HYMNE
HEUREUSE épouse du Christ , Scholastique .
colombe des vierges, les habitants du ciel te comblent de louanges ; nos cœurs te saluent en faisant monter vers toi l'hommage d'un joyeux concert.
Tu foulas aux pieds les honneurs du monde et ses couronnes : dirigée par les enseignements de ton frère et les préceptes de sa Règle sainte, attirée par l'odeur des grâces célestes, tu appris de bonne heure à 43rendre le chem.in de la patrie.
O force invincible de l'amour I O victoire à jamais
TE beata sponsa Christi, Te columba virginum.
Siderum tollunt coloni Laudibus. Scholastica Nostra te Ijetis salutant Vocibus prœcordia.
Sceptra mundi cum
coronis Docta quondam sper-
nere.
Dogma fratris insecuta Atque sanctas Regulx, Ex odore gratiarum Astra nosti quœrere.
O potens virtus amo-
368 Le Temps de la Septuagésime.
O decus victorias !
Dura fluentis lacrymarum Cogis imbres currere, Ore Nursini parentis Verba cœli suscipis.
Luce fulges expetita In polorum vertice, Clara flammis charitatis Cum nitore graîiae :
Juncta Sponso conquies-
In décore glorise.
Nunc benigna pelle nubes Cordibus fideîium.
Ut serena fronte splen-
dens Sol perennis luminis, Sempiternae claritatis Impleat nos gaudiis.
Gloriam Patri cana-
mus.
Unicoque Filio ; Par tributum proferamus Inclyto Paraclito.
Nutibus cujus creantur, Et reguntur ssecula.
Amen.
JAM noctis umbraî concidunt.
Dies cupita nascitur.
Qua virgini Scholasticae Sponsus perennis jungi-
glorieuse. en ce jour où par la force de tes larmes tu fais descendre les pluies du ciel, et contrains le Patriarche de Nursie à continuer ses entretiens célestes.
Aujourd'hui tu brilles, au plus haut des cieux, de l'éclat de cette lumière vers laquelle tu soupirais ; les feux de la charité, les splendeurs de la grâce embellissent ton front , unie à l'Epoux, tu reposes au sein de la gloire.
Daigne donc maintenant écarter du cœur des fidèles les nuages d'ici-bas, afin que le Soleil éternel, versant sur nous sa splendeur sereine, nous comble des joies de la lumière sans fin.
Chantons gloire au Père et gloire au Fils unique ; hommage égal au Paraclet divin . honneur éternel à celui qui créa les siècles et qui les gouverne.
Amen.
LES ombres de la nuit disparaissent, le jour désiré se lève, auquel l'Epoux éternel s'unit à la vierge Schclastique.
Sainte Scliolastiqiie, Vierge. 35q
Le temps des frimas est
Brumae recedit tse-
passé, les nuages pluvieux
dium.
ont disparu, les plaines du
Fugantur imbres nubi-
ciel s'émaillent de fleurs éter-
"bus.
nelles.
\'ernantque campi side-
rum -Eternitatis floribus.
A l'appel du Dieu qui est
Amoris auctor evocat.
amour, la bien-aimée déploie
Dilecta pennas induit,
ses ailes ; conviée au baiser
Ardens ad oris oscula
mystique, la colombe s'élance
Columba velox evolat.
d'un vol rapide.
Que tu es belle dans la
Quam pulchra gres-
marche triomphante , fille
sum promoves. "
chérie du grand Roi ! L'œil
O chara proies Princi-
de ton frère contemple ton
pis !
départ ; son cœur rend grâces
jVursinus Abbas aspicit,
au Dieu éternel.
Grates rependit Numini.
De sa droite l'Epoux la
Amplexa Sponsi dex-
presse sur son sein : elle re-
teram.
cueille les couronnes qui lui
Metit coronas débitas.
sont dues ; plongée dans un
Immersa rivis glori.-e.
fleuve de gloire, elle s enivre des joies divines.
Deique pota gaudiis.
