‹ L'Année géographiqueChapitre 224 sur 236 · Tome II. Le tome I a paru en · texte numérisé non relu

Tome II. Le tome I a paru en

680. Prolégomènes historiques d'Ibn Rhaldoun (traduits de l'arabe par M. DE Slane). Notices et Extraits des Manuscrits de la BihUothètiuc impériale, T. XIX, l" partie. Paris, I. I. 18C2, in-4, cxYi-486 pages.

681. Ern. Pariset. Histoire de la soie. Temps antêrieursau septième siècle de l'ère chrétienne. Paris, 1862, in-8, vi-266 pages (Durand).

On ne s'étonnera pas de voir un livre d'Aristote inscrit en tête de notre liste des récents ouvrages qui ont trait à la géographie historique (n"" 671). Aristote, ce grand inaugurateur de l'observation scientifique en Grèce, a touché à tout dans le cercle immense de ses investigations; et la géographie, dont les expéditions d'Alexandre, son héroïque élève, agrandissaient si rapidement Thorizon, tient dans ses écrits, dans celui-ci notamment, une place importante.

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H. Barthélémy Saint-Htlaire a entrepris depuis longtemps une traduction complète des «uvres du philosophe de Stagyre, et il en a déjà publié une série de volumes fort respectable. Ses traductions successives sont toutes accompagnées d'introductions développées et de commeDtaîres perpétuels. Jusqu'à présent, le savant traducteur n'avait touché qu'aux œuvres politiques, morales et philosophiques du chef de l'école péripatéticienne : il était U sur son teirain. Pour la première fois, il vient de s'attaquer aux œuvres physiques. Ici, les devoirs du commentateur s'étendent et changent de nature.

On n'a plus seulement à interpréter des doctrines métaphysiques qui ne relèvent que de la pensée ; on se trouve en présence d'une masse de notions physiques et historiques qui appartiennent à l'observation et à la tradition. Aristote est le génie le plus universel de l'antiquité : le compareràBuffoD, comme OQ a fait souvent, ce n'est pas assez; il faut arriver jusqu'à Alexandre de Humboldt, pour trouver dans les temps modernes un génie de la même trempe et de la même étendue. On n'aurait qu'une idée bien inférieure du traité météorologique d' Aristote, si l'on croyait l'apprécier d'après sou seul titre. La météorologie était tout autre chose pour les anciens que la science des météores atmosphériques; c'était réellement une cosmologie, c'est-à-dire la science du monde physique. Pour n'en citer qu'un seul point, Aristote y trace à larges traits une esquisse du monde alors connu, qui est un excellent précis de géographie générale. Je crains, à en juger par certains passages de son commentaire, que le savant traducteur n'ait pas suffisamment apprécié ce cAté des travaux d' Aristote. Je n'insisterai pas sur ce sujet.

C'est une opioîon généralement admise par les critiques que le petit traité du Monde, qui porte le nom d' Aristote et dont M. Barthélémy Saint-Hilaire a donné une nouvelle traduction k la suite des Météorologiques, n'est pas du

Stagyrite. M. SaiDt-HiUire, qui partage plemaient cd

opinion, cherche à établir qae le mpl Kovum» n'est qa'a

traduction alezandrine du livre de Uundo d* Apulée (i

'i I sait que ce célèbre polygraphe florissait au milieu <

deuxième siècle de notre ère}, contrairement à ropini commune qui regarde le traité d* Apulée comme ime par phrase de Topuscule grec. Je n'ai pas à entrer dans débat. Je ferai seulement observer qu'examiné en la même, ce à quoi les critiques paraissent songer le moin le traité du Monde est bien réellement, quoi qu'on en \ dit, le reflet des notions géographiques des derniers tem] ^' de la vie d'Aristote, nullement de Tige d'Apulée. J*ajoi

'terai qu'il y a dans ce petit écrit des pages qui sont to à fait dignes du génie d'Aristote , et qui font grand hoi neur au faussaire, si le livre est en effet supposé. Un pa: sage tel que celui-ci n'est pas d'un esprit ordinaire :

Quel arrangenrent dans une des parties du monde pourn ! être comparé à la constitution du ciel, à la marche des astr:

du soleil et de U lune^ qui conservent de siècles en siècles u I mouvement si admirablement régulier? Quelle est donc la l

infaillible qu'observent ces saisons merveilleuses qui enfantei

■ toutes choses, qui ramènent tour à tour les hivers et les été

les jours et les nuits, pour accomplir rannée? Oui, c'est g

j même monde qui en grandeur est le plus immense ; en niouv<

j ment, le plus rapide; en éclat, le plus brillant; qui, en puis

sance, est inaccessible à la vieillesse et à la destruction, c'e?

! * lui qui a distribué les natures des animaux de la mer, de I

1 = terre et des airs; c*est lui qui leur mesure TexisteDce par se

. ; propres mouvements. C'est de lui que tous les êtres tirent Jeu

{ ; vie et le soude qui les anime. Ses renouvellements périodiques

. ' faits pour nous confondre, se sucrèient avec une régulant

incroyable, bien que les vents déchirent les airs, que !e foudres tombent des cieuz, et que les tempêtes éclatent are leur rage effrayante....

M. Barthélémy Saint-Hilaire termine, au surplus, pa cette remarque très-juste, sa dissertation sur i*âge et l'auteur du traité du Monde : « Quand à l'ouvrage en lui

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môme, et iDdépendamment de l'auteur, Apulée ou tout autre, il vaut la peine qu'on le lise; car il est assez intéressant de voir quelle idée on se faisait du Cosmos à la Sa du deuxième siècle de l'ire chrétieuDe*. De dos jours, une grande tentative de ce genre a été faite; et quel qu'en ait été le succès*, on peut, en comparant les deux œuvres, s'assurer des immenses pro{[rès que daps l'intervalle a faiL<; l'esprit humain. >

Nous n'avons pas dû oublier le Recueil des inscriptions latines dont M. Mommsen vient de commencer la publication sous les auspices de l'Académie de Berlin (n* 672); ce recueil, le nom de l'éditeur en est un sûr garaot, prendra dignement place à c6té du grand monument élevé par M. Boeck à l'épigraphie grecque. Les inscriptions ont toujours été d'un précieux secours pour la restitution de t'ancienne géographie. C'est aussi un beureux événement pour les études du moyen âge, pour les études géographiques comme pour toutes les autres, que la réimpression et l'achèvement de l'immense collection hagiographique des Bollandistes (d°673), dont il est si difficile aujourd'hui de rencontrer la suite complète. Les 66 volumes dont se compose actuellement la collection (elle s'arrête au milieu d'octobre) ont été, durant cent soixante-quatre ans, l'œuvre d'une suite de laborieux et savants jésuites, qui successivement reprirent et continuèrent la l&che. Commencée en 1630 par Jean BoUand, elle fut arrêtée eu 1794 par la tourmente révolutionnaire. Les esprits, alors, n'étaient guère aux vies des saints ni aux études du moyen Age. Aujourd'hui que l'on s'attache, avec tact de raison, à étudier chaque époque dans ses propres monuments, on devait revenir à celui-ci; il n'existe nulle part une source

1. Ou plutAt l U &□ du quatrième liËde iviat notre ire ; car, il ftut la rdpâtér, ai le at^la ftccuM •□ sITtt une époque rBlâlirement récbdU, lei bit* et iw iU«t sont blmi du tampi d'Ariitoto.

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