‹ L'Année géographiqueChapitre 55 sur 236 · L ASIE-MINEURE OU ANATOUE · texte numérisé non relu

L ASIE-MINEURE OU ANATOUE

94. Melchior db VogOé. Fouilles de Tlle de Chypre. Revw archéogiqw, oct. 1862. p. 244-249.

95. Alb. Gaudry. L'ile de Chypre. Souvenirs d*uoe mission scienti* fique. Revue des Deux-Mondes^ 1*' nov. 1862, p. 212-237.

96. L. DE Mas Lattue. Notice sur la construction d'ane carte de l'Ile de Chypre. Paris, 1862, in- 8, 50 pages. (Extrait de la bibliothèque de TÉcole des Chartes, sept.-oct. 1862.)

97. Theodor Kotscbt. Reise nach Cypern und Klein-Asien, 1859. (Dans les Mittheilungen de Fetermann, 1862, &" 8, p. 289- 306; n» lO, p. 369-381.)

98. L'exploration archéologique de la Galatie et de la Bithynie, d'une partie de la Mysie, de la Phrygie , de la Cappadoce et du Pont, exécutée en 1861 et publiée sous les auspices du ministère d'État; par MM. G. Perrot, Edm. Guillaume et J. Delbet. Paris, 1862, in-4, texte et pUnches (\^ et 2* livraisons).

Les opérations de la mission scientifique en Asie-Mineure ont été exposées dans trois rapports de M. Perrot à l'Empereur, publiés au Moniteur du 16 décembre 1861, 2 janvier et 19 mars 1862.

99. A history of discoveries at Halicarnassus, Coidus and Bran-

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chidae. By G. T. Niwtox, asiisted liy R. P. Pullah. Lond. , 1862, % parties gr. in-fol.

100. J. }. Bacbofer. Das Lykischa Vdk und seine Bedeutung far die Entwiddung des Alterthums. (Le peuple lycien et son importance dans le développement de l'antiquité). Freiburg im Breisgau, 1862, in-8, vn-87 pages.

Nous avons eu l'occasion^ dans l'article précédent, de mentionner les fouilles de M. de Vogué dans lîlede Chypre; la lettre que nous indiquons ici (n"* 94) en donne un «perça très-sommaire. Ces fouilles ont lieu sur l'emplacement de deux localités autrefois célèbres» Gorgos et Idalium; elles ont déjà donné d'intéressants résultats. L'article de M, Gaudry (n"* 95) a une autre sorte d'intérêt. En 1853 M. Gandry fut chargé par le Muséum d'histoire naturelle et le ministère d'agriculture d'une mission scientifique en Orient. Il devait particulièrement étudier la géologie de l'Ile de Chypre. La Notice où notre jeime naturaliste a consigné quelques-uns des souvenirs de ce voyage ne touche pas seulement à la géologie, mais aussi à la conformation physique de l'Ile, aux conditions climatologiques, à la flore et à la faune*. Voici le jugement qu'il porte des habitants : « C'est en Chypre qu'il faut venir pour voir des musulmans tels qu'ils durent être dans les premiers temps de Tislamisme. Ils n'ont en rien changé. Ils sont honnêtes pour les affaires d'argent et très-religieux ; ils ne boivent pas de vin, ne mangent pas de porc^ et font régulièrement leurs ablutions et leurs prières : mais ils sont fanatiques, fatalistes, et d'une ignorance extrême. Leurs femmes sont strictement voilées; si vous les surpreniez sans voile, elles enlèveraient volontiers le linge qui

1. En 1856, M. Gaudry a publié la partie de ses observations qui se rapporte aux différentes cultures de TUe de Chypre, sous le titre de Recherchet scientifiques sur l'Orient. Le volume est accompagné d'une grande carte de Tile, dressée d'après les matériaux réunis par M. de Mas Latrie.

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couvre leurs seins pour se cacher la figure. Conquérants de nie, les Turcs traitât les Grecs avec un profond dédain. Leurs habitaticms sont séparées de celles des durétiens; souvent môme ils demeurent dans des villages particuliers. On distingue au loin ces villages à la belle végétation qui les entoure : le musulman est l'ami des jardins.

