ANTIENNE DE MAGNIFICAT
guinem hircorum, aut vitulorum, sed per proprium sanguinem introivit semel in Sancta .
aeterna redemptione inventa.
P^. Dec gratias.
ABRAHAM pater vester exultavit ut videret .jjiem meum : vidit et gavisus est.
ABRAHAM votre père a désiré ardemment de voir mon jour : il l'a vu. et il en a été comblé de joie.
Quaesumus , omnipotent Deus, familiam tuam propitius respice : ut, te îargiente, regatur in corpore, et, te servante, custodiaturin mente. Per Dominum nostrum Jesum Christum. Amen.
Seigneur Dieu tout-puissant, regardez votre famille d'un œil favorable ; et par vos soins paternels conduisezla au dehors et gardez-la au dedans. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
Nous placerons ici cette solennelle Oraison de l'Eglise gothic^ue d'Espagne, que nous empruntons au Bréviaire Mozarabe.
CAPITULE
PssiONis tuae festum, Christe Dei Filius, devotis cordium ofïiciis, recursu temporis inchoantes, quo pro nobis
LE cours du temps, ô Christ Fils de Dieu, nous a ramené les fêtes commémoratives de votre Passion. Nous Gommençons d'un cœur pieux
Le Dimanche de la Passion.
à vous rendre les devoirs qui vous appartiennent, en ce temps où vous avez souffert pour nous les insultes de vos persécuteurs et enduré sur la croix les coups de vos ennemis ; nous vous en supplions, ne vous éloignez pas de nous.
Aux approches de votre tribulation, personne n'était là pour vous secourir ; soyez, au contraire, notre seul soutien par le mérite de votre Passion. Ne nous livrez pas à nos ennemis pour nous perdre ; mais recevez vos serviteurs pour les sauver. Par votre puissante vertu, repoussez ces superbes qui nous calomnient, c'est-à-dire les ennemis de nos âmes :
car vous êtes, dans votre humanité, le divin flambeau placé sur le chandelier de la croix. Enflammez-nous des feux qui sont les vôtres, afin que nous ignorions ceux du.
châtiment. Faites part des mérites de votre Passion à ceux que vous voyez en célébrer les prémices d'un cœur pieux; par le bienfait de votre lumière, daignez dissiper les ténèbres de nos erreurs.
et linguas fuisti persequentium passus, et tradentium te vulneribus crucifixus ; rogamus atque exposcimus ne te elonges a nobis : ut, quia proximante tribulatione, non est qui adjuvet ; tu solus Passionis tuae nos subleves ope : ne tradas ergo nos inimicis nostris in malum, sed excipe servos tuos in bonum :
ut nos calumniantes superbi, inimici scilicet animarum nostrarum , virtutis tuae potentia propellantur ; tu es enim divina luccrna perhumanitatem super candelabrum crucis imposita : ideo te rogamus, ut nos accendas, ne veniamus in pœnam. Quos ergo perspicis initiatum Passionis tuae festum devotis cordibusexcepisse, facito eos Passioni tuae communicare : ut tenebrarum nostrarum errore discusso, lucis tuae muniamur praesidio
Pour honorer la sainte Croix, nous insérons chaque jour de cette semaine une pièce liturgique où elle est célébrée. Nous commencerons aujourd'hui par cette belle Hymne de saint Venance Fortunat, évêque de Poitiers.
Le Dimanche de la Passion.
CRUx benedicta niict, Dominus qua carne pcpendit, Atquc cruorc suo vulnera nostra lavat.
Mitis amore pio pro nobisvictima factus, Traxit ab ore lupi qua sacer Agnus oves.
Transfixis palmis ubi mundum a clade redeniit, Aique suo clausit funere mortis iter.
Hic manus illa fuit clavis confixa cruentis, Quse eripuit Paulum crimine, morte Petrum.
Fertilitate potens, o dulce et nobile liguum, Quando tuis ramis tam nova poma geris !
Cujus odore novo defuncta cadavera surgunt.
Et redeunt vitae qui caruere die.
Nullum uret aestus sub frondibus arboris hujus ;
ELLE attire nos regards, la Croix bénie, sur laquelle le Sauveur fut suspendu par sa chair : sur laquelle il lava nos blessures dans son sang.
C'est par elle que l'Agneau sacré, douce victime, dans son amour pour nous, a arraché les brebis de la gueule du loup.
C'est sur elle que, ayant les mains clouées, il a racheté le monde de sa perte, et, en mourant, fermé ses voies à la mort.
Sur elle fut traversée d'un clou sanglant cette main qui arracha Paul à ses crimes, et sauva Pierre du trépas.
Doux et noble bois, qu'elle est riche, ta fécondité, quand tu portes sur tes rameaux un fruit si nouveau !
A l'odeur mer^-eilleuse que tu répands, les corps morts se lèvent de leurs tombeaux, et ceux qui ne voyaient plus la lumière reviennent à la vie.
Sous le feuillage de cet arbre, on ne sent plus les ardeurs dévorantes, ni la
Le Dimanche de la Passion.
]une pendant la nuit, ni le soleil dans son midi brûlant.
Dans ton éclat tu t'élèves au bord des eaux; c'est là que tu étales ta verdure embellie de fleurs nouvelles.
A tes branches est suspendue la vigne qui donne un vin si doux, dans le sang vermeil du Christ.
Luna nec in noctem, sol neque meridie.
Tu plantata micas seciis est ubi cursus aquarum :
Spargis et ornatas flore récente comas.
Appensa est vitis inter tua brachia, de qua Dulcia sanguineo vina rubore fluunt.