‹ L'Année liturgiqueChapitre 117 sur 160 · ET CONFESSEUR · texte numérisé non relu

ET CONFESSEUR

■p^ouR faire honneur au Messie Pontife, \9 P souveraine Sagesse a multiplié les Pontifes sur la route" qui conduit à lui. Deux Papes, saint Melchiade et saint Damase ; deux Docteurs , saint Pierre Chrysologue et saint Ambroise; deux Evêques, l'amour de leur troupeau, saint Nicolas et saint Eusèbe : tels sont les glorieux Pontifes qui ont reçu la charge de préparer, par leurs suffrages, la voie du peuple fidèle vers celui qui est le souverain Prêtre selon l'ordre de Melchisédech. Nous développerons successivement leurs titres à faire partie de cette noble cour. Aujourd'hui, l'Eglise célèbre avec joie la mémoire de l'insigne thaumaturge Nicolas, aussi fameux dans l'Orient quelle grand saint Martin l'est dans l'Occident, et honoré depuis près de mille ans par l'Eglise latine. Rendons hommage au souverain pouvoir que Dieu lui avait donné snr la nature ; mais félicitons-le surtout d'avoir été du nombre des trois cent dix-huit Evêques qui proclamèrent, à Nicée, le Verbe consubstantiel au Père. Il ne fut point scandalisé des abaissements du Fils de Dieu ; ni la bassesse de la chair que le souverain Seigneur de toutes choses revêtit au sein de la Vierge, aj

Saint Nicolas, Evêque de Myre. 3g i

l'humilité de la crèche, ne l'empêchèrent de proclamer Fils de Dieu, égal à Dieu, le fils de Marie; c'est pourquoi il a été élevé en gloire et a reçu la charge d'obtenir, chaque année, pour le peuple chrétien , la grâce d'aller, au-devant du Verbe de vie, avec une foi simple et un ardent amour. Ecoutons maintenant l'éloge que l'Eglise Romaine lui a consacré.

NICOLAS naquit à Patare, ville de Lycie, d'une famille illustre. Sa naissance fut accordée aux prières de ses parents. L'éminente sainteté qu'il fit éclater dans son âge mûr apparut dès son berceau. Encore enfant, on le vit, les mercredis et vendredis, ne prendre le lait de sa nourrice qu'une seule fois, et sur le soir, bien qu'il le fît fréquemment les autres jours : il conserva toute sa vie cette pratique de jeûne. Privé de ses parents dans son adolescence, il distribua tous ses biens aux indigents. On cite entre autres ce bel exemple de générosité chrétienne : un homme pauvre, ne trouvant point à marier trois filles nubiles qu'il avait, pensait à les abandonner à la prostitution. Nicolas l'ayant appris, jeta, la nuit, par la fenêtre . dans cette maison autant d'argent qu'il en fallait pour la dot d'une de ces jeunes filles ; ce qu'il fit une seconde et une troisième fois, en sorte que toutes trois

NICOLAUM, illustri loco Patarae in Lycia natum, parentes a Deo precibus impetrarunt. Cujus viri sanctitas , quanta futura esset, jam ab incunabulis apparuit. Nam infans , quum reliquos dies lac nutricis frequens sugeret, quarta et sexta feria semel duntaxat, idque vesperi , sugebat : quam jejunii consuetudinem in reliqua vita semper tenuit. Adolescens parentibus orbatus, facultates suas pauperibus distribuit. Cujus illud insigne est christianae benignitatis exemplum , quod quum ejus civis egens très filias jam nubiles in matrimonio collocare non posset , earumque pudicitiam prostituere cogitaret : re cognita , Nicolaus noctu per fenestram tantum pecuniaî in ejus domum injecit , quantum unius virginis doti satis esset :

L'A vent.

quod quum iterum et tertio fecisset, très illae virgines honestis viris in matrimonium data sunt.

Quum vero se totum Deo dedisset, in Palœstinam profectus est, ut loca sancta viseret. et prœsens veneraretur. Qua in peregrinatione navem conscendens sereno cœlo et trar.quillo mari, horribilem nautis tempestatem praedixit : moxque ortam. quum essent omnes in summo periculo . orans mirabiliter sedavit. Unde quum domum reversus singularis sanctitatis omnibus documenta praeberet , Dei admonitu Myram . quœ Lyciae metropolis eiat , venit : quo tempore ejus urbis episcopo mortuo, provinciales episcopi de successore deligendo

consultaient. Itaque in ea deliberatione divinitus admoniti sunt , ut eura eligerent , qui postridie mane primus in ecclesiam ingrederetur. Nicolaus nomine. Qua observatione adhibita, in ecclesiae janua deprehensus est Nicolaus. et summo omnium consensu Myre Episcopus creatur. In episcopatu castitatem .

quam semper coluerat ,

trouvèrent d'honorables partis.

Cependant, le saint s'était donné à Dieu tout entier ; il partit pour la Palestine, afin de visiter les saints lieux. Dans ce pèlerinage qu'il fit par mer, il prédit aux matelots, par un ciel serein et une mer très calme, une horrible tempête ; elle s'éleva soudain, et tout l'équipage fut en grand danger; mais à la prière de Nicolas, la mer se calma miraculeusement. Il revint de là dans sa patrie, donnant à tous des exemples de singulière sainteté. Par un avertissement de Dieu, il vint à Myre, métropole de la Lycie. qui venait de perdre son évèque, et au temps même où les évèques de la province étaient rassemblés pour élire un successeur. Pendant qu'ils délibéraient , ils eurent une révélation de choisir celui oui, le lendemain, entrerait le premier dans l'église, et aurait nom Nicolas. Fidèles à cet avertissement , celui qu'ils trouvèrent à la porte de l'église fut Nicolas lui-même, lequel lut, au grand applaudissement de tous, créé évêque de .Myre. Durant son épiscopat, on vit briller en lui sans relâche la chasteté qu'il garda toute sa vie, la gravité, l'assiduité à la prière et aux veil-

les, l'abstinence, la libéralité, l'hospitalité, la mansuétude dans les exhortations, la sévérité dans les réprimandes.