0 Christ, fleur des vallons.
Te, Christe. i\or, con-
que tous les siècles vous ado-
vallium.
rent, avec le Père et le Para-
Patremque cum Para-
ciet, dans toute l'étendue de
clito,
cet univers.
Cunctos per orbis car-
Amen.
dines, Adoret omne saeculum.
Amen.
Colombe chérie de l'Epoux, que votre vol ^-^ fut rapide, lorsque, quittant cette terre
d'exil, vous prîtes votre essor vers lui ! L'œil
de votre illustre frère, qui vous suivit un
LE TEMPS DE LA SEPTUA
GÉSIME. 24
?70 Le Temps de la Septuagésime.
instant, vous perdit bientôt de vue ; mais toute la cour céleste tressaillit de joie à votre entrée. Vous êtes maintenant à la source de cet arhour qui remplissait votre cœur, et rendait ses désirs tout-puissants sur celui de votre Epoux. Désaltérez-vous éternellement à cette fontaine de vie ; et que votre suave blancheur devienne toujours plus pure et plus éclatante, dans la compagnie de ces autres colombes, vierges de l'Agneau comme vous, et qui forment un si nob'le essaim autour des lis du jardin céleste.
Souvenez-vous cependant de cette terre désolée qui a été pour vous, comme elle l'est pour nous, le lieu d'épreuve où vous avez mérité vos honneurs. Ici-bas, « cachée dans ■> le creux de la pierre », comme parle le divin Cantique, vous n'avez pas déployé vos ailes, parce que rien n'y était digne de ce trésor d'amour que Dieu lui-même avait versé dans votre cœur. Timide devant les hommes, simple et innocente, vous ignoriez à quel point vous aviez « blessé le cœur de « l'Epoux ». Vous traitiez avec lui dans l'humilité et la contiance d'une âme qu'aucun remords n'agita jamais, et il se rendait à vos désirs par une aimable condescendance ; et Benoît, chargé d'années et de mérites, Benoît accoutumé à voir la nature obéir à ses ordres, était vaincu par vous, dans une lutte où votre simplicité avait vu plus loin que sa profonde sagesse.
Qui donc vo'us avait révélé, ô Scholastique, ce sens sublime qui, en ce jour-là, vous lit paraître plus sage que le grand homme choisi de Dieu pour être la "règle vivante
Sainte Scholastique, Vierge. 3~ i
des parfaits ? Ce fut celui-là même qui avait élu Benoît comme l'une des colonnes de la Religion, mais qui voulut montrer que la sainte tendresse d'une charité pure l'emporte encore à ses yeux sur la plus rigoureuse fidélité à des lois qui n'ont été faites que pour aider à conduire les hommes au but que votre cœur avait déjà atteint. Benoît, l'ami de Dieu, le comprit ; et bientôt, reprenant le cours jde leur céleste entretien, vos deux âmes se confondirent dans la douceur de cet amour incréé qui venait de se révéler et de se glorifier lui-même avec tant d'éclat. Mais vous étiez mûre pour le ciel, ô Scholastique; votre amour n'avait plus rien de terrestre ; il vous attirait en haut. Encore quelques heures, et la voix de l'Epoux allait vous faire entendre ces paroles de l'immortel Cantique, que l'Esprit-Saint semble avoir dictées pour vous : « Lève-toi, 6 m.on amie, « ma belle, et viens ; ma colombe, montre- « moi ton visage ; que ta voix résonne à mon « oreille ; car ta voix est douce, et ton visage <* est plein d'attraits i. )>
Dans votre départ de la terre, ne nous oubliez pas, o Scholastique ! Nos âmes sont appelées à vous suivre, bien qu'elles n'aient pas les mêmes charmes aux yeux de l'Epoux. Moins fortunées que la vôtre, il leur faut se purifier longtemps pour être admises dans le séjour où elles contempleront votre félicité. Votre prière força les nuées du ciel à envoyer leur pluie sur la terre ; qu'elle obtienne pour nous les larmes de la pénitence. Vos