ACTE D'ADORATION
çol'veraine Majesté de Dieu, vous avez donc daigné O descendre en moi. Ce privilège accordé autrefois à la Vierge bénie est donc aussi le mien. Qui me donnera en ce moment de vous adorer profondément, comme elle vous adora ? Le sentiment de sa bassesse et de son indignité, dans cet instant suprême, l'eût anéantie, si, d'autre part, votre amoureuse tendresse ne l'eut soutenue, en favorisant cette ineffable union du Créateur et de la créature. O mon Dieu ! je ne sens point aussi vivement ma bassesse, et surtout mon indignité, qui pourtant est bien plus grande ; mais je vois du moins qu'il vous a fallu franchir des obstacles infinis pour venir ainsi jusqu'à moi. pour devenir ainsi mon bien et mon trésor. Que ferai-je donc qui soit digne de vous, et qui puisso vous dédommager de l'humiliation que vous encourez pour mon amour ? Je ne puis que vous adorer, que m'humilier, s'il était possible, jusqu'au néant ; et comme cette adoration est trop indigne de vous, j'ose vous représenter en ce moment celle que vous offrit Marie elle-même, au moment où elle se sentit Mère de son Dieu, et durant les neuf mois que vous lui demeurâtes uni. Vous me l'avez donnée pour mère ; souffrez que je dispose ainsi des biens qui sont à elle : elle les tienr, pour votre gloire, à la disposition de tous ses enfants.
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