AUX SECONDES VÊPRES
Les Antiennes, les Psaumes , le Capitule, l'Hymne et le Verset, sont les mêmes qu'aux premières Vêpres, pages 376-382.
ANTIENNE DE Magnificat.
Votre Conception , ô Vierge Mère de Dieu ! a présagé la joie au monde entier ; car de vous s'est levé le Soleil de justice, le Christ notre Dieu qui, ôtant la malédiction , a apporté la bénédiction ; et , confondant la
Conceptio tua, Dei Genitrix Virgo, gaudium annuotiavit universo mundo ; ex te enim ortus est Sol justitise, Christus Deus noster.
3ui solvens maledictioncm, edit bcnedictionem ; et
L'AYBNT
confundens morteiDy dona- mort, noas a donné la vie vit nobis vitam sempiter- étemelle. Alléluia, nam. Alléluia.
L'Oraison comme aux premières Vêpres, page 383.
Nous couronnerons cette journée par les poésies liturgiques que le mystère de Tlmmaculée Conception de Marie a inspirées. Au premier rang, nous devons placer les belles strophes que Prudence a consacrées, dans son Hymne Ante cibuniy à célébrer le triomphe de la femme sur le serpent. Dès le commencement du ye siècle, ce chantre divin glorifiait Marie d'avoir vaincu tous les poisons du dragon infernal, parce qu'à elle était réservé rhonnem- de la Maternité divine.
HYMNE
Ecce venit nova proge-
nies , iïltherc prod i t us al ter homo, Non liiteiis, velut ille prior, Sed Deus ipse gerens ho-
minera , Coi'poreisque carens vitiis.
Fit caro vivida SermoPa-
tris, Numine quem rutilante
gravis Non thalarao , neque jure
tori , Nec genialibus illccebris , Intemerata pucUa parit.
Hoc odiura vêtus illud
erat, Hoc erat aspidis, atque ho-
minis Digladiabile discidîum ,
Une nouvelle race est aa moment dé naître; c'est un autre homme venu du ciel, non du limon de la terre comme le premier; c'est un Dieu même revêtu de la nature humaine . mais exempt des imperfections de la chair.
Le Verbe du Père s'est fait chair vivante ; rendue féconde
Ï>ar l'action divine, et non par es lois ordinaires de l'union conjugale , une jeune fille l'a conçu sans souillure , et va Tenfanter.
Une haine antique et violente régnait entre le serpent et l'homme ; elle avait pour cause la victoire future de la femme. Aujourd'hui la pro-
messe s'accpmpHt : soas le pied de la femme, la vipère se sent écrasée.
La Vierge qui a été digne d'enfanter un Dieu triomphe de tous les poisons. Repliant sur lui-même avec rage sa croupe tortueuse , le serpent désarmé revomit son virus impuissant sur le gazon verdâtre comme ses impurs anneaux.
Comment notre ennemi ne tremblerait-il pas^ effrayé de la faveur divine envers rhumble troupeau. Ce loup maintenant parcourt avec tristesse les rangs des brebis rassurées; oublieux du carnage; il contient désormais sa gueule fameuse par tant de ravages.
Par un changement merveilleux, c'est l'Agneau maintenant qui commande aux lions; et la Colombe du ciel dans son vol vers la terre , met en fuite les aigles cruels , en traversant les nuages et les tempêtes.
L'Hymne suivante appartient au vin« siècle. Elle a pour auteur le célèbre Paul Diacre, d^abord secrétaire de Charlemagne, ensuite moine au Mont-Cassin. Nous y trouvons aussi l'énergique expression de la croyance à la Conception immaculée. Le virus originel , y est-il dit, a infecté la race humaine tout entière ; mais le Créateur a vu que le sein de Marie n'en avait pas été souillé, et il est descendu en elle.
HYMNE
Qui jamais possédera un lan- Quis possit amplo famine gage assez sublime pour celé- . nraBootens brer di^ement les grandeurs de la Yierge, par laquelle fut
Quod modo cemua femineis
Vipera proteritur pedibus.
