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ORAISON TIREE DU BREVIAIRE AMBROSIKN

{Au IV' Dimanche de l'A vent.)

Omnipotens sempiterne Deus. qui per Adventum unigeniti Filii tui Domini nostri Jesu Christi nova luce radiare dignatus es, concède nobis, ut sicut eum per Yirginispartum in forma nostri corporis meruimus habere participem, ita et in regno gratiae ejus mereamur esse consortes, qui tecum vivit et régnât in snecula saeculorum.

Amen.

Dieu to:t-puissant et éternel, qui, par TAvènement de votre Fils unique Jésus- Christ notre Seigneur, avez daigné faire luire les rayons d'une nouvelle lumière ; accordez-nous que, de même que nous avons mérité de l'avoir participant de la forme de notre corps par l'enfantement de la Vierge, nous méritions aussi d'entrer en partage du royaume de sa grâce ; lui qui vit et règne avec vous dans les siècles des siècles. Amen.

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LE VENDREDI

DE LA PREMIERE SEMAINE DE LAVENT

LE Roi qui doit venir, le Seigneur: venez, adorons-le.

Du Prophète Isaïe.

Chap. VI.

L'année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur assis sur un trône sublime et élevé ; et les bords de son manteau remplissaient le temple. Les Séraphinsétaient autour du trône. L'un avait six ailes, et l'autre également six ; de deux ils voilaient leurs faces, de deux ils couvraient leurs pieds, et des deux autres ils volaient. Et ils criaient de l'un à l'autre, et disaient: Saint, Saint, Saint, le Seigneur, le Dieu des armées : toute la terre est pleine de sa gloire.

Regem venturum Dominum, venite, adoremus.

De Isaia Propheta.

Cap. VI.

TNanno, quo mortuus I est rex Ozias, vidi Dominum sedentem super solium excelsum et elevatum : et ea quae sub ipso erant , replebant templum. Seraphim stabant super illud : sex alae uni, et sex alae alteri :

duabus velabant faciem ejus, et duabus velabant pedes ejus, et duabus volabant.Et clamabant alter ad alterum, et dicebant: Sanctus, Sanctus, Sanctus Dominus Deus exercituum : plena est omnis terra gloria ejus.

Telle est la gloire du Seigneur au plus haut des cieux : qui pourra la voir et ne pas mourir ? Maintenant, contemplez le même Seigneur sur la terre, dans les jours où nous sommes. Le sein d'une Vierge le contient, lui que le ciel ne pouvait contenir. Son éclat, loin d'éblouir les Anges, n'est pas même perceptible aux mortels. Nulle voix ne fait re-

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tentir autour de lui ces paroles du Ciel : Saint, Saint, Saint est le Seigneur, le Dieu des armées ! Les Anges ne disent plus : Toute la terre est pleine de sa gloire ; car la terre est le théâtre de son abaissement, et d'un abaissement si profond que les hommes même l'ignorent. La Vierge a d'abord été seule dans le secret divin ; bientôt Elisabeth a connu que Marie est Mère du Seigneur ; Joseph ne l'a appris que par la voix d'un Ange, et après de cruels et humiliants soupçons. Trois personnes sur la terre savent donc que Dieu est descendu ; '• c'est par cette voie obscure qu'il rentre dans son œuvre, dont le péché d'orgueil l'avait chassé. O Dieu de l'ancienne alliance, que vous êtes grand, et qui ne tremblerait devant vous ? O Dieu de la nouvelle Alliance, que vous vous êtes fait petit, et qui ne vous aimerait pas ? Guérissez mon orgueil, principe de toutes mes révoltes ; apprenez-moi à estimer ce que vous avez estime. Vous créez le monde une seconde fois par votre Incarnation ; et dans cette création, plus excellente que la première, vous opérez par le silence, vous triomphez par l'anéantissement. Je veux m'humilier a votre exemple, et profiter des leçons qu'un Dieu est venu me donner de si haut. Abaisse^ donc, à Jésus, toutes mes hauteurs ; c'est une des fins de votre Avènement. Je me prête à vous, comme à mon souverain Maître ; faites en moi ce qu'il vous plaira.

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HYMNE TIREE DE L ANTHOLOGIE DES GRECS

{Au 23 décembre.)

Chantons dans l'allégresse de nos âmes les cantiques pour l'Avant-Fête de la Naissance du Christ; car celui qui est égal au Père et à l'Esprit, ayant dans sa miséricorde, par pitié pour nos maux, revêtu cette masse de limon, doit naître en la cité de Bethléhem; et sa naissance ineffable sera célébrée par les Anges et les pasteurs.

Faisons résonner les cymbales, poussons des cris' de victoire ; le Christ va se montrer à nous, les prédictions des Prophètes seront accomplies. Celui qu'ils ont annoncé devoir apparaître au milieu des mortels, va naître dans la grotte sacrée, et, faible enfant, il gît dans la crèche.

, Bethléhem, prépare-toi; Eden,ouvre tes portes: prends aujourd'hui tes habits de fête, ô terre de Juda ! que les cieux se réjouissent, que les hommes tressaillent de bonheur; pour enrichir la pauvreté d'Adam par l'abondance de sa miséricorde, la Vie même descend dans une crèche, le riche dans une étable ; et la nature divine n'éprouve ni changement ni confusion.

Antefestalia cantica Christi nativitatis mentis alacritate 'praecanamus; nam qui Patri et Spiritui est aequalis, per misericordiam commiserans, massam indutus luti nasci débet in Bethléhem civitate; cujus Nativitatem ineffabilem pastores cum Angelis hymnificabunt.

In cymbaiis resonemus. in canticis alalagmum personemus. Christi manifestatur ostensio, Prophetarum finem habuerunt praeconia ; quem enim inter mortales dixerunt appariturum nascitur in sancta spelunca, et in prassepio reclinatur ut infans.

Bethléhem, prœparare; Eden, aperire ; omnis terra Juda, nunc adornare, laetentur cœli. exultent hommes: in prassepio vita, in spelunca di- \es, advenit per misericordias multitudinem paupertatem Adam restaurare, absque mutatione vel confusione.

