‹ L'Année liturgique (volume 5)Chapitre 27 sur 249 · L'ORDINAIRE DE LA MESSE · texte numérisé non relu

L'ORDINAIRE DE LA MESSE

IN nomine Patris , et Filii, et Spiritus Sancti. Amen.

^ ÏNTROIBO ad altare ^- 1 Dei.

^. Ad Deum qui laetificat juventutem meam.

Judica me , Deus , et discerne causam meam de gente non sancta : ab homine iniquo et doloso crue me.

AU nom du Père, et du Fils, et du Saint'Esprit. Ainsi soit-il.

JE m'unis, ô mon Dieu, à votre sainte Eglise qui tressaille dans l'espoir de contempler bientôt, au sein des splendeurs de sa résurrection , Jésus-Christ votre Fils, l'autel véritable.

Comme elle, je vous supplie de me défendre contre la malice des ennemis de mon salut.

La Mess^.

C'est en vous que j'ai mis mon espérance, et cependant je me sens triste et inquiet, à cause des embûches qui me sont tendues.

Faites-moi donc voir, lorsque mon cœur en sera digne, celui qui est la lumière et la vérité : c'est lui qui nous ouvrira l'accès à votre sainte montagne, à votre céleste tabernacle.

Il est le médiateur, l'autel vivant ; je m'approcherai de lui, et je serai dans la joie.

Quand je l'aurai vu , je chanterai avec allégresse : O mon âme 1 ne t'attriste donc plus, ne sois plus troublée.

Espère en lui ; bientôt il se montrera à toi, vainqueur de cette mort qu'il aura subie en ta place ; et tu ressusciteras avec lui.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit ;

Comme il était au commencement , et maintenant , et toujours, et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Je vais donc m'approcher de l'autel de Dieu, et sentir la présence de celui qui vient rajeunir mon âme.

Cette confiance est en moi, non à cause de mes mérites, mais par le secours tout-puissant de mon Créateur.

Quia tu es, Deus, fortiîudo mea : quare me repulisti ? et quare tristis incedo , dum affligit me inimicus ?

Emitte lucem tuam et veritatem tuam : ipsa me deduxerunt et adduxerunt in montem sanctum tuum, et in tabernacula tua.

Et introibo ad altare Dei ; ad Deum qui laetificat juventutem meam.

Confitebor tibi in cithara, Deus, Deus meus :

quare tristis es , anima mea ? et quare conturbas me ?

Spera in Deo, quoniam adhuc confitebor illi : salutare vultus mei , et Deus meus.

Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto.

Sicut erat in principio, et nunc et semper, et in ssecula sasculorum.Amen.

j^. Introibo ad altare Dei.

% Ad Deum qui laetificat juventutem meam.

^. Adjutorium nostrum in nomine Domini.

% Qui fecit cœlum et terram.

Cette pensée qu'il va paraître devant le Seigneur fait naître dans l'âme du Prêtre un

54 J-ci Passion et la Semaine sainte.

vif sentiment de componction. Il ne veut pas aller plus loin sans confesser publiquement qu'il est pécheur et indigne d'une telle grâce. Ecoutez avec respect cette confession de l'homme de Dieu, et demandez sincèrement au Seigneur Qu'il daigne lui faire miséricorde; car le Prêtre est votre père, il est responsable de votre salut, pour lequel il expose le sien tous les jours.

Faites ensuite votre confession avec le ministre, disant à votre tour, dans un sentiment de contrition :

CONFiTEOR Deo omnipotenti, beatae Mariae semper Virgini , beato Micnaeli Archangelo .

beato Joanni Baptislae, sanctis Apostolis Petro et Paulo, omnibus Sanctis, et tibi, Pater, quia peccavi nimis , cogitatione , verbo et opère :

mea culpa , mea culpa, mea maxima culpa. Ideo precor beatam Mariam semper Virginem, beatum Michaelem Archangelum. beatum Joannem Baptistam, sanctos Apostolos Petrum et Paulum, omnes Sanctos , et te , Pater, orare pro me ad Dominum Deum nostrum.