Edere Namque Deum mérita ,
Omnia Virgo venena domati
Tractibus anguis inexplicitis
Virus inerme piger revomit,
Gramine concolor in viridi.
Quse feritas modo non ^ trépidât ,
Territa de grege candidulo?
Impavidas lupus interoves
Tristis obambulat , et rabidum
Sanguinis immemor os cohibet.
Âgnus enim vice mirifica Ecce leonibus imperitat , Exagitansque truces aquilas Per vaga nubila, perque
notes Sidère lapsa Golumbafugat.
assez sublime pour celé- « prsepotens dignement les grandeurs Digne fateri prœmia Vir- . Yierge, par laquelle fut ginis ,
LATBNT
Per quam yeteraœ sub la-
queo necis Orbi retento reddita yita
est?
HaBc Virga Jesse, Virgo
pnerpeFa , Hortus superno germine
consitus, Signatus alto munere fons
sacer, Mundum beaYît viscère cœ-
libi.
Hausto maiigni priraus
ut occidit Virus chelydfi lerrigenura
parens ; Ilinc lapsa pestis per genus
irrepens Cunctum profundo vulnere
perculit.
Rerum m isertus sed sator,
inscia Cernens piaculi viscera Vir-
ginis, Hic ferre mortis crimine
languido Mandat salutis gaudia sae-
culo.
Emissus astris Gabriel
innubœ iEterna portât nuntia Vir-
gini ; Verbo tumesclt lalior
iEthere, Al vus repientem saecula con-
linens.
Intacta mater, Yirgoqne
fit parens , Orbis Creator ortus in orbe
est; Hostis pavendi sceptra re-
mota sunt , Toto refulsit lux nova sœ-
culo.
Sit Trinitati gloria unicœ,
rendue la vie au monde qai languissait dans les liens de Tan tique mort?
Elle est la branche de Tarbre de Jessé, laVierge qui devait être Mère , le jardin qui recevra le germe céleste , la fontaine sacrée sur laquelle le ciel a mis son sceau, cette femme dont la virginité a produit le bonheur du monde.
Le père des humains tomba dans la mort, pour avoir aspiré les poisons du serpent ennemi ; le virus qui Tatteiçiiit a infecté sa race toute entière, et l'a frappée d'une plaie profonde.
Mais le Créateur, plein de compassion pour son œuvre , et voyant du haut du ciel le sein de la Vierge exempt de cette souillure, veut s'en servir pour donner au monde languissant sous le poids du péché les joies du salut.
Gabriel, envoyé des cieux.
vient porter à la chaste Vierge le message éternellement préparé ; le sein de la jeune fille, devenu vaste comme un ciel, contient tout à coup celui qui remplit le monde.
Elle demeure vierge, eUe devient mère ; le Créateur de la terre vient naître sur la terre; le pouvoir du redoutable ennemi de l'homme est brisé ; une lumière nouvelle éclaire tout Tiiniverfr.
Gloire^ bonoeur, puissance à
LITUBGIOITE.
la royale Trinité, Dieu unique; <^u'dle règne à jamais dans les siècles des siècles! Âmen.
Virtus, potestas, surama po-
tentia , Regnnm retentans , qnee
Deus unus est , Per cuncta semper sœcula
sœculi. Amen.
La Prose suivante n'est pas un des moindres ornements des Missels dont se servaient nos Églises^ il y ^ deux siècles^ au jour de la Conception de Marie.
PROSE
Qu'il soit fêté, ce jour, dans lequel TËglise célèbre la Conception de Marie.
Une Vierge Mère est engendrée ; elle est conçue , elle est créée , la douce et féconde source de miséricorde.
L'antique exil d'Adam et l'opprobre de Joachim ont ici leur terme heureux.
Les Prophètes l'ont prévu ; les Patriarches en onttressailli, inspirés par la grâce.
La Branche où doit éclore un fruit, l'Étoile qui enfantera le Soleil , est conçue aujourd'hui.
Dans la Fleur qui doit sortir de la Branche , aans le Soleil qui naîtra de l'Étoile, déjà s'entrevoit le Christ.
