‹ L'Année géographique (volume 5)Chapitre 71 sur 425 · AFRIQUE ORIENTALE · texte numérisé non relu

AFRIQUE ORIENTALE

lÊBL ]I|T> Qabii (Huf6)* Reise im Lande der Hereré und Bergdamra in Sûdwest-Afrika, 1871. MittheU. de Petermann, 1873, n« 3, ^95-161.

ftKtnft d'âne relation plas étendue, imprimée dans les BericHte ■ étr BhtMÊckm MitÊiont-GtuUschaft, 1872-73.

M. A. Auuum. Btie de Delagoa. Bulletin de la Soc, de Géogr^f aoât 1813, p. 119-125.

3H. the Delagoa Bay arbitration. Highways, febr. 1873^ p. 347.

Stti. ËdttE (Fr.). to the tape for diaiuonds. A story of digging ifparietiMs in South AfHca^ with comments and criticismB, pplitîealj lodal and miscellaneous, upon the présent state and fiitara prospects of the diamond fîelds. lond., 1873^ in-8, 410 p. U À. (Cii^mah).

186. brtHwiamK - ÉpoOn. Lks champs diamantifères du Cap. Cvifiptu rmÊâlu de VAcadêin^ dee eeieneesy 27 octobre 1873, p. 943^.

t W. )Méà de H. le Ttce-amiral Fleariot de Langte snr la côte orientale

d'Africfae;

Hoas «fonB ûgnalé le trèn-grand intérêt des notes de Mi lA yidomte vice-amiral Fleuriot de Langle sur la question de la traite et sur la côte orientale d'Afrique (ci-dcs- Bûêi fi la bibliographie, n? 272). Nous en extrayons quelqnefl lenfteigneiitônts.

Voidl ceux que M. Fleuriot de Langle donne sur la baie DekLgoej position longtemps négligée de Tentréc du canal de Mozambique, aujourd'hui revendiquée par le Portugal et l'Angleterre, d'où est sorti un litige soumis i l'aibit^e du gouvernement français. « Les établisaeinentl portugais s'étendent depuis le cap d'Elgado jusqu'à la baie d'Algoa; la pointe sud de cette baie se tertaiine pat l'île d'Yhiak qui confine aux terrains acquis pir l'Angletenre depuis 1824. Celle-ci revendique Actuellement la possession de cette île. Le différend qui s'est éisfé entre l'Angleterre et le Portugal au sujet de cette frontière a été soumis à l'arbitrage du gouvernement

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français; n'anticipons pas sur la décision des hauts commissaires, dont Tindépendance doit rester absolue. De fait, les Portugais ne possèdent que les îles de Mozambique et d'Ibo, et quelques établissements dans le Zambèze où ils avaient un fort à Tété. La révolte des Gafres a mis les établissements du Zambèze à deux doigts de leur perte.

« L'importance de la question des limites n'échappera à personne, si l'on veut bien se rappeler que quatre rivières se jettent dans la baie dUAlgoa^ et que les Portugais y possèdent la ville de Lorenzo Marquez, qui commande les quatre fleuves ; lés plus considérables de ces cours d'èau, le Maponta et le Manice, baignent les pays habités par les Gafres Zoulou, et donnent accès jusqu'au territoire de la république de Transvaal. Gette baie peut donc devenir prochainement le centre d'un commerce qui sera rapidement développé par la ligne de bateiiux à vapeur, qui, ayant Aden pour point de départ, desserviront toute la côte orientale jusqu'à Natal, et mettront ainsi le cap de Bonne-Espérance en rapport direct avec la Méditerranée.

ce Quant à l'avenir de la baie d'Algoa, il se répète assez haut à la côte d'Afrique que si le territoire de lambo et l'île d'Yniak étaient adjugés au Portugal, cette puissance pourrait bien les céder à l'Allemagne, celle-ci convoitant une position qui lui donnerait un pied dans la mer Indienne. Si l'Angleterre est mise en possession des territoires contestés, on lui prête l'intention de former à Yniak, dont le climat est sain, un établissement de noirs libérés, et d'en faire le centre de l'escadre destinée à réprimer la traite. » Nous indiquons dans la bibliographie (n"" 283 et 284) deux morceaux utiles à consulter sur la question.

