ACTE DE FOI
Au moment de vous sentir entrer en moi, ô Dieu éternel, Fils du Père, j'éprouve le besoin de ranimer ma foi. C'est donc vous-même qui allez venir à moi, vous qui êtes descendu en la Vierge Marie, et avez fait de son sein virginal !e sanctuaire de votre Majesté ! Vous lui envoyâtes votre Ange, et elle crut à sa parole, quand il lui eut dit : Rien n'est impossible à Dieu ; l'Esprit-Saint surviendra en vous, et la Vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre. Elle crut, et conçut dans ses chastes entrailles celui qui l'avait tirée du néant. Vous ne m'avez pas envoyé un Ange, ô mon Sauveur ! pour m'assurer que vous allez venir en moi. Vous av«ez parlé vousmême, et vous avez dit : Je suis le pain vivant descendu du ciel, celui qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en moi et moi en lui. Cette parole que vous avez proférée il y a dix-huit siècles, vous avez voulu qu'elle me parvint par l'organe de votre Eglise, afin que j'eusse en même temps la certitude de vous entendre, et le mérite d'abaisser ma raison devant le plus profond des mystères. Je crois donc, ô mon Sauveur ! Aidez la faiblesse de ma foi. Donnez-moi de m'incliner, comme Marie, devant votre souveraine raison ; et puisque vous voulez venir en moi, je veux dire comme elle, en baissant la tête : Qu'il me soit fait selon votre parole ; car je ne suis que néant, et vous n'êtes que sagesse et puissance.