Oh ! qu'elle fut heureuse et triomphale , ravissante pour nous et chère à Dieu même , l'Immaculée Conception !
Notre misère a son terme ; miséricorde nous est faite ; au deuil succède la joie.
C'est une Mère nouvelle qui enfantera un Fils nouveau;
Dies iste celebretur, In que pie recensetur Conceptio Marise.
Virgo Mater generatur ; Concipiiur et creatur, Dulcis vena veniœ.
AdsD vêtus exilium, Et Joachim opprobrium , Hinc habent remedium.
Hoc Prophetœ prœviderunt, Patriarchée praesenserunt, Inspirante gratia.
Virga prolem conceptura, Stella solem paritura, Hodie concipitur.
Flos de virga processurus, Sol de Stella nasciturus , Christus intelligitur.
0 quam felix et prœclara, Nobis grata, Deo chara , Fuit hsec Conceptio !
Terminatur miseria ; Datur misericordia; Lu et us cedit gaudio.
Nova Mater novam prolem ,
L'ATKNT
Nova Stella noyum solan.
Nova pi'ofert gratia.
Genitorem genitura , Creatorcm creatura , Patrem parit filia.
0 mirandam novitatem , Novam quoque dignitaiem !
Ditat matris castitatem Filii concepUo.
Gaude, Virgo gratiosa , Viiga flore speciosa, Mater proie generosa, Vere plena gaudio.
Quod prsecessit in figura, Nubc latens sub obscura.
Hoc déclarât genitura Piae mairis ; Virgo pura , Pariendi vertit Jura , Fusa, mirante natura , Deitatis plu via.
Triste fuit in Eva vas !
Sed ex Eva format ave.
Versa vice, sed non prave ; lut us ferens in conclave Verbum bonum et suave ; N(»bis , Mater Virgo, fave, ïua frui gratia.
Omnis homo, sine raora, Laude plena solvens ora, Istam colas, ipsam ora :
Omni die,omni hora, Sit mens supplex, vos so-
nora ; Sic supplica, sic implora, Hujns patrocinia.
Tu spes certa miseroruro, Vere mater orphanorum ,
une Étoile nouvelle d'où sortira un nouveau Soleil, par une grâce incomparable.
L'Enfant donne la vie à l'auteur de ses jours ; de la créature naît le Créateur ; la fille engendre le Père.
0 étonnante nouveauté ! nouveau privilège ! la conception du fils ajoute à la virginité de la mère.
Réjouissez - vous , très - glorieuse Vierge! Branche embellie de sa fleur , Mère ennoblie de son Fils y vraiment pleine de joie !
Ce qui fut autrefois caché sous répais nuage des figures, la Vierge immaculée , née d'une mère sainte^ le manifeste au grand jour; une rosée divine se répand sur elle; et dans l'étonnement de la nature, les lois de l'enfantement sont suspendues.
Eve, nom lugubre, se terminait en malédiction, vœ! Eva, par un heureux changement , se transforme en un cri de salut , Ave ! Vous oui avez entendu dans votre aemeure cette parole de bonheur et de suavité, Vierge Mère , soyez-nous favorable , et donnez-nous de jouir de votre faveur.
Venez tous , ô hommes ! hàtez-vous; qu'à pleine voix éclatent ses louanges; rendez-loi honneur et prière tout le jour, à toute heure; que le cœur soit suppliant, la voix mélodieuse; ainsi faut-il supplier, ainsi fau t-il implorer son puissant patronage.
Sûre espérance des malheureux, vraie mère des orpbe-
LITURGiaUE.
wr
Tu levarnen oppressorum , Medicanien inflrmorum , Omnibus es omnia.
Te roffamus voto pari ,
lins, soulagement des opprimés, baume des infirmes ; vous êtes toute à tous.
Nous vous prions d'un même .
vœu , vous y digne de louange Laude digna singulari , singulière , afin qu'après avoir Ut errantes in hoc mari , erré sur cette mer, votre bonté Nos in portu salutari nous fixe au port de salut. Tua sistat gratia.