M. de Langle fait observer avec raison que la question de la traite se complique singulièrement des guerreè in-

térieiins entre les peuplades africaines. H ne suffit pas de rjprimer la traite ; il faudrait aussi supprimer ces guerres implacables. « Tous les malheurs de l'Afrique ne tiennent pas de k traite. Il naît souvent parmi les tribus africaines des mouvements désordonnés dont on ne peut trop s'expUcpier l'origine. Nous avons constaté à la côte occidentale la turbulence des tribus guerrières, telles que les Foulabs, les Bambaras, les Achantis, les Dahomiens, les Londas. A la côte orientale, les Ouasimbas, les Ifassias et les Mavitas ne le cèdent en rien aux guerriers de l'ouest. »

I s. QMiqilM Toyageon dans rAfriqoe australe. jM. Maach, le Rév. Hahn,

M. Erskine*

Nous avons eu, depuis plusieurs années, à enregistrer de nombreuses communications d'un explorateur wurtembergeois, M. Karl Mauch, dans les parties de l'Afrique australe comprises entre le Zambézi et le fleuve Orange. IS. Mauch est un des voyageurs que soutient l'infatigable patronage du directeur des Mittlieilungen^ le docteur Ang*. Petermann. Il vient de rentrer en Europe, et va sans doute préparer une relation élaborée de ses travaux en Afrique. Un missionnaire connu par des publications déjà nombreuses sur les Héréro, la branche la plus occidentale de ]a famille betchouana, a donné cette année un nouveau travail sur la langue de ce peuple (ci-dessus, n* 282).

Une exploration considérable et fort importante a été accomplie par M. Saint- Vincent Erskine au nord de la baie Delagoa que nous mentionnions tout à l'heure, dans le bassin du Limpopo, le fleuve le plus considérable du sud de l'Afrique après le Zambézi. Nous empruntons la notice de ce voyage à YAddress du président de la Société

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de Géographie de Londres, dans la séance 3)ublique annuelle du mois de mai 1873.

M. Erskine avait déjà pris sa place parmi les explorateurs africains, par la tentative heureuse qu'il fit en 1868 pour suivre jusqu'à son embouchure le cours alors inconnu du Limpopo ^ L'objet principal de son nouveau voyage, qui appartient à Tannée 1871, était une mission d'un caractère diplomatique; il avait à' remettre un message et des présents du gouvernement colonial de Natal au chef Oumzeïla, dont le territoire longe la côte sur une longue distance entre le Limpopo et le Zambézi. M. Erskine quitta Durban (Natal) le 25 juin 1871, et se rendit à Inhambane par mer; c'est de là qu'ail commença sa marche à pied en compagnie de M. Dubois. Il revint d'abord au sud jusqu'à la bouche du Limpopo, dont il voulait compléter Fexamen laissé inachevé lors de son premier voyage. Le résultat de cette nouvelle reconnaissance fut de se convaincre que la rivière est navigable pour les petits navires sur un espace de cinquante milles en remontant depuis l'embouchure : l'entrée est obstruée de formidables barres, mais ces barres sont coupées par des canaux de profondeur suffisante pour permettre, avec un pilotage attentif, l'entrée des navires.

M. Erskine visita ultérieurement, un peu plus loin vers le nord, la rivière marquée sur nos cartes sous le nom de Zavora, — rivière semblable à un lac, dont la largeur en quelques endroits est de^lOOO à 1,200 mètres, mais qui coule à travers un désert sablonneux. De là il gagna la rivière Sabia, en traversant le pays habité par les deux tribus cafres des Oumlenga et des Mondonda, Il franchit plus loin les sources de la Gorongosi, qui débouche à la côte entre la Sabia et la baie de Sofala, puis il atteignit les eaux supérieures de la Bosi, grande rivière dont Tem-

1. Voirie tome YIIl de VÀmUe géographique^ p. 3 et le tome IX, p. 219, n« 400.

bouchiiFe est un peu au nord de Sofala. Le voyageur arriva le 22 murs 1872 au kraal d'Oumzeîla, et il en repartit le 89 Juillet pour regagner, le 25 octobre, la capitale du Ibtal, par une longue et fatigante marche intérieure qui tffiwha i Lydenburg dans le Transvaal.