L'A vent.

Ad te de luce vigilo, qui per misericordiam teipsum pro homine lapso exinanisti sine mutatione, et servi formam ex Virgine tulisti, Verbum Dei, pacera da mihi, Philanthrope.

Stillent ex alto aquam nebulae ; qui nutes posuit descendit ipse adorandus in nebula Virgine, ut luceat ab eo lumen inocciduum his qui antea in tenebris periculisque erant.

O dulcissimum Puerum. quomodo nutriam te ? Quomodo te apprehendam, qui omnia nutu tuo tenes ? Quomodo te fasciis involvam, qui omnem terram involvis nebula ? clamabat sancta Domina.

Sol, fili mi, quomodo recondam te fasciis ?

Quomodo retinebo te qui omnia contines ? Quomodo te sine metu intueri potero. quem non audent contemplari qui multos habent oculos?

aiebat Christum tenens nuptinescia.

Bethlehem, adesdum, prépara quas ad partum pertinent. I, Joseph, inscribere cum Maria ; ve-

Mon cœur veille pour vous dès l'aurore, ô Verbe de Dieu ! vous qui, par miséricorde et sans rien perdre, vous êtes anéanti pour l'homme tombé, qui avez pris dans une Vierge la forme d'esclave, donnez-moi la paix, ô ami des hommes !

Que les nues distillent la rosée d'en haut : celui qui a placé les nuages, le Dieu adorable, descend dans une nuée qui est la Vierge, pour illuminer de son éternelle lumière ceux qui étaient avant lui dans les périls et les ténèbres.

O doux enfant 1 comment te nourrirai-je ? Comment te serrer dans mes bras, toi qui tiens toutes choses sous ton empire ? Comment t'envelopperai-je de bandelettes, toi qui enveloppes toute la terre de nuages ? s'écriait la sainte Dame.

Soleil, ô mon Fils, comment te couvrirai-je de langes ? Comment te tiendrai- )e en ces humbles tissus, toi qui contiens toutes choses ?

Comment oserai-je te fixer sans crainte, toi que n'osent regarder ces Esprits aux yeux innombrables? disait celle qui ne connut point d'homme.

Donc, ô Bethlehem ! pré-

fiare toutes choses pour l'enantement. Allez, Joseph, vous faire inscrire avec Ma-

Le Premier Vendredi de l'A vent. i65

rie. O crèche vénérable ! ô langes qui portez Dieu ! dans lesquels s'enveloppe la Vie, le Christ notre Dieu, pour rompre les liens de la mort et enchaîner les mortels à l'immortalité.

nerandum praesepium , Deifera; fasciae; ubi Vita involuta mortis funes disrumpet, alligans immortalitati mortales , Christus Deus noster.

PRIERE DU MISSEL MOZARABE

En la Messe du V° Dimanche de l'A vent.)

Seigneur, le jour de votre Avènement est proche ; mais nous vous prions, avant devenir à nous, de nous purifier de toute la contagion de nos péchés. Effacez d'abord tout ce que vous auriez à punir au jour de la discussion des consciences ; afin qu'au moment où vous arriverez pour juger avec justice, vous ne trouviez en nous rien à condamner. __

IN proximo quidem est, Domine, dies Adventus tui : sed quaesumus ut, antequam venias, expiari mereamur ab omni contagione delicti. Prius dilue, rogamus, in nobis omne quod in illa futura examinatione puniturus es ; ut, cum justus adveneris judex, non in nobis invenias quod condemnes.

C\i4. <tiA C^J. CViA CTiA CXiJL C^k «TïA ftiA Cti* ftiA CT: ".

LE SAMEDI

DE LA PREMIÈRE SEMAINE DE l'aVENT.

Regem venturum Dominum, venite, adoremus.

Cap. VII.

ET adjecit Dominus loqui ad Achaz, dicens:

Pete tibi signum a Domino Deo tuo sive in profundum inferni, sive in excelsum supra. Et dixit Achaz : Non petam, et non tentabo Dominum.

Et dixit : Audite ergo, domus David : Numquid parum vobis est molestos esse hominibus. quia molesti estis et Deo meo ?

Propter hoc dabit Dominus ipse vobis signum : Ecce virgo concipiet, et pariet Filium :

et vocabitur nomen ejus Emmanuel.

LE Roi qui doit venir, le Seigneur : venez, adorons-le.

Du Prophète Isaïe.

Chap. VIL

ET le Seigneur, continuant de parler à Achaz, lui dit : Demandez au Seigneur votre Dieu un prodige au fond de la terre, ou au plus haut du ciel. Et Achaz dit :

Je n'en demanderai point, et ne tenterai point le Seigneur. Et Isaïe dit : Ecoutez donc, maison de David : Estce peu pour vous de lasser la patience des hommes, qu'il vous faille lasser aussi celle de mon Dieu ? C'est pourquoi le Seigneur vous donnera lui-même un signe :

voici qu'une vierge concevra, et elle enfantera un fils qui sera appelé Emmanuel.

Que notre cœur soit rempli d'espérance et de joie, en entendant cette belle et douce prophétie : Une Vierge concevra et elle enfantera. Ces paroles renferment le salut du monde, comme ces autres paroles expliquent sa ruine : La femme prit le fruit et en mangea, et elle en donna à son mari. Elle est donc venue, cette Vierge promise ; le divin fruit est dans se* entrailles. Par elle, la prévarication d'Eve est