Recevez avec reconnaissance le souhait paternel du Prêtre qui vous dit :

|L W ISEREATUR vestfi | ^(^ UE le Dieu tout-puis- '^'IVl omnipotens Deus,

JE confesse à Dieu toutpuissant, à la bienheureuse Marie toujours Vierge , à saint Michel Archange , à saint Jean-Baptiste , aux Apôtres saint Pierre et saint Paul, à tous les Saints, et à vous, mon Père, que j'ai beaucoup péché en pensées . en paroles et en œuvres : par ma faute, par ma faute, par ma très graude faute. C'est pourquoi je supplie la bienheureuse Marie toujours Vierge, saint Michel Archange, saint Jean-Baptiste , les Apôtres saint Pierre et saint Paul, tous les Saints, et vous, mon Père, de prier pour moi le Seigneur notre Dieu.

sant ait pitié de vous,

'La A^esse:

et dimissis peccatis vestris, perducat vos ad vitam aeternam.

Ri. Amen.

f. Indulgentiam, absolutionem, et remissionem peccatorum nostrorum , tribuat nobis omnipotens et misericors Dominus.

^. Amen.

Relevez maintenant la tête, et appelez le secours divin pour vous approcher de Jésus- Christ.

qu'il vous remette vos péchés et vous Conduise à la vie éternelle.

R). Amen.

f. Que le Seigneur toutpuissant et miséricordieux nous accorde l'indulgence , l'absolution et la rémission de nos péchés.

^. Amen.

f /^ Dieu, d'un seul regard "'v-/ vous nous donnerez la vie ;

Ri. Et votre peuple se réjouira en vous.

y. Montrez-nous , Seigneur, votre miséricorde ;

^. Et donnez-nous de connaître et d'aimer le Sauveur que vous nous avez envoyé.

^. Seigneur, exaucez ma prière ;

Rj. Et que mon cri parvienne jusqu'à vous.

^ p\ EUS, tu conversus '^'LJ vivifîcabis nos.

fi|. Et plebs tua laetabitur in te.

j^. Ostende nobis, Domine , misericordiam tuam,

R]. Et salutare tuum da nobis.

j^. Domine, exaudi orationem meam.

Ri. Et clamor meus ad te veniat.

Le Prêtre vous salue, en vous quittant pour monter à l'autel.

f. Le Seigneur soit avec I f. Dominus vobiscum. vous. I

Répondez-lui avec révérence*.

]^. Et avec votre esprit. | R). Et cura spiritu tuo.

Il monte les degrés et arrive au Saint des Saints.

36" La Passion et la Semaine sainte.

Demandez pour vous et pour lui la délivrance des pèches.

OREMUS

- UFER a nobis, quaesu- ^^ mus, Domine , iniquitatcs nostras; ut ad Sancta Sanctorum puris mcreamur mcntibus introire. Pcr Christura Dominum nostrum. Amen.

PRIONS

FAITES disparaître de nos cœurs , ô mon Dieu !

toutes les taches qui les rendent indignes de vous être présentés ; nous vous le demandons par votre divin Fils, notre Seigneur.

Quand le Prêtre baise l'autel, par respect pour les os des Martyrs qu'il couvre, on dira :

QRAMUS te , Domine, per mérita Sanctotuorura quorum reliquise hic sunt, et omnium Sanctorum, ut indulgere digneris omnia peccata mea. Amen.

^^ ÉNÉREUX soldats de Jésus- (j Christ , qui avez mêlé votre sang au sien, faites instance pour que nos péchés soient remis, afin que nous puissions, comme vous, approcher de Dieu.

Si la Messe est solennelle, le Prêtre encense l'autel avec pompe, et cette fumée qui s'exhale de toutes les parties de l'autel si-

fnifie la prière de l'Eglise qui s'adresse à ésus-Christ, et que ce divin Médiateur fait ensuite monter, avec la sienne propre, vers le trône de la majesté de son Père.

