‹ L'Année liturgique (volume 4)Chapitre 102 sur 132 · SAINT POLYCARPE · texte numérisé non relu

SAINT POLYCARPE

BVÊQUE ET MARTYR.

AU milieu des douceurs qu'il goûte dans la . contemplation du Verbe fait chair, Jean le Bien-Aimé voit arriver son cher disciple Polycarpe, l'Ange de l'Eglise de Smyrne, tout resplendissant de la gloire du martyre. Ce sublime vieillard vient de répondre, dans l'amphithéâtre, au Proconsul qui l'exhortait à maudire le Christ : « 11 y a quatre-vingt- « six ans que je le sers, et il ne m'a jamais tt fait de mal ; que dis-je ? Il m'a comblé de « biens. Comment pourrais-je maudire mon « Roi qui m'a sauve ? » Après avoir passé par le feu et par le glaive, il est arrivé aux pieds de ce Roi Sauveur, et va jouir éternellement du bonheur de sa présence, en retour des quatre-vingt-six ans qu'il l'a servi, des fatigues qu'il s'est données pour conserver dans son troupeau la foi et la charité, et de la mort sanglante qu'il a endurée.

Cornme son maître apostolique, il s'est opposé avec énergie aux efforts des hérétiques qui altéraient la foi. Fidèle aux ordres de cet angélique confident de l'Homme-Dieu, il n'a pas voulu que celui qui corrompt la foi du Christ reçût de sa bouche le salut ; il a dit à l'hérésiarque Marcion qu'il ne le reconnaissait que pour le premier-né de Satan.

Saint Polycarpe, Evéque et Martyr. Aj i

Adversaire énergique de cette orgueilleuse secte qui rougissait de' l'Incarnation d'un Dieu, il nous a laissé cette admirable Epîtrc aux Philippiens, dans laquelle il dit: « Qui- « conque ne confesse pas que Jésus-Christ « est venu dans la chair, est un Antéchrist. » Il convenait donc qu'un si courageux témoin fût appelé à l'honneur d'assister près du berceau dans lequel le Fils de Dieu se montre à nous dans toute sa tendresse, et revêtu d'une chair semblable à la nôtre. Honorons ce disciple de Jean, cet ami d'Ignace, cet Evêquc de l'âge apostolique, qui mérita les éloges de Jésus-Christ même, dans la révélation de Patmos. Le Sauveur lui avait dit par la bouche de Jean : « Sois fidèle jusq u'à la mort ; et « je te donnerai la couronne de vie. » {Apoc. II, lo.) Polycarpe a été fidèle jusqu'à la mort; c'est pourquoi il assiste couronné, en ces jours anniversaires de l'avènement de son Roi parmi nous.

L'Eglise, dans son Office, lit aujourd'hui, pour Légende, cette courte notice, empruntée au livre de saint Jérôme : De Scriptoribus ecclesiasiicis.

PLYCARPE, disciple de Jean, qui l'ordonna Evêque de Smyrne, fut le chef de l'Asie entière, parce qu'il avait connu et avait eu pour maîtres quelques-uns des Apôtres et de ceux qui avaient vu le Seigneur. Sous l'empire d'Antonin le Pieux, alors qu'Anicet gouvernait l'Eglise, quelques difficultés sur fe jour de la Pàque le tirent

PLYCARPUS, Johannis Apostoli discipulus, et ab eo Smyrnœ Episcopus ordinatus, totius Asiae princeps fuit ; quippe qui nonnullos Apostolorum, et eorum qui viderant Dominum, magistros habuerit et viderit. Hic propter quasdam super die Paschœ quaestiones, sub Imperatore

Le I emps de Noéî.

Antonino Pio. Ecclesiam in Urbe régente Aniceto, .

Romamvenit : ubi plurlmos credentium, Marcionis et Valentini persuasione deceptos, reduxit ad fidem. Cumque ei fortuite obviam fuisset Marcion, et diceret :

Cognoscis nos ? respondit : Cognosco primogenitum diaboli. Postea vero régnante Marco Antonino et Lucio Aurelio Commodo, quarta post Neronem persecutione, Smyrnae sedente proconsule, et universo populo in amphithéâtre adversuseum personante, igni traditus est.

Scripsit ad Philippenses valde utilem Epistolam, quaeusque hodie in Asiae conventu legitur.

venir à Rome, où il ramena à la foi plusieurs fidèles, qui s'étaient laissé séduire parles artifices de Marcion et de Valentin. Ayant un jour rencontré Marcion, cet hérésiarque lui dit : « Me connaistu ? » Polycarpe lui répondit : (I Je te reconnais pour le premier-né de Satan. »

Quelque temps après, sous le règne de Marc-Antonin et de Lucius Aurélius Commode, dans la quatrième persécution depuis celle de Néron, il fut condamné devant le tribunal du Proconsul de Smyrne, et livré au feu, avec les clameurs de tout le peuple assemblé dans l'amphithéâtre. Il écrivit aux Philippiens une Epître fort utile,

3ui se lit encore aujourd'hui ans les Eglises d'Asie.

L'Eglise Grecque célèbre la gloire de saint Polycarpe dans ses Menées, auxquels nous empruntons les traits suivants :

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