‹ L'Année liturgiqueChapitre 146 sur 160 · PREMIERE ANTIENNE · texte numérisé non relu

PREMIERE ANTIENNE

O Sagesse, qui êtes sortie de la bouche du Très-Haut, qui atteignez d'une extrémité à l'autre, et disposez toutes choses avec force et douceur : venez nous apprendre les voies de la prudence.

OSapientia, quae ex ore Altissimi prodiisti, attingensa fine usque ad fincm fortiter, suaviterque disponens omnia : veni ad docendum nos viam prudentiae.

O Sagesse incréce qui bientôt allez vous rendre visible au monde, qu'il apparaît bien en ce moment que vous disposez toutes choses ! Voici que, par votre divine permission, vient d'émaner un Edit de l'empereur Auguste pour opérer le dénombrement de l'univers. Chacun des citoyens de l'Empire doit se faire enregistrer dans sa ville d'origine. Le prince croit dans son orgueil avoir "ébranlé a son profit l'espèce humaine tout entière. Les hommes s'agitent par millions sur ie globe, et traversent en tous sens Fimmense monde romain ; ils pensent obéir à un homme, et c'est à Dieu qu'ils obéissent. Toute cette grande agitation n'a qu'un but : c'est d'amener à Bethléhem un homme et une

L'A vent.

femme qui ont leur humble demeure dam:

Nazareth de Galilée ; afin que cette femmeinconnue des hommes et chérie du ciel, étant arrivée au terme du neuvième mois depuis la conception de son fils, enfante à Bethléhem ce fils dont le Prophète a dit : « Sa sortie est « dès les jours de l'éternité ; 6 Bethléhem ! « tu n'es pas la moindre entre les mille cités « de Juda ; car il sortira aussi de toi. » O Sagesse divine ! que vous êtes forte, pour arriver ainsi à vos fins d'une manière invincible quoique cachée aux hommes ! que vous êtes douce, pour ne faire néanmoins aucune violence à leur liberté ! mais aussi, que vous êtes paternelle dans votre prévoyance pour nos besoins ! Vous choisissez Bethléhem pour y naître, parce que Bethléhem signifie la Maison du pain. Vous nous montrez par là que vous voulez être notre Pain, notre nourriture, notre aliment de vie. Nourris d'un Dieu, nous ne mourrons plus désormais. O Sagesse du Père, Pain vivant descendu du ciel, venez bientôt en nous, afin que nous approchions de vous et que nous soyons illuminés de votre éclat ; et donnez-nous cette prudence qui conduit au salut.

PRIÈRE POUR LE TEMPS DE L'AVENT

(Bréviaire Mozarabe, IVe Dimanche de VAvent, Oraison. )

CHRISTE. Dei Filius.

qui in mundo per Virginem natus, Nativitatis tuas terrore et régna concutis, et reges admi-

O Christ. Fils 'de Dieu, né d'une Vierge en ce monde, vous qui ébranlez les royaumes par la terreur de

votre Nativité, et contrai-

XVII Décembre.

gnez les rois à l'admiration :

donnez-nous votre crainte qui est le commencement de la sagesse ; afin que nous y puissions fructifier et vous présenter en hommage un fruit de paix. Vous qui, pour appeler les nations, êtes arrivé avec la rapidité d'un fleuve, venant naître sur la terre pour la conversion des pécheurs, montrez-nous le don de votre grâce, afin que toute frayeur étant bannie, nous vous suivions toujours dans le chaste amour d'une intime charité. Amen.

rari compellis, prasbe nobis initium Sapientiae, quod est timor tuus ; ut in eo fructificemur, in eo etiam proficientes, fructum tibi pacatissimum offeramus : ut, qui ad gentium vocationem, quasi fluvius violentus, accessisti ; nasciturus in terris ad conversionem peccantium, manifesta tua* gratia» dona ostendas:

quo, repulso terrore formidinis, casto te semper sequamur amore intima; charitatis. Amen.

XVIII DÉCEMBRE. IIe ANTIENNE.

Adonai, et dux domus Israël, qui Moysi in igné flammae rubi apparuisti. et ei in Sina legem dedisti :

veni ad redimendum nos in brachio extento.

OAdonaï. Seigneur, chef de la maison d'Israël, qui avez apparu à Moïse, dans la flamme du buisson ardent, et lui avez donné la loi sur le Sinaï ; venez nous racheter dans la force de votre bras.

O Seigneur suprême ! Adonai /venez nous racheter, non plus dans votre puissance, mais dans votre humilité. Autrefois vous vous manifestâtes à Moïse, votre serviteur, au milieu d'une flamme divine; vous donnâtes la Loi à votre peuple du sein des foudres et des éclairs : maintenant il ne s'agit plus d'effrayer, mais de sauver. C'est pourquoi votre très pure mère Marie avant connu, ainsi que son époux Joseph, l'Edit de l'Empereur qui va les obliger d'entreprendre le voyage de Bethléhem, s'occupe des préparatifs de votre heureuse naissance. Elle apprête pour vous, divin Soleil, les humbles langes qui couvriront votre nudité, et vous garantiront de la froidure dans ce monde que vous avez fait, â l'heure où vous paraîtrez, au sein de la nuit et du silence. C'est ainsi que vous nous délivrerez de la servitude de notre orgueil, et que votre bras se

XV LU Décembre.

fera sentir plus puissant, alors qu'il semblera plus faible et plus immobile aux yeux des hommes. Tout est prêt, ô Jésus! vos langes vous attendent : partez donc bientôt et vene\ en Bethléhem, nous racheter des mains de notre ennemi.

LE MEME JOUR

L'EXPEGTATION

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