Voir sur ce point Schering. Loc. cit., p
LA SYMPHONIE FltANÇAISE VERS 1750 13
de trios nouveaux pour le violon, le hautbois et la flûte de Toinon (1699), les Pièces de Symphonie en trio du Marseillais Desmazures (170:2), les Symphonies de Pierre Gautier de Marseille (1707), les Trios de Michel de la Barre, parus de 4700 à 1707, l'œuvre I" de Dandrieu (1705), les Sonates à trois (IP livre) de François Du Val (1706), le Liore de Sinfonies qXsîx suites en trio de Dornel (1709) les Trios de Jacques Hotteterre (œuvre lll, 1712), les Sonates en trio (œuvre III) de Dornel (1713), les Trios d'Huguenet (1713), l'œuvre I de Trio contenant six suites de P. Danican Philidor (1717), les quatre Sonates à deux violons, basse de viole et basse continue de François Couperin, les sonates et suites de symphonie en trio du grand Couperin, ses Goûts réunis ou nouveaux Concerts (1724), son Concert instrumental à la mémoire de Lully (1725) et ses Nations (1726), les Sonates et symphonies en trio de Clérambault, l'œuvre XVIII (1727) du fécond Boismortier qui accumule les compositions de ce genre (œuvres 28, 33, 34, 37, 39, 41, 46, 56, etc.), les Sonates en trio et à quatre parties de Quentin le jeune (à partir de 1729), les Concerts de symphonie en six suites de Jacques Aubert (1730), les Sonates en trio de Mondonville (1734), les Suites deMangean (1735), les trois Livres de trios de J.-J. Naudot publiés avant 1737, les Fanfares, siiïiphonies et concert de chatnbre à deux et trois parties de Mouret (antérieures à 1739), les Suites de Berlin, enfin les Pièces en concert de Rameau (1741).
Presque toutes ces compositions rentrent dans la forme suite, qui résultait de l'ancien système de classement adopté pour les pièces de même ton dans les recueils du xvn* siècle. Destinées essentiellement à deux dessus et à la basse, elles comportent souvent des échanges instrumentaux ; jouées à grand orchestre, elles admettent le doublement des violons par les flûtes et hautbois, doublement qui cesse par endroits pour ne laisser entendre qu'une famille d'instruments ou bien un groupement particulier de timbres ^ On pouvait, du reste, les « embellir » par l'adjonction d'autres parties confiées à la contrebasse, aux trompettes et aux timbales, et le Divertissement que le sieur de Villeneuve- fait jouer en 1742 apporte
1. Dans l'avertissement de ses Concerts de simphonies pour les violons, flûtes et hautbois (1730), J. Aubert écrit : « Ces pièces peuvent s'exécuter à grand chœur comme les Concerto ».
2. Alexandre de Villeneuve, ancien maître de chapelle delà cathédrale d'Arles,
un exemple de ce genre d' « embellissement w. Composé de petits morceaux variés chantés par un dessus et une basse-taille qu'accompagnait un trio de deux violons et la basse, ce diverlissement était susceptible de recevoir plus d'éclat : « Pour les grands concerts, déclare le Mercure, on y adjoindra les parties chantantes des chœurs, flûtes, hautbois, trompette, avec tous les instruments convenables ^ ».
L'œuvre P'' d'Etienne Mangean ^ qui date de 1733, nous donne un exemple du dispositif des suites d'orchestre de cette époque. Intitidé : Concert de symphonie pour les violons, flûtes et hautbois, composé par M. E. Mangean^ Paris, la Veuve Boivin, 1735, in.-f°^, il comprend deux suites destinées à deux dessus et à la basse. Le titre pour les violons, flûtes et hautbois ne doit pas s'interpréter dans le sens d'une complète liberté laissée dans le choix des instruments d'exécution, car des indications précisent, ici, l'emploi des violons, là, l'intervention des flûtes, etc. En outre, et ceci vient à l'appui de ce que nous avons dit plus haut des rapprochements qui s'établissent Centre le trio et le concerto, certains morceaux sont exécutés en trio, par trois instruments solistes, tandis que d'autres portent la mention « tous ». Il y a donc là une sorte de concerlino associée à des ripiénistes '*.
Les deux suites de Mangean débutent par une Ouverture à la française, en trois parties, suivie d'airs de àsinse, Rigaudon, Menuet, Branle, Gavotte, Passepied, Tambourin, et se terminent par une
et maître de musique à Paris ; le 31 décembre 1732, il prenait un privilège à l'aide duquel il publiait en 1733 six petites suites intitulées : Conversations en manière de Sonates pour la flûte ou le violon et la basse, œuv. I.