SEQUENCE
LIGNUM vitae quaerimus, Qui vitam amisimus Fructu ligni vetiti.
Nec inventum noverit Qui fructum non viderit Adhaerentem stipiti.
Fructus per quem vivi-
tur Pendet, sicut creditur, Virginis ad ubera.
Et ad Crucem iterum, Inter viros scelerum, Passus quinque vulnera.
Hic Virgo puerpera, Hic Crux salutifera :
Ambo ligna mystica.
Haec hyssopus humîiis,
Nous cherchons l'Arbre de vie, nous qui avons perdu la vie en mangeant le fruit défendu.
Celui dont l'oeil n'a pas vu le fruit adhérent à l'Arbre n'a pas vu l'Arbre lui-même.
Le fruit qui donne la vie est suspendu au sein de la Vierge-Mère : ainsi l'enseigne la foi.
On le voit suspendu aussi à l'Arbre de la Croix, entre les larrons, traversé de cinq blessures.
La Vierge-Mère, la Croix qui nous sauve, sont les deux arbres mystiques :
L'une humble comme l'hy-
de la Passion.
sope, l'autre imposante comme le cèdre : toutes deux donnant
Placé entre l'une et l'autre, laquelle attirera mes regards ?
Dans cet embarras plein de charmes, je me livre à la comparaison.
Sur le sein de Marie, retenu par les bras maternels, c'est un enfant qui pousse des vagissements.
Sur la Croix, il étend les bras vers les hommes pour les embrasser tous.
Ici c'est sa Mère pleine de tendresse qui le retient sur son cœur.
Là c'est l'amour lui-même, qui ne consent pas à demeurer caché dans sa poitrine.
Ici il s'attache à la mamelle, pour en être nourri.
Là il est cloué au bois ; et le sang de ses blessures est notre breuvage.
C'est la Croix qui nous nourrit par le Fruit qu'elle a porte.
La mère a tout préparé, nourrissant d'abord le Fruit
nia cedrus nobilis :
Utraque vivifica.
Positus in medio, Quo me vertam nescio.
In hoc dulci pubio, Dulcis est coUatio.
Hic complexus brachiis, Modis vagit variis.
Hic extendit brachia, Complexurus omnia.
Charum Mater tenere Novit hic tenere.
Charitas sub latere, Nescit hic latere.
Hic adhaerens pectori, Pascitur ab ubere.
Hic affixus arbori, Pascit nos ex vulnere.
Crux ministrat pabula, Fructu nos reficiens.
Mater est praeambula, Fructum nobis nutriens.
2^2 Le Samedi de la Semaine de la Passion.
Tandem ad hoc trahitur Finalis scntentia :
Quod nemo consequitur linam sine alia.
Qui Crucem elegerit, Nec sic Matrem deserit :
Cum ad Crucem venerit, Matrem ibi poterit Stantem invenire.
Nec qui Matrem eligit, Crucem prorsus abigit :
Si modum intelligit Quo per Matrem contigit Gladium transire.
Fili Matris unice, Matriscrucifixae, Nos de Cruce respice, Fili crucifixe.
Fructus o vivifice, Fructus ligni vitae, Nos teipso refice, Nobis da frui te.
Amen.
J'arrive donc à cette conclusion , que nul ne saurait jouir de l'une, sans jouir en même temps de l'autre.
Celui qui choisit la Croix ne quitte pas pour cela la Mère : dès c^u'il arrive à la Croix, la Mère s'offre à ses regards, debout au pied de cet Arbre.
Celui qui choisit la Mère ne s'éloigne pas non plus de la Croix ; car c'est au pied de la Croix que le glaive a transpercé le cœur de la Mère.
Fils unique d'une Mère crucifiée, du haut de la Croix, regardez-nous.
Fruit vivifiant , fruit de l'Arbre de vie , nourrisseznous et donnez-nous de jouir enfin de vous.