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réparée, le monde est relevé de sa chute, la tête du serpent est écrasée. Dieu lui-même est plus glorifié dans la fidélité de cette seconde Vierge, qu'il n'avait été outragé par l'infidélité de la première. Le consentement de Marie obtient une part immense dans le salut du monde. Sans doute, c'est le Verbe lui-même qui vient ; « mais, dit saint Bernard « dans son 11e Sermon de l'Avent, Marie est « la voie par laquelle il vient ; c'est de son « sein virginal qu'il sort, comme l'époux de « la chambre nuptiale. Travaillons donc à « monter vers Jésus par Marie; puisque c'est « par elle qu'il est descendu vers nous. Or, « donnez-nous accès auprès de votre Fils, « vous, Bénie, vous qui avez trouvé grâce, « Mère de la Vie, Mère du salut; qu'il nous « reçoive de vous, celui qui par vous nous a « été donné. Que votre intégrité soit l'excuse « de notre souillure ; que votre humilité, si « agréable à Dieu, obtienne le pardon de « notre vanité ; que votre abondante charité « couvre la multitude de nos péchés, et que « votre glorieuse fécondité nous procure la « plénitude des mérites. O notre Dame, notre « Médiatrice, notre Avocate ! réconciliez-nous « avec votre fils, recommandez-nous à votre « fils, présentez-nous à votre fils. Faites, 0 « bénie Vierge ! par la grâce que vous avez « trouvée, par la' prérogative que vous avez « méritée, par la miséricorde dont vous êtes « la Mère, que celui qui par votre moyen a « daigné se faire participant de notre infir- « mité et de notre misère, nous rende, par « votre intercession, participants de sa gloire « et de sa béatitude. »

VA vent.

PROSE EN L HONNEUR DE LA SAINTE VIERGE

{Composée par Abailard ; elle se trouve dans tous les Missels Romains-Français .)

Mittit ad Virginem Non quemvis Angelum :

Sed Fortitudinem Suum Archangelum, Amator hominis.

Fortem expédiât Pro nobis nuncium, Natura; faciat Ut prœjudicium In partu Virginis.

Naturam superet Natus Rex gloriae :

Regnet et imperet, Et zyma scoriae Tollat de medio.

Superbientium Terat fastigia :

Colla sublimium Calcet vi propria, Potens in prœlio.

Foras ejiciat Mundanum principera Secumque faciat Matrem participem Patri» imperii.

Exi qui mitteris, Haec dona dissere :

Révéla veteris Velamen litterae, Virtute nuncii.

Dans son amour pour l'homme , Dieu va députer à la Vierge, nen un Ange ordinaire, mais l'Archange appelé Force de Dieu.

Qu'il se hâte d'envoyer pour nous le vaillant messager ; que la nature soit vaincue par l'Enfantement d'une Vierge.

Que le Roi de gloire, dans sa Naissance, triomphe de la chair ; qu'il règne et commande ; qu'il enlève des cœurs le levain et la rouille du péché.

Qu'il foule aux pieds le faste des fronts superbes ; qu'il marche dans sa force sur les têtes altières, le Dieu puissant dans les combats.

Qu'il chasse dehors le prince du monde : qu'il partage avec sa Mère le commandement qu'il exerce avec le Père.

Pars, Ange, annonce ces biens ; et par ton puissant message, lève le voile de la lettre antique.

Approche d'elle et parle :

dis-lui en face : Je vous salue.

Dis-lui : O pleine de grâce.

Dis : Le Seigneur est avec vous. Dis encore : Ne craigne^ point.

Recevez, ô Vierge ! le dépôt de Dieu ; par lui vous consommerez votre chaste dessein : et votre vœu demeurera intact.

La /ierge entend et accepte le message ; elle croit et conçoit, et enfante un fils, un fils admirable.

Le Conseiller de la race humaine, le Dieu-homme, le Père du siècle futur, l'immuable Pacificateur.

Veuille ce Dieu immuable assurer notre stabilité, de peur que l'humaine faiblesse n'entraîne dans l'abîme nos pas indécis.

Mais que l'auteur du pardon, qui est le Pardon luimême, que la Grâce obtenue par la Mère de grâce, daigne habiter en nous.

Qu'il nous octroie la remise de nos péchés ; qu'il efface nos méfaits; qu'il nous donne une patrie dans la cité du ciel. Amen.

Accède, nuncia :

Die : Ave, cominus.

Die : Plena gratia :

Die : Tecum Dominus ; Et die : Ne timeas.

Virgo suscipias Dei depositum, In quo perficias Casta propositum.

Et votum leneac.

Audit et suscipit Puella nuncium :

Crédit et concipit Et parit filium, Sed admirabilem.

Consiliarium Humani generis :

Deum et hominem Et Patrem posteris, In pace stabilem.

Cujus stabilitas Nos reddat stabiles, Ne nos labilitas Humana labiles Secum praecipitet.

Sed dator venise, Concessa venia, Per Matrem gratiae, Obtenta gratia, In nobis habitet.

Qui nobis tribuat Peccati veniam :

Reatus deleat , Donet et patriam In arce siderum. Amen.

IJO

L'A vent.

PRIERE DU SACRAMENTAIRE GALLICAN

(En la Vigile de Noël)

Emmanuel, nobiscum Deus, Christe Filius Dei, qui cum ex Virgine te nasciturum pronuntias, quia Mariam matrem creasti ut Dominus, de qua natus es filius : da nobis ut, qui cum :11a a te, vel per te creati sumus ex nihilo, simili ut ea credulitatis, remuneremur et praernio.

Emmanuel, Dieu avec nous.

Christ Fils de Dieu, qui avez déclaré devoir naître d'une Vierge, vous qui comme Seigneur avez créé Marie, cette mère dont vous êtes né le fils;daignez nous accorder, à nous qui comme elle avons été par vous tirés du néant, d'obtenir une récompense semblable à celle que lui a méritée sa foi.

LE DEUXIEME DIMANCHE de L'A VENT.

Office de ce Dimanche est rempli tout entier des sentiments d'espérance et de joie que donne à l'âme fidèle l'heureuse nouvelle de la prochaine arrivée de celui qui est son Sauveur et son Epoux. L'Avènement intérieur, celui qui s'opère dans les âmes, est l'objet presque exclusif des prières de l'Eglise en ce jour : ouvrons donc nos cœurs , préparons nos lampes , et attendons dans l'allégresse ce cri qui se fera entendre au milieu de la nuit : Gloire à Dieu ! Paix aux hommes .'

