‹ L'Année liturgique (volume 2)Chapitre 154 sur 189 · SAINT MATHIAS, APOTRE · texte numérisé non relu

SAINT MATHIAS, APOTRE

Dans les années bissextiles, la fête de saint Mathias descend au 2 5 février

s' Apôtre de Jésus-Christ, saint Mathias, vient compléter par sa présence le chœur des Bienheureux que l'Eglise nous invite à honorer en cette saison li'turgique. Mathias s'attacha de bonne heure à la suite du Sauveur, et fut témoin de toutes ses œuvres jusqu'à l'Ascension, Il était du nombre des Disciples; mais le Christ ne l'avait point établi au rang de ses Apôtres. Cependant il était appelé à cette gloire ; car c'était lui que David avait en vue, lorsqu'il prophétisa qu';/;î antre recevrait l Episcopat laissé vacant par la prévarication du traître Judas 1. Dans l'intervalle qui s'écoula entre l'Ascension de Jésus et la descente de l'Esprit-Saint, leCollège Apostolique dut songer à se compléter, arin'que le nombre duodénâiro îixé par le Christ se trouvât rempli, au jour où l'Eglise enivrée de l'Esprit-Saint se déclarerait en face de la Synagogue. Le nouvel Apôtre eut part à toutes les tribulations de ses frères dans Jérusalem,

Psalm. cvili.

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et, quand le moment de la dispersion des envoyés du Christ fut arrivé, il se dirigea vers 'lesprovinces qui lui avaient été données à évangéliser. D'anciennes traditions portent que la Cappadoce et les côtes de la mer Caspienne lui échurent en partage.

Les actions de saint Mathias, ses travaux et ses épreuves sont demeurés inconnus : et c'est pour cette raison que la Liturgie ne donne point, comme pour les autres Apôtres, l'abrégé historique de sa vie dans les Offices divms. Quelques traits de la doctrine du saint Apôtre ont été conservés dans les écrits de Clément d'Alexandrie ; on y trouve une sentence que nous nous ferons un devoir de citer ici, parce qu'elle est en rapport avec les sentiments que l'Eglise veut nous inspirer en ce saint temps. « Il faut, disait saint « Mathias, combattre la chair et se servir « d'elle sans la flatter par de coupables satis- « factions ; quant à l'àine, nous devons la « développer par la foi et par l'intelli- « gence i. » En effet, l'équilibre ayant été rompu dans l'homme par le péché, et l'homme extérieur ayant toutes ses tendances en bas, nous ne pouvons rétablir en nous l'image de Dieu qu'en contraignant le corps à subir violemment le )oug de l'esprit. Blessé à sa manière par la faute originelle, l'esprit luimême est entraîné par une pente malheureuse vers les ténèbres. La foi seule l'en fait sortir en rhumiliant, et l'intelligence est la récompense de la foi. C'est en résumé toute la doctrine que l'Eglise s'attache à nous faire

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