‹ L'Année liturgique (volume 4)Chapitre 86 sur 132 · XV DIE JANUARII · texte numérisé non relu

XV DIE JANUARII

QUANDO, nutu divino, Pater, vitaesollicitudmes sapienter reliquisti, et ad ascesis labores transisti, tune gaudens invia occupasti déserta :

astu inflammatus amoris Domini ; ideo deserens libidines, in meliorum perseverantia rerum, Angelo similis, vitam duxis-

Ab omni humana te ipsum, Pater, societate

QUAND, par l'inspiration divine, tu as abandonné avec sagesse, ô Père, les sollicitudes de la vie pour embrasser les travaux de l'ascese ; alors, enflammé de l'amour du Seigneur, plein de joie, tu t'es emparé du désert, laissant derrière toi les passions de l'homme, et poursuivant avec persévérance ce qu'il y a de meilleur, semblable à un Ange, tu as accompli ta vie.

Séparé volontairement de toute société humaine, dès ton

Saiuî Paul, Premier Ermite.

adolescence, ô Paul, notre père, tu as, le premier de tous, embrassé la complète solitude, dépassant tous les autres solitaires, et tu as été inconnu pendant toute ta vie: c'est pourquoi Antoine, par un mouvement divin, t'a découvert, toi qui étais comme caché, et il l'a man^ifesté à l'unix'ers.

Livré, ô Paul, à un genre de vie inaccoutumé sur la terre, tu as habité avec les bêtes, assisté du ministère d'un oiseau, par îa volonté divine ; à cette vue, le grand Antoine stupéfait, au jour où il te découvrit, te célébra :ans relâche, comme le Prophète et 2e Maître de tous, comme un être divin.

segregans ex adolescentia, primus omnino solitudinem, Paule, occupasti ultra quemcumquj solitarie viventem, et pcr totam vitam visu» es incognitus ; ideo Antonius te invenit, nutu divino tamquaro latentem,et orbi terrarum manifestavit.

Insolitae in terra conversationi deditus, Paule, cum bestiis habitasti, avis mfxnisterio divina voluntate utens; et hoc ut vidit quando te maximus invenit Antonius, stupens, omnium et Prophotam et Magistrum, quasi Deum. te sine intermissione magnificavit.

Vous contemplez maintenant dans sa gloire, 6 prince des Anachorètes, le Dieu dont vous avez médité, durant soixante années, la faiblesse et les abaissements volontaires; votre conversation avec lui est éternelle. Pour cette caverne, qui fut le théâtre de votre pénitence, vous avez l'immensité des cieux; pour cette tunique de feuilles de palmier, un vêtement de lumière; pour ce pain matériel, l'éternel Pain de vie; pour cette humble fontaine, la source de ces eaux qui jaillissent jusque dans l'éternité. Dans votre isolement sublime, vous imitiez le silence du Fils de Dieu en Bethléhem; maintenant, votre langue est déliée, et la louange s'échappe à jamais de

3i2 Le Temps de Noél.

votre bouche avec le cri de la félicité. Souvenez-vous cependant de cette terre dont -lous n'avez connu que les déserts; rappelez à lEmmanuel qu'il ne l'a visitée que dans son amour, et taites descendre sur nous ses bénédictions. Obtenez-nous la grâce d'un parfait détachement des choses périssables, l'estime de la pauvreté, l'amour de la prière, et une continuelle aspiration vers la patrie céleste.

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LE MEME JOUR

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