‹ L'Année liturgique. L'aventChapitre 116 sur 149 · L4V18RT · texte numérisé non relu

L4V18RT

Prœtor, ait : Râpe prsecipi-

tem, Lictor, et obruesuppliciis :

Sentiat, esse deos patries , Nec levé priocipis impe-

rium.

Quam cuperem tamen

ante necera , Si polis est, revocaretuam, Tot'va piiellula, nequitiam !

Respice» gaudia quanta me-

tas , Qmd tibi fer t genialis honor.

Te lacrymis labefacta domus Prosequitur, generisque tui Ingemit anxia nobiljtas , Florequod occidis in tenero, Proxi ma dotibus et thalamo.

Non moYet aurea pompa

tori , Non pietas veneranda se-

num, Quos temeraria débilitas?

Ecce parata ministeria Excruciabilis exitii.

Aut gladio feriere capiit, Aut laniabereraeinbra feris, Aut facibus data fumificis , Flebiliterque ululanda tuis In cineris resoluta ûues.

Usèc, rogo, quis labor est

fugere ?

Si modicum salis eminulis Thuris et exiguum digitis 'fangere, virgo, benigna ve-

lis^.

au comble la colore du préteur :

a Licteur , s'écrie -t*i[ , saisis a cette furieuse , et dompte-la ce par les tortures. Fais lui seo- « tir ce que c'est que les dieux « de la patrie, et qu'on ne mécc prise pas en vain les éditsdu « prince.

« Jeune fille égarée , plutôt <c <{<ie de t'envoyer à la mort, « je voudrais , s'il est possible, « t'arracher à tes erreui-s perce verses. Vois donc quel bonce heur cette vie te destine, quel n honorable hymen t'est pré- « paré.

«( Ta famille dans les larmes <c te recherche en ce moment; « cette famille d'une si illustre <c noblesse se désole de te voir a périr à la fleur de tes ans, à a la veille des pompes nuptia- « les.

<cLa splendeur d'un hyméoée « opulent n'est-elle donc rien a pour toi ? Dans ta présompd tion , veux-tu donc ébranler « la piété filiale? Eé bien ! cona sidère ces instruments d'an « cruel trépas.

<c Ou ta tête tombera sous le « j^laive, ou tes membres vont « être déchirés par la dent des (& bêtes féroces, ou les torches ce embrasées vont les consumer ce à petit feu ; partout c'est la a mort et le tombeau qui t'atcc tendent; ce sont les pleurs et ce les cris de tes parents autour ce du bûcher.

ce Et auel si grand effort asce tu à faire , pour éviter un ce sort si affreux ? Daigne seulece ment, jeune fille, toucher du ce bout de tes doigts un peu de ce sel et quelques grains d'en-

LITUIUrlQUE.

a cens ; et ces supplices terria blés ne te regardent plus. »

La martyre ^arde le silence ; mais elle frémit à un tel dis* cours ; dans son indignation , elle crache aux yeux du tyran, renverse d'un coup de pied les idoles , les gâteaux sacrés et l'encens.

Aussitôt deux bourreaux dé« chirent la chair délicate de la vierge; ses flancs sont sillonnés jusqu'aux os par les ongles de fer; Eulalie compte ses glorieuses blessures.

<c C'est votre nom. Seigneur, ce que l'on trace sur mon corps ; ce (^^ue j'aime à lire cescarac- « teres qui racontent vos vicie toires, ô Christ ! la pouri)re ce de mon sang sert à écrire (c votre nom sacré. »

C'est ainsi qu'elle chantait dans sa joie, la vierge intrépide ; pas une larme , pas un soupir; de si cruelles souffrances sont pour elle comme si elles n'étaient pas; et cependant ses membres sont arrosés k chaque instant par un nouveau jet de son sang qui jaillit tiède sous les ongles die fer.

Biais ce n'est pas la dernière de ses tortures ; il ne leur suffit pas d'avoir labouré tout son corps de sillons cruels ; c'est maintenant le tour de la flamme ; des torches ardentes parcourent avec fureur ses flancs et sa poitrine.

Pœna gravis procul abfùerit. Martyr ad ista nihil : sed-

enim Infremit, inquetyranniocu-

los Sputajacit. Simulacra de-

hlnc Dissipât, impositamque mo-

lam Thuribulis pede prosubi-

Nec mora, carniflces gemini

Juncea pectora dilacerant ,

Et iatus ungula virgineum

Puisât utrinque, et ad ossa secat,

Eulalia numerante notas.

