Voir ci-après au paragraphe Oaboa-OgovaL
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galais ou laptots que M. de Brazza va prendre au Sénégal sont au nombre de vingt, tous musulmans. Us auront à leur tête un de leurs meilleurs sous-officiers ; on leur a donné ^cs chassepots, en remplaçant seulement les cartouches ordinaires par des cartouches métalliques qui ne souffriront pas de l'humidité tout exceptionnelle du pays.
M. de Brazza doit arriver à Dakar le 29 ou le 30 septembre; l'expédition s'embarquera peu de jours après pour le Gabon, où le Marabout^ petit aviso armé de quatre canons, le transportera immédiatement jusqu'à Âdanlinanlango, sur l'Ogovaï. Elle aura ainsi l'immense avantage d'éviter, en arrivant directement à 160 milles dans l'intérieur, le séjour dans la région des palétuviers, qui exhale des miasmes si délétères. M. de Brazza emporte cent quarante-quatre caisses de marchandises ; chacune de ces caisses renferme elle-même deux petites caisses assez légères pour que, dans le cas où les explorateurs seraient obligés d'abandonner la voie du fleuve, elles puissent être mises sur le dos de porteurs; ajoutez à cela cent fusils à pierre, une barrique d'eau-de-vie et un tonneau de sel.
Dans le cas où, selon toute vraisemblance, ce lourd attirail de campagne ne pourrait pas être transporté en une fois, M. Balley resterait à Âdanlinanlango à la garde des bagages, tandis que MM. de Brazza et Marche remonteraient immédiatement jusqu'au pays des Okanda. De là, ils expédieront le plus vite possible à Âdanlinanlango les pirogues de N'Doundou et d'autres chefs okanda, qui, montées par des pagayeurs okanda, viendront prendre M. Ballcy et le reste des bagages. Au demeurant, chaque caisse a été assortie de manière à constituer à elle seule un petit magasin qui renferme les étoffes, les perles, la poudre, le tabac, les couteaux, les miroirs, en un mot, tous les objets essentiels pour obtenir le passage
EXtȃDITION BRAZZA, 19
OU payer les hommes dans ces contrées. Dans tous les cas, MM. de Brazza et Marche ont décidé qu'ils s'arrêteraient durant plusieurs mois dans le pays des Okanda, avec Lopé pour quartier général ; ils veulent faire tout ce qu'il est humainement possible pour nouer des relations avec les Osyéba, les effrayer par l'appareil de leurs armes et de leurs soldats, gagner leur amitié par des présents considérables, et éviter une lutte à main armée que la configuration du pays rend périlleuse, et qui serait d'un si roauvais^précédent pour les voyageurs qui viendront ensuite.
Ils sont décidés cependant à employer la force, si la conciliation ne suffît pas. Le séjour à Lopé permettra à l'expédition française de faire des études détaillées sur les pays encore à peu près inconnus des Bangouen et des Chibé. Dans le cas où ils ne pourraient arriver à franchir le passage, la rivière Ofoué, qui coule au milieu du pays des Chibé, leur offrirait une excellente voie pour pénétrer * dans l'intérieur.
Tel est le plan que s'est tracé M. de Brazza, Nous n'avons pas à le discuter, sachant assez que dans les entreprises de cette nature on ne suit jamais bien longtemps la marche projetée. L'explorateur est bientôt livré aux circonstances et aux événements. Espérons que M. de Brazza, parfaitement préparé au point de vue scientifique, et qui comprend toute la grandeur de sa mission, saura et pourra la remplir.
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