Amen. Amen.
Nous terminerons par une Antienne, un Verset et rOraison de TOffice de Tlmmaculée Conception, composé par Léonard de Nogaroli,^ approuvé par Sixte IV, et récité dans tout l'Ordi*e de saint François.
ksï. Que vous êtes belle , mon amie , ma colombe , mon Immaculée l l'odeur de vo» vêtements est au-dessus de tous les parfums. Alléluia.
y. Le mal n'approchera pas de vous.
%. Et le fléau s'éloignera de votre demeure.
Antiph. Quam pulchraes, arnica mea, columba mea , Immaculata mea! Et odor vestimentorum tuorum super omnia aromata.
Alléluia.
j^. Non accedet ad te ma- Inm.
% Neque flagellum appropinquabit tabernaciuo tno.
PRIONS
0 Dieu, qui par l'Immaculée Conception de la Vierge , avez préparé à votre Fils une demeure digne de lui ; nous vous prions, afin que , comme vous l'avez préservée de toute souillure par la prévision des mérites et de la mort de ce même Fils, vous nous accordiez aussi par son intercession , la grâce d'arriver à vous, purifies de nos péchés. Par le même Jésus- Christ notre Seigneur. Amen.
OREMUS
Deus, ^ui per immaculatam Yirgmis Conceptionem dignum Filio tuo habitacu^ lu m prseparasti : qusesumus, ut qui ex morte ejus-dem Filii tui praevisa , eam ab omni labe prœservasti , nos quo^ue mundos ejus intercessione ad te pervemre concédas. Per euradem Ghristum Dominnm nos* trum.
Amen.
39ft l'ATENir
IX DËGEMBtlE
DE L'IMMACULÉE CONCEPTION
Considérons la Vierge Immaculée venant au monde neuf mois après sa Conception , et confirmant de Jour en jour les espérances de la terre. Admirons la plénitude de grâce que Dieu avait mise en elle, et contemplons les saints Anges qui l'environnent de leur respect et de leur amour, comme la Mère future de celui qui doit être le Chef de la nature angélique, aussi bien que de la nature humaine. Suivons cette auguste Reine au temple de Jérusalem, où elle est offerte par ses parents, saint Joachim et sainte Anne. Agée seulement de trois ans, elle est déjà initiée aux secrets du divin amour. « Je me levais toujours au milieu de la « nuit, a-t-elle dit elle-même, dans une révélation, à « sainte Elisabeth de Hongrie, et j'allais devant l'Autel « du Temple, oiîi je demandais à Dieu d'observer tous « les préceptes de sa Loi, et je le suppliais de m'ac- « corder les grâces dont j'avais besoin pour lui être «agréable. Je lui demandais surtout qu'il me fit « voir le temps oU vivrait cette Vierge très -sainte c< qui devait enfanter le Fils de Dieu. Je le priais de « conserver mes yeux pour la voir; ma langue pour « la louer; mes mains pour la servir ; mes pieds pour
« marcher à ses ordres; mes genoux pour adorer le- « Fils de Dieu entre ses bras. »
Cette Vierge à jamais digne de louanges , c'était' vous-même^ ô Marie I Mais le Seigneur vous le cachait encore} et votre céleste humilité ne vous eût jamais permis d'arrêter un instant la pensée sur une si haute dignité, comme pouvant vous être réservée. D'ailleurs, vous aviez engagé votre foi au Seigneur; dans la* crainte que Theureuse prérogative de Mère du Messie ne portât une atteinte, si légère qu'elle pût être, au vœu de virginité qui vous unissait à Dieu seul, vous aviez, la première et la seule entre les filles d'Israël, renoncé pour jamais à l'honneur de prétendre à une si' haute faveur. Votre mariage avec le chaste Joseph fut donc un triomphe de plus pour .votre incomparable virginité, en même temps qu'il était, dans les décrets de la Souveraine Sagesse, un ineffable moyen de vous assurer un appui dans les sublimes nécessités que bientôt vous alliez connaître. Nous vous suivons, ô épouse de Joseph! dans la maison de Nazareth où vas'écouler votre humble vie j nous vous y contemplons comme la Femme forte de l'Écriture^ vaquant à tous vos devoirs, et l'objet des complaisances du grand Dieu et de ses Anges. Nous recueillons vos prières pour lavenue du Messie, vos hommages à sa Mère future ; et vous suppliant de nous associer au mérite de vos désirs vers le divin Libérateur, nous osons vous saluer eomme la Vierge prédite dans Isaîe, à laquelle, et non< à une autre, appartient louange et amour de la part de la Cité rachetée,
PROSE
{Tirée du Missel de Cluny de 1523.)
