RÉGION DU CAUCASE
(TransCaucasie russe)
ARlfÉNIE.
164. A. ScniEFNER. Ausfùrlicher Bericht iiber Baron P. von Uslar*! Awarischc Studien. Mémoires de VÀcad. impér, de Si^PéUnh; t. XVIII, 1872, gr. in-4, 180 pages.
M. d'Ouslar, qui occupe un grade élevé dans l'armée du Caacase et qui depuis longtemps se consacre à l'investigation de cette réfio»
' SIBÉRIE. CAUCASfe. 149
■i bl«ii nommio pw Im anciens géographes arabes, • la région des languM, > a été apédalament chargé par la Société géographique de Tiflii dés éUides préparatoires de la partie caucasienne d'une carte ethnogn4>hiqa« de la Rossie d'Europe que prépare en ce moment le colonel RitUcb, foai les auspices de la Société de Géographie de Saint- Péteraboiug.
Puisque nçoi toaehons à l'ethnographie du Caucase, je puis noter ici que M. Hyde darke a lu cette année k l'institut anthropologique de L<mdres on mémoire dans lequel il se propose d'établir que par ses radicanx, anssi bien que par les formes grammaticales, le dialecte de I« petite tiiba des Ondi présente de nombreux points de ressemblûce aTec le copte, et en particulier avec le dialecte baschmuriqna. Ce n'est pas la première fois que des analogies coptes sont signalées dans le Caucase. M. Clarke remonte de là, naturellement, à la tradition mentionnée par Hérodote de la colonie égyptienne laissée en Colchide par Sésoatris.
Sur l'idiome des Ondi, nous rappellerons le mémoire de M. Schiefner, noté an tome III de V Année géographique^ p. I5%,n»93; et sur les études linguistiques antérieures de M. d'Ouslar, nous renverrons au livre que nous venons de citer, n"* 94 et 97, et t. VI, p. 181, n« 119.
165. D' G. Raddé et D* G. Sievers. Reisen im armcnischen Hochland, tusgefûhrt im sommer 1871. Mittheilungen de Peternuuaiiy 1873y n* 5, p. 174-183.
Voir pour les premières parties de ce voyage des deux naturalistes miics, ie précédent volume de V Année, p. 118, n« 104.
166. H. KiBPERT. Ueber die Lage der armeniscben Hauptstadt Tignmokerta. Berlin, 1873, in-8, 48 pages. Carte. (Extrait des MonàberichU de l'Acad. roy. de BerliD, févr.)
M. Kiep«rt identifie le site très-controversé de Tigranocerta avec les mines d'Anen, sur une rivière du même nom, un des tributaires da côté nord du Tigre supérieur. Ce ne serait pas ici le lieu d'aborder an fond une question très*complexe, que nous aurons à reprendre ailleurs; disons seulement que M. Kiepert y déploie son érudition accootumée. Le mémoire est suivi de deux Excursus : l'un sur les limites de FArménie d'après les sources nationales, l'autre sur la carte du sud de l'Arménie dans Ptolémée.
PERSE
AFGHANISTAN ET KÂFIRISTAN.
167. Sir Frederick Goldsmid. Jouroey from Bunder Abbas to Masb'bad by Sistan (déc. 1871-mars 1872), with some account of the last named province. Proceedings of the Roy. Geogr, Sœ, of Umd., wL XVU, n» 2, p. 86-92.
150 ASIE. (n" 167-181.)
168 *** Narrative of a visit to the Kuh-i-Khwajâh in Sistan. HighwaySj oct. 1872, p. 279-281.
Voir ci-après.
169. Major B. Lowet, R(oyal) E(ngineers). Surveys on the road from Shiraz to Bam. Joum, of the Roy: Geogr, Soc, vol. XLII, 1872, p. 202-212.
170. BowER, R. E., attached to the Mission under sir F. Goldsmid. Mémorandum on ihe route from Shahrûd, via Kothal Vijmanun, to Astrabad and Bandar-i-Gez, in Persia. Proceed. of the Uoy. Geogr, Soc, vol. XVII, n" 3, p. 193-195.
171. Major St-John, R. E. On Irade routes in Persia. (Mémoire lu, en septembre 1873, à la réunion de la British Association à Bradford.) Extrait analytique dans les Bighways, oct., p. 303.
Le mémoire de M. Saint-Joha ne toache qu^aux intérêts rivaux de l'Angleterre et de la Russie en Perse.
172. W. T. Blanford. On the physical geography of Persia. (Mémoire lu dans la nréme réunion de Bradford.) Extrait analytique dans les HiyhwaySj même cahier, p. 302, et dans VAthenasum, n»2396, p. 401.
