ACTE d'amour
VOUS m'avez donc aimé, ô mon Hôte divin, puisque vous m'avez ainsi comblé des dons de votre ampur 1 'Comment ne vous aimerais-je pas moi-même de toute l'étendue de ce cœur que vous habitez ? Soyez donc aimé, ô divin Enfant ! C'est dans ce but que vous avez déposé tout votre éclat, anéanti toute votre grandeur ; que vous vous êtes amoindri jusqu'à cette forme d'esclave, et d'esclave enfant. Non, je ne tremble plus à
Après ta Communion. 49
votre aspect ; je vous approche sans être ému d'autre sentiment que celui de la confiance et de l'amour. O vous qui deviez être mon juge terrible, vous reposez maintenant dans mon cœur, comme dans le berceau que vous avez choisi ; vous vous êtes mis à ma discrétion ; vous êtes à moi, et je suis à vous, suivant votre parole. Ah ! ne me quittez jamais. Sauveur si aimable l Vivez, croissez dans mon cœur ; régnez-)^ par l'amour. Je vous offre, comme supplément à mon impuissance, l'amour avec lequel Marie votre tr.ès pure Mère vous pressait sur son sein virginal dans ces premiers jours de votre vie mortelle ; l'amour avec lequel Joseph, son chaste époux, et votre père nourricier, vous prodiguait tous les soins de sa tendresse ; l'amour avec lequel les pasteurs de Bethléhem contemplaient, sous les langes et dans la crèche, la merveille d'un Sauveur né pour eux ; l'amour avec lequel les Mages déposaient à vos pieds leurs trésors, et oubliaient à la vue de votre berceau les fatigues d'une longue course à la suite de l'étoile ; l'amour avec lequel l'heureux Siméon, vous prenant dans ses bras, sentait défaillir sa vie mortelle et poindre pour lui le jour de Téternité ; enfin l'amour des saints Anges dont la félicité, comme nous l'apprend le saint Apôtre, est de reposer éternellement leurs regards sur votre immortelle beauté, devenue ici-bas, sous les doux traits de l'enfance, accessible aux yeux mêmes des pécheurs. Recevez donc, ô mon divin trésor, recevez mon cœur avec tous ces cœurs qui vous aiment, et demeurez à jamais en moi et moi en vous.