‹ L'Année liturgique. L'aventChapitre 59 sur 149 · PRIERE DE LA LITCRGIE AMBROSIENNE · texte numérisé non relu

PRIERE DE LA LITCRGIE AMBROSIENNE

( Dans la troisième Semaine de VÀvent, )

Christ tout-puissant, Fils de Omnipotens Christe, Fili Dieu, venez, dans votre misérl- Dei, in die Nativitatis tuœ corde, sauver votre peuple, au propitius ad salvandum in

l'avknt

te populum veni : ut beni-

faitate solita ab omni duietate , et metu temporis nos jubeas liberari. Qui vi- ▼Is et régnas, etc.

jour de votre Nativité , et daignez, avec votre bénignité accoutumée , nous délivrer de toute inquiétude et de toute crainte temporelle ; vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles.

LE MARDI

DE LA DEUXIÈME SEMAINE DE l'aYENT

Regem venturum Dominura, venite, adoremus.

De Isaïa Propbeta.

Cap. XIV.

Prope est ut veniat terapus ejus , et dies ejus non elongabuntur. Miserebitur enim^ Dominus Jacob, et eliget adhuc de Israël, et requiescere eos faciet super numum suam : adjungetur advena ad eos, et adbdprebit domui Jacob. Et tenebunt eos populi , et adducent eos in locum suum : et possidebit eos domus Israël super teiTam Domini in ser- Yos et ancillas : et erunt capientes eos qui se ceperant, et subjicientexactores suos. Et erit in die illa, cum requiem dederit tibi Deus a labore tuo, et a conçu ssione tua , et a servitute dura , qua ante servisti : sûmes parabolam istam contra regem Babylonis, et dices :

Le Roi qui doit venir, le Seigneur ; venez, adorons-le.

Du Prophète Isaïe. Chap. XIV.

Le temps où il doit venir est proche, et les jours n'en sont pas éloiçnés. Car le Seigneur aura pitié de Jacob, et il choisira des hommes dans Israël, et il les fera demeurer paisiblement dans leur terre. L'étranger se joindra à eux et s'unira a la maison de Jacob. Et les peuples les prendront et les introduiront dans leur pays; et la maison d'Israël aura ces peuples pour serviteurs et pour servantes dans la terre d'Israël.

Ceux qui les avaient assujétis seront leurs captifs, et ils s'assujettiront ceux qui les avaient dominés. En cejour-là, quand le Seigneur aura mis fin à les travaux, à l'oppression et à la dure servitude que tu sou£frais auparavant, tu entonneras ce Cantique contre le Roi de Babylone,

Quomodo cessavit exactor , quievittributum.? Contrivit Dominus baculum impiorum, Tirgam dominantium, caedentem populos in indîgnatione , pla^a insanabilî, subjicieatem in furore Génies^ persequentem crudeliter. Quomodo cecidisti de cœio , Lucifer , ^ui mane oriebaris ? corruisti in terram, qui Yulnerabas Génies : qui dicebas in corde tuo : in cœlum conscendam; super astra Dei exaitabo solium ineum , sedebo in monte testamenti , in lateribus Aquilonis : ascendam super altitudinem nubium, similis ero AUissimo. Verumtamenad infernum detraheris in profundum laci.

et ta diras : «c Comment a disce paru le tyran? Gomment a ce cessé le tribut quMl nous im- « posait ? Le Seigneur a brisé (c le bâton des impies, la verge « des dorainatenrs , qui , dans a son indignation , frappait les a peuples d'une plaie incu race ble, s'assujettissait les nations ce dans sa fureur , les persécute tait avec cruauté. Comment « es-lu tombé du ciel, ô Lucic( fer ! toi qui te levais le matin «avec tant d'éclat? Tu as été a renversé sur la terre, toi qui ce couvrais de plaies les nations ; « qui disais dans ton cœur : Je « monterai au ciel, j'élèverai (( mon trône au-dessus des as- « très de Dieu, je m'asseyerai <( sur ia montagne de l'alliance, «aux côtés de l'aquilon; je tt monterai au - dessus des « nuées, je serai semblable au « Très-Haut. Et te voilà préci- «pité dans l'Enfer, jusqu'au « plus profond de ses abîmes, jd

Ta ruine est en efifet consommée, ô Lucifer ! Tu refusas de l'abaisser devant Dieu, et tu fus précipité* Ton orgueil ensuite cherchant à s'étourdir sur l'humiliation d'une chute si profonde, tu causas la ruine du genre humain, en haine de Dieu et de son œuvre. Tu réussis à iDS})irer au fils de la poussière ce même orgueil qui avait été cause de ta dégradation. Par toi, le péché entra dans ce monde, et par le péché la mort; le genre humain semblait une proie dévouée à ta rage éternelle. Forcé de renoncer à tes espérances d'une royauté céleste, tu pensais du moins régner sur l'Enfer et dévorer la création à mesure qu'elle sortirait dee

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mains de Dieu. Mais tu es vaincu aujourd'hui. Ton règne était dans l'orgueil; à lui seul tu aurais dû ta cour et tes sujets; or, voici que le souverain Seigneiu* de toutes choses vient saper ton empire par les fondements, en enseignant lui-même l'humilité à sa créature ; et il vient renseigner, non par des lois promulguées avec l'appareil éclatant du Sinal, mais en la pratiquant lui-même sans bruit, cette divine humilité qui seule peut relever ceux qui sont tombés par la superbe. Tremble^ Lucifer ! ton sceptre va se briser entre tes mains.

Dans ta fierté, tu dédaignes cette humble et douce Vierge de Nazareth, qui garde silencieuse le mystère de ta ruine et de notre salut. Tu dédaignes par avance FEnfant qu'elle porte dans son sein et qu'elle mettra bientôt au jour. Sache que Dieu ne le dédaigne pas; car il est Dieu aussi, cet Enfant qui n'a pas vu le jour encore; et un seul des actes d'adoration et de dévouement qu'iLpratique à l'égard de son Père, apporte plus de gloire à la Divinité, que tout ton orgueil, croissant à jamais dans l'éternité, ne lui en pourrait ravir. Instruits désormais par les leçons d'un Dieu sur la puissance du grand remède de l'humilité, les hommes sauront y avoir recours. Au lieu de s'élever, comme toi, dans un fol et criminel orgueil, ils s'abaisseront avec joie et amour ; et plus ils seront humbles , plus Dieu prendra plaisir à les élever; plus ils se confesseront pauvres, plus il aimera à les rassasier. C'est la Vierge divine qui nous le dit dans son beau Cantique. Gloire à elle, si douce mère à ses enfants, et si terrible à toi, Lucifer î qui te débats en vain sous son pied victorieux.

IITUBaïQUE.

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