IF HYMNE
Andreœ festum colitur, Lux clara piis oritur ; Per quam tenebras dese-
runt, Ad lumen verum redeunt.
iEgeas in Apostolum Minaci frendet spiritu :
Per quem Achaïœ populum Cernit ire post Dominum.
Nescit minas pavescere, Nequit tormentis cedere, Flammantis ardor fidei Non sentit vim supplicii.
Grucis Tinctus patibulo, LoBlus pendebat biduo :
Voici qu'on célèbre fa fête d'André ; une lumière éclatante se lève pour les cœurs pieux ; par elle ils Quittent les ténèbres ; par elle ils reviennent à la vraie lumière.
Égéas frémit d'une rage menaçante contre l'Apôtre, à la voix duquel il voit le peuple d'Achaïe marcher à la suite du Seigneur.
L'ardeur d'une foi embrasée ne sait redouter les menaces , ne peut céder aux tourments, ne sent point la violence du supplice.
Attaché au gibet de la croix^ il y demeurait joyeux depuis
deux jours: du sein de la mort même il fait couler des paroles de vie.
Tout à coup, une lumière tombée du ciel l'environne de toutes parts ; ainsi mérita de mourir celui qui était venu chercher Tauteur de la lumière.
Louante soit au Père non engendre ! honneur soit au Fils unique ! majesté souveraine soit au Saint-Esprit, égal à tous les deux I Amen.
loipsa morte positi Vitœ manat eloquium.
Luce delapsa cœlitus Repente circumfunditur^ Qui sic obire meruit Lucis auctorem petiit.
Sit Patri laus ingenito, Sitdecus Unigenito, Sit utriusque parili Majestas summa Flamini.
Amen.
Le Moyen-Age consacra les deux Proses que nous donnons ci-après à la gloire de l'Apôtre de la Croix. La première est du xr siècle. Elle est sans mesure régulière^ comme toutes les Séquences de cette époque.
PROSE
Elle est sainte et sacrée, la gloire de la fête qu'on célèbre en ce jour.
Que toute l'Église fasse entendre un chant digne du sujet.
Qu'elle exalte les mérites très-saints du Saint le plus débonnaire ;
De l'Apôtre André, en qui reluit une merveilleuse grâce.
Il apprend de Jean-Baptiste que celui-là était venu qui enlevait les pochés.
Bientôt il entra dans la demeure du Messie, et écouta ses paroles.
, Et rencontrant son frère Barjona : Nous avons trouvé le Messie, dit-il, plein de joie.
Et il le mena à la très-douce présence du Sauveur.
Sacrosancta bodiernsB festivitatis prœconia.
Digna laude uni versa categorizet Ëcclesia.
Mitissimi sanctorum sanctissima extoUenda mérita,
Apostoli Andreœ : admiranda prœfulgentis gratia.
Hic accepte a Joanne- Baptista : quod vcnisset qui tolleret peccata;
Mox ejus intrans habitacula : audiebat eloquia.
Inventoque fratre suo Barjona : iuvenimus , ait ovans,Messiam.
Et duxit eum ad dulcifluam Salvatoris prsesentiam.
Hutic perscrnlantem maria : Ghristi vocavit dementia.
Artera piscandi commutans dignitale apostolica.
Hujus animam post clara festi Paschalis gaiidia,
Sancti Spiritus piseclara perlustravit potenlia ;
Ad preedicandum populis pœnitentiam, et Dei Patris per Filium clementiara.
i^ratulare ergo tanto pâtre, Achaîa ;
Illustrala ejus salutari doctrina.
Honorata multimoda signorum frequentia.
Et tu gemens plora : trux carnifex JEgea.
Te lues inferna et mors tenet œterna.
Sed Andream felicia per Crucem manent gaudia.
Jam Regem tuumspectas, jam in ejus conspectu, Andréa, stas.
Odorem suavilatis jam aspiras : quem divini amoris aroma dat.
Sis ergo nobis inclyta dulcedo, spirans intima cœlestis vitse balsama.
AiDen.
André parcourait les mers, quand l'appela la clémence du Christ ;
Pour échanger l'art de pêcheur contre la dignité de l'Apostolat.
Son âme, après les joyeuses jubilations de la Pâque,
Fut illuminée par la puissance glorieuse de l'Esprit Saint ;
Pour prêcher aux peuples la pénitence et la clémence du Père, manifestée par le Fils.
Réjouis -toi d'un si noble Père, ô Achaïe !
Éclairée par sa doctrine salutaire.
Illustrée par l'abondance variée de ses prodiges.
Et toi, gémis et pleure, Egée, cruel bourreau !
A toi, l'infection infernale et rétemelle mort.
Pom* André, la croix lui prépare des joies pleines de bonheur.
Déjà, tu contemples ton Roi; André, déjà tu apparais debout devant lui.
