Némonro
11. Khi-sinia (c^est-à-dire les Mille-Iles : ce sont les Konrilos).
Le livre de M. l'abbé Dallet sur la Corée.
L'ouvrago do M. Dallot est, on grande partie, consacré à rhistoire de TÉglise coréenne; mais l'auteur a réuni, dans une ample introduction (près de 200 pages), tout c« que la correspondance des missionnaires, tant connue qii'inodito, peut fournir de notions sur ce pays fermé, où n'a jamais ponotro un voyageur européen. Ce tableau est le plus complet et le plus circonstancié que nous en ayons ou jusqu'à présent. Voici d'ailleurs ce que M. l'abbé
CORÉE 231
même de ce travail, dont il n'est à vrai ur :
de a entendu parler de la Chine et du Japon : lu des livres, des relations de voyage, qui en ons plus ou moitfs exactes. Mais la Corée, qui géographes eux-mêmes n'en savent guère que mt ne s'en est occupé, nul voyageur n'a pu la xpéditions tentées dans ces derniers temps ;ter par son gouvernement les lois de Thuma- )1ement échoué, et aujourd'hui elle demeure le jamais dans son isolement. Et cependant noré Jésus-Christ a de nombreux et fervents Église, depuis quatre-vingts ans, n'a cessé vers une persécution incessante, qui dure endéjà des milliers de victimes, istoire de l'Église de Corée, son origine prorapides/développements ; faire connaître les li l'ont évangélisée, le pays qui a été le théâtre et de leur martyre, le caractère du peuple aufiéjles difficultés de tout genre qu'ils ont eues 3r les actes des martyrs et sauver de l'oubli \ exemples de vertu héroïque qui ont illustré tel est l'objet de ce livre....
oprement dite est précédée d'une introduction ns, le gouvernement, les mœurs et coutumes li réuni et classé un grand nombre de renseiçà et là dans les lettres des missionnaires, t pu facilement se placer dans le texte; un 3st consacré à l'exposé de notions grammati- !S sur la langue coréenne, langue à peu près aujourd'hui aux orientalistes; et dans un tout au long, le tableau officiel des divisions u royaume. G# travail préliminaire, qui comfaits et qui est à son tour complété par lui, lins des lacunes inévitables. Mais, tel qu'il ur unique en son genre, puisque les missionuls Européens qui aient jamais séjourné dans ient parlé la langue, quiaient pu, en vivant s avec les indigènes, connaître sérieusement iractère, leurs préjugés et leurs habitudes, ctitude de ces renseignements, elle est aussi
232 ASIE. IN»* S6d-285.')
grande que possible. Cependant il ne faut pas oublier' que la position des missionnaires, toujours cachés, presque toujoan poursuivis, no leur a pas permis, en certains cas, dh Tèiifler par eux-mêmes ce qu^ils entendaient dire, et de comparer entre elles les mœurs des différentes provinces. Bien aouv«nt ce qui est absolument vrai dans une partie du pays ne Test qne relativement dans une autre....
(( L'histoire de TËglise de Corée est faite avec les lettres dei missionnaires et les relalions coréennes dont ils ont envojA la traduction; il n'y a pas d'autres matériaux possibles.... »
L'Introduction de M. Dallet, dans unp suite de quinze paragraphes, traite d'une manière substantielle des points suivants : Géographie, sol, climat, population; — hisloirp, gouvernement, organisation intérieure, provinces; — administration; — éducation publique, langue, écriture; — état social, religion, caractère moral; — sciences, industrie, commerce. Communications intérieures et extérieures.