Le Prêtre dit ensuite l'Introït. Cette Antienne solennelle est un chant d'ouverture dans lequel l'Eglise laisse s'échapper tout d'abord les sentiments qui l'animent.

Il est suivi de neuf cris plus expressifs encore ; car ils demandent miséricorde. En les proférant, l'Eglise s'unit aux neuf chœurs des Anges réunis autour de l'Autel du ciel, qui est le même que celui de la terre.

La Messe.

Au Père :

SEIGNEUR, ayez pitié !

Seigneur, ayez pitié!

Seigneur, ayez pitié !

YRIE, eleison.

Kyrie, eleison.

Kyrie , eleison.

Christ, ayez pitié l Christ, ayez pitié !

Christ, ayez pitié 1

Au Fils:

Christe, eleison.

Christe, eleison.

Christe, eleison.

Au Saint-Esprit :

Seigneur, ayez pitié !

Seigneur, ayez pitié !

Seigneur, ayez pitié !

Kyrie, eleison.

Kyrie, eleison. Kyrie, eleison.

Ainsi que nous l'avons exposé plus haut, l'Eglise s'interdit, en Carême, l'Hymne céleste que les Anges entonnèrent sur le berceau du Messie. Cependant, si elle doit célébrer la fête d'un Saint, elle reprend, pour ce jour-là, ce beau cantique dont le début semble plutôt convenir au ciel qu'à la terre. La seconde partie est plus en rapport avec les besoins et les craintes de l'homme pécheur. Nous y rappelons au Fils éternel du Père, qu'il est aussi 1'^gneau^ qu'il est descendu pour effacer nos péchés. Nous le supplions d'avoir pitié de nous, d'ècouttr notre humble prière. Insistons sur ces sentiments qui conviennent si particulièrement au temps où nous sommes.

< l'hymne ANGÉLIQUE.

^.^ LOIRE à Dieu au plus haut \jj^ des cieux , et , sur la

terre, paix aux hommes de

bonne volonté !

Nous vous louons , nous

^^ LCRIA in excelsis Deo, \j^ et in terra pax hominibu&bonœ voluntatis.

Laudamus te : benedi-

58 La Passion et la Semaine sainte.

cimus te : adoramus te :

glorificamus te : gratias agimus tibi propter magnam gloriam tuam.

Domine Deus, Rex cœlestis, Deus Pater omnipotens.

Domine , Fili unigenite, Jesu Christe.

Domine Deus, Agnus Dei, Filius Patris.

Qui tollis peccata mundi, miserere nobis.

Qui tollis peccata mundi , suscipe deprecationem nostram.

Qui sedes ad dexteram Patris, miserere nobis.

Quoniamtusolus Sanctus, tu solus Dominus, tu solus Altissimus, Jesu Christe, cum Sancto Spiritu, in gloria Dei Patris.

Amen.

vous bénissons , nous vous adorons, nousvous glorifions, nous vous rendons grâces, à cause de votre grande gloire.

Seigneur Dieu , Roi céleste , Dieu Père tout-puissant !

Seigneur Jésus-Christ, Fils unique !

Seigneur Dieu, Agneau de Dieu, Fils du Père !

Vous qui otej les péchés du tnonde, ajre:^ pitié de nous.

Vous qui dte^ les péchés du moude, receve^ notre humble prière.

Vous qui êtes assis à la droite du Père, a/e^ pitié de nous.

Car vous êtes le seul Saint, vous êtes le seul Seigneur, vous êtes le seul Très-Haut , ô Jésus-Christ 1 avec le Saint-Esprit, dans la gloire de Dieu le Père. Amen.

Le Prêtre salue encore le peuple, comme pour s'assurer de sa persévérance dans l'attention religieuse que réclame l'Action sublime qui se prépare.

