LA VIGILE DE NOËL
« Enfin, dit saint Pierre Damien, dans son Sermon « pour ce jour, nous voici arrivés de la haute mer dan&
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c le port^ de la promesse à la récompense^ du déses- « poir à l'espérance , du travail au repos ^ de la voie à* « la patrie. Les courriers de la divine promesse s'étaient a succédé; mais ils n'apportaient rien avec eux^ si ce a n'est le renouvellement de cette même promesse. « C'est pourquoi notre Psalmiste s'était laissé aller au a sommeil^ et les derniers accents de sa harpe sem- <K blaient accuser les retards du Seigneur : Vous nous a avez repoussés, disait-il; vous nous avez dédaignés; 9 et vous avez différé l'arrivée de votre Christ. Puis, « passant de la plainte à Taudace, il s'était écrié d'une a voix impérative : Manifestez-vous donc, ô vous qui a êtes assis sur les Chérubins ! En repos sur le trône de « votre puissance, entouré des bataillons volants de a vos Anges, ne daignerez-vous pas abaisser vos rea gards sur les enfants des hommes, victimes d'un « péché commis par Adam, il est vrai , mais permis «par vous-même? Souvenez-vous de ce qu'est notre a nature; c'est à votre ressemblance que vous l'avez « créée; et si tout homme vivant est vanité , ce n'est a pas du moins en ce qu'il a été fait à votre image. a Abaissez donc vos deux, et descendez; abaissez les « yeux de votre miséricorde sur les misérables qui a vous supplient , et du moins ne nous oubliez pas c( éternellement.
a Isale à son tour, dans la violence de ses désirs, a disait : A cause de Sion^je ne me tairai pas; à cause a de Jérusalem, je ne me reposerai pas ; jusqu'à ce que le a Juste qu'elle attend se lève enfin dans son éclat. Forcez « donc les deux et descendez! Enfin, tous les Prophètes, « fatigués d'une trop longue attente, n'ont cessé de
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m faire eniendlre tour à tour les supplications^ les plaioc te», et souvent même les cris de Timpatience. Quant « à nous, nous les avons assez écoutés; assez longer temps nous avons répété leurs paroles : qu'ils se a retirent maintenant; il n'est plus pour nous de joie « ni de consolation^ jusqu'à ce que le Sauveur, nous a honorant du baiser de sa bouche, nous dise lui- « même : Vom êtes exaucés.
a Mais que venons -nous d'entendre? Sanctifiez" « vous y enfaitts d'Israël, et soyez prêts: car demain de^ « ceixdra le Seigneur, Le reste de ce jour, et à peine la « moitié de la nuit qui va venir nous séparent de cette fl entrevue glorieuse, nous cachent encore TEnfanl- « Dieu et son admirable Naissance. Courez, heures « légèi*es; achevez rapidement votre cours, pour que « nous puissions bientôt voir Je Fils de Dieu dans son « berceau, et rendre nos hommages à cette Nativité « qui sauve le monde. Je pense, mes frères, que vous <( êtes de vrais enfants d'Israël, puriiBés de toutes les> « souillures de la chair et de l'esprit, tout prêts pour «les mystères de demain, pleins d'empressement à Cl témoigner de votre dévotion. C'est du moins ce que « je puis juger, d'après la manière dont vous avez «f passé les jours consacrés à attendre VAvénemenl du « Fils de Dieu. Mais si pourtant quelques gouttes du a fleuve de la mortalité avaient touché votre cœur, a hâtez-vous aujourd'hui de les essuyer et de les cou- <K vi*ir du blanc linceul de la Confession. Je puis vous « le promettre de la miséricorde de l'Enfant qui va (( naître : celui qui confessera son péché avec repentir, a la Lumière du monde naîtra en lui; les ténèbre»
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a trompeuses s'évanouiront, et la splendeur véritable « lui sera donnée. Car comment la miséricorde serait- « elle refusée aux malheureux, en cette nuit même où a prend naissance le Seigneur miséricordieux ? Chas* « sez donc Torgueil de vos regards, la témérité de « votre langue, la cruauté de vos mains, la volupté « de vos reins; retirez vos pieds du chemin tortueux, « et puis venez et jugez le Seigneur, si cette nuit, il ne « force pas les Cieux, s'il ne descend pas jusqu'à vous, <r s'il ne jette pas au fond de la mer tous vos péchés, d Ce saint jour est, en effet, un jour de grâce et d'espérance, et nous devons le passer dans une pieuse allégresse. L'Église, dérogeant à tous ses usages habïtuels, veut que si la Vigile de Noël vient à tomber au Dimanche, le jeûne seul soit anticipé au samedi ; mai» dans ce cas roffice et la Messe de la Vigile l'emportent sur l'Office et la Messe du quatrième Dimanche de l'A vent ; tant ces dernières Heures qui précèdent immédiatement la Nativité lui semblent solennelles î Dans les autres Fêtes, si importantes qu'elles soient, la solennité ne commence qu'aux premières Vêpres; jusque-là l'Église se tient dans le silence, et célèbre les divins Offices et le Sacrifice, suivant le Rite Quadragésimal. Aujourd'hui, au contraire, dès le point du jour, à l'Office de Laudes, la grande Fête semble déjà commencer. L'intonation solennelle de cet Office matutinal annonce le rite Double; et les Antiennes sont chantées avec pompe avant et après chaque Psaume ou Cantique. A la Messe, si l'on retient encore la couleur violette, du moins on ne fléchit plus les genoux,, comme dans les autres Fériés de TAvent; et il n'y a
plus qu'une seule Collecte, au lieu des trois qui caractérisent une Messe moins solennelle.
