‹ L'Année liturgique (volume 3)Chapitre 13 sur 123 · I. Collecte du Mardi de Pâques · texte numérisé non relu

I. Collecte du Mardi de Pâques

34 Le Temps Pascal.

Le mystère de la Pâqiie ne doit pas cesser d'être visible sur la terre; Jésus ressuscité monte au Ciel ; mais il laisse en nous l'empreinte de sa résurrection, et nous la devons conserver jusqu'à ce qu'il revienne.

Et comment, en elîet, cette divine empreinte ne demeurerait-elle pas en nous, lorsque nous savons que tous les mystères de notre auguste Chef nous sont communs avec lui ? Depuis sa venue dans la chair, il n'a pas fait un pas sans nous. S'il est né en Bethléhem, nous naissions avec lui ; s'il a été crucifié à Jérusalem, notre vieil homme, selon la doctrine de saint Paul, a été attaché à la croix avec lui. S'il a été enseveli dans le tombeau, nous avons été ensevelis avec lui : d'où il suit que lorsqu'il ressuscite d'entre les morts, nous aussi nous devons marcher dans une vie nouvelle. {Rom. vi, G-8.)

Or « Jésus-Christ ressuscité d'entre les morts, ajoute le même Apôtre, ne meurt plus ; la mort n'a plus d'empire sur Jui ; mort une seule fois, il est mort pour le péché; mais maintenant il vit, et il vit à Dieu. » {Ibid. 9, lo.) Nous sommes ses propres membres : son sort doit donc être le nôtre. Mourir de nouveau parle péché, ce serait renoncer à lui, nous séparer de lui, rendre inutiles pour nous cette mort et cette résurrection

aue nous avons partagées avec lui. Veillons onc à nous maintenir dans cette vie qui n'est pas de nous, mais qui cependant nous appartient en propre ; car celui qui l'a conquise sur la mort nous l'a donnée avec tout ce qui est à lui. Pécheurs qui avez retrouvé la vie de la grâce dans la solennité pascale, ne

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mourez donc plus ; faites les œuvres d'une vie ressuscitée. Justes que le mystère pascal a ranimés, montrez une vie plus abondante dans vos sentiments et dans vos œuvres. C'est ainsi que vous marcherez tous dans la vie nouvelle que nous recommande l'Apôtre.

Nous ne développerons pas ici les merveilles du mystère de la Résurrection de Jésus-Christ ; elles ressortiront d'elles-mêmes de notre humble commentaire sur la sainte Liturgie, et mettront dans une plus grande évidence encore le devoir d'imitation imposé au fidèle à l'égard de son divin Chef, en même temps qu'elles nous aideront à comprendre la ma^nihcence et l'étendue de l'œuvre capitale de l'Homme-Dieu. C'est ici, dans le Temps pascal, avec ses trois grandes manifestations de l'amour et du pouvoir divins, Résurrection, Ascension, descente de l'Ésprit-Saint, c'est ici le point culminant de la Rédemption. Dans l'ordre des temps, tout a servi à préparer ce dénoûment,, depuis la promesse faite à nos premiers parents après leur faute par le Seigneur irrité et miséricordieux ; et dans l'ordre de la sainte Liturgie, depuis les semaines d'attente et de soupirs de l'Avent ; nous voici au terme, et Dieu y apparaît avec une puissance et une sagesse qui dépassent infiniment tout ce que nous pouvions prévoir. Les Esprits célestes eux-mêmes en sont confondus d'admiration et d'étonnenient ; c'est ce que la sainte Eglise exprime dans un des cantiques du Temps pascal: « Les Anges, ditelle, sont émus de terreur en voyant la révolution qui s'opère dans l'état de la nature humaine. La chair a péché, et c'est la chair qui

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la puritie ; un Dieu vient régner, et en lui la chair est unie à la divinité '.' »

Le Temps pascal appartient encore à la Vie illuminative ; il en est la partie la plus élevée; car il ne manifeste pas seulement, comme les temps qui l'ont précédé, les abaissements et les souiVranccs de l'Homme-Dieu. Il nous le montre dans toute sa gloire ; il nous le fait voir exprimant en son liumanité le dernier degré de la transformation de la créature en D"ieu. La venue de l'Esprit-Saint vient ajouter encore ses splendeurs à cette illumination; elle révèle à l'âme les relations qui doivent l'unir à la troisième des divines Personnes. Ainsi se déclarent la voie et le progrès de l'âme fidèle, qui, étant devenue l'objet de l'adoption du Père céleste, est initiée à cette heureuse vocation par les leçons et les exemples du Verbe incarné, et consommée par la visite et l'habitation de l'Esprit- Saint. De là résulte tout l'ensemble des exercices qui la conduisent à l'imitation de son divin modèle, et la préparent pour Vunion à laquelle elle est conviée par celui oui « a donné à tous ceux qui l'ont reçu de devenir enfants de Dieu, par une naissance cjui n'est ni du sang, ni de la chair, mais de Dieu lui-même. » (JoHAN. i, 12, i3.)

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