Veneremur Virginem Genitricem gratiœ, Salutis dulcedinem , Fontém Sapientiœ.
Hsecestaula regia, Regina prudentiae, Virgo ptena gratia, Aurora lœtiti».
Hsec est melle dulcior, Castitatisliiium; Jaspide splendidior , Mœroris solatium.
OFons ad mirabilis , Ftdei principium, Mater admirabilis , Vas virtutis pretium.
Tu es régis speciosi Mater honestissima, Odor nardi pretiosi, Rosa suavissima.
Arbor vitœ di^na lande , Stella fiilgentissima , Generosa Mater, gaude, Virgin um sanctissima.
Tu medela peccatorum , Regina consilii, Peperisti florem florum , Christum fontem gaudii.
Virga Jesse,Uix Sanctorum, Donatrix auxilii, Memor esto miserorura , In die Judicii.
Tu es mundi gaudiura , Charitatis régula, Victoris slipendium, Aromatum cellula.
Sit tibi flos omnium , Virgo sine macula, Honor et imperium Per œterna sœcula.
Amen.
Vénérons la Vierge, la mère de la Grâce, la douceur du Salut, la fontaine de Sapience.
C'est la Cour du grand Roi, la Reine de prudence, la Vierge
Eleine de grâce , TAurore de iesse.
Elle est plus douce que le miel, vrai lis de chasteté; plus brillante que le jaspe, Tallégement du cœur affligé.
0 fontaine admirable! principe de notre foi ; ô Mère admirable! précieux vase de vertu.
Vous êtes du plus beau des rois la plus chaste des mères ; parfum du nard le plus par, rose très-odorante.
Arbre de vie digne de louange, Étoile très-éclatante, noble Mère, réjouissez-vous, ô la plus sainte des Vierges !
Remède des pécheurs, Reine de bon conseil, vous avez mis au jour la fleur des fleurs, Jésus, source de toute joie.
Branche de Jessé, flambeau des Saints, secourable prolectrice, sou venez- vous des malheureux, au jour du jugement.
Vous êtes la joie du monde.
la règle de l'amour, le salaire de la victoire , le trésor des parfums.
A vous soient, ô fleur du monde ! Vierge sans tache , et l'honneur et l'empire, dans les siècles éternel».
' Amen.
LiTU&GioinE. 40i
PRIERE DU SAGRAMENTAIRE GREGORIEN.
(Dans les Oraisons quotidiennes de VAvenU)
Exultemus , quœsumus , Faites, s'il vous plait, Sei- Domine Deus noster , om- gneur notre Dieu , que nous nés recti corde in unitate soyons dans l'allégresse , nous fideicongregati.'utveniente tous qui sommes rassemblés, Salvatore nostro Filio tuo , avec un cœur droit , dans Thimmaculati occurramus illi nité de la foi ; aûn qu'à l'Avéin ejus Sanctorum comi- nement de votre Fils notre Sautatu. Per Ghristura Domi- veur, purifiés et réunis à la num nostrum. Âmen. compagnie de ses Saints, nous
allions au-devant de lui. Par Jésus -Christ notre Seigneur.
Amen.