Sur ce dernier point, pour nous particulièrement intéressant, voici ce que dit M. Dallet :
u Les relations conmierciales de la Corée avec les nations voisines sont presque nulles. Pour mieux cçnserver son indè* pendance contre ses deux puissants voisins', la Chine et le Ja« pon, ce pays s'est enfermé dans un isolement complet. Toute communication avec les étrangers, sauf les cas prévus par la loi, est un crime digne de mort. D'après les co'nventions inter nationales, aucun Chinois ou Japonais ne peut s'établir en Corée, et réciproquement. Les ambassadeurs chinois qui viennent à Séoul laissent leur suite à la frontière; sauf un ou deux iloniestiques attachés à leur personne, et pendant qu'ils sont à lacai)itale, ils ne sortent pas du palais qui leur est assigné pour résidence. Les ambassadeurs coréens peuvent, au contraire, (Milrcr en Chine avec tous les gens de leur suite, et circuler librement dans les rues de Péking pendant leur séjour. Lors <hi passage de l'ambassadeur à Pièn-mèn, à l'aller et au retour, il y a une foire qui dure plusieurs jours. Le mandarin lo Ei-tsiou, dernière ville coréenne sur la frontière chinoise, .1 seul le droit d'avoir des rapports par lettres avec les autori-
•mèn^ à toutes les époques de Tannée. Tous les le autre foire se tient à Textrémité nord de la pro*» n-kièng, entre Houng-tchoung, village tartare de ie la Mandchourie qui a été dernièrement cédée et Kièng-ouèn, ville coréenne la plus vcHsine. t considérable, mais elle ne dure que deux ou trois Iques heures seulement chaque jour, depuis midi cher du soleil ; au signal donné, chacun se hâte la frontière, et les soldats poussent les traînards nces. Là se bornent les rapports que la Corée a, îc les autres nations.
elle en a moins encore. On permet aux navireâ ponais de venir pécher le haï-san (holothuria) sur Pièng-an, et le hareng sur les côtes du Hoangeux conditions : né jamais mettre pied à terre, et aboucher, en pleine mer,- avec les gens du pays, ) confiscation du navire et d'emprisonnement de a première condition est généralement observée, ;, entre les barques coréennes et les jonques chiri des innombrables rochers ou flots de Tarchipel commerce assez considérable. Les mandarins, uelques profits secrets , ferment les yeux. Si la un navire chinois sur la côte coréenne ou un naur la côte chinoise, les naufragés sont recueillis, UT le gouvernement, gardés avec soin pour empèapport entre eux et les habitants, et reconduits [u'à la première ville de leur pays. Le retour par interdit. b)ntre le Japon et la Corée, le rapatrie- )ar mer, mais avec des précautions analogues. »
CBIMB.
(G.). Chine. Extrait du Diotionnaire Encyclopédique ;es médicales, publié sous la direction duD'Dechams, 1875, in-8.
ï Davio (Ârm.). Journal de mon troisième voyage ion dans Tempire Chinois (1872-1874}. Paru, 1875, 12. Cartes (Hachette).
ntéreiftint et très-instrucUf voyage, voir ci-après les déve-
234 ASIE.- (n~ 886-302.)
288. RiCHTHOFEN (Froiherr von). Ueber die BevSIkerungBzahl voa China. Verhandlungen der Geselîtehaft fur Brdkimde jni Btrlin, II, n*l; 1875, p. 3541.
Sur M. le baroii de Rlchthofen et tes Toyages en Gbine, Toir Im énx dernien Tolomee de l'innée géoQraphiquê, U XI, p. Tt, n^ 87 «t rah», et p. 78; et t. XII, p. 202, n** 254, 2S5.
289. M, l*abb6 Dksgopins. Les saurages Lyssoua du Loa-tié-kiang. BuUetin de la Soe, de Géogr,, Juillet 1875, p. 55^.
Sur ces peopladee de la frontière lino-tibétaine, Toir annl le U XI de Vannée géographique (i2« année), p. 100*
-290. D'Hertey de Saint-Dents. Mémoire sur l'ethnographie do It Chine centrale et méridionale. Mémoires de la Soe» mtUhropol,f t. XII, 2« partie.
Dans ce travail, l'auteur a touIu démontrer qne les premier! haU* tants de la Chine n'appartenaient pas à ane seule et mètne ram, et qne d'autres oooupants y avaient précédé l'apparition des GUnola ae« tuels. Les premiers occupants sont désignés sons le nom de Fam-koê' Tchong^ et dans ces Paii*hou-Tchong l'auteur voit les ancètrea de eaoz que l'on désigne actuellement sous le nom de Mino-twé, ^ Bar on questions d'origine, on peut voir le l** volume de l'iâmi^ géùgropM» çtie, 1863, p. 297 etsuiv.