Les cinq communications que nous venons d'enregistrer, du n» 167 au n" 172, appartiennent à un même ensemble de travaux. MM. Lowet et Saint-John faisaient partie, en 1971, d'une commission chargée, sous la direction du colonel Goldsmid, du corps royal desingunieun, d'étudier et de fixer les limites de la Perse du côté du Balouchistan et de l'Afghanistan. Les travaux de cette 'commission, dont nous n'avons à voir que le côté scientifique, sont d'un très-grand intérêt pour la géographie de la Perse orientale, ainsi que le font asseï pressentir les communications sommaires qui viennent d'en être faites à la Société de Géographie de Londres et à l'Association britannique, communications dont nous réunirons les faits principaux dans l'analyse d'ensemble que nous en ferons tout à l'heure, et qui sûrement ne sont que le prélude de publications plus étendues. Déjà les principales données acquises par la commission ont été insérées dans la deuxième édition de la carte du Turkestan du colonel Walker (ci-dessus, n** 15); et l'on annonce qu'une carte générale de TAsie occidentale à grande échelle, oîi seront fondus tous les matériaux actuels et antérieurs* s'élabore en ce moment dans les bureaux du Conseil des Indes, par les soins du commander Félix Jones, du corps royal des ingénieurs.
Aux communications précédentes, il faut joindre la publication suivante :
173. D' II. B. Bèllew, from the Indus to the Tigris. A Narrative of a journey through the countries of Balochistan, Afghanistan, Khorassan and Iran, in 1872. London, 1874, in-8, 10 sh. 6 d. (Trabncr.)
174. Comte de Croizier. Les intérêts européens en Asie. La Perse et les Persans. Nasr-Eddin-Schah, le nouvel Iran, et Téiquilibre asiatique. Paris, 1873, in-8 (Dentu).
Le voyage du chah en France a été l'occasion de quelques publications plus ou moins intéressantes au point de vue de nnstruetiolk
PERSE. 151
générale. La moroean toivant, dont nous ne connaissons que le titre, rentre dans eette catégorie de publications.
175. £. PouRCiLLE. Quelques mots sur la Perse, Scànt-Amand {Cher), 1872, in-12, 36 p.
176. A. H. MoiiSET. A journey through the Caucasus and thc interior of Penia. lond., 1872^ iD-8, 14 sh. (Smith).
L'autear, secrétaire de la légation anglaise h Téhéran, a fait, en iSM et 1867, quelques excursions en diverses parties de la Perse.
177. W. Brittlebark. Persia during the famine. A narrative of a tour in the East, and of a joumcy out and home. ï/ynd,^ 1872, iu-Sy 7 9. 1/2 (Pickering).
178. Central Asia, Part. 2 (Afghanistan), et Part. 4 (Persia). Compiled for political and military référence, by lieut.-coloncl C. H. Mac Gregor. Cakuitay 1871, 2 vol. gr. in-8, 869 cl 801 pages.
Le goovemement de llnde a fait entreprendre , pour) l'usage de tes agents politiques et militaires, un ample dictionnaire de l'Asie centrale (Afghanistan, Perse, Turkestan, etc.), dont ces deux volumes, consacrés à l'Afghanistan et à la Perse, forment les parties II et IV. D'après nna note d'apparence très-compétente, insérée au cahier <le janvier 1873 des Highways de Londres, p. 317 (journal géographique ■dirigé par M. Cléments Markham), le travail du colonel Mac Oregor, trés-Qtile pour l'usage spécial auquel il est destiné, n'a qu'une valeur scientifique très-limitée.
179. A Havildar's journey through Chitral to Faizabad, in 1870. By major T. G. Montgomerie, R. E., officiating superintendenl G. T. survey of India. Journal of the R. G. S., vol. XLIl, p. 180-201. Carte.
LéHcnildar (c'est-à-dire \e Sapeur) est un des explorateurs indigènes que le major Montgomerlc, surintendant de la grande triangulation de Hnde, emploie dans la reconnaissance des territoires extérieurs qui confluent à la région N. 0. de Tlnde. Nous avons déjà, dans notre volume précédent (p. 155;, donné un aperi;u général de cette relation, d'après une première communication du majur Montgomerie; nous relevons ici les observations de latitude faites parle Havildar et calculées par M. Montgomerie, ainsi que les positions en longitude qui ont été déduites du journal de rexplorateur :
Longit. Altit.
Latit. (E. de Grecnw). en métrés.
Alladand, capiUle du Svat 34» 38'
Mianlûlaî, capitale du Badjor... 34 53 71 38 1079
Ppnbattaî, capitale du Daravai. 35 8
ixTf capitale du Pandjkora 35 14
ToUtral, capitale du territoire
du même nom 35 4G 71 4G 2176
152 ' ASIE (N°n67-181.)
180. E. DowNES. Kafiiristan. An account of the country^ language^ religion and customs of tbe Siah Posh Kaffirs. LahorSy 187 -^^ in-8, 'iO pages (Bail).