L'Eglise Romaine fait en ce jour la Station en la Basilique de Sainte-Croix-en-Jérusalem. C'est dans cette vénérable Eglise que Constantin déposa une portion considérable de la vraie Croix, avec le Titre qui y fut attaché par ordre de Pilate, et qui proclamait la Royauté du Sauveur des hommes. On y garde encore ces précieuses reliques; et, enrichie d'un si glorieux dépôt, la Basilique de Sainte- Croix-en-Jérusalem est considérée, dans la Liturgie Romaine, comme Jérusalem elle-

L'A vent.

même, ainsi qu'on peut le voir aux allusions que présentent les diverses Messes des Stations qu'on y célèbre. Dans le langage des saintes Ecritures et de l'Eglise, Jérusalem est le type de l'âme fidèle ; telle est aussi la pensée fondamentale qui a présidé à la com-

Eosition de l'Office et de la Messe de ce •imanche. Nous regrettons de ne pouvoir développer ici tout ce magnifique ensemble, et nous nous hâtons d'ouvrir le Prophète Isaïe, et d'y lire, avec l'Eglise, le passage où elle puise aujourd'hui le motif de ses espérances dans le règne doux et pacifique du Messie. Mais adorons d'abord ce divin xMessie.

LE Roi qui doit venir, le Seigneur : venez, adorons-le.

Regem venturum Dominum. venite, ado-

De Isaia Propheta.

Cap. XL

Pegredielur virga de radice Jesse, et flos de radice ejus ascendet. Et requiescet super eum Spiritus Domini , Spiritus sapientiae et intellectus, Spiritus consilii et fortitudinis, Spiritus scientia; et pietatis : et replebit eum Spiritus timoris Domini. S'on secundumvisionem oculorum judicabit.neque secundum auditum aurium arguet,sed judicabitin justitia pauperes. etarguet in asquitate pro mansuetis terra;. Et percutiet terram virga oris sui, et spiritu labio-

Du Prophète Isaïe.

ChaF. XL

ET il sortira un rejeton de la tige de Jessé. et une fleur naîtra de ses racines.

Et l'Esprit du Seigneur se reposera sur lui, l'Esprit de sagesse et d'intelligence , l'Esprit de conseil et de force, l'Esprit de science et de Diète : et l'Esprit de la crainte du Seigneur le remplira. Il ne jugera point sur le rapport des yeux, et il ne condamnera point sur un ouïdire: mais il jugera les pauvres dans la justice, et se déclarera le juste vengeur des humbles de la terre. Il frappera la terre par la verge de sa bouche, et il tuera l'im-

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pie par le souffle de ses lèvres. Et la justice sera la ceinture de ses reins, et la fidélité son baudrier. Le loup habitera avec l'agneau , le léopard se couchera auprès du chevreau ; le veau, le lion et la brebis demeureront ensemble ; et un petit enfant les mènera. La génisse et l'ours paîtront de compagnie; leurs petits dormiront ensemble ; et le lion mangera la paille comme le bœuf. L'enfant à la mamelle se jouera sur le trou de l'aspic, et l'enfant nouvellement sevré mettra sa main dans la caverne du basilic. Ces bêtes ne nuiront point, elles ne tueront point sur toute ma montagne sainte :

car la terre est remplie de la connaissance du Seigneur, comme les eaux couvrent la mer. En ce jour-là, le rejeton de Jessé sera arboré devant les peuples comme un étendard : les nations lui offri-

rum suorum interficiet impium. Et erit justifia cingulum lumborum ejus, et fides cinctorium renum ejus.Habitabit lupus cum agno.et pardus cumhaedo accubabit: vitulus et leo et ovis simul morabuntur, et puer parvulu» minabit eos. Vitulus et ursus pascentur : simul requiescent catuli eorum:

et leo quasi bos comedet paleas. Et delectabitur infans ab ubere super foramine aspidis : et in caverna reguli, qui ablactatus fuerit manum suam mittet. Non nocebunt, et non occident in universo monte sancto meo ; quia repleta est terra scientia Domini, sicut aquœ maris operientes. In die illa radix Jesse, qui stat in signum populorum, ipsum Gentes deprecabuntur, et erit sepulcrum ejus gloriosum.

ront leurs prières, et son se pulcre sera glorieux.

Que de choses dans ces magnifiques paroles du Prophète ! La Branche ;"la Fleur qui en sort ; l'Esprit qui se repose sur cette fleur; les sept dons de cet Esprit ; la paix et la sécurité rétablies sur la terre; une fraternité universelle dans l'empire du Messie. Saint Jérôme, dont l'Eglise emprunte aujourd'hui les paroles dans les Leçons du second Nocturne, nous dit « que cette « Branche sans aucun nœud qui sort de la

L'A vent.

« tige de Jessé, est la Vierge Marie, et que la « Fleur est le Sauveur lui-même, qui a dit « dans le Cantique : Je suis la fleur des « champs et le lis des vallons ». Tous les siècles chrétiens ont célébré avec transport et la Branche merveilleuse, et sa divine Fleur. Au moyen âge, l'Arbre de Jessé couvrait de ses prophétiques rameaux le portail des Cathédrales, étincelait sur leurs vitraux, s'épandait en broderie sur les tapisseries du sanctuaire; et la voix mélodieuse des prêtres chantait le doux Répons composé par Fulbert de Chartres et mis en chant grégorien par le pieux roi Robert :

^ q tirps Jesse vir- ^' O gara produxit, virgaque fiorem, * Et super hune florem requiescit Spiritus almus.

f. Virgo Dei Genitrix virga est, nos filius ejus.

* Et super hune florem requiescit Spiritus al-

a » a tige de Jessé a pro-

^' L duit une branche, et

la branche une fleur ; * Et

sur cette fleur l'Esprit divin

s'est reposé.

f. La Vierge Mère de Dieu est la branche, et son fils est la fleur ; " Et sur cette fleur l'Esprit divin s'est reposé.

