‹ L'Année liturgique (volume 3)Chapitre 36 sur 123 · I. I Cor. XI · texte numérisé non relu

I. I Cor. XI

Le Temps Pascal.

Immolation et Résurrection, est produit en celui qui la reçoit dignement; mais de même que, dans les jours consacrés à honorer la mémoire du sacrihcc sanglant de l'Agneau, l'application du mystère de mort est plus directe et correspond mieux au genre de préparation qu'y apportent les fidèles : de même aussi, dans le Temps pascal, le divin contact de la chair ressuscitée du Fils de Dieu fait sentir davantage à notre être tout entier que le principe de résurrection pour nos corps repose dans cette nourriture sacrée.

Le Sauveur nous l'apprend lui-même, lorsqu'il dit : « Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts;' mais voici le Pain descendu du ciel : si quelqu'un en mange, il ne mourra point. Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang possède'la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour ». (Johan. vi, 49, 5o, 55.) Nous serons tous appelés à reprendre nos corps au dernier jour, les uns pour la gloire, les autres pour le supplice; mais celui qui s'unit dignement, par la sainte Eucharistie, à la cliair glorieuse et ressuscitée de l'Homme- Dieu, contracte avec lui un lien et une intimité qui obligent plus étroitement encore cet hôte divin à ne pas laisser dans la poussière des membres que le sublime mystère a rendus les siens.

Nous devons donc aller, en ces jours, à la table sainte avec une vive ardeur pour la résurrection, sachant que nous recevons alors dans notre corps mortel un élément qui doit le conserver au sein même de la poussière, et qui lui confère un droit de plus aux

La Communion.

qualités des corps glorieux, dont la splendeur et la félicité seront à l'image de celui que notre divin ressuscité montre, en ces jours mêmes, aux regards éblouis de ses disciples.

Or, si notre Rédempteur agit jusque sur nos corps au moyen du céleste aliment, en déposant en eux les arrhes de l'immortalité, quel effet ne doit-il pas produire en nos âmes pour les fortitier et les faire avancer dans cette « vie nouvelle », vie ressuscitée, qui est le fruit de la Pàque, le terme de tous nos efforts, le prix de toutes nos victoires sur nous-mêmes dans le cours de la sainte Quarantaine ? Disons même que cette vie nouvelle^ si elle n'était fréquemment ranimée en nous par le moyen suprême de la sainte Communion, courrait le risque de s'attiédir,

E eut-être même de défaillir en nous.

,'Af>ôtre nous enseigne « que le Christ ressuscité d'entre les morts ne meurt plus » ; d'où il suit que nous, qui sommes ressuscites avec lui, nous ne devons plus mourir. Pour qu'il en advienne ainsi, soyons empressés vers ce Pain descendu du ciel, dont le Sau- f veur nous dit : « Si quelqu'un mange de ce \ Pain, il ne mourra pas, mais il vivra àjamais ». \

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