181. Trumpp" (Ernst). Grammar of the Pasto, or language of the Afghans, compared with the iranian and north-indian idioms. Tiibingen, 1873, in-8, xvi-412 pages (Heckenhauer).
S l«^ La mission des ingénieurs anglais en Perse, pour la rectification des frontières orientales. Le colonel Goldsmid. Le Seïstan.
Nous n'avons pas de renseignements précis i^ur ToriT gine de la mission anglaise qui a été chargée, en 1871, d'étudier sur place les frontières de la Perse du côté des Balouches et des Afghans, et d'en lever la carte; il faut nous borner à ce que les commissaires nous ont appris jusqu'à présent de leurs courses et de leurs opérations. Leurs notices, quoique sommaires, ont un grand intérêt ; bien que tombée depuis des siècles sous la pression rétrograde des dominations musulmanes, la Perse, par son nom seul et les souvenirs qu'il évoque, non moins que par SOS origines qui la rattachent à la noble famille aryenne, garde encore quelque chose du prestige classique qu'elle a dii autrefois au passage d'Alexandre et au règne de Séleucides.
M. Goldsmid, dans uji rapide aperçu de l'ensemble de SOS courses en diverses parties de la Perse, nous apprend ([ue son voyage du golfe Persique à Téhéran, en 1871 et 1872, eut lieu dans les temps mêmes qu'une horrible famine sévissait sur le royaume tout entier. Dans un ration de cinquante milles de la côte, les ravages dépassèrent l'imagination. Toutes les provinces, d'ailleurs, furent atteintes. Dans leKoraçan, d'après le gouverneur lui-même, il n'y eut pas moins de cent mille vfctimes, dont vingtquatre mille dans la seule ville de Méched. Un autre voyageur, Brittlebank (ci-dessus, n*» 177), a aussi tracé le tableau de ce terrible iléau, dont il est difficile de
PERSE ORlKNT.VLi:/ SKÏ^TAN. 153
préserver entièrement un pays où les récoltes déj)eii(it*nt absolument de la pluie, dans l'absence d'un système trônerai d'irrigation.
S '2. Lu Conunission anglaise dans le Seïstan. Notes de M. Henry Rawlinsoii sur la géographie historique de cette province.
La partie la plus importante de la coininimicalion de M. Goldsmid se rapporte au Seïstan, province située à Textrémité orientale de la Perse sur les confins de V\ïghanistan, ou, pour mieux dire, qui se ])artagc entre la Perse et les Afghans. On a de ce pays une très-])onn(^ notice historique et physique due à M. Nicolas de Klianikoff, chef de la mission des savants russes dans la Perse orientale, en 1858; néanmoins un cor])s d'ingénieurs qui avait pour mission s])éciale l'étude et la topographie du territoire a nécessairement ajouté Ijeaucoup aux informations antérieures. C'est ce ([ue nous pourrons apprécier lorsque la relation et les cartes de la Commission seront publiées*.
Les notes de M. Rawlinson, l'illustre orientaliste, sont particulièrement intéressantes au point de vue de la géographie historique. La plus ancienne mention du pays se rencontre dans le Vendidad; le nom ([ui lui est a])pli(jué dans cet antique document zend est tiré d(^ la livièie principale, la Ilcn'futiirt iTEtymander ou Eryniantlius des auteurs grecs et latins, l'Helmeud, ou mieux Heimend, de la géographie actuelle). Dans les inscii])tions cunéiformes de Darius Hystaspes, le nom de /o/v//iV/,qui signi-
1. On annonce que l'ouvrage de la (lominission des limites de lu Perse sera publié dans le cours de 1874. La relation historique sera écrite par M. Fred. Goldsmid, les mémoires particulièrement géographiques par les majors Saint-John et Lovett, l'histoircî naturelle et la géologie par M. Bianlord, le tout accompagné de cartes et de planches.
•154 • ASIE. (n°» 167-18l!)
fie littéralement « pays du lac », se trouve accolé une fois au nom d'Aria (pays actuel d'Hérat, c'est-à-dire le Khoraçân oriental), une autre fois au nom d'Arakliitia(rArakliosie des Grecs, l'Arokhadj des Arabes), mots qui se rapportent à la « montagne », c'est-à-dire à la partie orientale du pays afghan. Zorayo en zend, Zahré en pehlvi, signifient eau et lac; c'est l'original du persan zar, un marais. C'est du nom de Zorak, ou par explétion Zarang, que se sont formés les noms grecs et latins appliqués au pays, Sarangi dans Hérodote, Zarangae, Drangae, etc. dans les écrivains postérieurs. ^
Les hordes scythes qui détruisirent le royaume baotrien vers Tannée 120 avant l'ère chrétienne, et qui se répandirent sur tout l'Iran oriental, en modifièrent notablement la population ; les Messagètes et les Saces occupèrent les montagnes actuellement en possession des Hazareh, entre Hérat et Kaboul. M. Rawlinson regarde les Saces comme appartenant à la famille turque, et non à la famille finnoise. Nous croyons cette attribution parfaitement fondée, et les raisons alléguées par le savant anglais ne sont pas les seules qui la justifient. C'est du nom des Saces ou Sakas que se sont formées les appellations relativement modernes de Sedjestân et de Seïstan*.