Et le dévot saint Bernard, commentant ce Répons dans sa deuxième Homélie sur l'Avent, disait : « Le Fils de la Vierge « est la rieur, fleur blanche et pourprée, « choisie entre mille ; fleur dont la vue ré- « jouit les Anges, et dont l'odeur rend la « vie aux morts ; Fleur des champs, comme « elle le dit elle-même, et non fleur des « jardins ; car la fleur des champs pousse « d'elle-même sans le secours de l'homme, « sans les procédés de l'agriculture. Ainsi le « chaste sein de la Vierge, comme un champ

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© d'une verdure éternelle, a produit cette « divine fleur dont la beauté ne se corrompt « pas, dont l'éclat ne se fanera jamais. O « Vierge ! branche sublime, à quelle hau- « teur ne montez-vous pas ? Vous arrivez « jusqu'à celui qui est assis sur le Trône, « jusqu'au Seigneur de majesté. Et je ne m'en « étonne pas ; car vous jetez profondément « en terre les racines de l'humilité. O plante « céleste, la plus précieuse de toutes et la « plus sainte ! O vrai arbre de vie, qui seule « avez été digne de porter le fruit du salut ! » Parlerons-nous de l'Esprit-Saint et de ses dons, qui ne se répandent sur le Messie qu'afin de descendre ensuite sur nous, qui seuls avons besoin de Sagesse et d'Intelligence, de Conseil et de Force, de Science, de Piété et de Crainte de Dieu ? Implorons avec instances ce divin Esprit par l'opération duquel Jésus a été conçu et formé au sein de Marie, et demandons-lui de le former aussi dans notre cœur. Mais réjouissonsnous encore sur les admirables récits que nous fait le Prophète, de la félicité, de la concorde, de la douceur qui régnent sur la Montagne sainte. Depuis tant de siècles le monde attendait la paix : elle vient enfin. Le péché avait tout divisé ; la grâce va tout réunir. Un tendre enfant sera le gage de l'alliance universelle. Les Prophètes l'ont annoncé, la Sibylle l'a déclaré, et dans Rome même encore ensevelie sous les ombres du Paganisme, le prince des poètes latins, écho des traditions antiques, a entonné le chant fameux dans lequel il dit : « Le dernier âge, « l'âge prédit par la Sibylle de Cumesva s'ou-

VA vent.

« vrir ; une nouvelle race d'hommes des.- « cend du ciel. Les troupeaux n'auront plus « à craindre la fureur des lions. Le serpent u périra; et l'herbe trompeuse qui donne a le poison sera anéantie K »

Venez donc, ô Messie, rétablir l'harmonie primitive; mais daignez vous souvenir que c'est surtout dans le coeur de l'homme que cette harmonie a été brisée ; venez guérir ce cœur, posséder cette Jérusalem, indigne objet de votre prédilection. Assez longtemps elle a été captive en Babylone ; ramenez-la de la terre étrangère. Rebâtissez son temple; et que la gloire de ce second temple soit plus grande que celle du premier, par l'honneur que vous lui ferez de l'habiter, non plus en figure, mais en personne. L'Ange l'a dit à Marie : Le Seigneur Dieu donnera à votre fils le trône de David son père ; et il régnera dans la maison de Jacob à jamais, et son règne n'aura point de fin. Que pouvons-nous faire, ô Jésus ! si ce n'est de dire, comme Jean le bien-aimé, à la fin de sa Prophétie : Amen ! Ainsi soit-il ! Vene%, Seigneur Jésus!

A LA MESSE

a solennité du Sacrifice s'ouvre par un chant de triomphe qui s'adresse à Jéru-

I. Ultima Cumœi venit jam carminis aetas... Jam nova progenies cœlo demittitur alto... . . . Nec magnos metuent armenta leones. Occidet et serpens, et fallax herba veneni Occidct. . - -

Le Deuxième Dimanche de F A vent, ijj

salem. Ce chant exprime la joie qui saisira le cœur de l'homme, quand il aura entendu la voix de son Dieu. Il célèbre la bonté de ce divin Pasteur, pour lequel chacune de nos âmes est une brebis chérie, qu'il est prêt à nourrir de sa propre chair.

PEUPLE de Sion, voici le Seigneur qui vient pour sauver les nations ; et le Seigneur fera entendre sa voix pleine de majesté, et votre cœur sera dans la joie.

Ps. Ecoutez-nous, ô vous qui gouvernez Israël, qui conduisez Joseph comme une brebis ! Gloire au Père, etc.

Populus Sion : ecce Dominus venit ad salvandas gentes, et auditam faciet Dominus gloriam vocissuœin laetitia cordis vestri.

Ps. Qui régis Israël, intende : qui deducis velut ovem , Joseph. Gloria Patri.

Dans la Collecte, le Prêtre insiste sur la pureté que nos cœurs doivent avoir pour l'Avènement du Sauveur.

PRIONS

Seigneur, réveillez nos cœurs, afin qu'ils préparent la voie de votre Fils unique, et que nous méritions de vous servir avec des âmes purifiées, au moyen de l'Avènement de celui qui vit et règne avec vous dans les siècles des siècles. Amen.

OREMUS

EXCITA, Domine, corda nostra ad prseparandas Unigeniti tui vias : ut per ejus adventum purificatis tibi mentibus servire mereamur. Qui tecum vivitet régnât in saecula sasculorum.

Amen.

Les Oraisons de la Sainte Vierge, celles contre. les persécuteurs de l'Eglise et pour le Pape, sont les mêmes qu'au premier Dimanche de l'Avent, ci-dessus, page i32.

VA vent.

Lcctio Epistolae beati Pauli Apostoli ad Roman os. Cap. XV.

Fratres, quaecumque scripta sunt, ad nos- , tram doctrinam scripta sunt : ut per patientiam et consolationem Scripturarum, spem habeamus. Deus aatem patientiae et solatii det vobis idipsum sapere in alterutrum, secundum Jesum Christum : ut unanimes uno ore honorificetis Deum, et Patrem Domini nostri Jesu Christi. Propter quod suscipite invicem, sicut et Christus suscepit vos in honorem Dei. Dico enim Christum Jesum ministrum fuisse circumcisionis propter veritatem Dei, ad confirmandas promissiones patrum.

Gentes autem super misericordia honorare Deum, sicut scriptum est: Propterea confitebor tibi in Gentibus, Domine, et nomini tuo cantabo.