201. Plath. Die fremden barbariscben St&mme im alten China. Siizungsberichte der Àkad. zu MQnchen. hist. Classe, 1874, Heft 4» p. 450-522.
292. Dé FoNTPERTuis (Ad. Front). La Chine, sa population, ses productions, ses industries et son commerce. Journal des Àeanômiflav, juin 1875, p. 429-461.
L'auteur s'attache surtout an côté économique et induttrial da ca peuple formaliste : il en trace un excellent crayon, particulièrtnaot au point de vue moral, intellectuel et social. Voici la concluiloii, et comme la pensée inspiratrice du travail de M. de Fontpertais :
■ Cet Orient, dont Aristote, il y a plus de vingt siècles, opposait l'immobilité séculaire au génie actif et varié de la Grèce, et qui ne sortit un instant de sa torpeur, au moyen &ge, que pour retomber dans une atonie plus lourde, — cet Orient est entamé de toutes parte, au centre et ft l'est, et sollicité de rentrer dans l'orbite do la civilisation occidentale. L'Angleterre domine sur l'Inde entière et sur quelques pays transgangétiques : elle y crée des routes et y creuse des canaux ; elle sillonne le sol de voies ferrées et de lignes télégrajdiio ques; elle développe l'instruction publique et prépare la ruine des superstitions. La Russie occupe le vaste bassin de TAmoûr, et, mattresse de l'Ancien Turkestan chinois, elle confine au plateau de Pamir, et recherche une route commerciale sur la Chine par la Mongolie. La France s'est installée en Cochinchine : qu'elle sache enfin embrasser les vrais principes de la politique coloniale, et elle ouvrira de ce câté à son commerce de fructueux débouchés, ft ses capitaux de belles entreprises. On dira bientôt ici même comment le Japon s'est mis en marche; comment il réforme sa législation pénale et u législation criminelle; comment il adopte la liberté des cultes et en-
tre de plus en plus dans le mouTement industriel dn vieux monde. La Chine, elle, continua de résister à la contagion des idées européennes : mais elles Tout déjà circonTenue et finiront bien par la pe« nétrer de part en part. C'est une nouvelle phase qui s'ouvre dan» l'histoire de la civilisation générale, et, comme toujours, le commerce aura eu l'honneur d'en avoir préparé les voies et fixé le caractère. »
Bretschneider (E.). Notes on chinese mediseval travellers to i^e West. Sfumgai, 1875, in-8^ nr-130 pages (Extrait du Chinese Ùeeorderj Shanghai).
Ce savant travail est consacré à quatre relations chinoises des contrées de l'ouest, qui présentent d'autant plus d'intérêt qu'elles sont contemporaines des 'grandes expéditions mongoles, et qu'elles n'ont précédé que d'une période relativement très-courte le voyage de Marco Polo, à la relation duquel elles peuvent apporter plus d'un utile éclaircissement.
Phillips (G.). Notices of southehi Mangi. With notes and remarks by Col. H. yuLE, Journal of the Roy, Geogr, Soc., vol. XLIV, p. 97-103.
Fleoruis. L'observation du passage de Vénus à Pékin. Revue marit, et colon,, juillet 1875, p. 57-66.
Dans cette communication de M. le lieutenant de marine Fleuriais ù l'Académie des sciences nous relevons un passage sur la ville de Pékin (on mieux, Péking) :
« La maladie, puis la mort de l'empereur, en rendant imprudent Téloignement des Européens de la capitale, réduisirent les excursions projetées au seul voyage de la grande muraille. Comme positions géographiques extérieures à la ville, nous ne rapportons donc que celles de Nankao, de Tang-fan et de Tien-tsin.