Déjà, tu aspires Fodeur des parfums qu'exhale l'arôme du divin amour.
Sois donc aussi pour nous une merveilleuse suavité, qui répande au fond des cœurs les senteurs balsamiques de la céleste vie. Amen.
La seconde Prose, dont la rime est régulière et le mètre exact, est du pieux Adam de Saint-Victor^ le plus grand poëte du Moyen-Age.
UTUEaiQirE,
PAOSE.
Tressaillons et réjouissonsnous, et savourons les louanges de TApôtre André.
Sa foi, sa doctrine, ses mœurs, ses longs labeurs pour le Christ, il sied de les célébrer.
C'est lui qui mena Pierre à la foi, lui qui le premier vit briller la lumière , montrée par Jean-Baptiste.
Aux rives de la mer de Galilée, Pierre et André sont choisis à la fois.
Tous deux d'abord pêcheui*s, deviennent leshérautsdu Verbe et les modèles de la justice.
Ils jettent le filet sur le monde, et leurs soins vigilants s'étendent sur toute l'Eglise naissante.
Séparé de son frère , André est envoyé aux parages de l'Achaïe.
Dans les filets d'André tombe, par la grâce divine, la province presque toute entière.
Sa foi, sa vie , sa parole, ses miracles , tout en fait un Docteur de piété, un Docteur illustre pour former le cœur dtt peuple.
Égéc apprend les œuvres d'André, et déjà s'agite sa fureur.
Ame sereine, âme virile, dédaignant la vie présente, Andné s'arme de la patience.
Ni les caresses , ni les tortures, qu'emploie le juge insensé, n'amollissent son âme vigoureuse.
11 voit préparer la croix,; il
Exultemus et lœtemur :
Et Andreœ delectemur Laudibus Apostoli.
Hujus fidem, dogma, mores.
Et pi*o Christo tôt labores, Digne decet recoli.
Hic ad fidem Petrum duxit, Guiprimum lux illuxit , Joannis indicio.
Secus mare Galilsoœ , Pétri simul et Andreœ Sequitur electio.
Ambo prius piscatores , Verbi fiunt asseitores, Et forma justitiœ.
Rete laxant in capturam :
Vigilemque gerunt curam Nascentis Ecclesiœ.
A fratre dividitur.
Et in partes mittitur Andréas Achaïae.
In Andreœ retia Currit, Deigratia, Magna pai*s provinciœ.
Fide, vita, verbo, signis , Doctor pius et insignis Cor informat populi.
Ut ^geas com périt Qttid Andréas egerit :
Irœ surgunt stimuli.
Menssecnra, mens virilis, Gui pra^QS vita vilis Viget patientia.
Blandimentis auttormenlis Non énervât robur mentis Judicis insania.
Crucem yidens prœparari,
Suo gestit confprmari Magîsiro discipulus.
Mors pro morte solvitur.
Et Cracisappetitur Triumphalis titulus.
In cmceTixît biduum, Victurus in perpetuum :
Nec vult \olente populo Deponi de patibulo.
Hora feie dimidia , Luce perfusus nimia , Gum luce, cum lœtitia , Pergit ad lucis atria.
0 Andréa glorîose , Cujns preces pretios» , Cujus mortis luminosae Dulcis et memoria,
Ab bac valle lacrymarum, Nos ad illud lumen clarum.
Pie Pastor animarum , Tua transfer gratia.
Amen.
tressaille, impatient d'être un disciple semblable à son Maître.
II paie au Christ mort pour mort; par lui la Croix est conquise , comme un trophée triomphal.
Deux jours il vit sur la croix, pour vivre à jamais.
Il résiste au vœu du peuple^ et ne veut point être détaché de son gibet.
Pendant une moitié d'heure, il est inondé de clartés; et dans cette auréole et cette allégresse , il monte au palais de la lumière.
0 glorieux André, dont précieuse est la prière, la mort lumineuse , et suave la souvenance ,
Du fond de ce val des larmes, tendre Pasteur des âmes, élevez-nous par votre faveur jusqu'à cette éclatante lumière.
Amen.
Les pièces que nous avons rapportées jusqu'ici appartiennent à la Liturgie Romaine^ étant tirées des livres de cette Mère des Églises^ ou de ceux des diverses Églises de l'Occident qui gardent la forme de ses 0£Bces. Nous allons maintenant, à la louange de notre saint Apôtre, produire ici quelques-unes des formules que les autres Liturgies anciennes lui ont consacrées; nous commencerons par le rite Ambrosien. L'Église de Milan a d'abord dans son Bréviaire une Hymne poiu* la fête de saint André. Elle commence par ce vei-s : Post Petrum primum Principem; mais cette pièce offrant peu d'intérêt, nous préférons emprunter aa Missel Ambrosien la belle Préface qui suit.
lITUR6tQU£.