‹ L'Année liturgique (volume 5)Chapitre 139 sur 249 · Le Jeudi Saint · texte numérisé non relu

Le Jeudi Saint

Et le misérable sort de la salle pour l'exécution de son forfait.

Telles sont les augustes circonstances de la Cène du Seigneur, dont l'anniversaire nous réunit aujourd'hui; mais nous ne l'aurions point suffisamment racontée aux âmes pieuses, si nous n'ajoutions un trait essentiel. Ce qui se passe aujourd'hui dans le Cénacle n'est point un événement arrivé une fois dans la vie mortelle du F'ils de Dieu, et les Apôtres ne sont pas seulement les convives privilégiés de la table du Seigneur. Dans le Cénacle, de même qu'il y a plus qu'un repas, il y a autre chose qu'un sacrifice, si divine que soit la victime oftérte par le souverain Prêtre. Il y a ici l'institution d'un nouveau Sacerdoce Comment Jésus auraitil dit aux hommes : « Si vous ne mangez ma chair et ne buvez mon sang, vous n'aurez Doint la vie en vous ^ », s'il n'eût songé à établir sur la terre un ministère par lequel il renouvellerait, jusqu'à la fin des temps, ce qu'il vient d'accomplir en présence de ces douze hommes? Or voici ce qu'il dit à ces hommes qu'il a choisis : « Vous ferez ceci en mémoire de moi ~ ». Il leur donne par ces paroles le pouvoir de changer, eux aussi, le pain en son corps et le vin en son sang; et ce pouvoir sublim.e se transmettra dans'^TEglise, par la sainte ordination, jusqu'à la fin des siècles. Jésus continuera d'opérer, par le ministère d'hommes mortels et pécheurs, la merveille qu'il accomplit dans le Cénacle ; et

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