« Mais, en revanche, pendant lesMenx mois de loisir forcé que nous donnait la fermeture de la rivière, M. Lapied put se livrer complètement au levé du plan de la ville.
c Ce travail, facile en Europe, a demandé à Pékin beaucoup d*a« dresse et de prudence. Ce n'est qu'en payant les gardiens des murailles, et en tenant souvent ses instruments cachés, que M. Lapied a pu mener & bonne fin son travail.
m Quelques azimuts astronomiques, quelques pointés observés séparément par lui et par moi, permettent d'en affirmer l'exactitude.
c II résulte de ce plan que la ville de Pékin (ville tartare et chinoise réunies) a 8473 mètres de longueur dans le sens nord-sud, sur une largeur moyenne de 7000 mètres.
f La muraille, formant une enceinte continue, a 33 kilomètres de tour. Sa section est de 13 mètres de hauteur sur 15 de largeur; des bastions de 12 mètres sur' 12 mètres les uns, de 35 mètres sur 9S mètres les autres, sont échelonnés de 100 en 100 mètres.
I Neuf doubles portes donnent accès dans la ville tartare.
« Les coordonnées géodésiques de toutes les portes et de tous les monuments sont conservées dans le registre d'observation. »
BusHRLL (S. W.). Notes on the old mongolian capital of Shangtu. Journal of the roy, AHat, Soc,, II, par^ 1, 1875, p. 329-338.
236 ASIE. {n~ 286-80Î.]
297. China Sea Directory. Vol. III. Lond,, Hydrogr. Office, 1879,iii4(. 10 sh.
208. Mer de Chine. Paris, Dépôt de la Marine. Carte corrigée en iirll 1875 (n* 3002).
299. Mer de Chine, l'* feuille. Côte méridionale de Gochinchine. IMd. Carte corrigée en février 1875 (n* 1271).
— :)• feuille : De Haî-nan à Namoa. Corrigée en 1875 (n* 1434).
— 4* feuille : Détroit de Formose. Corrigée en 1875 (n*1435).
300. Golfes de Pé-tché-li et de Leao-tong. Ihid* Carte corrigée en. 1874 (n- 2848).
301 . Côte orientale de la Chine, partie comprise entre Itle Tung-Ting et Ockseu. Ibid. Corrigée en octobre 1874 (n* 2336).
— Côio orientale de la Chine, partie comprise entre les lies Lamock et Hong-kong. Corrigée en 1875. Ibià. (n* 2365).
302. Côtes orientales de la Chine. Paris^ 1874. Dépôt de la Mbtrine. 1 feuille. 2fr. (n«957).
L'exploration scientifique de la Chine. M., Tabbé Darid.
M. Tabbé David a fait trois voyages en Chine : la relation dont nous avons inscrit le titre en tête de notre bibliographie (n^ 287) est celle de son troisième voyage. Los résultats des deux voyages précédents ont (Hé consignés dans des mémoires purement scientifiques , qui ont été imprimés dans les Mémoires du Muséu/m tVhistoirc naturelle, et dans d'autres publications des sociétés savantes (voir les trois derniers volumes de V Année géographique). On lira avec intérêt l'historique de ces courses, tel que Ta retracé le voyageur lui-même. Ce n'est pas le missionnaire qui se présente dans ces récits, c'est l'investigateur savant, le naturaliste passionné, l'observateur judicieux, chez lequel la simplicité pleine d'abandon n'exclut ni la pénétration, ni la finesse. Nous en noterons quelques exemples.
M. l'abbé Armand David, né dans les environs de Bayonne, membre de la congrégation de la Mission, fut envoyé en Chine, pour la première fois, en 1862,
} avoir professé pendant plusieurs années au de Savone, où il s'était particulièrement occupé nces naturelles, il vint à Péking dans le but d'orun collège français pour la jeunesse chinoise. Là, a bonne fortune de recueillir des animaux noudes plantes rares, des minéraux p'récieux pour de la géologie, qu'il envoya à. notre Muséum !, et qui lui permirent de commencer de son côté !S collections d'histoire naturelle, oût passionné pour les découvertes scientifiques, éfirir d'augmenter son cabinet, lui firent entreplusieurs voyages dans les provinces du nord de 3. Dès la fin de l'année 1862, il visita SiovÂn, chrétien de la Mongolie situé au milieu de moule deux mille mètres d'altitude. En 1863, il alla in mois dans ce grand massif montueux que les de Péking nomment Si-chân (la Montagne de . En 1864, il se rendit près de Jéhol^ résidence \ l'empereur, à cinq journées de marche au nord pitale. M. l'abbé David ne séjourna pas Inoins de ifl dans ce district accidenté de la Tartarie orien- , tout en étudiant la langue chinoise, il récolta d nombre de plantes, d'animaux et d'échantillons fues, dont les pliis beaux spécimens vinrent de enricliir nos galeries du Jardin des Plantes. »és de ces premiers résultats, et des précieux lements que leur fournissait ce missionnaire si r la science, les pi;ofesseurs du Muséum demanu supérieur général des Lazaristes la permission, . l'abbé David, d'explorer l'intérieur de l'empire eu dans un but purement scientifique. Gomme ivait alors se faire sans nuire aux autres œuvres issipn, M. Etienne accorda cette permission, mséquence, M. l'abbé David fit, en 186f^, une excursion dans les parties de la Mongolie dési-