X DÉGEMi^aE
TROISIÈME JOUR DANS l'OCTAVE
DE L'IMMACULÉE CONCEPTION
Considérons la très -pure Marie visitée par TAnge Gabriel, et concevant en ses chastes entrailles le Créateur de Tunivers , le Rédempteur de la mce humaine. Mais afin de mieux goûter le fruit d'un si grand Mystère , prêtons une oreille pieuse au Séraphique saint Bonaventure, qui , dans ses ineffables Méditations sw la Vie de Nôtre-Seigneur, raconte avec une onction que rien ne saurait imiter, ces sublimes scènes de TÉvangile auxquelles TEsprit-Saint semble Tàvoir fait assister. Nous empruntons ce fragment' à la traduction de
M» l'avbnt
Touvrage entier par le R, P. Dom François Le Bannier, Bénédictin de la Congrégation de France (4).
« Or, après que fut venue la plénitude du temps a auquel la souveraine Trinité avait arrêté de pour- « voir, par Tlncamation du Verbe, au salut du genre « humain, à Tendroît duquel elle était éprinse d*ex- « trême charité; lors, d'une autre part, que la bien- « heureuse Vierge Marie fut revenue à Nazareth, ce « Dieu tout- puissant , ému par sa miséricorde, et acaquiescant aux pressantes sollicitations de TEsprit a d'en-haut, appela FAnge Gabriel, et lui dit : Va trou- « ver notre très-aimée Fille Marie ^ épousée à Joseph, celle « sur toute créature qui nous est la plus chère , et dis à « icelle que mon Fils a convoité sa beauté et se l'est choi- « sie pour Mère^ et prie-la d'accepter icelui joyeusement, « parce que par elle ai décrété d'opérer le salut de tout le <i genre humain, et veux oublier r injure à moi faite.
« Se levant donc, Gabriel , joyeux et réjoui, s'envola « des hauteurs, et sous Thumaine apparence, en uq « moment fut devant la Vierge Marie, qui lors était en « la chambre à coucher de sa maisonnette. Mais il ne <( vola pas si vite qu'il ne fût prévenu par Dieu ; et là « il trouva la Trinité sainte qui prévint son message.
(J) L^auteur de la traduction a pensé que, pour rendre comptétement la suave et humble diction de saint BonaTenture, dans sa Vie du Christ, il était convenable de récourir aux formes naïves ^e la langue française conservait encore aux xv» et xvi» siècles. H ne nous appartient pas de prononcer sur le mérite de ce travail de notre confrère, en présence du public ; mais il nous est permis de convenir que cette œuvre délicate a trouvé grâce auprès des juges compétents.
LITURGIQUE. M3r
« Adonques quil fut entré chez la Vierge Marie, Gac( briel, son fidèle Paranymphe, lui dit : Salut, pleine a de grâce; le Seigneur est avec vous : bénie étes-vcus^ a entre toutes les femmes. Mais icelle ti'oublée, ne ré- « pondit mot : non pas qu'elle fût troublée de trouble* « coupable, ni de la vision de l'Ange, d'autant qu'elle « était accoutumée à souvent en voir; ains, suivant « les mots de FÉvangile, elle fut troublée en la parote « d'icelui, pensant à la nouveauté d'une telle saluta* a tion; car il n'avait point accoutumance de la saluer a de la sorte.
<i Or donc, comme en ladite salutation^ elle se voyait a complimentée de trois choses, elle ne pouvait, cette a humble Dame, ne se troubler point. De fait, on la « complimentait pour ce qu'elle était pleine de grâce, « que le Seigneur était en elle, et qu'elle était bénie par* a dessus toutes les femmes : mais l'humble ne peut ouïr « son éloge, sans rougir et se troubler. Par ainsi son « trouble provint d'une vergogne honnête et ver- <t tueuse. Elle se prit aussi à craindre et à douter s'il « en allait vraiment ainsi : non qu'elle crût l'Ange «capable de ne pas parler vrai; mais c'est qu'il est a propre aux humbles de n'examiner onoques leurs a vertus, ains plutôt de ruminer leurs défauts, à celle « fin de pouvoir toujours profiter, estimant petite ce « qu'ils ont de grande vertu, et leurs plus chétifs dé- «fauts comme fort grands. Et ainsi donc qu'une « femme prudente et avisée, timide etmodeste,Notre- « Dame rien ne répondit. Et d'effet qu'eût-elle ré- « pondu? Apprends aussi toi-même, à son exemple, à « observer le silence et aimer la taciturnité, pour ce'
404 i'avent
a que grande et moult utile est icelle vertu. Aussi a écouta-t-elle deux fois premier que de répondre une « seule; d'autant que c'est une chose abominable pour « une vierge d'être parleuse.
