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n'avait pas de Station. La sainte Eglise a voulu porter notre attention sur cet intéressant épisode des derniers jours de notre Rédempteur, parce qu'il nous aide à saisir l'ensemble des circonstances qui se produisaient à ce moment^utour de lui.
Marie-Madeleine, dont la conversion était, il y a quelques jours, l'objet de notre admiration, est appelée à figurer dans les scènes de la Passion et de la Résurrection de son maître. Type de l'âme purifiée et admise ensuite aux faveurs célestes, il nous importe de la suivre dans les diverses phases que la grâce divine lui fait parcourir. Nous l'avons montrée s'attachant aux pas de son Sauveur et subvenant à ses besoins ; ailleurs le saint Evangile nous la fait voir préférée à Marthe sa sœur, parce qu'elle a cnoisi la meilleure part ; dans les jours où nous sommes, elle nous intéresse surtout par son tendre attachement à Jésus. Elle sait qu'on le cherche pour le faire mourir ; et l'Esprit-Saint, qui la conduit intérieurement à travers les états tou~ jours plus parfaits qui se succèdent en elle, veut qu'aujourd'hui elle accomplisse une action prophétique à l'égard de ce qu'elle redoute le plus.
Entre les trois présents des Mages, l'un d'eux était un signe de mort pour le divin Roi que ces hommes fidèles étaient venus saluer du fond de l'Orient ; c'était la myrrhe, parfum funéraire qui fut employé si abondamment dans la sépulture du Sauveur.
Nous avons vu que Madeleine, au jour de sa pénitence, témoigna de son changement de vie par l'effusion du plus précieux de ses
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parfums sur les pieds de Jésus. Aujourd'hui, clic a recours encore à cette touchante manifestation de son amour. Son maître divin est à table chez Simon le Lépreux ; Marie, la Mère de douleurs, est avec lui, ainsi que les disciples ; Marthe veille au service ; tout est calme dans cette maison ; mais de tristes pressentiments sont au fond des cœurs. Tout à coup Madeleine paraît, portant dans ses mains un vase rempli d'une huile de nard du plus grand prix. Elle se dirige vers Jésus, et s'attachant à ses pieds, elle les inonde de ce parfum ; et cette fois encore elle les essuie avec ses cheveux.
Jésus était étendu sur un de ces lits dont les Orientaux se servaient, lorsqu'ils prenaient leur repas dans les festins ; il était donc facile à Madeleine d'arriver aux pieds de son maître, et de renouveler cette démonstration de respect et de tendresse à laquelle elle s'était livrée autrefois chez le pharisien ; mais en ce jour le récit sacré ne nous dit pas qu'elle ait mêlé ses larmes à son parfum. Deux des Evangélistes, dont saint Jean a voulu compléter la narration trop succincte, nous apprennent qu'elle répandit aussi cette huile de senteur sur la tête du Sauveur. Madeleine sentait-elle en ce moment toute la portée de Faction que l'Esprit divin lui inspirait ? L'Evangile ne le dit pas ; mais Jésus révéla le mystère à ses disciples ; et nous qui recueillons ses paroles, nous apprenons par ce fait que la Passion de notre Rédempteur est, pour ainsi dire, commencée, puisque déjà la main de Madeleine l'embaume pour le tom-' beau.
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La suave et pénétrante odeur du parfum avait rempli toute la salle. L'un des disciples, Judas Iscariote, ose protester contre ce qu'il appelle une profusion. La bassesse de cet homme et son avarice l'ont rendu insensible et sans pudeur. La voix de plusieurs des disciples s'unit à la sienne : tant leurs pensées étaient vulgaires encore ! Jésus permit cette indigne réclamation pour plusieurs motifs. Il voulait d'abord annoncer sa mort prochaine à ceux qui l'entouraient, en leur dévoilant le secret exprimé par cette effusion d'un parfum sur son corps. Son but ensuite était de glorifier Madeleine, dont l'amour était à la fois si tendre et si ardent ; et c'est alors qu'il annonça que la renommée de cette illustre pénitente s'étendrait par toute la terre, aussi loin que l'Evangile lui-même pénétrerait. Enfin il voulut par avance consoler les âmes pieuses auxquelles son amour inspirerait de faire des largesses à ses autels, et les venger des critiques mesquines dont elles devaient souvent être l'objet.
Recueillons ces enseignements divins.
Aimons à honorer Jésus dans sa personne comme dans ses pauvres. Honorons Madeleine et mettons-nous à sa suite, lorsque bientôt nous la verrons si assidue au Calvaire et au .sépulcre. Enfin préparons-nous à embaumer notre Sauveur, en réunissant pour sa sépulture la myrrhe des Mages, qui figure la pénitence, et le précieux nard de Madeleine, qui représente l'amour généreux et compatissant.
Dans l'Offertoire, le Psalmiste, au nom du Rédempteur, après avoir imploré le secours,
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demande à Dieu qu'il daigne être fidèle dans l'accomplissement de ses divins décrets pour le salut de Thomine.
OFFERTOIRE
ERIPK me de inimicis meis. Domine : ad te confugi, doce me facere voluntatem tuam : quia Deus meus es tu.
ARRACHEZ-MOI à mes ennemis. Seigneur : jai recours à vous. Enseignez-moi à faire votre volonté; car vous êtes mon Dieu,
La Secrète exprime toute la force divine de nos augustes mystères. Non seulement ce Sacrifice purifie les âmes, mais il les élève jusqu'à l'union parfaite avec celui qui est leur principe et leur auteur.
SECRETE M.C sacrificia nos, om-
tenti virtute mundatos, ad suum faciant puriores venire principium. Per Dominum nostrum Jesum Christum. Amen.
