‹ L'Année liturgique. L'aventChapitre 134 sur 149 · L'EXPECTATION · texte numérisé non relu

L'EXPECTATION

DE l'enfantement DE LA SAINTE VIERGE

Cette Fête, qui se célèbre aujourd'hui, non-seulement dans toute TEspagne, mais dans presque toutes les Églises du monde catholique, doit son origine aux Évêques du dixième Concile de Tolède, en 656. Ces Prélats ayant trouvé quelque inconvénient à Tantique usage de célébrer la fête de TAnnonciation de la Sainte Vierge au 25 Mars , attendu que cette solennité joyeuse se rencontre d'ordinaire au temps où TÉglise est préoccupée des douleurs de la Passion, et qu'il est même nécessaire quelquefois de la transférer dans le Temps Paschal, où elle semble présenter une contradiction d'un autre genre, ils décrétèrent que désormais on célébrerait dans TÉglise d'Espagne, huit jours avant Noël, une fête solennelle avec Octave, en mémoire de TAnnonciation, et pour servir de préparation à la grande solennité de la Nativité. Dans la suite^ l'Église d'Espagne sentit le besom de revenir à la pratique de l'Église Romaine, et de toutes celles du monde entier, qui solennisent le 25 Mars comme le jour à jamais sacré de l'Annonciation de la Sainte Vierge et de l'incarnation du Fils de Dieu; mais

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telle avait été durant plusieurs siècles la dévoUon des peuples pour la Fête du 18 Décembre, qu'on jugea nécessaire d'en retenir un vestige. On cessa donc de célébrer en ce jour TÂnnonciation de Marie; mais on appliqua la piété des fidèles à considérer cette divine Mère dans les jours qui précèdent immédiatement son admirable enfantement. Une nouvelle Fête fut donc créée sous le titre de VExpectationde V Enfantement de la Sainte Vierge,

Cette Fête, qui est appelée Notre-Dame de l'Oy ou la Fête de VO, à cause des grandes Antiennes qu'on chante en ces jours, et surtout de celle qui commence 0 Virgo Virginumf (qu'on a retenue à Vêpres dans rOfiBce de l'Expectation, sans toutefois omettre celle du jour, 0 Adonaî!) est toujours célébrée en Espagne avec une grande dévotion. Pendant les huit jours qu'elle dure, on célèbre une Messe solennelle de grand matin, à laquelle toutes les femmes enceintes, de quelque rang qu'elles soient , se font un devoir d'assister, afin d'honorer Marie dans sa divine grossesse, et de solliciter pour elles-mêmes son secours. Il n'est pas étonnant qu'une dévotion si touchante se soit répandue, avec l'approbation du Siège Apostolique, dans la plupart des autres Provinces delà Catholicité; mais, antérieurement aux concessions qui ont été faites sur cette matière , l'Église de Milan célébrait déjà , au sixième et dernier Dimanche de F A vent, l'Office de YAnnoncior tion de la Sainte Vierge , et donnait à la dernière Semaine de ce saint temps le nom de Bebdomada de Exceptato, par corruption de Expectatio,- Mais ces détails appartiennent à l'archéologie liturgique propre-

ment dite, et sortiraient du genre de cet ouvrage ; nous revenons donc à la fête de YExpectation de la sainte Vierge, que TÉglise a établie et sanctionnée^ comme un puissant moyen de ranimer l'attention des fidèles dans ces derniers jours de TAvent.

Il est bien juste , en eifet , ô Vierge-Mère! que nous nous unissions à Tardent désir que vous avez de voir de vos yeux celui que votre chaste sein renferme depuis près de neuf mois, de connaître les traits de ce Fils du Père céleste, qui est aussi le vôtre ; de voir enfin s'opérer ITieureuse Naissance qui va donner Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et, sur la terre. Paix aux hommes de bonne volonté. 0 Marie! les heures sont comptées et elles s'écoulent vite , quoique trop lentement encore pour vos désirs et les nôtres. Rendez nos cœurs plus attentifs; achevez de les purifier par vos maternels suffrages, afin que si rien ne peut arrêter, à rinstant solennel, la course de l'Emmanuel sortant de votre sein virginal, rien aussi ne retarde son entrée dans nos cœurs, préparés par une fidèle attente.

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