IiM réaqltata principaux de cet important voyage sont une d^amptioii des vastes plaines couvertes d'arbustes, de hantes herbes et de buissons qui bordent la côte orieur lile d'Afrique depuis le Limpopo jusqu^au Zambézi, un OÛllier de kilomètres environ, sur une largeur moyenne fk #00 kilomètres ; la découverte de beaucoup de grandes imftrea qui jusqu'à présent ne sont marquées sur aucune OUrte; et enfin une masse d'informations sur les tribus inlms.

IÇ. Brakine était pourvu d'instruments propres à prédMF la reconnaissance des pays visités, et ces instruments furent employés avec une activité telle, qu'il n'y * • ]iaa eu moins de trois cent cinquante localités dont la position a été déterminée en latitude. La position principale, le kraal d'Oumzeîla, a été fixée par une série d'obflflnmtiona, en longitude aussi bien qu'en latitude ; il est CB latitude à 20^ 23' S., et en longitude à 32<> 30' E. do Greenwieh. Le point le plus septentrional qui ait été atteint est le 20? degré S. Le voyageur a confirmé les obser- "Yations antérieures de Mauch au sujet du plateau de 1000 à ItûO mètres d'altitude moyenne qui existe dans cette partie de l'Afrique, plateau parfaitement salubre et bien approprié à l'occupation européenne. Malheureusement une partie des journaux et des éléments des observations ont été perdus pendant le retour au passage d'une rivière débordée, ne laissant au voyageur que son carnet de poche, et l'esquisse d'une portion du pays d'Oumzeîla à PécheUe de huit milles au pouce. Ce sera un faible résultat pour un si grand travail.

S 3. Le pays diamantifère du sud de l'Afrique.^

On nous reprocherait une grave lacune dans notre parcours du sud de l'Afrique, si nous ne faisions au moins une courte pause à la contrée prestigieuse qui semble avoir dépassé les légendes féeriques de l'Orient, — le pays des diamants.

Dans leur réalité géographique, les champs diamanti* fères du Gap, ceux du moins qui sont maintenant en exploitation, se trouvent à la limite de la colonie du Gap et de l'État libre du fleuve Orange (Oranje Fluss Freistaat), à environ 1200 kilomètres vers le N. E. de la ville du Gap (Gapetown), au 29® degré de latitude sud environ, vers les 22'' et 23* degrés de longitude à l'E. de Paris, sur un plateau élevé de 1800 mètres au-dessus du niveau de la mer.

On distingue deux catégories de mines, ou pour mieux dire de gisements : les mines sèches, dry dîgginSj et les mines de rivières.

Dans celles-ci, les diamants se trouvent soit sur le bord du courant, soit dans le lit même, au milieu de pierres d^une grande variété : calcédoines, agates, olivines, grenats rouges et verts, aragonites, etc. ; et aux « mines sèches », ils gisent parmi les ilménites, grenats rouges, granits, feldspaths micacés décomposés, tufs, schistes alumineux contenant des pyrites de fer, aragonites, ces dernières se trouvant en veines dans le tuf, etc., etc. Les Gomptes rendus de l'Académie des sciences ont pu* blié, au sujet des mines sèches, une notice de M. Desdemaine Hugon qui les a étudiées pendant un séjour de sept mois (ci-dessus, n° 286). Nous avons aussi noté dans notre bibliographie (n° 285) une publication anglaise.

« Les mines sèches^ dit M. Hugon, sont au nombrede quatre, dans le court rayon de cinq kilomètres : Bult-

LES TERRAINS DIABCANTIFÈRES. 841

fimtem. Du Toit's Pan, Old de Boer's, et Beer's New Biulu dette dernière est la plus importante.

« Les diamants commencent à se rencontrer presque à la ggrface du sol, car la terre végétale n'existant pour ainsi dire pas, on arrive immédiatement au contact des couches diamantiftres, dont les gisements continuent également à toates pitifimdenrs; lors de mon départ des mines, on était rendu à plus de cent pieds, et les découvertes étaient anm fructueuses pour ceux qui travaillaient à ces profimdatirs que pour les autres mineurs échelonnés à toutes les biiiteurB intermédiaires.