Il prodigua toujours ses aumônes, ses conseils et ses services à la veuve et à l'orphelin. Son zèle à soulager les opprimés alla jusqu'à ce point, que trois Tribuns, condamnés sur une calomnie par l'Empereur Constantin, s'étant recommandés à ses prières, malgré la grande distance des lieux et sur la réputation de ses miracles, il apparut de son vivant à ce prince avec un air menaçant, et les délivra. Comme il prêchait à Mvre la vérité de la foi chrétienne, contrairement à l'édit de Dioclétien et de Maximien, il fut arrêté par les satellites des Empereurs.

Entrainé au loin et jeté en prison, il y resta jusqu'à l'avènement de Constantin à l'empire. Délivré de captivité

Sar ses ordres . il revint à lyre, assista au Concile de Nicée. et y condamna l'hérésie Arienne avec les trois cent dix-huit Pères. De retour dans son évêché. il fut bientôt surpris par la mort :

et levant les yeux au ciel, il vit les Anges qui lui venaient

gravitatem. orationis assiduitatem. vigilias, abstinentiam , liberalitatem et hospitalitatem, in adhortando mansuetudinem, in reprehendendo severitatem , perpetuo adhibuit.

Vidais et orphanis pecunia,consilio, opère non defuit : oppressos adeo sublevavit, ut etiam très Tribunos.per calumniam a Constantino Augusto condemnatos, qui se propter famam ejus miraculorum, orationibus longissime absenti commendarant, adhuc vivens, quum Imperatori minaciter

eum terrens apparuisset, liberaverit. Quum ver> contra edictum Diocletiani et Maximiani Christianae fidei veritatem Myrae praedicaret, ab Imperatorum satellitibus comprehensus, et longissime abductus in carcerem conjectus est ; ubi fuit usque ad Constantinum Imperatorem : cujus jussu ex custodia ereptus. Myram rediit. Mox ad Nicaenum Concilium se contulit : ubi cam trecentis illis decem et octo Patribus Arianam hœresim condemnavit. Inde reversus ad episcopatum.

non ita multo post ins-

L'A vent.

tante morte, suspiciens in cœlum, quutn Angeles sibi uccurrentes intueretur, illo Psalmo pronuntiato: In te. Domine, speravi. usque adeumlocum : In manus tuascommendospiritummeunv. ;n cœlestem patriam migravit. Ejus corpus Barîum in Apulia trans*atum, ibidem summa celebritate ac venerstione colitur.

au-devant. Il récita alors le Psaume qui commence par les m ts: En vous, Seigneurj'ai espéré, jusqu'à ces paro les : En vos mains je remets mon âme ; après quoi il s'envola vers la patrie. Son corps qui a été transporté a Biiri, dans la Pouille, est l'objet d'un grand concours et d'une grande vénération.

Presque tous les Bréviaires de l'Eglise Latine, jusqu'au xviic siècle, sont très abondants sur les vertus et les œuvres merveilleuses de saint Nicolas, et contiennent le bel Office du saint Evoque, tel qu'il fut composé vers le xne siècle. Nous avons parlé ailleurs de cet Office sous le rapport musical ; ici, nous nous bornerons à dire qu'il est tout entier puisé dans les Actes de saint Nicolas, et plus explicite sur certains faits que la légende du Bréviaire romain. Les pièces qui vont suivre insistent sur un fait dont cette Légende ne dit rien : nous voulons parler de j'huile miraculeuse qui, depuis tant de siècles écoulés, découle toujours du tombeau du saint Evéque, et au moyen de laquelle Dieu a souvent opéré des prodiges. Le Répons et l'Antienne que nous donnons tout d'abord, célèbrent le miracle de cette huile ; et ces deux pièces étaient autrefois si populaires, qu'au xme siècle on en emprunta la mélodie, pour l'appliquer au Répons Unus partis et à l'Antienne O qnam suavis est, dans l'Office du Saint-Sacrement.

Saint Nicolas, Évêqne de Myre. 3g5

H T"\ E son tombeau de L/ marbre , découle une huile sacrée qui guérit les aveugles dont les yeux en sont oints. * Rend l'ouïe aux sourds, et remet en santé tous ceux qui sont débiles, f.

Les peuples courent en foule, empressés de voiries merveilles qui se font par l'entremise de Nicolas. * Cette huile rend l'ouïe aux sourds , et remet en santé tous ceux qui sont débiles.

s rx ejus tumba ^' C marmorea sacrum resudat oleum, quo liniti sanantur caeci : * Surdis auditus redditur :

et debilis quisque sospes regreditur. f. Catervatim ruunt populi cernere cupientes quae per eum fiunt mirabilia. * Surdis auditus redditur : et debilis quisque sospes regreditur.

ANTIENNE

O BONTÉ du Christ, digne d'être relevée par toutes sortes de louanges! C'est elle qui manifeste au loin les mérites de Nicolas son serviteur; car de la tombe de ce Saint découle une huile, et elle guérit tous ceux qui sont dans la langueur.

Nous donnons ensuite les deux Hymnes qui se trouvent dans tous les Bréviaires Romains-Français.

OCHRiSTipietasomni prosequenda laude !

Quae sui famuli Nicolai mérita longe lateque déclarât : nam ex tumba ejus oleum manat, cunctosque languidos sanat.

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