III. — Les joueurs d'instruments
A la Chambre, à l'exception des luths dont nous avons vu l'immense faveur, les instruments à cordes, violes, rebecs ou harpes paraissent peu goûtés. Ils ne tiennent qu'une place infime et négligeable auprès des bois et des cuivres. En 1517, sur quatre instru-
1. On y retrouve les 6 premiers chantrescités. plus haut, plus Jehan Durantel dit Guignot (Taille?) Parmi les organistes Jacques Dubuisson remplace Noël de Vertemont. Anthoine de La Haye y est qualifié organiste. A la fin de ce document on lit le compte suivant : « Au dit Anthoine Subject, dict Cardoc pour le desroy de trois petits chantres nourriture et despense de leurs chevaulx et de quatre sommiers qui portent leurs besongnes, à raison de 100 pour chacun. » (Ms. fr. 3132 f» 38).
2. Sur l'état de l'Ecurie de Charles IX en liiTl, on relève les noms de Jacques Le Vacher, corneZ dessus et de Claude Le Vacher Basse taille haulxbois. Ce sont sans doute des fils de Grégoire (Cinq Cents Colbert tome 54, f» 338). Ces deux artistes passèrent au service de Henri IV. Ils y étaient encore en 1597 (Arch. Nat.K. K.133).
3. Rappelons seulement cette description d'un petit concert par Baïf:
Les deux dessus de luth, dont comme Dieux Ils sonnent, Doucement un sonnet doux et hautain fredonnent Que sur ce jour j'ay fait : les deux autres suivans S'accordent au sonnet et au son, cmouvans L'âme plus aigrement '. l'un touche ses régales Aux sept tuyaux de Pan archadieu égiles : Et l'autre un clavecin accorde gayement Et selon sa partie avec l'autre instrument.
(Cité par Augé-Chiquet. La vie, les idées et l'œuvre de Jean- Antoine de Bail. Paris, Hachette 1909, in-8», p. 303).
LA MUSIQUE DE LA CHAMBRE ET DE L'ÉCUniE 231
mentistes affectés au service de la Chambre, nous ne trouvons qu'un seul joueur de rebec; encore est-il relégué parmi les tabourins à sixvingts livres de gages. Lancelot Le Vasseur, rebec du Roi, est cependant favorisé, car, outre son traitement, il reçoit de temps à autre d'assez fortes gratifications S ce qui donne à penser qu'il brillait parfois en présence du Roi. Son successeur Bertrand Faillert, joueur de harpe -, fut moins heureux; il n'est jamais question de lui sur les actes et son traitement n'est quede 100 livres par an. C'est le moins rétribué des musiciens de la Chambre.
Lancelot Le Vasseur eut une longue carrière, il entra au service de François F'" en 1510 et ne le quitta qu'en 1544, date à laquelle il disparaît des comptes '. Bertrand Faillert fait son apparition parmi les tabourins en 1543 : les lacunes des comptes d'Henri H ne permettent pas de dire avec certitude à quelle date il cessa de figurer sur les états. Le rôle de ces deux instrumentistes paraît assez difficile à déterminer. Il semble impossible qu'ils aient mêlé le son de leurs faibles instruments aux fanfares des fifres et aux battements des timbales*. Comme nous l'avons déjà expliqué, la répartition des musiciens de la Chambre entre les diverses catégories portées sur les états se faisait de manière fort arbitraire. Il est difficile d'opérer ce classement d'une manière plus rationnelle sans risquer de disjoindre des éléments destinés à être rapprochés. Aux obsèques de François P'', nous voyons marcher en deux groupes distincts les cornets, les flûtes et les trompettes d'une part, les fifres et tabourins d'autre part^ Cette division nous paraît la plus n.aturelle.