« Les diamants, pour la plupart, sont plus ou moins et l'on trouve au moins autant de morceaux inforqœ de pierres entières. Une règle as^z générale est que le diamant est d'autant plus coloré en jaune qu'il est plu groe; les plus beaux trouvés jusqu'à ce jour, sous le nfpoTt du poids, sont de 288 carats, 166, 144, 115, etc., descendant Téchèlle jusqu'aux dimensions ordinaires. Awff<wA mine au monde n'a donné une aussi grande itondance de (prosses pierres. Ainsi, avant la découverte les diamps du Gap, un diamant de 4 carats était considéré eomme une fort belle pierre, et, au delà de ce poids, m prix ne s'évaluaient plus d'après les calculs ordinaires, sis devenaient prix de fantaisie; tandis que maintent l'abondance de grosses pierres est telle sur tous les irehés, que le prix en est considérablement réduit et de uconp inférieur à celui des petites. Des diamants de à vingt carats se trouvent journellement au Gap, et la esse de ces champs est telle, que le « New Rush » sment a fourni une moyenne de plus de trois mille lants par jour pendant plus de huit mois, de grosses es pour la plupart. Les récoltes les plus nombreuses it dans les mines sèches; mais lo^ pierres sont moins que celles qui se tirent des rivières. » pays voisins du Gap ont maintenant un aspect

'Aimil oiOGR. XII. 16

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tout autre ijuè jadis. La vie et le tommérce animent lëà solitudes qui ii*étaieiit parcourues auparavant giie par Tautruche, le chacal et les troupes d'antilopes. Des milliers d'émigraiits, venus d'Europe ou des Etats-Unis, ont, en quelques moiis, bâti danâ les déserts des villes qui ne se composent encore, il est vrai, que de tenteiâ.

ÏDevant cette invasion, les indigènes, GriqUas et Corânnas, se sont retirés dans l'ititérieur, du engagés tiii ôei»vice des nouveaux arrivants.

Sur les routes principales on rencontre dfe longues suites de chariots pesamment changés, apportant deS provisions aux nombreux magasins et aux tavernes qui se sont établis datis le désert.

Au cours ordinaire des choscë, il eût fallu des siècles avant que les lenteurs de la culture produisisselit une telle métamorphose. Mais quaiid à la fin de 1868 la nouvelle de la découverte Se répandit au Oap, ce fiit une ëtriigratioti générale. Les marchanda et leurs commis de là côte quittaient leurs'^^comptoirs ; — les éleveurs de bétail; leutâ fermes ; — les artisans, lente ateliers ; les officiers dtt la garnison demandaient Uti Congé de six mois oU d'tin an * on vit même Un des premier^ fonctionnaires de la répUblicjue tratisvaalicnnc s*eU aller, muni de sa piofche, dé si pelle et de son tamis. Les navit*es amenaient d'au delà . de rOcéan des milliers de chercheurs de diamants, avides de se rendre à la nbuvcUe Golconde.

Aujourd'hui, ce mouvemcilt à atteint son apogée. Lé prix des diamants d'une eau moyenne ayant baissé; le nombre des mineUrs a diminué dans la même proportioil, et beaucoup sont déjà i-evenUs, ou bien se sont ditigés vers les terrains aurifères de la l'épublique transvaalienne. Cependant le nombre des chercheurs est toujours dssez ! grand pour assurer leur colonisation durable dans cette zone africaine.

La grande ville de tblle, tjui s'étend sur les bords de la

i, Mrait, paiàh-il, bientôt déserte, si Tappât de la ridiesse n'y retenait les colons. Sur ce plateau situé à cinq mille pieds au-desstts du niTeau de la mer, le climat est, ftfee qn'il semble, irès-saliibre ; cependant, l'atmosphère, cjiargée de poussière, la qualité détestable et le prix horxiUement ikevè de Teau à boire. Tabsence d'une Ibule de choses agréables à la vie qu'on ne peut obtenir à cause de là difficulté de les expédier psr des chemins Impraticables, ne Gontribuent pas à rendre très-hygiénique le séjour de mine.

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