‹ L'Année liturgique (volume 2)Chapitre 3 sur 189 · I. Psalm. cxxv · texte numérisé non relu

I. Psalm. cxxv

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peine de notre infidélité ; mais « comment « pourrions-nous chanter les cantiques du Sei- « gneur dans une terre étrangère i ? >y

Tels sont les sentiments que la sainte Eglise cherche à nous inspirer durant ces longs jours de deuil, en appelant notre attention sur les dangers qui nous environnent, et au dedans de nous-mêmes et de la part des créatures. Dans tout le reste de l'année, elle nous provoque à répéter le chant du ciel, le divin ^//e/zi/a / et voilà qu'aujourd'hui elle met la main sur notre bouche pour arrêter ce cri d"allégresse qui ne doit pas retentir dans Babylone. « Nous sommes en voyage, « loin du Seigneur -' » ; gardons nos cantiques pour le moment où nous arriverons près de lui. Nous sommes pécheurs, et trop souvent complices des profanes qui nous environnent ; purihons-nous par le repentir ; car il est écrit que « la louange du Seigneur perd « toute sa beauté dans la bouche du pé- « cheur 2 ».

Le trait le plus caractéristique de la sainte carrière où nous entrons est donc la suspension rigoureuse de V Alléluia, qui ne doit plus se faire entendre sur la terre jusqu'au moment où, ayant participé à la mort du Christ, ayant été ensevelis avec lui, nous ressusciterons avec lui pour une vie nouvelle ^.

Le beau cantique des Anges, Gloire à Dieu au plus haut des deux, que nous avons fait retentir chaque dimanche, depuis la naissance

I. Psalm. cxxxvi. —2. II Cor. v, 6.-3. Eccli. xv, 9. — 4. Coloss. II, 12.

Mystique du Temps de la Septuagésime. 1 3

du Rédempteur, nous est enlevé en même temps ; il ne nous sera permis de le répéter que les jours où l'on célébrera sur la semaine quelque fête en l'honneur des Saints. L'Office de la nuit, le dimanche, va perdre aussi jusqu'à la Pâque son magnifique Hymne Ambrosien, Te Deum laudamus. Lorsque le Sacrifice sera achevé, le diacre ne congédiera plus l'assemblée des fidèles par ces solennelles paroles : Ite^ Missa est ; il invitera seulement le peuple chrétien à continuer sa prière dans le silence, en bénissant le Dieu de miséricorde, qui a daigné ne pas nous rejeter, malgré nos iniquités.

Après le Graduel de la Messe, à l'endroit où V Alléluia, \.v OIS fois répété, préparait nos cœurs à s'ouvrir pour écouter la voix du Seigneur lui-même, dans la lecture de son saint Evangile, nous entendrons l'expressive mélodie du Trait, qui rendra les sentiments de repentir, d'instante supplication, d'humble confiance, qui doivent être les nôtres en ces jours.

Afin que nos yeux aussi soient avertis que la période où nous entrons est un temps de deuil et de tristesse, la sainte Eglise revêtira, le Dimanche et les jours où elle n'aura pas à fêter quelque Saint, la sombre couleur violette. Elle laisse cependant encore, jusqu'au Mercredi des Cendres, le diacre se parer de la dalmatique et le sous-diacre de la tunique ; mais, à partir de ce jour, ils devront déposer ces vêtements de joie, en attendant que l'austère Quarantaine, qui doit s'ouvrir alors, inspire à la sainte Eglise d'exprimer de plus en plus ses tristesses, par la

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suppression de tout ce qui ressentirait encore en quelque chose la pompe dont elle aimait, en d'autres temps, à environner les autels du Dieu qu'elle adore.

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