238 ASIE. (n»* 286-302.)
gnées sous les noms de Toumèt, d'Ourato, d'Ortous et de Maomingân ; il consacra près de dix mois à l'étude pénible, mais fructueuse, de la faune, de la flore et de la géologie de ces hauts plateaux. En 1868, il quitta de nouveau Péking pour se rendre à Ghanghaï, d'où il remonta le Yang-tsé-Kiang jusqu'à Kiou-Eiang, près du grand lac Poyan, qui s'y déverse dans le fleuve. Après quatre mois de séjour dans le Kiang-si, il alla, toujours | par la même voie, au Szé-tchouan et à Moupîn, l'une des principautés indépendantes qui séparent le Tibet de la Chine. Enfin, après un séjour de neuf mois dans le pays des barbares Manzé^ il pénétra, par le nord-ouest du îSzé-tchouan, jusque chez les Si-fan^ dans l'angle oriental du Koko-Noor.
Absent depuis près de deux années, l'infatigable voya* geur revenait à Péking, lorsqu'il apprit près de Tièn-tsin le massacre, par une population fanatique, de tous nos malheureux compatriotes. L'abbé David ne dut son propre salut qu'à un retard accidentel du bateau qu'il montait. Ce déplorable événement rendait impossible un ])lus long séjour en Chine; en outre, trois maladies graves, occasionnées par la fatigue et les privations de tout genre, avaient profondément altéré la santé de l'explorateur. Il se vit obligé de revenir pour quelqué^temps en France, où se passaient, hélas ! de plus terribles événements.
M. l'abbé David, dont les forces étaient revenues, poussé par une irrésistible vocation, retourna en Chine après le rétablissement de la paix. Au commencement de 1872, il visita la jolie province de Tché-Kiang; puis il retourna à Péking, afin d'y organiser une grande et dernière campagne dans l'intérieur de l'empire. Parti le 20 octobre, il alla d'abord au Chen-si par le Ho-nan, et y explora l'importante chaîne de montagnes connue souS le nom de Tsing-ling. La révolte des mahbmétans ne lui
cuiNE. â39
ttant pas de s'avancer plus loin vers Touest, il
[dit en mai 1873 jusqu'à Han-kéou, après vingt
d'une périlleuse navigation sur le Han-Eiang,
affluent du nord du Yang-tsé-Kiang.
mois de juin suivant le vit de nouveau dans le
-si, fixé assez près des frontières du Fo-kien. At-
j>eu après d'une fièvre dangereuse, il voulut, avant
Uière guérison, pénétrer au sein des grandes mon-
3 de cette province littorale; mais les fatigues d'une
le excursion lui occasionnèrent une fluxion d^ poi-
dont sa forte constitution ne triompha qu'en partie.
t renoncer à poursuivre ses recherches. Il revint à
;haï, où les médecins le contraignirent de s'embar-
définitivement pour l'Europe (au mois d'avril 1874)»
[le est la longue odyssée dont la relation du voya-^
offre l'attachant récit.
