre la roche primitive sur laquelle reposent tous les autres terrains de la Guyane : elle se compose de granits, de gneiss et leurs analogues, ou de