Scriberis ecce mihi. Domine,

Quam juvat hos apices légère ,

Qui tua , Christe , trophea notant I

Nomen et ipsa sacrum loquitur

Purpura sanguinis eliciti.

Haec sine fletibus , et gemitu

Lseta canebat, et intrepida.

Dirus abest dolor ex animo,

Membraque picta cruore novo

Fonte cutem recalenle lavant.

Ultima carnificina dehinc, Non laceratio vulnifica, Grate tenus nec arata cutis:

Flamma sed undique lam-

padibus In lalei*a, stomachumque furit.

Grtnis odorus et in jugu-

los Fluxerat, involitans humeris, Quo pudibunda pudicitia, Virgineusque lateret honos, Tegmine verticis opposito.

Fiamma crepans volât in

faciem, Parque comas vegetata, ca-

put Occupât, exsuperatque api-

cem :

Virgo, citum cupiens obi-

tum, Appétit , et bibit are ro-

gum.

Emicat Inde cohimba re-

pens, Martyris os nive candidior Visa relinquere, et aslra

sequi :

Spirilus hic erat EulaliaB Lacteohis, celer, innocuus.

Colla fluunt , abeunte

anima, Et rogus igneus emoritur :

Pax datur artubus exani-

rais, Flatus in œthere plaudit

ovans, Tem plaque celsa petit vo-

iucer.

Vidit et ipse satelles ,

avem Feminae ab ore meare pa-

iam , Obstupefactus , et attoni-

tU9

Prosilit, et sua gesta fugit, Lictor et ipse fugit pavidus.

Ecce nivem glacialis hyems Ingerit, et tegit omne forum ;

La chevelure embaumée d'Eulalie s'était détachée ; flottant sur les épaules , elle était venue descendre comme un voile appelé à protéger la pu^ deur de la vierge.

Mais la flamme pétillante des torches est montée jusqu'au visage; en un instant, elle prend à la chevelure , elle parcourt la tête et s'élève audessus du visage. La vierge, avide de mourir, ouvre ses lèvres, et aspire ce feu qui la consume.

On vit soudain une colombe plus blanche que la neige s'élancer de la bouche de la martyre, et monter vers les cieux; c'était rame d'Eulalie, toute pure, toute vive, toute innocente.

La tête s'incline au moment où l'âme s'est enfuie; le feu des torches s'éteint tout à couples membres endoloris ont cessé de souffrir ; le soufle qui animait la vierge, monte joyeux à travers les airs et se dirige, semblable à l'innocent oiseau, vers les temples du ciel.

Le bourreau Ta vu s'élancer de la bouche de la jeune fille; saisi de terreur il s'est enfui loin du théâtre de sa barbarie ; le licteur lui-même a disparu tremblant.

Tout à coup une neige inattendue se forme dans l'air glacial et descend sur le forum ; comme un blanc linceul, elle

LTrURGIQUE.

vient couvrir le corps d'Eulalie <iui demeurait exposé aux injures de la saison.

Les larnies humaines accompagnent les funérailles d'un être chéri ; ici, ces témoignaffes de regret sont dépasses; les éléments eux-mêm«s, ô vierge , ont reçu de Dieu l'ordre d'accomplir envers toi les devoirs suprêmes.

Aujourd'hui y Mérida, ville célèbre de la Vettonie, s'honore de posséder son sépulcre ; cité florissante que parcourt le fleuve Âna qui, dans son cours rapide et ombragé d'arbres toujoui-s verts, vient baigner son élégante enceinte.

C'est là que dans un sanctuaire où la lumière est réfléchie par l'éclat des marbres étrangers et indigènes , un tombeau digne de tout respect, garde les cendres sacrées d'Eulalie.

Au-dessus étincelle un lambris tout resplendissant d'or; le pavé du temple formé de pierres délicatement taillées semble un jardin émaillé de fleurs et des roses les plus vermeilles.

Cueillez la violette pourprée, moissonnez des fleurs éclatantes; l'hiver, malgré sa rigueur, en produit encore ; le sol glacé qu'échauffe le soleil en fournira de quoi remplir vos corbeilles.

Membra tegit simul Eulalise,

Axe jacentia sub gelido,

Pallioii vice linteoli.