Et iterum dicit : Laetamini Gentes cum plèbe ejus. Et iterum : Laudate omnes Gentes Dominum : et magnificate eum omnes populi. Et rursus Isaias ait : Erit radix Jesse, et qui exsur-

Lecture de l'Epître de saint Paul. Apôtre, aux Romains.

Chap. XV.

Mes Frères, tout ce qui a été écrit, est écrit pour notre instruction, afin que nous concevions une espérance ferme par la patience et la consolation que les Ecritures nous donnent. Que le Dieu de patience et de consolation vous fasse la grâce d'être toujours unis de sentiment et d'affection les uns avec les autres, selon l'esprit de Jésus-Christ. C'est pourquoi unissez-vous les uns avec les autres, pour vous soutenir mutuellement, comme Jésus-Christ vous a unis avec lui pour la gloire de Dieu. Car je vous déclare que Jésus-Christ a été le dispensateur et le ministre de l'Evangile à l'égard des Juifs circoncis ; afin que Dieu fût reconnu pour véritable, par l'accomplissement des promesses qu'il avait faites à leurs pères. Et quant aux Gentils, ils n'ont qu'à glorifier Dieu de sa miséricorde, selon qu'il est écrit : C'est pour cette raison, Seigneur, que je publierai vos louanges parmi les Gentils, et que je chanterai des cantiques à la gloire de votre nom. Il est encore écrit : Réjouissezvous, Gentils, avec son peu-

Le Deuxième Dimanche de F A vent, ijg

get regere Gentes ; in eum Gentes sperabunt.

Deus autem spei repleat vos omni gaudio, et pace in credendo : ut abundetis in spe, et virtute Spi- Sa

ntus bancti.

f»le. Et ailleurs : Gentils, ouez tous le Seigneur : peuples, glorifiez-le tous. Isaïe a dit aussi : Il sortira de la tige de Jessé un rejeton qui s'élèvera pour commander aux Gentils ; et les Gentils espéreront en lui. Que le Dieu d'espérance vous comble de paix et de joie dans votre foi, afin que votre espérance croisse toujours de plus en plus par la vertu et la puissance du Saint-Esprit.

Ayez donc patience, Chrétiens; croissez dans l'espérance ; et vous goûterez le Dieu de paix qui va venir en vous. Mais soyez unis de cœur les uns aux autres ; car c'est la marque des enfants de Dieu. Le Prophète nous annonce que le Messie fera habiter ensemble le loup et l'agneau ; et voici que l'Apôtre nous le montre'réunissant dans une même famille le Juif et le Gentil. Gloire à ce souverain Roi, puissant rejeton de la tige de Jessé, et qui nous commande d'espérer en lui! Voici que l'Eglise nous avertit encore qu'il va paraître en Jérusalem :

GRADUEL

C'est de Sion que va briller l'éclat de sa beauté : il va paraître au grand jour, notre Dieu.

$. Rassemblez autour de h i ses Saints, tous ceux qui om contracté avec lui une alliance scellée par le sacrifice.

Alléluia, alléluia.

f. Je me suis réjoui dans cette parole qui m'a été dite :

Nous irons dans la maison du Seigneur. Alléluia.

Ex Sion species decoris ejus ; Deus manifeste veniet.

y. Congregate illi sanctos ejus, qui ordinaverunt testamentum ejus uper sacrificia.

Alléluia, alléluia.

p. Laetatus sum in his quœ dicta sunt mihi : in domum Domini ibimus.

Alléluia.

L'A vent.

EVANGILE

Sequentia sancti Evangelii secundum Matthaeum. Cay. XL

IN illo tempore : Cum audisset Joannes in vinculis opéra Christi, mittensduosdediscipulis suis, ait illi : Tu es, qui venturus es . an alium exspectamus ?Et respondens Jésus ai' illis : Euntesrenuntiate Joanniquae •audistis, et vidistis. Casci vident, claudi ambulant, leprosi mundantur, surdi audiunt, mortui resurgunt, pauperes evangelizantur : et beatus est, qui non fuerit scandalizatus in me. Illis autem abeuntibus, cœpit Jésus dicere ad turbas de Joanne : Quid existis in desertum videre ? Arundinem vento agitatam ?

Sed quid existis videre ?

Hominem mollibus vestitum ? Ecce qui mollibus vestiuntur. in domibus reffum sunt. Sed quid existis videre ? Prophetam ? Etiam dico vobis, et plus quam Prophetam. Hic est enim de quo scriptum est : Ecce ego mitto Angelum meum ante faciem tuam, qui praeparabit viam tuam ante te.

La suite du saint Evangile selon saint Matthieu.

Chip. XI.

EN ce temps-là, Jean, ayant appris dans la prison les œuvres merveilleuses de Jésus-Christ, lui fit dire par deux de ses disciples, qu'il lui envoya : Etes-vous celui qui doit venir , ou devonsnous en attendre un autre ?

Jésus leur répondit : Allez dire à Jean ce que vous avez entendu et ce que vous avez vu : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont guéris, les sourds entendent, les morts ressuscitent.

l'Evangile est annoncé aux pauvres ; et heureux celui qui ne prendra pas de moi un sujet de scandaie ! Comme ils s'en retournaient, Jésus se mit à parler de Jean, et dit au peuple : Qu'étes-vous allés voir dans le désert ? Un roseau agité par le vent ?

Mais encore qu'étes-vous allés voir ? un homme vêtu mollement ? Vous savez que ceux qui sont vêtus mollement sont dans les maisons des rois.

Qu'étes-vous donc allés voir ?