Vient ensuite la Collecte ou Oraison, dans laquelle l'Eglise expose à Dieu, d'une manière expresse, ses intentions particulières dans la Messe qui se célèbre. On pourra s'unir à cette prière en récitant avec le Prêtre les Oraisons qui se trouvent ci-après, au Propre du Temps, et surtout en répondant Amen avec le Ministre qui sert la xMesse.

On lira ensuite l'Epître, qui est, pour l'ordinaire, un fragment des Lettres des Apôtres,

La Messe.

ou quelquefois un passage des livres de l'Ancien Testament. En faisant cette lecture, on demandera à Dieu de profiter des enseignements qu'elle renferme.

Le Graduel est un intermède entre la leccure de l'Epît.e et celle de l'Evangile. Il remet sous nos yeux les sentiments qui ont déjà été exprimés dans l'Introït. On doit le lire avec dévotion, pour s'en bien pénétrer et s'élever plus avant dans les Hauteurs du mystère.

Dans les autres temps de l'année, l'Eglise ait ici retentir le divin Alléluia] mais en ce moment elle a suspendu cette marque suprême de son allégresse, jusqu'à ce que son Epoux ait traversé cette mer d'amertume où nos péchés l'ont submergé. En place, elle fait entendre sur un mode triste quelques versets des Psaumes en rapport avec l'ensemble des prières de chaque Messe : ce chant s'appelle le Trait ; nous en avons parlé ailleurs.

Si c'est une Messe solennelle que l'on célèbre, le Diacre se dispose à remplir son noble ministère qui consiste à annoncer la Bonne Nouvelle du salut. Il prie Dieu de purifier son cœur et ses lèvres ; puis il demande à genoux la bénédiction du Prêtre, et, l'ayant obtenue, il se rend au lieu d'où il doit chanter l'Evangile.

Pour préparation à le bien entendre, on

g eut dire en union avec le Prêtre et avec le >iacre :

Ceigneur , purifiez mes •*^ oreilles trop longtemps remplies des vaines paroles

\A UNDA cor meum, ac ■*-^* labia mea, omnipotens Deus , qui labia

6o La Passion et la Semaine sainte.

Isaix- F^rophetae calcule mundasii ignito : ita me tua grnta miseratione dignare mundare, ut sanctum Evangelium tuum digne valeam nuntiare.

Per Christum Dominum nostrum. Amen.

Dominus sit in corde meo, et in labiis mois : ut digne et competenter annuntiem Evangelium suum. In nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti.

Amen.

du siècle, afin que j'entende la Parole de la vie éternelle, et que je la conserve dans mon cœur. Par .Icsus-Christ votre Fils notre Seigneur.

Amen.

Donnez à vos ministres la grAce d'être les fidèles interprètes de votre loi, afin que, pasteurs et troupeau, nous nous réunissions tous en vous à jamais.

On se tiendra debout par respect, pendant la lecture de l'Evangile; on fera sur soi le signe de la Croix, et on suivra toutes les paroles du Prêtre ou du Diacre. Que le cœur donc soit prêt, et qu'il se montre docile. L'Epouse du Cantique dit: Mon âme s'est fondue en moi comme la cire, pendant que le bien-aimé me parlait. Mais tous n'ont pas cet annour. Disons-lui du moins, avec l'humble soumission de Samuel : Parle^, Seigneur : votre serviteur écoute.

Après l'Evangile, si le Prêtre récite le Symbole de la Foi, on le dira avec lui. La foi est le don suprême de Dieu; c'est par elle que nous percevons la lumière qui luit au milieu des ténèbres^ et que les ténèbres de rincrédulité n'ont point comprise. Lsl foi seule nous apprend ce que nous sommies, d'où nous venons, où nous allons. Seule elle nous enseigne la voie pour retourner à Dieu, si nous nous sommes écartés de lui. Aimons cette foi par laquelle nous

La Aîesse.

serons sauvés, si nous la fécondons par les œuvres, et disons avec l'Eglise Catholique :

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