«Adoncques connaissant FAnge la cause de son « doute^ il lui dit : Ne craignez point, Marie, ni ne m rougissez des louanges que je vous ai dites; parce qu'il a en est ainsi : voire mêmey non^seidement vous êtes pleine « de grâce, oins encore vous l'avez récupérée et retrouvée « de par Dieu, pour tout le genre humain. Car voici que. a vous concernez et enfanterez le Fils du Très-Haut. Celui a qui vous a élue pour être sa Mère, sauvera toutes gens a qui espéreront en lui. Pour lors icelle répondit, sans « toutefois confesser ou nier la justesse des com- « pliments qu'on lui venait de faire : ains, il était « un autre point dont icelle voulait être certifiée; « scavoir est pour le regard de sa virginité que partf dessus tout elle craignait de perdre : partant^ elle il s'enquit auprès de l'Ange de la manière de cette « conception, disant : Comment cela se fera-t-U? car c f ai très- fermement dévoué ma virginité àmon Seigneur, « pour qu'à tout jamais je ne connusse point l'/iomme. Et a l'Ange lui dit : Cela se fera par l'opération du Saint' fi Esprit, lequel vous remplira d'une façon singulière, et a par la vertu d'icelui vous concevrez, sauve pour vom « votre virginité; et c'est pourquoi votre fils sera nommé « le Fils de Dieu : car rien ne lui est impossible. Voye: « bien Elisabeth votre cousine; encore qu'elle fût modt « âgée et stérile, il y a déjà six mois qu'elle a conçu «« « fUs par la vertu de Dieu.
a Considère ici, pour Dieu, et médite comme quoi
LITUEGIQUIS. 405
a toute la Trinité est là^ attendant la réponse et conasentement de cette sienne Fille singulière, regara dant avec amour et complaisance la modestie d'i* a celle, ses mœiu*s et ses paroles. Contemple Gabriel, « se tenant incliné et révérencieux devant sa Dame, i( avec un visage paisible et serein, exécutant fidèle- •« ment son ambassade, et observant attentivement les c( paroles de sa très-chère Dame; à celle fin de lui « pouvoir congruement répondre, et sur cette œuvre « merveilleuse, parfaire la volonté du Seigneur. Confie âdère comme Notre-Dame se tient timidement et tf humblement, la face couverte de pudeur, quand « elle est ainsi prévenue parTAnge, et à Timpourvu. « Aux paroles d'icelui, elle ne s'élève, ni ne se répute. « Voire même : comme elle entend dire de si grandes « choses de soi, des choses telles que jamais oncques « ne furent dites, elle attribue le tout à la divine « grâce. Apprends donc, à Texemple d'icelle , à être « modeste et humble : d'autant que sans cela la virgia nité vaut peu de chose. La voilà qui s'éjouit, la « très-prudente Vierge, et elle se consent aux paroles « ouïes de la bouche de TAnge. Lors, comme ainsi il « est relaté en ses Révélations, elle se mit à genoux, « avec profonde dévotion, et les mains jointes, elle dit: « Voici la servante du Seigneur : me soit fait suivant « votre parole. Adoncques, le Fils de Dieu entra aussi- « tôt tout entier et sans retard au sein de la Vierge, et « en prit chaii-, cependant que tout entier, il resta au c( sein de son Père,
« Or, pour lors, Gabriel, avec sa Dame^etlVIaitresse, •a se mit aussi à genoux; et peu après se levant avec
A06 h'AYWT
« elle, puis inclinant de rechef jusqu'à terre et lui a disant adieu, se disparut; après quoi, de retour en a sa patrie, il conta toute la chose ; et fut là une noua velle liesse, et nouvelle fête, et nouvelle exultation <c nonpareille. La Dame pour sa part, toute enflam- « mée, et^lus que d'accoutumance embrasée en Ta- « mom* de Dieu, se sentant avoir conçu, rendit grâces, a à deux genoux, d'un si grand don, suppliant hum- « blement et dévotieusement le même Seigneur Dieu, vtt qu'il la daignât instruire ; de telle façon, qu'en tout (( ce qui se présenterait à faire environ son Fils, elle le « pût faire sans défaut. »
Ainsi a parlé le Docteur Sérapbique; adorons profondément notre Créateur, dans l'état où l'ont réduit son amour pour nous et le désir de subvenir à notre misère ; saluons aussi Marie, la Mère de Dieu et lanôtre.
