I. MaTTH. XVI. IQ
La Chaire de Saint 'Pierre à Antioche 385
« mes agneaux, pais mes brebis ^ ». Pierre est donc prince : car les Clefs, dans l'Ecriture, signifient la principauté ; il est donc Pasteur, et Pasteur universel ; car, dans le troupeau, il n'y a rien en dehors des brebis et des agneaux. Mais voici que, par la bonté divine, nous rencontrons de toutes parts d'autres Pasteurs : les Evêques, a que c( l'Esprit- Saint a posés pour régir l'Eglise de tr Dieu '-' », gouvernent en son nom les chrétientés, et sont aussi Pasteurs Comment ces Clefs, qui sont le partage de Pierre, se trouvent-elles en d'autres "mains que dans les siennes ? l'Eglise catholique nous explique ce mystère dans les monuments de sa Tradition. Elle nous dit par TertuUien que « le « Seigneur a donné les Clefs à Pierre, et par « lui à l'Eglise 3 » ; par saint Optât de Milève, que, « pour le bien de l'unité, Pierre a été « préféré aux autres Apôtres, et a reçu seul <v les Clefs du Royaume des cieux, pour les « communiquer aux autres ^ » ; par saint Grégoire de Nysse, que « le Christ a donné « par Pierre^ aux Evëques les Clefs de leur « céleste prérogative •' »; par saint Léon le Grand, « que le Sauveur a donné par Pierre a aux autres princes des Eglises tout ce qu'il « n'a pas Juge à propos de^leur refuser ^' y>.
L'Episcopat est donc à jamais sacré ; car il se rattache à Jésus-Christ par Pierre et ses successeurs ; et c'est ce que la Tradition catholique nous atteste de la manière la plus
I. JoHAN. XXI, i5, 17. — 2. Act. XX, 28. — 3. Scorpiac. Cap. X. — 4. Contra Parmenianum. Lib. VII. — 5 0pp. t. III. — ô. In anniv. Assumpt. suae. serra, iv.
LE TFMPS DE LA SEPTUAGESIME.
imposante, applaudissant au langage des Pontifes Romains qui n'ont cessé de'declarer, depuis les premiers siècles, que la dignité des Evêques était d'être appelés à partager leur propre sollicitude, in part em soUicitudinis vocatos. C'est pourquoi saint Cyprien ne fait pas difficulté de dire que « le Seigneur, (( voulant établir la dignité épiscopale et <■ constituer son Eglise, "dit à Pierre : Je te " donnerai les Clefs du Royaume des cieux ; " et c'est de là que découle l'institution des " Evèques et la disposition de l'Eglise i i> . C'est ce que répète, après le saint Evêque de Carthage, saint Césaire d'Arles, dans les Gaules, au v* siècle, quand il écrit au saint pape Symmaque : « Attendu que l'Episco- « pat prend sa source dans la personne du <( bienheureux Apôtre Pierre, il suit de là. « par une conséquence nécessaire, que c'est (( à Votre Sainteté de prescrire aux diverses f( Eglises les règles auxquelles elles doivent « se conformer - ». Cette doctrine fondamentale, que saint Léon le Grand a formulée avec tant d'autorité et d'éloquence, et qui est en d'autres* termes la même que nous venons de montrer tout à l'heure par la Tradition, se trouve intimée aux Eglises, avant saint Léon, dans les magnifiques Epîtres de saint Innocent I" qui sont venues jusqu'à nous. C'est ainsi qu'il écrit au concile de Carthage que « l'Episcopat et toute son autorité ^( émanent du Siège Apostolique 3 » ; au concile de Milève, que « les Evêques doivent '( considérer Pierre comme la source de leur