Un Prophète. Je vous le dis.

et plus qu'un Prophète. Car c'est de lui qu'il a été écrit : J'envoie devant vous mon Ange, qui vous préparera la

Le Deuxième Dimanche de VAvent. 181

C'est bien vous, Seigneur, qui deviez venir, et nous ne devons pas en attendre un autre. Nous étions aveugles, vous nous avez éclairés; notre marche était chancelante, vous Pavez raffermie ; la lèpre du péché nous couvrait, vous nous avez guéris ; nous étions sourds à votre voix, vous nous avez rendu l'ouïe ; nous étions morts par nos iniquités, rous nous avez tirés du tombeau ; enfin, nous étions pauvres et délaissés, vous êtes venu nous consoler. Tels ont été, tels seront les fruits de votre visite dans nos âmes, ô Jésus! visite silencieuse, mais puissante ; dont la chair et le sang n'ont point le secret, mais qui s'accomplit dans un cœur touché. Venez ainsi en moi, ô Sauveur ! A'otre abaissement, votre familiarité ne me scandaliseront pas; car vos œuvres dans les âmes disent assez que vous êtes un Dieu. C'est parce que vous les avez créées que vous pouvez les guérir.

Après le chant du Symbole de la Foi, quand le Prêtre procède à l'oblation du Pain et du Vin, unissez-vous à l'Eglise qui demande d'être vivifiée par l'Hôte divin qu'elle attend.

OFFERTOIRE

ODlEU, vous vous tournerez vers nous, et vous nous rendrez la vie ; et votre peuple se réjouira en vous.

Montrez-nous, Seigneur, votre miséricorde, et donneznous le Salut dont vous êtes la source.

yVEUS, tu convertens

*-s vivificabis nos, et plebs tua lastabitur in te :

ostende nobis, Domine, misericordiam tuam. et Salutare tuum da nobis.

SECRETE

r, Sei- | I gneur, par les prières de j i Domine, humilitatis

Laissez-vous apaiser, Sei- | CMCare, quœsumus , gneur, par les prières de I i Do

VA vent.

nostrae precibus et hostiis : et ubi nulla suppetunt suffragia meritorum, tuis nobis succurre praesidiis. Per Dominum.

notre humilité, et par les Hosties que nous vous offrons ; et si nous n'avons aucun mérite de notre part, assistez-nous du moins de votre secours. Par Jésus- Christ notre Seigneur.

Les autres Secrètes comme au premier Dimanche, page i3j.

Pendant la Communion, la voix de l'Eglise fait retentir encore la félicité de Jérusalem. Son Dieu vient à elle, et il veut la traiter en Epouse : qu'elle se prépare donc à l'honneur de cette visite, en s'élevant au-dessus de tout ce qui est inférieur à cet Epoux divin qui daigne descendre pour elle.

COMMUNION

Jérusalem, surge, et I T Ève-toi, Jérusalem, et sta in excelso : et vide L monte sur un lieu élevé : jucunditatem, quae veniet et considère les délices que tibi a Domino. | ton Dieu versera en toi.

L'Eglise, dans l'Oraison suivante, explique en quoi consiste cette élévation que Jérusalem doit chercher : aimer les choses du ciel d'où vient le Sauveur, mépriser celles de la terre dont l'amour sépare de Dieu.

POSTCOMMUNION.

Rassasiés de la nourriture spirituelle, nous vous supplions, Seigneur, de nous apprendre, par la participation de ce mystère, à mépriser les choses de la terre et à aimer celles du ciel. Par Jésus-Christ notre Seigneur.

Les autres Postcommunions comme au premier Dimanche, page i38.

REPLETI cibo spiritualis alimoniœ, supplices te, Domine, deprecamur, ut hujus participatione mysterii, doceas nos terrena despicere, et amare cœlestia. Per Dominum.

Le Deuxième Dimanche de l'A vent. i83

A VEPRES.

V gneur viendra sur les nuées du ciel avec une grande puissance. Alléluia.

2. Ant. Sionest notre ville forte ; le Sauveur en sera la muraille et le rempart : ouvrez-en la porte ; car Dieu est avec nous. Alléluia.

3. Ant. Le Seigneur apparaîtra, et il ne trompera pas notre attente : s'il tarde, attendons encore : car il viendra et ne différera plus.

Alléluia.

4. Ant. Les montagnes et les collines chanteront devant Dieu le cantique de louanges :

tous les arbres des forêts applaudiront ; car le Dominateur, le Seigneur, viendra pour régner à jamais. Alléluia, alléluia.

5. Ant. Voici que le Seigneur notre Dieu viendra dans sa puissance, et il éclairera les yeux de ses serviteurs. Alléluia.

a „». r- cce m nu-

r ANT-fcbibus cœli Dominus veniet cum potestate magna. Alléluia.

2. Ant. Urbs fortitudinis nostrae Sion, Salvator ponetur in ea murus et antemurale :

aperite portas, quia nobiscum Deus. Alléluia.

3. A.NT. Ecceapparebit Dominus, et non mentietur : si moram fecerit, exspecta eum, quia veniet, et non tardabit.

Alléluia.

4. Ant. Montes et colles cantabunt coram Deo laudem, et omnia ligna silvarum plaudent manibus, quoniam veniet dominator Dominus in regnum aeternum. Alléluia, alléluia.

5. Ant. Ecce Dominus noster cum virtute veniet, et illuminabit oculos servorum suorum.

Alléluia.

Mes Frères, tout ce qui est écrit a été écrit pour notre instruction , afin que nous concevions une espérance ferme par la patience et la consolation que les Ecritures nous donnent.

FRATRES , quascumque scripta sunt, ad nostram doctrinam scripta sunt : ut per patientiam et consolationem Scripturarum spem habeamus.

L'Hymne Creator aime siderum et le Can-

tS4

L'A vent.

tique Magnificat se trouvent aux pages 107 et 108.

antienne de Magnificat.

Tes qui venturus es, an alium exspectamus ? Dicite Joanni qux vidistis: Ad lumen redeuntcaeci, mortui resurgunt, pauperes evangelizantur. Alléluia.

OREMUS

Excita. Domine, corda nostra ad praeparandas Unigeniti tui vias : ut per ejus adventum. purificatis tibi mentibus servire mereamur. Qui tecum vivit et régnât in saecula saeculorum. Amen.

Fes-vous celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre? Dites à Jean ce que vous avez vu :

les aveugles voient, les morts ressuscitent, les pauvres sont évangé-lisés. Alléluia.