Entrons dans l'esprit de la sainte Église, et préparons-nous, dans toute la joie de nos cœurs, à aller audevant du Sauveur qui vient à nous. Accomplissons fidèlement le jeûne qui doit alléger nos corps et faciliter notre marche; et dès le matin, songeons que nous ne nous étendrons plus sur notre couche qu0 nous n'ayons vu naître, à l'heure sacrée, celui qui vient illuminer toute créature; car c'est un devoir pour tout fidèle enfant de l'Église Catholique, de célébrer avec elle cette Nuit heureuse durant laquelle^ malgré lo refroidissement de la piété , Tunivers entier veille encore à l'arrivée de son Sauveur : dernier vestige de la piété des anciens jours, qui ne s'effacerait qu'au grand malheur de la terre.
Parcourons en esprit de prière les principales parties de l'Office de cette Vigile. D'abord, la sainte Église éclate par un cri d'avertissement qui sert d^lnvitatoire à Matines, d'Introït et de Graduel à la Messe. C'est la parole de Moïse qui annonce au peuple la Manne céleste que Dieu enverra le lendemain. Nous aussi, nous attendons notre- Manne,. Jésus-Christ, Pain de vie, qui va naître dans Bethléhem;» la Maison du Pain.
HÎVÏTAjTOIftE..
Hodie scietis quia veniet Sachez aujoard'buU oue le Dominus, etmnnevidebitis Seigneur viendra; et dès le gloriam ejus. matin vous verrez sa gloire.
Les répons sont remplis de majesté et de douceur; rien de plus lyrique, ni de plus touchant que leur
mélodie, dans cette nuit qui précède la Nuit même où^ le Seigneur vient en personne.
^. Sanctifiez - vous aujourd'hui, et soyez prêts : cardemain vous verrez * la Majesté de Dieu au milieu de vous.^j^.
Sachez aujourd'hui que le Seigneur va venir; et demain vous verrez * la Majesté de Dieu au milieu de vous.
^. Soyez constants; vous verrez venir sur vous le secours du Seigneur ; 0 Judëe et Jérusalem ! ne craignez point :
* Demain vous serez délivrées, et le Seipneur sera avec vous.
f, Sanctiliez-vous, enfants d'Israël, et soyez prêts , * Demain vous serez délivrés et le Seigneur sera avec vous.
^. Sanctifiez - vous , enfants d'Israël, dit le Seigneur; car demain le Seigneur descendra,
* Et il ôlera de vous toute langueur, t. Demain , l'iniquité de la tei-re sera effacée ; et le Sauveur du monde régnera sur nous , * Et il ôtera de vous toute langueur.
^. SanctiOcaminî hodie et estote parati : quia die crastina videbitis * Majestalem Det in vobis. j^. Hodiescietis quia veniet Doni inns, et mane videbitis * Majpstatem Dei in vobis.
^. Constantes estote; videbitis auxilinm Domini super vos : Judaea et Jérusalem , nolite timere : *' Cras egrediemini, et Dominas erit vobiscum : *Sanctificamini, filii Israël , et estote parati. * Gras egrediemini, et Dominus erit vobiscum.
^. Sanctificamini , Olii Israël , dicit Dominus : die enim crastina descendet Dominus : * Et auferet a vobis omnem languorem. t- Crastina die delebitur iniquitas terrœ , et regnabit super nos Salvator mundi.
* Et auferet a vobis omnem languorem.
A Toffice de Prime, on fait en ce jour l'annonce solennelle de la fête de Noël, avec une pompe extraordinaire, dans les Chapitres et les Monastères. Le Lecteur, qui est souvent une des Dignités du Chœur, chante sur un ton plein de magnificence la Leçon suivante du^ Martyrologe, que les assistants écoutent debout, jus-qu'à Tendroit où la voix du Lectpur fait retentir le nom de Bethléhem. A ce nom, tout le monde se prosterne, jusqu'à ce que la grande Nouvelle ait été totalement annoncée.
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OCTATO KALEIIDAS iANUAMI.
Anno acreatione mundi, quando in principio Deus creavit cœlum et lerram , quinquies millesimo centefiimo nonagesimo nono : A diluvio vero anno bis millesimo noningentesimo quinqiiagcsimo septimo : A nalivitate Abrahse anno bis millesimo quintodecimo :
A Moyse et egressu populi Israël de ^Egypto, aona millesimo quingentesimo decimo : Ab unclione David iu regem, anno millesimo trigesimo secundo : Hebdoroada sexagesimaquinla juxta Danielis prophetiam :
Olympiade centcsima nonagesima quai ta : Ab urlxi Aoma condita, anno septingentesimo quinquagesimo secundo : Anno Impeiii Oetaviani Augusti quadragcsimo secundo : toto orbe in pace composito, sexta mundi eelate , Jesu» Christus aeternus Deus r œternique Patris Filius, mundum volens adventu suo piissimo consecrare, deSpirituSancto conceptus , novemque post conceptionem decursis roensibus , in BetMehem Judœ nascitur ex Maria Virgine factus Homo : Na-
Y1V1TAS DOMINI NOSTRX JeSD
Christi secundux carnem !