OUE ces mystères. Seigneur Dieu tout-puissant, après nous avoir purifiés par leur efficace vertu, nous donnent de parvenir plus purs à celui qui est leur principe. Par Jésus-Christ notre Seigneur.
Amen.
On ajoute une autre Oraison, comme au Dimanche de la Passion, page 129.
Après la participation des fidèles au Mystère divin, on entend retentir, dans l'Antienne de la Communion, une malédiction contre les ennemis du Sauveur. C'est ainsi que, dans le gouvernement du monde, Dieu opère au même moment selon la miséricorde et selon la justice.
COMMUNION
ERUBESCANT, et reve- I ^*\UE ceux qui se réjouissent reaniur simul, qui 1 >^ de mes maux soient cou*
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verts de confusion et saisis de crainte : que la honte et l'ignominie deviennent le partage de ceux qui parlent contre moi.
gratulantur malis meis :
induantur pudore et reverentia, qui maligna loquuntur adversus me.
La sainte Eglise conclut les prières de ce Sacrifice en demandant pour ses enfants la conservation de l'esprit de ferveur qu'ils viennent de puiser à sa source.
POSTCOMMUNION.
QUE vos Mystères, Seigneur, nous inspirent une ferveur divine ; afin que leur accomplissement et les fruits qu'ils produisent soient l'objet de nos plus chères délices. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
On ajoute une autre Dimanche de la Passion,
PRIONS
Humiliez vos têtes devant Bieu.
VENEZ à notre aide, ô Dieu notre Seigneur, et donnez-nous d'arriver pleins de "joie aux anniversaires des bienfaits par lesquels vous avez daigné opérer notre régénération. Par Jésus- Christ notre Seigneur.
Amen.
PR^BEANT nobis, Do-^ mine, divinum tua Sancta fervorem ; quo eorum pariter et actu delectemur et fructu. Per Dominum nostrum Jesum Christum. Amen.
Oraison, comme au page iSg.
OREMUS
Humiliate capita vestra Deo.
ADJUVAnos, Deus salutaris noster; et ad bénéficia recolenda, quibus nos instaurare dignatus es, tribue venire gaudentes. Per Dominum nostrum Jesum Christum. Amen.
Nous terminerons la journée par cette belle prière empruntée à l'antique Liturgie Gallicane.
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{Oratio
CHRisTE Deus, Adonai magne, nos tecum quasi huic mundo crucifijj^e ; ut vita tua in nobis sit : nostraque peccata sapei te pone, ut ea crucingas nos quoque ad icipsum irahe, cum pro nobis exaltatus es a terra, ut nos eripias ab adultero lyranno : quia licct carne et vitiis diabolo noxii sumus ; tibi tamen, non illi optamus servira : et sub tuo jure vivere desideramus, et a te gubernari rogamus ; qui nos mortales et a morte invasos, per mortem Crucis liberare voluisti. Pro quo singulari beneficio hodierna tibi nostra famulatur devotio : teque nunc hodie supplices adoramus , imploramus, invocamus, ut ad nos
Êroperes, virtus asterna ►ejs : quod nobis proficiai tua Crux, triumphans scilicet de mundo in nobis per Crucis virtutera : atque tua pietas nobis illud antiquum restituât beneficium, virtute scilicet et gratia : qui per potentiam futura, prasterita: per prassentiam facis simiJiter praeterita praesentia ; redde, al nobis tua Passio salu-
ad Sextant.)
O (Christ! ô Dieu, souverain Soigneur, crucifieznous comme vous-même à ce monde, que votre vie soit en nous. Mettez sur vous nos péchés, afin qu'ils soient eux aussi par vous attachés à la Croix. Vous qui avez été élevé de terre, afin de nous soustraire au joug de l'impur tyran, attirez-nous à vous.
Nous sommes, il est vrai, exposés aux insultes du diable, à cause de notre chair et de ses convoitises ; mais ce n'est pas lui, c'est vous que nous voulons servir. Nous voulons vivre sous vos lois; nous vous prions de nous gouverner, vous qui, par la mort de la Croix, avez daigné nous délivrer, nous mortels et envahis par la mort. Aujourd'hui donc, pour cet immense bienfait, nous vous présentons notre très humble service ; nous vous adorons, nous vous implorons, nous vous supplions de venir
gromptement vers nous , à 'ieu éternellement puissant !
que votre Croix, par sa vertu souveraine, triomphe en nous des attraits du monde ; que votre bonté rétablisse nos âmes dans leur état primitif de vertu et de grâce. Vous dont la puissance accomplit ce qui jusqu'alors n'était que possible; vous devant qui le
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passé et le présent sont unis, faites que votre Passion nous soit salutaire en ce moment, comme si elle avait lieu aujourd'hui ; qu'une goutte de votre sang divin épanché un jour sur la terre soit aujourd'hui notre salut ; qu'elle lave tous les péchés de notre nature terrestre; qu'elle se mêle à la terre de notre corps ; et qu'elle nous rende tout vôtres, étant redevenus votre corps par notre réconciliation avec vous, notre Chef, qui vivez et régnez avec le Père et le Saint-Esprit. Maintenant donc commencez à régner sur nous, Komme-Dieu, Christ Jésus, Roi dans les siècles des siècles 1
tans sit, quasi prœsens et hodierna ; et sic nobis hodie, illa gutta sancti sanguinis super terram olim de Cruce stillantis, sit salus : ut omnia terrae nostrae delicta lavans, et corporis nostri humo quodam modo immixta, nos de terra tuos efficiat ; nos quoque tibi quasi corpus idem reconciliati capitis. Qui régnas cum Pâtre semper et Spiritu Sancto ; nunc nobis regnare incipe, Homo Deus, Christe Jesu, Rex in saecula saeculorum.