Cedat amor lacrymantum hominum ,

Qui celebrare suprema so^ lent,

Fiebile cedat et offlcium :

Ipsa elementa, jubente Deo,

Exequias libi , virgo, ferunt.

Nnnc locus Emerita est tumulo

Clara colonia Vettoniae :

Quam memorabilis amnis^ Ana

Praeterit, et viridante rapax

Gurgite maenia pulchra lavit.

Hic, ubi raarmore perspicuo

Atria luminat aima nitor

Et peregrinus , et indigena,

Relliquias, cineresque sacres

Servat humus veneranda sinu.

Tecta corusca super rutilant

De laqucaribus aureolis^

Saxaque csesa solum variant,

Floribus ut rosulcnta putes

Prata rubescere multtmodis.

Garpite purpureas violas,

Sanguineosque crocos raetite :

Non caret his génial is hyeras,

jLaxat et arva tepens glacies,

Floribus ut eu mulet calsK thos.

Ista comantibus e foliis liunera, virgo, puerque,

date :

Ast effo serta choro in me-

crio Texla ferampede dactylico, Tilja, raarcida , festa ta-

roen.

Sic venerarier ossa libet, Ossibus altar et impositum:

Ula Dei sita sub pedibiis Pi'ospicit baec, populosque

suos €ai*niine propitiata fovet.

Jeunes filles, jeunes hommes, en présentant cette offrande, n'oubliez pas de l'entourer d'un épais feuillage ; ma guirlande à moi sera ces vers aactylique$ que'j'offre pour les cbiBurs ; ils sont humbles, ils se ressentent de ma vieil|^se ; cepcn^iant ils conviennent à la fête.

C'est ainsi que nou& offrirons nos hommages aux restes sacrés de la martyre, et à l'autel qui couvre son tombeau : du ciel où elle repose aux pieds de Dieu elle agrée l'offrande, et rendue propice par nos chants elle répand sa protection sur un peuple qui est le sien.

Nous regrettons de ne pouvoir donner ici qu'une feible idée des richesses liturgiques que nos offrent Je Bréviaire et le Missel Mozarabes , sur sainte Eulalie. Rien n^est plus magnifique que les éloges consacrés à sa mémoire par Tancienne Église d'Espagne. Nous prenons, presqu'au hasard, dans le Missel, les deux belles pièces qui suivent, que nous avons choisies sur ▼ingt autres qui auraient presque un droit égal à être citées ici.

OllATIO.

Lœtetur in te, Domine, ^laeso, virginitas : et huic proxima congaudeat continentia.Nonsexum qua&runt hujus modi bella : sed animuin. Non mucronis confidentiam, sed pudoris. Non ctiam personas discussuras, sed causas. Impune inter armatas transit acies innocens oonscientia : quae superavit crinMDa,superat et metalla.

ORAISON

Que la virginité se réjouisse en vous. Seigneur, et que la continence, sœur de la virginité, prenne une part à sa joie. Voici une guerre dans laquelle il ne s'agit plus du sexe, mais du courage; la défense n'est plus dans te glaive, mais dans la pudeur; le combat n'est pas entre les personnes , mais entre les causes. Une conscience innocente traverse

LITCRaiQnE.

sans blessure des bataillons armés; elle a vaincu le Tice»

elle triomphera du fer. U vaincra facilement les autres, celui qui s'est vaincu lui-même; mais si la vertu est louable dans rhomme, la Vierge qui déploie un courage viril est digne encore de plus grands éloges. Voici qu'une Vierge sacrée pénètre dans une assemblée profane, et, portant Dieu seul dans son cœur, elle triom* phe des supplices. Cependant il y a là un licteur non moins impudent que cruel, qui, par les traits impudiques de ses regards, torture par un infâme supplice celle qu'on peut appeler l'épouse du Christ; en sorte que celle qui est étrangère à l'adultère, ait du moins a subir une peine adultère.

Bientôt le bourreau, pour la soumettre à une plus rude épreuve, expose le corps de la Vierge aux yeux des spectateurs; et le long de ses flancs déchirés le sang coule en ruisseaux, plus rapides que n'est la main du licteur à ouvrir de nouvelles blessures. L'intention sacrilège du juge est confondue : il n'y a ici d'autre jouet que ses tourments. Sans doute notre Vierge est nue ; mais sa nudité est pudique. Que l'un et Pautre sexe aj^ prenne donc de cette Vierge a rechercher, non la beauté, mais la vertu :

à aimer la foi , non les grâces du corps. Que celui uui veut plaire au Seigneur, s attende a être jugé, non sur les agréments du visage, mais sur la pudeur. Maintenant, 6 Gtirist!