PROSE
( Tirée du Missel de Cluny de 4523. )
In honorem Mariœ Virgi- A la gloire de la Vierge Marie,
nis, qui nous a lavés des souillures
QiifB noslavita labe crimi- du crime, célébrons ce jour;
n is, c'est un jour d'allégresse.
Gelebretur hodie:
Dies est laatitiœ.
De radice Jessepropaginis Du tronc de Jessé, père de sa
HanceduxitSolveriluminis, race, le Soleil de vraie lumière
Manu sapientiae , l'a fait sortir par la main de sa
Templum susb gratiœ. sagesse, pour en faire le temple de sa grâce.
Stella no va noviteroritur, Au nouveau lever de cette
Cujus ortu mors nostra mo- étoile nouvelle, notre mort se
ritur: meurt, et enfin de sa chute,
.Evœ lapsus jamrestituitur Eve se relève en Marie. In Maria. .
£t aurora surgens progre- Elle monte cette aurore nais-
dilur santé ; elle resplenditcomme la
UTïïaGIQUE.
mi
lune en sa beauté; et comme un soleil , au-dessus de toutes les créatures, s'élève la Vierge miséricordieuse.
Vierge mère, Vierge unique, léger nuape de parfums, soleil de suavité, en vous se glorifie toute Tœuvre du ciel et du monde.
Le Verbe du Père, au milieu de^ temps, descend dans le secret de vos entrailles ; tout entier dans votre sein, au dehors il existait aussi tout entier.
Fruit vigoureux d'un arbre desséché, le Christ, comme un ' géant, en sa force immense, a rompu nos chaînes et repris ses gages à Tenfer.
11 a pris compassion de la race humaine, le fruit miséricordieux d'un sein virginal ; levez-vous , jeunes et vieux , levez-vous à la louange de la Vierge.
Il pouvait nous faire expier le péché de notre ancien père; il a voulu se faire médiateur entre Dieu et l'homme.
0 Marie ! en votre sein céleste se traite une alliance pleine de charmes , qui octroie aux pécheurs le remède du salut.
0 espérance vraie, et véritable joie , faites qu'au sortir de l'arène de cette vie , la couronne désirée nous soit donnée .dans les cieux.
Âmen.
Sicat luna pulchra descri-
bitur; Super cunctas ut sol erigitur Virgo pia.
Virgo Mater et Virgo unica Virga fumi , sol aromatica , In tecœli,mundiquefabnca Gloriatur.
Verbum Palris processu temporis Intra tui secretum corporis; In te totum, et totum deforis In te fuit.
Fructusvirens arentisar-boris Cbristus, gigas immensi
roboris , Nos a nexu funesti pignoris Eripuit.
Condoluit humano ^eneri Virginalis filius uteri :
Accingantur seneset pueri Ad laudem Virginis.
Qui potuit de nobis con-
queri Pro peccatoparentisveteris, Mediator voluit fîeri Del et hominis.
0 Maria , dulce comraer-
cium Intrat tuum cœleste gre-
mium, Quo salutis reis remedium Indulgetur.
0 spes vera et verum gau-
dium , Fac post vit8B prsesentis sta-
dium Ut optatum in cœlis bra-
vium Nobis detur. Amen«
408 l'avbnt
LE MÊME JOUR