Armand David exprime parfois le regret que la Lrt des missionnaires — c'est-à-dire ceux qui sont le lui attachés à l'œuvre de la propagation de lâ, e évangélique — n'apprécient pas, comme ils le ient, le rapport intime qui existe entre la religion ude approfondie des choses naturelles; disons plus^ la religion et la science en général, qui n'est que inaissance de l'œuvre divine (voir au 1. 1, page 368, divers passages). £e P. Armand David a raison, lucun doute : tout ce qui reporte à la saine notion rigine des choses, ou plutôt aux insondables mysde la vie et de l'harmonie universelle, élève la e vers la Cause inconnue, vers le sentiment de iigence infinie, quelque nom que lui donnent les es humaines. Mais quoi! tous les. missionnaires ne nt pas être des Frayssinous, ni des Dupanloup, ni ^yseman, et il faut se féliciter lorsque, de temps à un P. Armand David sort de la foule; d'autant pie chez lui les recherches naturelles de la zoologie.
240 ASIE. (h^ S86-3M.)
de la flore et de la géologie, ne le détournent pas de l'observation morale des hommes au milieu desquels ses courses le conduisent. Voici une de ses remarques sur le caractère de la nation chinoise :
« On sait que chez les Chinois, de même que chez la plupart des peuples anciens, il n^y a pas de milieu dans les sentîmonts. On y est ou extrêmement vil ou extrêmement orgueilleux ; on rampe ou Ton domine ; on est esclave ou tyran.... Ainsi, le moindre des mandarins, souvent sorti des derniers rangs de la société, affecte des allures et un faste qui paraissent insensés aux yeux des Européens. L'Empereur n'est plus un homme, c'est un Dieu ou un Fils du Ciel; et ces millions de sujets qui disputent aux grenouilles la boue des rizières ne sont que des machines à produire des sapèkes. Voilà ce qall y a en Chine, non pas en théorie, mais en pratique, en réalité. Et il y a si longtemps que cela dure ainsi , que tout le monde trouve que c'est la chose la plus naturelle du monde.
c II est juste d'ajouter que cette façon d^agir et de sentir est dans la nature de ces Orientaux, et qu'elle a un avantage réel, celui de sauvegarder un respect dû à l'autorité, quelle qu'elle soit. On pourrait ajouter que c'est le culte de PautorUé qui a conservé l'empire Chinois, pendant que tous les autres royaumes de la terre se sont anéantis ou renouvelés plusieurs fois, surtout dans notre fière Europe.... »
Et ailleurs :
a Nous devons cependant admettre que les Chinois possèdent des qualités d'esprit très-estimables, et difficilement pouvonsnous nous rendre compte de cet état stationnaire où leur civilisation est restée depuis de si longs siècles. D'après moi, cette apparente contradiction trouve son explication, premiè* rement, dans cette constante application que l'autorité y a mise de tout temps à empêcher toute sorte d'innovation, et par laquelle elle a réussi à conserver jusqu'aujourd'hui l'empire le plus ancien de la terre-; en second lieu, dans son écriture idéegraphique, si difficile, si compliquée. Je pense que la littérature d'un peuple est autant la cause que Veffet de sa civilisation. Pour que les dispositions progressives de l'esprit humain se développent indéfiniment, il faut que les résultats des méditations et des observations des bomnics supérieurs soient consignés
l'art en chine. ' 241
livres que puissent s'assimiler sans trop de peine les H18 suivantes.... Mais en Chine la lecture et Tintelli- 3 livres est tellement difficile, que les efforts de la mé- »8orbent toutes les autres facultés des étudiants. Un est devenu déjà vieux quand il peut comprendre un lombre d*ouvrages, c^est-à-dire que son esprit n*a plus ssort nécessaire, ni même le désir de faire un pas de I ses devanciers. Les études de plusieurs centaines de de lettrés s'y réduisent à un travail d'assimilation.... it du passé et dans le passé ; l'avenir ne compte pas,
pas pour eux. Les plus savants se font gloire de con-
suit de vieux ouvrages, de parler et d'écrire comme tel
uteur antique : personne ne songe à acquérir une no-
ivelle, à s*expliquer les phénomènes de la nature, à sa-
quMl y a ou ce qu*il n'y a pas hors de chez eux, à sortir
histoire matérielle.... Rien, chez eux, quMne imitation
du passé, un roulement perpétuel autour du môme
une rumination indéfinie du môme bol intellectuel ! Et
ra toujours ainsi tant que les Chinois n'adopteront pas
labet phonétique, puisque chaque objet nouveau, chaque
)uvelle, en exigeant la création d'un caractère idéo-
{ue nouveau , engendre un surcroît de difficultés pour
t qui ont quelque notion do l'art et de l'expression lie liront avec plaisir les pages que M. Armand a écrites sur ce sujet, à propos des Chinois. Il y Qcore à noter un trait d'aptitude nationale, qui a iportance ethnologique. « J'ai eu mille fois, dit le mr, l'occasion de vérifier que les Chinois, en fait LUX arts, n'ont pas su s'élever au-dessus du degré s infime. D'abord, en fait d'instruments, je ne is rien de plus impartait, de plus primitif que les (si ce n'est peut-être le tambourin et le fifre de mes compatriotes les Basques, et de leurs voisins), flûte, sans clef, est essentiellement fausse; leur neau est hideux, et pour le timbre et pour l'inexac- ; leur violon, d'assez bon ton d'ailleurs, n'a que cordes en réalité, et manque d'étendue pratique-