PRIONS

Seigneur, réveillez nos cœurs, afin qu'ils préparent la voie de votre Fils unique, et que nous méritions de vous servir avec des âmes purifiées, au moyen de l'Avènement de celui qui vit et règne avec vous dans les siècles des siècles. Amen.

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LE LUNDi

DE LA DEUXIEME SEMAINE DE LAVENT

LE Roi qui doit venir, le Seigneur : venez, adoronsle.

Du Prophète Isaïe.

Chap. XIII.

Prophétie contre Babylone révélée à Isaïe fils d'Amos. Levez l'étendard sur la montagne couverte de nuages ; haussez la voix, étendez la main, et que les princes entrent par les portes de Babylone. J'ai donné mes ordres à ceux qui me sont dévoués :

j'ai appelé mes guerriers dans ma colère, ceux que ma gloire fait bondir de joie. Voix de la multitude sur les montagnes, voix éclatante des rois et des nations rassemblées.

Le Seigneur des armées a commandé à sa milice belliqueuse; il l'a fait venir depuis les confins de la terre jusqu'aux extrémités du ciel.

C'est le Seigneur : il a avec lui les vases de sa fureur pour exterminer toute cette terre.

Hurlez; car le jour du Seigneur est proche : le Seigneur va tout dévaster. C'est pourquoi tout bras sera abattu, tout cœur d'homme séchera et sera brisé. Ils se tor-

Pegem venturum Dominura, venite, adoremus.

De Isaia Propheta.

Cap. XIII.

OKUS Babylonis. quod vidit Isaias filius Amos. Super montem caliginosum levate signum, exaltate vocem , levate manum. et ingrediantur portas duces. Ego mandavi sanctificatis meis, et vocavi fortes meos in ira mea . exultantes in gloria mea. Vox multitudinis in montibus, quasi populorum frequentium :

vox sonitus regum, gentium congregatarum. Dominus exercituum praecepit militiae belli. venientibus de terra procul a summitate cœli : Dominus, et vasa furoris ejus, ut disperdat omnem terram. Ululate, quia propeest dies Domini, quasi vastitas a Domino veniet.

Propter hoc omnes manus dissolventur, et omne cor hominis contabescet, et conteretur. Torsiones et dolores tenebunt, quasi

L'A vent.

parturiens . dolebunt :

unusquisque ad proiimum suum stupebit, faciès combustre vultus eorum. Ecce dies X)omini veniet crudelis et indignationis plenus, et irae, furorisque ad ponendam terram in solitudinem, et peccatores ejus conterendos de ea. Quoniam stellae cœli, et splendor earum non expandent lumen suum : obtenebratus est sol in ortu suo, et luna non splendebit in lumine suo. Et visitabo super orbis mala. et contra impios iniquitatem eorum : et quiescere faciam superbiam infidelium, et arrogantiam fortium humiliabo.

dront dans l'angoisse et gémiront comme la femme en travail. Ils se regarderont l'un l'autre dans la stupeur; leur visage sera desséché comme par le feu. Voici que le jour du Seigneur viendra, jour cruel, plein d'indignation , de colère et de fureur, pour réduire la terre en solitude et broyer les pécheurs qui l'habitent. Les étoiles du ciel les plus éclatantes ne répandront plus leur lumière; le soleil s'obscurcira dès son lever, et la lune ne brillera plus de sa clarté. Et je visiterai les crimes du monde et l'iniquité des impies ; je mettrai un terme à l'orgueil des infidèles, et j'humilierai l'arrogance des puissants.

L'Eglise nous remet encore aujourd'hui sous les yeux l'effrayant spectacle du dernier Avènement de Jésus-Christ. Cette Babylone pécheresse dont parle Isaïe, c'est le monde vieilli dans ses crimes ; ce jour cruel, plein d'indignation et de colère, c'est celui où le Messie reviendra et fera briller son étendard sur la nuée. Les paroles qu'emploie le Prophète pour peindre la consternation des habitants de Babylone sont si expressives, qu'elles glacent 'd'effroi ceux qui les méditent sérieusement. O vous donc qui, en cette seconde Semaine de préparation à la Naissance du Sauveur, hésiteriez encore sur ce que vous avez à faire pour le jour où il va venir, rcriéchissez sur l'enchaînement des

Le Deuxième Lundi de VA vent. i8j

deux Avènements. Si vous ouvrez au Sauveur dans le premier, vous pourrez être sans inquiétude sur le second; si au contraire vous dédaignez le premier, le second fondra sur vous comme sur une proie; et les cris de votre désespoir ne vous sauveront pas. Le Juge viendra à l'improviste, au milieu de la nuit, au moment précis où vous vous flatterez qu'il est loin encore.

Et ne dites pas que la fin des temps n'est pas venue pour le monde, que le genre humain n'a pas accompli ses destinées. Il s'agit ici, non du genre humain, mais de vous. Sans doute, le four du Seigneur apparaîtra effroyable, quand ce monde sera brisé comme un vase fragile, et que les débris de la création seront" la proie d'un affreux incendie; mais, avant ce jour de terreur universelle, viendra pour vous en particulier celui de l'Avènement du Juge inexorable. Vous aurez à vous trouver en face de lui sans défense, et l'arrêt qu'il rendra alors demeurera à jamais : Avènement terrible, quoique ses résultats demeurent secrets jusqu'au dernier et solennel Avènement. Comprenez donc que l'effroi du dernier jour ne sera si grand, que parce que, en ce jour-là même, on entendra confirmer avec solennité ce qui aura été jugé déjà irrévocablement, quoique sans éclat; comme aussi la voix amie qui conviera les amis de Dieu au festin éternel ne fera que répéter, devant l'Assemblée des Anges et des hommes, ce qui déjà aura été résolu dans l'heureuse entrevue du Seigneur et de ses bien-aimés, au moment de leur sortie de ce monde. Donc, ne comptez plus sur des

L'A vent.

siècles, 6 chrétiens! cette nuit on redemandera votre âme. (Luc. xn, 20.) Le Seigneur vient : hâtez-vous d'aller au-devant de lui dans la confusion de votre visage, dans la contrition de votre cœur, dans la conversion de vos œuvres.

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