Facile vincit alios quisquis se vicerit; et cum lauda-* bile sit viro fecisse virtutem, majoris tamen preconii est fecisse virginem* rem virilem. Prophanum sacra ingrediturpuella concilium : et solum Deum in

Ï^ectore gestans infert vioentiam passion i. Nec deest lictor tam impudens quam crudelis : qui sponsam (secure dixerim ) Christi, fornicantium verberibus oculorum, supplicio libidinante torqucret : ut quae pœnas in adulterionon luebat, saltem pœnas adultéras sustineret.

Dudum quod gravi us carniCex putat, expectantium oculis corpus exponit, et per divaricatas , viscerum partes, ictuumsulcos cursus fus! sanguinisantecedit. Péri it tunctortorisiniqui comment u m : sola patiuntur tormenta ludibrium. Habet quidem virginem nostram nuditas , sea pudicam. Discat ergo; discat ulerque sexus ex virgine , non pulchritudinem colère: sed virtutem. Fidem amare : non formam. Placiturus Domino : non decoris expectare judicium, sed pudoris. Sed quia tuum est, Christe, totum quod meruit : tuum etiam auod peregit : Nec enim tela repellimus ad versantium,nisPtu8edivinitatis beneficio sublevemur.Nunc prsesta nobis ut sicut hssc beatissima Mart^fr tua pu* gnando praemium adepta est castltalis ; ita nos corn-

missoram nostrorum ad te dimissis contagiis, adipisrcamur prsemia tuse pro*

mission i&

ILLATIOi

Digrtum et jnstum est, Domine Deus, quitamprudentem virginem fidei sociatam apice gloriae- consecrasli, tibi gratias agere:

Ut per quem facta est mater Maria, iîeret Martyr Eulalia :

illa pariendi affectu felix, ista moriendî. Illa implens Incarnationis officium^ ista rapiens passionis exemplum : illacrediditÂngelo, ista resistit iniraico. Illa electa per quam Ghristus na«ceretur : ista assumpta per qiiara diabolusvinceretur. Digna re Eulalia Martyr et Virgo placitiira Boni i no suo : quae Spiritu Sancto protegente, tenero sexu bellum forte sudaverit ; et ultra opinioDemhumand& virtutis ad tolerantiam po&narum zelo tui araoris se obtulerit : cum in specie pretiosi Unigemti tui sanguinetn suum subtestimonio bonaeconfessionis effuderit : et incorrupta flam^

puisque c'est par vous que cette Vierçe a vaincu^ par vous qu'elle a mérité, par vous aussi qu'elle a accompli sa tâche ( car nous ne saurions repousser les traits de nos ennemis, si nous n'étions soutenus par le secours de votre Divinité) , daignez donc , de même que votre bienheureuse Martyre a gagné par son combat le prix de la cnasteté, nous pardonner l'impureté de nos méfaits , nous faire obtenir la récompense que vous avez promise.

ILLATiOIt.

Il est digne et juste, Seigneur DieU; que nous vous rendions grâces, à vous qui avez élabli dans une gloire sublime cette Vierge prudente, fidèle disciple de la foi ; à vous qui ayant tait que Marie devint mère, avez fait -aussi qu'Eulalie fut Martyre : Tune heureuse d'enfanter, l'autre heureuse de mourir : Tune, accomplissant le ministère de l'incarnation du Verbe; l'autre, s'appropriant l'imitation de ses souifrances.

L'une crut à l'Ange, l'autre résista à l'ennemi : l'une, élue pour que le Christ naquît d'elle, l'autre choisie pour que le diable fût vaincu par elle. Elle fut vraiment digne de plaire à son Seigneur, Eulalie, la Martyre et la Vierge qui, protégée par l'Esprit -Saint, soutint un combat rude à la délicatesse de son sexe. On la vit dépassant toutes les forces humaines , s'offrir aux tortures par le zèle de votre amour ; quand pour l'honneur de votre cher Fils unique, elle

LtTURGÏOUE.