« Les Grecs sont moins honnêtes que les Turci, mais plus intelligents et plus hospitaliers pour les chrétiens. H en est peu chez lesquels on puisse adsiirer le type grec ; la domination turque les a chargés de trop de souffiwices. Pourtant à Lamaca, où vivent les Grecs les plus riches» on voit de très-belles filles ; elles ont des dieveuz noirs fort épais qu'elles relèvent en forme de diadème au-dessus de leur front, et qu'elles ornent de fleurs naturelles. Cette coiffure ajoute à leur beauté. Dans un village grec de la partie orientale de Tlle, Rhizo-Carpasso, les habitants ont les yeux bleus, le teint clair, des cheveux blonds tombant sur leurs épaules. D'où vient ce type blond perdu au milieu des types bruns des autres cypriotes? Les habitants de Rhizo-Carpasso ne seraient-ils pas un reste des Français amenés par les princes de Lusignan au temps des Croisades? On trouve en Chypre plusieurs vestiges du passage des Français, et c'est une opinion généralement répandue qu'un jour nous reprendrons la domination de Tile. Cette idée est sympathique à une partie de la population.... »

Que la possession politique de Tile de Chypre soit réservée à la France, — la domination destructive des Turcs ne pèsera pas éternellement sur ces belles contrées de l'Orient, — c'est le secret de l'avenir; mais il y a longtemps que la France y a conquis un droit de possession scientifique. D'Anville, notre grand géographe, essaya le premier, dans un Mémoire écrit en 1762, de restituer à l'ile sa forme et ses vraies dimensions par la seule étude des anciens itinéraires; et c'est le capitaine Gauttier, notre

compatriote, qui en a le premier déterminé le contour exact par ses relèvements hydrographiques de 1817. L'ouvrage historique le plus impoitaut, ainsi que les études géographiques les plus étendues qui existent sur l'intérieur de l'île, sout dus à un Français, M. Louis de Mas-Latrie'; enfin nous venons de voir qu'un Français, M. le baron de Vogué, y a récemment entrepris des investigations archéologiques.

Nous ne pouvons nommer M. Gaudry sans rappeler les études paléooto logique s qu'il a entreprises sur le sol de l'Attique, et dout les résultats ont été l'objet de plusieurs communications à l'Académie des sciences. Dans une des plus récentes (Contples llendusàa 26 mai, page II 14), nous trouvons une remarque que nous transcrivons ici, à cause de la portée qu'elle peut avoir pour l'histoire physique de la terre. Il s'agit des singes fossiles trouvés dans le sol de i'Attique. • Les mésopithèques, comme les autres siages fossiles trouvés en Europe et en Asie, appartieunent, dit M. Gaudry, à la tribu des singes de l'ancien continent ; les singes fossiles d/'couverts en Amérique dépendent de la tribu des singes du nouveau conlioent. Ceci contribue à prouver que la séparation du nouveau et de l'ancien continent ezistait déjà dans les temps géologiques. <•

Le travaO analytique que vient de publier M. Mas-Latrie {o' 96) sur sa carte {encore inédite] de l'Ile de Chypre, fait partie de l'ensemble d'études que le savant palaéographe poursuit depuis de longues années sur l'ancien royaume des Lusignau. Ce mémoire présente plus d'une sorte d'intérêt. On y trouve groupés d'excellents documents sur la géographie de l'tle, sa population, son orographie, ses divisions locales, etc. Quant à la carte elle-même, un para-

1. Dont le traTBil a obtenu cette année le grand prii Gobait de l'Académie des Inacriplïons.

graphe du mémoire suffira pour donner une idée de sa nature et de sa construction. Nous transcrivons d'autant plus volontiers ce passage, qu'il renferme des conseils et des indications qui peuvent être utiles à bien des voyageurs.

• Tout voyageur, en parcourant un pays dont on n'a pas encore de carte détaillée et mathématiquement exacte, peut rendre de grands services à la géogr&phie par les plus simples observations, sans avoir besoin d'effectuer les opérations rigoureuses de la triangulation. Il suffit, la boussole et le crayon à la main, de noter avec attention et intelligence la direction et les accidents de sa marche. Les plus simples mentions dans cet ordre de faits, l'orientation réciproque de deux villages, la distance de deux localités voisines, l'élévation ou la déclivité du terrain entre l'une et l'autre, le passage d'un pont ou d'un gué, la rencontre d'une fontaine, d'un bois, d'une vieille chapelle, toutes ces circonstances, en apparence insignifiantes, de l'itinéraire, réunies en un journal ou résumées sur une carte, apportent un contingent extrêmement profitable à la géographie et souvent à l'histoire. Pococke, Drummond, Toumefort, Peyssonnel, Shaw, n'ont pas employé d'autre méthode, et l'on sait de quelle utilité sont les cartes et les relations de ces savants voyageurs. »

M. Kotschy mérite une place très-notable parmi les observateurs qui auront le plus utilement contribué à nous bien faire connaître l'intérieur de l'île. Ses investigations sont principalement botaniques ; mais on sait quels fréquents renseignements ressortent de cette nature de recherches pour la géographie physique d'un pays, surtout quand les observateurs apportent à leurs études locales la ponctualité savante de M. Gaudry ou de M. Kotschy. Le voyage dont ce dernier a publié deux chapitres dans le journal du docteur Petermann date de 1859 (n*» 97). Le premier fragment se rapporte à l'île de Chypre, le second au Taurus

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