rÉB oéoOR. XIV. 16
242 ASIE. (n^ 28C^M.)
ment suflisantc : il so modèle d'aillours sur la gramme fauRse de8 autres inRtniments, de même que la guitare. Colle-ci serait la moins mauvaise, jouée seule et pas à la chinoise; ses notes rappellent le Qon de notre I^ando^ne. Cet assemblage de pipeaux, ou de microscopiques tuyaux d'orgue qu'on nomme (lûte de Pan, a, chez les Chinois, une assez jolie disposition et un bon aspect; mais, comme instrument de musique, il ne mérite de figurer qu'à oAté d'un mirliton. Un autre instrument auquel on a la prétention de donner des notes est ce système de cloches ou de plaques de fonte ou de pierre, qu'il est à peu pris impossible de faire concorder avec le reste des instruments. Ajoutez à tout cela des cymbales, divers taxn}H)nn et caisses, des morceaux de bois plus ou moins creux» des castagnettes gigantesques, et vous aurez l'idée de l'orchestre le plus complet que l'on puisse voir en Chine; l'empereur n'a pas autre chose dans sa musique...»
« Le Chinois ne connaît point l'harmonie, ettl n'apas l'idée des accords : quelque nombreux que soient les chanteurs et les joueurs, toutes les pièces s'exécutent à Tunisson. Ensuite, ils ne connaissent pas les accidents musicaux, les changements de ton et toutes les richesses mélodiques ([ui en découlent; ils jouent tout sur le même et unique ton initial, le seul qui soit possible avec leurs ingrats instruments.... »
Nous ne pouvons aller plus loin sur ce sujet.
11 en est un autre auquel les observations de M. Armand David apportent des données importantes ; c'est ia question souvent débattue de la population de la Chine. Une sorte de controverse s'est élevée, sur ce point, entre •notre voyageur et un autre explorateur des plus éminents, M. le baron de Richthofen. M. Armand David maintient que la population de la Chine « intra-murale » ne peut pas s'évaluer aujourd'hui à moins de 300 millions d'âmes au bas mot. Le voyageur allemand se tient
hiffre moins élevé ; mais notre missionnaire appuie
1 sur de fort bonnes raisons, même en dehors des
jements officiels. Nous ne rentrerons pas dans cette
ion^ que nous avons touchée ailleurs; nous nous
trons à renvoyer au mémoire de M. de Ric}ithofeii
issusy à la bibliographie, n® 288), et aux arguments
aires de M. Arm. David, t. I, p. 256. On lira aussi
fruit, sur ce sujet et sur d'autres points relatifs à la
raphie économique de la Chine, le mémoire substan-*
le M. de Fontpertuis, n« 292.
)us signalerons, en finissant, les derniers chapitres
i relation de M. Armand David (t. H, p. 321 et sliiv.),
acres à « la distribution des animaux en Chine ».
t, dans une vingtaine de pages, un aperçu complet
a faune de cette immense contrée, que M. Armand
id, mieux que personne avant lui, a étudiée à fond
3 ce rapport.
PRESQU'ILE INDO-GHIlfOTSB.
BABMA OU BIRMANIE ANGLAISE. KAMBODJ.