Quand les Arabes, dans le septième siècle, envahirent le Sedjestân, la capitale du pays était Zarang, ville que les écrivains du Khalifat décrivent comme une cité très-peuplée et d'une grande étendue. M. Rawlinson a le regret de n'avoir pu fixer le site de cette ville, qu'il regarde comme la clef de la géographie comparée du Seïstan.
1. Sedjestân est une forme orthographique arabe pour Saghistan, comme Ta bien montré M. Ouseley, Travels, I, 157. Seïstan est une autre forme contractée de Saghistan.
S !• M. tttnfixrd nr 1m conditions physiques de la Perse et de ses déserts.
Parmi les communicationR faites à la Société de Gréographie de Londres et aux réunions de TAssociation Britannique à Bradford par les ingénieurs anglais qui ont récemment visité la Perse, celle de M. Blanford sur la constitution pfaysiqpie de Tintérieur du pays est d^une importance particulière. M. Blanford était attaché comme géo« logue à la CSommission d'étude des lignes télégraphiques. Le plateau qui occupe Tintéricur de la Perso se compose de vastes plaines étagées d'une nature aride et sablonneuse ; la hauteur de ces grands palliers est dt^ 5 ou 600 mètres à un millier de mètres au-dessus du niveau de la mer. Le plateau^dansson ensemble, est entouré d'une immense ceinture de montagnes qui danë quelques parties forment des chaînes ou des massifs considérables : celles du sud-ouest ont des sommités qui dépassent 6000 mètres. Pas une seule des rivières qui ont leurs sources dans l'intérieur du plateau ne se fait jour jusqu'à la mer; toutes vont aboutir à des lacs salés ou à des lagunes, ou bien se perdent dans les sables. Partout le sol du désort est composé d'alluvions desséchées et de dépôts salins. G(;tte nature du sol, et d'autres faits géologiques, conduisent à cette conclusion, que sur les terrasses étagées de l'intérieur de la Perse il a existé autrefois , aux époques géologiques, de grands lacs reliés entre eux par des rivières, fait que confirme encore la présence de vastes dépôts de coquilles d'eau douce dans les différents districts que M. Blanford a visités. La plus grande partie de l'Asie centrale, depuis le Tibet jusqu'au Caucase (M. Blanford aurait pu dire jusqu'en Asie Mineure et en Arabie), paraît présenter une très-grande ressemblance avec la Perse dans ses caractères physiques, et il est extrêmement probable qu'une progression analogue, quant à la diminution des
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eaux courantes et à la dessiccation du sol, a eu lieu dans toute cette étendue. De là Ténorme retrait du lit de la mer Caspienne, constaté par les dépôts coquilliers analogues aux espèces vivantes dans la Caspienne actuelle, qui existent juscpi'à une grande distance dans le sol des steppes environnantes; de là aussi, probablement, le dessèchement du cours inférieur de rOxus.
M. Rawlinson croit aussi à un très-grand changement dans les pluies et dans les conditions hydrographiques de la Perse : c'est là, probablement, la cause principale qui y a entravé le progrès de la population. L'avenir de la Perse est sans espoir, si Ton ne trouve pas quelque moyen de conserver les eaux qui descendent des montagnes, et de les utiliser pour l'irrigation. « Si j'avais la concession du baron Reuter, mon premier soin, dit-il, serait d'établir des réservoirs et de creuser des canaux près des montagnes, de manière à intercepter Técoulement des eaux et à empêcher qu'elles n'aillent se perdre dans les déserts salés. »
La grande carte du sud-ouest de TAsie qui s'élabore en ce moment à Londres sous les auspices de l'administration de l'Inde, est une œuvre trop importante pour que nous ne lui consacrions pas une mention spéciale. Nous traduisons le paragraphe que sir Henry Rawlinson lui consacre dans son Address annuelle comme président de la Société royale de Géographie.
a Le Conseil des Indes, reconnaissant de quelle importance il est pour le grand empire dont les intérêts sont sous sa garde, de mettre à portée du public toutes les informations utiles quant aux communications par les routes de terre avec notre empire oriental, a décidé que les matériaux considérables dont il dispose seraient utilisés pour la construction d'une grande carte générale des contrées comprises entre le fond de la Méditerranée et le