Tersa soo sang dans le témoignage d'une confession généreuse, et livra aux flammes ses chastes flancs, comme un encens de très -suave odeur.

Sans être appelée, elle se présente au tribunal d'un gouverneur sanguinaire. Là, son âme se montre aussi incapable de dissimulation que io lieu même était propre à un triomphe. Elle veut gagner un royaume, mépriser les supplices, trouver celui qu'elle cherche, voir enfin celui qu'elle aura confessé. La peine ne Véuieut pas; elle ne doute pas de sa couronne : le chevalet ne l'a pas lassée; elle est sans inquiétude sur la récompense.

On l'interroge, elle confesse :

on l'immole, elle est couronnée. Par un prodige étonnant, l'esprit de la Vierge, montant vers vous par la flamme, votre Majesté le reçoit sous la forme d'une colombe ; en sorte que la Martyre s'élève au ciel sous le symbole merveilleux par lequel, ô Père céleste! vous avez désigné votre Fils à la terre. Mais les éléments euxmêmes ne peuvent souffrir que le corps de la Martyre demeure plus longtemps sans honneur : une neige tombant du ciel comme une blanche tpison vient embellir, couvrir

et voiler ces restes dans les-

3uels respirent l^austérité de la vertu, la caneur de la virginité. Le ciel lui-même prête la Ï>ompe de son linceul à de si augustes funérailes ; enfin, par la miséricorde du Rédempteur, l'âme de la Vierge est établie dans la demeure céleste, et les honneurs d'en haut compensent la sépulture terrestre dont son corps est privé.

mis viscera in odorem suavissimi thymiamatis adoleverit. Vadit ad tribunal cruenti pr^aesidis, non qiiœsita. In qua tam solum fuit animus incontinens ad secretum, quam locus competens ad triumphum. Lucratura regnum, contemptura supi>licium, inventnra i|uaesitum , visura confessum. Non trépida de pœna, non ambigua de corona, non defessa de equuleo , non diffisa de praernio. Interrogatur, confitetur, occiditur, coronatur. Ingentique miraculo majestas tua exhalatum Virginis Spiritum, quem assumpsit per flammam, suscepit per columbam. Ut hoc prodigio in cœlis Martyr ascenderet, quo in terris Filium Pater oslenderat. Siquidem nec inhonorum patiuntur elementa corpusculum, quod deciduis nix aspersa velleribus, et virtutis rigorem et virginitatis tecta candorem eluceret, vestiret, absconderet. Superni velaminis operimento , cœlura funeri praestat exequias, et per misericordiam Redemptoris daret animse sedem, pro sepultui-a redderet dignitatem.

Laissez-nous^ glorieuse Martyre^ mêler notre admiration à celle de J'Église, notre voix aux cantiques sublimes qu'elle entonne en votre honneur. L'amMii* du Christ, ô Vierge héroïque, avait transporté voti'e eœur, et vous ne sentiez plus les tourments ; ou plutôt la douleur était Taliment de votre amour, en l'absence de cet Ëpoux qui, seul, pouvait répondre à vos désirs. Cependant, avec cette ardeur invincible, avec cette audace magnanime qui vous faisait affronter les tyrans et la fureur du peuple, rien de plus doux que votre sourire, de plus tendre que vos paroles. Obtenez-nous, Ô Épouse du Chi'ist ! une part à ce courage qui ne défaille jamais devant Tennerai, à cette tendresse pour le Seigneur Jésus, qui seule sauve les âmes de la sécheresse et de Torgueil. 0 vous, la gloire de Tlbérie! colombe pacifique ! ayez pitié de cette terre catholique qui vous a nourrie pour le ciel. Ne souffrez pas que rantique foi pâlisse dans une Église qui brilla si longtemps entre toutes les autres d'un éclat non pai*eil. Priez pour que les jours de la tribulatîon soient abrégés ; que Dieu, fléchi par vos prières, confonde la sacrilège audace des impies qui ont résolu d'anéantir le Royaume de Dieu sur la terre ; qu'il inspire au Clergé la force et l'énergie des anciens joui-s; qu'il rende fécond le sang des Martyrs qui a déjà coulé; qu'il arrête le scandale dont les simples et les faibles sont si aisément les victimes ; qu'il daigne enfin ne pas effacer l'Espagne du nombre des nations catholiques, et pardonner aux fils dégénérés, en souvenir de leurs pères !

LITURGIOinB* 427'

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